VADEMECUM À L’INTENTION DES PROFESSEURS DES ÉCOLES
CONNAÎTRE
le patrimoine
de proximité
Ce vademecum a été élaboré dans le cadre d’une collaboration
entre le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse
et l’Institut national d’histoire de l’art (INHA).




Coordination

           ––Éric de Chassey, professeur d’histoire de l’art à l’École normale supérieure
           de Lyon, directeur de l’Institut national d’histoire de l’art ;

           ––Henri de Rohan-Csermak, inspecteur général de l’éducation nationale
           chargé de l’histoire des arts.



Comité scientifique

           ––Caroline Archat, docteure en sciences de l’éducation ;

           ––Claire Barbillon, professeure d’histoire de l’art,
           directrice de l’École du Louvre ;

           ––Morgan Belzic, doctorant à l’École pratique des hautes études,
           chargé d’études et de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art ;

           ––Pauline Chevalier, maîtresse de conférences à l’université de Franche-
           Comté, conseillère scientifique à l’Institut national d’histoire de l’art ;

           ––Frédéric Debussche, conservateur du patrimoine, directeur du musée
           de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines ;

           ––Alexandre Gady, professeur d’histoire de l’art à l’université de la Sorbonne,
           directeur du Centre André-Chastel ;

           ––Isabelle Marchesin, maîtresse de conférences HDR à l’université de Poitiers,
           conseillère scientifique à l’Institut national d’histoire de l’art.

2 — Connaître le patrimoine de proximité
Rédaction

            ––Vincent Baby, docteur en histoire de l’art, chargé de mission
            à l’Institut national d’histoire de l’art ;

            ––Stéphanie Sarmiento-Cabana, inspectrice de l’éducation nationale,
            académie de Versailles.



Merci à

            ––Sophie Cueille, cheffe de mission, et Sandrine Della Bartolomea, chargée
            de mission, mission de l’inventaire général du patrimoine culturel, direction
            générale des patrimoines, ministère de la Culture et de la Communication ;

            ––Isabelle Grassart, responsable de l’action éducative au Musée des Arts
            décoratifs ;

            ––Alde Harmand, maire de Toul, et Hélène Schneider, directrice
            du Musée d’art et d’histoire de Toul ;

            ––Jean-François Hébert, président de l’établissement public du château
            de Fontainebleau, Angéline Hervy, David Millerou ;

            ––Nicolas Lagrèze, coach de startup d’État, direction interministérielle
            du numérique et du système d’information et de communication de l’État ;

            ––Emmanuelle Lallement, cheffe de département, et Virginie Mathurin,
            chargée de mission, département de la politique des publics, direction
            générale des patrimoines, ministère de la Culture et de la Communication ;

            ––Pierre Laporte, chef de la mission langue française et langues de France,
            direction générale de l’enseignement scolaire, ministère de l’Éducation
            nationale et de la Jeunesse ;

            ––Loup Wolff, chef du département des études, de la prospective
            et des statistiques, ministère de la Culture et de la Communication.

3 — Connaître le patrimoine de proximité
Sommaire

INTRODUCTION

         11 FICHE I
         	 Pour une rencontre heureuse et fructueuse
            avec le patrimoine de proximité

         19 FICHE 2
         	 Comment élaborer un projet patrimoine ?

         25 FICHE 3
         	 Scénarios pédagogiques

         47 FICHE 4
            Garder la trace de la rencontre avec le patrimoine

         51 FICHE 5
         	 Comment évaluer les apprentissages réalisés
            dans une « séquence patrimoine » ?

         55 FICHE 6
         	 Pour repérer le patrimoine de proximité

         57 FICHE 7
         	 Pour se documenter




      4 — Connaître le patrimoine de proximