    Informer et accompagner
    les professionnels de l’éducation
                                                  ÉVALUATION                                Cycles 2                           3 4

                                        Français


                                                    Les écrits de travail
                                        Identifier des situations d’évaluation liées
                                            à leur utilisation : trois exemples

                                        Composante(s) du socle commun
                                        D1-1 |    Comprendre, s’exprimer en utilisant la langue française à l’oral et à l’écrit
                                        D2    |   Les méthodes et outils pour apprendre




                                        Que se propose-t-on d’Évaluer ?
                                        À l’issue du cycle de consolidation, il semble important d’évaluer la capacité des élèves à utiliser
                                        la langue française à l’écrit pour travailler et progresser dans toutes les disciplines. On propose
                                        donc ici des pistes pour se prononcer sur le niveau de maîtrise des élèves dans le champ de la
                                        compétence attendue en fin de cycle : recourir à l’écriture de manière autonome pour réfléchir et
                                        pour apprendre.
                                        Il s’agit d’interroger la capacité de l’élève à organiser sa pensée à l’écrit et grâce à l’écrit, à
                                        s’approprier les apprentissages et à leur donner du sens dans la pratique des écrits de travail.
                                        Cela recouvre en particulier les capacités suivantes : se remémorer les activités conduites en
                                        classe, tisser des liens entre elles, synthétiser.
                                        Les pistes proposées, même si elles s’appuient prioritairement sur des exemples d’activités en
                                        classe de français, sont transférables aux autres disciplines : l’ensemble des professeurs peut
                                        être conduit à se prononcer sur l’attendu de fin de cycle concerné. En effet, les sollicitations liées
                                        à la pratique des écrits de travail s’inscrivent au cœur de l’accompagnement pédagogique des
                                        élèves dans toutes les disciplines : elles aident l’élève à convertir les démarches collectives en
                                        apprentissages individuels, elles contribuent à inscrire les activités de la classe et les apprentis-
                                        sages collectifs dans un parcours d’apprentissage personnel.




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  ÉVALUATION       CYCLE   3 I Français I Les écrits de travail




                               Présentation du cadre didactique : trois activités enga-
                               geant l’utilisation d’écrits de travail
                               Exemple 1 : la rédaction de la trace écrite à l’issue d’une séance de lecture
                               analytique
                               La lecture analytique, entendue comme construction collective du sens d’un texte, engage
                               prioritairement le travail de compétences orales. En effet, dans la première phase d’une
                               telle séance, le professeur s’appuie sur les intuitions et impressions des élèves pour tisser
                               progressivement une interprétation raisonnée, grâce aux échanges entre lecteurs. Dans une
                               deuxième phase, celle dite des « activités de relecture », est mobilisée la capacité à relever
                               et analyser des éléments précis dans le texte, à l’oral ou à l’écrit. C’est le troisième et dernier
                               moment d’une lecture analytique qui nous intéresse spécifiquement ici, car les compétences
                               d’écriture suivantes y sont travaillées :

                               • Être capable de synthétiser et d’organiser à l’écrit le discours construit collectivement sur le
                                  texte.
                               • Être capable de passer des codes de la langue orale aux codes de la langue écrite.

                               Au cours des deux premières phases évoquées, le professeur lui-même utilise le tableau
                               comme le support d’un écrit de travail collectif : il prend en notes les hypothèses de
                               lecture, des passages du texte, il peut avoir recours à de nombreux outils pour représenter
                               le cheminement de la classe dans le texte – listes, schémas, arborescences, tableaux.
                               La ressaisie, dans un texte synthétique et clair, de ce grand brouillon, est une activité
                               particulièrement propice au travail des compétences d’écriture citées plus haut.

                               De nombreuses démarches peuvent être proposées aux élèves pour qu’ils mènent à bien
                               ce travail de synthèse et de formulation. Afin d’analyser les informations qu’il fournit sur
                               le niveau de maîtrise des élèves en fin de cycle 3, on se propose de retenir ici le scénario
                               suivant : le professeur, dix ou quinze minutes avant la fin de la séance, étaie le travail des
                               élèves en demandant à la classe de distinguer, parmi les notes du tableau, les mots clés de
                               l’interprétation du texte. Il les met en exergue. Les élèves ont alors pour consigne de rédiger
                               un écrit bref qui dise ce qui leur paraît important à retenir de la lecture du texte, en s’appuyant
                               sur ces mots clés. Le professeur circule, observe les élèves et apporte un étayage individualisé
                               au besoin.

                               Exemple 2 : l’élaboration d’une fiche de réussite
                               La fiche de réussite, ou fiche de révision, est un outil précieux qui a pour fonction d’aider les
                               élèves à se préparer pour une évaluation, souvent en fin de séquence. Elle est en général
                               organisée en deux parties : d’un côté est récapitulé ce que l’élève doit savoir, de l’autre ce
                               qu’il doit savoir faire. Il est utile que soient renseignés les lieux (pages du manuel, passages
                               de la séquence, activités précises menées en classe) où l’élève peut retrouver les ressources
                               à sa disposition pour se préparer. Ainsi la fiche de réussite, envisagée comme outil, peut
                               être conçue par le professeur pour la classe. Toutefois, l’élaboration de la fiche de réussite
                               par chaque élève pour lui-même constitue une activité très profitable à l’appropriation des
                               apprentissages. En fin de cycle 3, le temps consacré à une telle activité peut à bon droit relever
                               de l’accompagnement personnalisé : il s’agit bien d’un temps pris pour lever d’éventuels
                               implicites sur les attentes du professeur, sur le sens des apprentissages engagés dans la
                               séquence. De plus, l’élève est conduit à se remémorer le parcours d’apprentissage, à anticiper
                               sur ce qui pourra être évalué. La fiche réussite est un outil qu’il conçoit pour lui-même :
                               pour rendre son travail plus efficace, l’élève doit établir des priorités de révision. Il doit donc
                               distinguer et faire apparaître les éléments qui lui paraissent les plus importants dans la
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  ÉVALUATION       CYCLE   3 I Français I Les écrits de travail




                               séquence, et aussi ceux qu’il pense avoir besoin de revoir avec le plus d’attention parce qu’il
                               les a moins bien retenus ou compris. L’étayage apporté par le professeur au cours de cette
                               activité, qui prend de fait en compte les besoins différenciés des élèves, contribue à construire
                               leur autonomie.

                               Pour les élèves qui ont été progressivement amenés durant le cycle 3 à élaborer en autonomie
                               l’outil « fiche de réussite », cette activité constitue une situation d’évaluation riche. Les
                               compétences écrites suivantes peuvent être examinées :

                               • Savoir utiliser l’écrit pour se remémorer et pour réfléchir.
                               • Savoir organiser un écrit de travail pour se constituer un outil efficace.

                               Exemple 3 : l’écrit réflexif
                               Afin d’identifier ce qui peut constituer des obstacles pour les apprentissages et y remédier,
                               le professeur est invité à favoriser la capacité des élèves à produire un discours métacognitif.
                               En particulier, il est souvent suggéré de « faire verbaliser » les élèves, comme dans les temps
                               de début de séance où le professeur sollicite la classe pour que soit rappelé ce qui a été vu
                               précédemment, ce que cela avait permis de mettre au jour, ce qui reste à étudier.

                               Encourager les élèves à déployer un discours réflexif à l’écrit est également possible. Il s’agit
                               de faire travailler la capacité à ressaisir le déroulement et le sens d’une activité conduite
                               en classe. On vise, à travers ces écrits, à favoriser une distinction explicite entre la tâche à
                               accomplir et l’objectif d’apprentissage lors d’une activité donnée – à passer de « on a fait »
                               à « j’ai appris ». La différence essentielle avec la rédaction de la « trace écrite » comme
                               présentée dans l’exemple 1, consiste dans le fait que chaque écrit réflexif fait état d’une
                               appropriation individuelle des apprentissages engagés dans l’activité. C’est bien le « je » qui
                               est au cœur dans l’écrit réflexif, et non le « on » du parcours collectif1.

                               On prendra ici l’exemple de l’écrit réflexif que l’on peut demander aux élèves en guise de bilan
                               d’une séance consacrée à l’étude de la langue. On envisage une activité s’inscrivant dans
                               une démarche analogue à celle présentée dans les exemples d’activité des ressources pour
                               l’étude de la langue aux cycles 2 et 3, c’est-à-dire une activité de classement d’éléments d’un
                               corpus donné. Prenons l’exemple d’une séance visant à consolider les acquis des élèves sur
                               la morphologie des verbes aux temps simples, dans le champ du programme « observer le
                               fonctionnement du verbe et l’orthographier ». À partir d’un corpus de formes verbales, les
                               élèves ont opéré des tris et procédé à plusieurs classements possibles. En groupe, ils ont dû
                               se mettre d’accord sur un classement de toutes les formes du corpus, et expliquer ensuite à
                               l’oral la logique qui a présidé au choix du classement retenu.

                               À l’issue de l’activité, la démarche collective a rendu manifestes les constantes des marques
                               de temps.

                               Le professeur laisse passer quelques jours avant de demander aux élèves de revenir sur cette
                               activité. Il donne la consigne suivante :

                               « Présentez l’activité conduite lors de la séance d’étude de la langue. Expliquez pourquoi,
                               selon vous, cette activité vous a été proposée. Détaillez la manière dont vous avez procédé
                               pour réussir le travail, et dites ce qui vous a semblé difficile. Faites le point sur ce que vous
                               avez appris lors de cette activité. »



                               1. Un écrit réflexif, c’est « la représentation que l’élève a des connaissances qu’il possède et de la façon dont il peut
                               les utiliser » (cf. Nicole Delvolvé, Tous les élèves peuvent apprendre : aspects psychologiques et ergonomiques des
                               apprentissages, Paris, Hachette éducation, 2005).
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  ÉVALUATION       CYCLE   3 I Français I Les écrits de travail




                               On est bien sûr fondé à évaluer la capacité des élèves à entrer dans les enjeux de ce type
                               d’écrit que si on leur a proposé une telle activité de manière régulière, de préférence avec une
                               consigne strictement identique :

                               • Savoir utiliser l’écrit pour se remémorer et pour réfléchir.
                               • Savoir expliciter une démarche et l’acquisition d’une connaissance ou d’une compétence.



                               Évaluer le niveau de maîtrise des élèves : les observables
                               L’exemple de la « trace écrite » à l’issue d’une lecture analytique
                                POSITIONNER L’ÉLÈVE PAR RAPPORT AUX ATTENDUS DE FIN DE CYCLE 3 :

                                Quelles données fournit cette situation précise sur les niveaux de maîtrise at-
                                teints ?
                                Être capable de synthétiser et       Très bonne maîtrise si :
                                d’organiser à l’écrit le discours    Mêmes qualités observées que pour la maîtrise satisfaisante, l’élève s’inscrit
                                construit collectivement sur le      plus clairement dans une démarche argumentative.
                                texte.
                                                                     Maîtrise satisfaisante si :
                                                                     Les mots clés mis en exergue collectivement sont utilisés de façon perti-
                                                                     nente dans un texte clair.
                                                                     L’élève restitue la lecture de la classe en hiérarchisant les éléments : inter-
                                                                     prétation globale, justifications.
                                                                     Maîtrise fragile si :
                                                                     Les mots clés sont repris dans la production de l’élève, mais le texte n’assure
                                                                     pas la cohérence entre chacun des éléments : il ne constitue pas un discours.
                                                                     Maîtrise insuffisante si :
                                                                     L’élève ne parvient pas à utiliser les mots clés dans des phrases pertinentes.
                                Être capable de passer des codes     Très bonne maîtrise si :
                                de la langue orale aux codes de la   Mêmes qualités que pour la maîtrise satisfaisante. L’élève manie un lexique
                                langue écrite.                       particulièrement riche.
                                                                     Maîtrise satisfaisante si :
                                                                     L’élève utilise des formulations propres aux écrits de synthèse (les
                                                                     connecteurs logiques ; des tournures comme « il s’agit de ») et à l’analyse
                                                                     littéraire (« comme on peut le voir aux lignes… » ; « l’auteur veut montrer
                                                                     que… »).
                                                                     La ponctuation concourt à la clarté du propos.
                                                                     Maîtrise fragile si :
                                                                     L’élève utilise un vocabulaire très restreint et n’articule pas les éléments de
                                                                     son discours.
                                                                     Maîtrise insuffisante si :
                                                                     La maitrise insuffisante de la ponctuation et/ou de la syntaxe gênent beau-
                                                                     coup la lisibilité. Le texte produit manque de clarté et ne restitue pas la
                                                                     lecture collective.




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  ÉVALUATION       CYCLE   3 I Français I Les écrits de travail




                               L’exemple de la fiche de réussite
                                POSITIONNER L’ÉLÈVE PAR RAPPORT AUX ATTENDUS DE FIN DE CYCLE 3 :

                                Quelles données fournit cette situation précise sur les niveaux de maîtrise at-
                                teints ?
                                Savoir utiliser l’écrit pour se remé-   Très bonne maîtrise si :
                                morer et pour réfléchir.                Mêmes capacités que celles attendues pour la maîtrise satisfaisante ; l’élève
                                                                        est entièrement autonome et collecte rapidement l’ensemble des éléments
                                                                        dont il a besoin pour élaborer sa fiche de réussite.
                                                                        Maîtrise satisfaisante si :
                                                                        L’élève est capable de retracer le parcours de la séquence, il sait utiliser
                                                                        les ressources au besoin (il consulte son classeur, éventuellement son
                                                                        manuel).
                                                                        Il sait hiérarchiser le contenu de ses cours : il identifie les connaissances à
                                                                        retenir (ce qu’il devra savoir).
                                                                        Il comprend le sens des apprentissages : il peut expliciter ce qu’il devra
                                                                        savoir faire.
                                                                        Maîtrise fragile si :
                                                                        Mêmes capacités que pour la maîtrise satisfaisante, mais l’étayage est plus
                                                                        important.
                                                                        Maîtrise insuffisante si :
                                                                        Malgré l’étayage, l’élève ne parvient pas à retracer le parcours de la séance
                                                                        ni à formuler les connaissances et compétences acquises. Dans son cours,
                                                                        il ne sait pas discriminer les éléments à retenir de ceux liés à un exemple ou
                                                                        une activité précis.
                                Savoir organiser un écrit de travail    Très bonne maîtrise si :
                                pour se constituer un outil efficace.   Mêmes qualités de la production et capacités de l’élève ; le document est
                                                                        particulièrement efficace et peut devenir un outil partagé dans la classe.
                                                                        Maîtrise satisfaisante si :
                                                                        Le document produit est clair et lisible.
                                                                        Il comporte des références aux ressources à consulter pour réviser.
                                                                        Certains éléments sont mis en exergue.
                                                                        L’élève est capable d’expliciter et de justifier à l’oral l’organisation choisie
                                                                        (couleurs, organisation dans l’espace).
                                                                        Maîtrise fragile si :
                                                                        Il manque des éléments importants et ces omissions sont susceptibles de
                                                                        pénaliser l’efficacité des révisions.
                                                                        Maîtrise insuffisante si :
                                                                        La fiche est confuse.
                                                                        L’élève n’est pas capable d’en expliciter le contenu et l’organisation à l’oral.




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  ÉVALUATION       CYCLE   3 I Français I Les écrits de travail




                               L’exemple de l’écrit réflexif
                                POSITIONNER L’ÉLÈVE PAR RAPPORT AUX ATTENDUS DE FIN DE CYCLE 3 :

                                Quelles données fournit cette situation précise sur les niveaux de maîtrise at-
                                teints ?
                                Savoir utiliser l’écrit pour se remé-   Très bonne maîtrise si :
                                morer et pour réfléchir.                Mêmes qualités de la production et capacités de l’élève ; l’élève est capable
                                                                        de rédiger rapidement l’écrit réflexif, en complète autonomie.
                                                                        Maîtrise satisfaisante si :
                                                                        La consigne de l’activité est restituée avec justesse. L’élève distingue l’acti-
                                                                        vité de l’objectif poursuivi.
                                                                        Il apporte des exemples à l’appui de ses explications.
                                                                        Maîtrise fragile si :
                                                                        Mêmes qualités et capacités, mais un étayage plus important est nécessaire
                                                                        à l’élève.
                                                                        Maîtrise insuffisante :
                                                                        L’élève a des difficultés à présenter l’activité. Il ne peut rendre compte de son
                                                                        objectif et parvient au mieux à lister des actions : « on a fait… » sans pouvoir
                                                                        justifier.
                                Savoir expliciter une démarche et       Très bonne maîtrise si :
                                l’acquisition d’une connaissance ou     Mêmes qualités et capacités que celles détaillées pour la maîtrise satisfai-
                                d’une compétence.                       sante. Le texte produit est particulièrement précis et fluide.
                                                                        Maîtrise satisfaisante si :
                                                                        L’élève utilise des termes et tournures propres au discours explicatif
                                                                        (expression de la cause, de l’opposition, articulation du discours à l’aide de
                                                                        connecteurs).
                                                                        Il formule de façon cohérente ce qu’il a appris.
                                                                        Maîtrise fragile si :
                                                                        Mêmes qualités et capacités que celles détaillées pour la maîtrise satisfai-
                                                                        sante, mais un étayage important est nécessaire.
                                                                        Maîtrise insuffisante si :
                                                                        Malgré l’étayage, l’élève n’entre pas dans un discours réflexif. Il parvient au
                                                                        mieux à lister des actions : « on a fait… » sans pouvoir justifier, il n’est pas
                                                                        capable de formuler ce qu’il a appris.




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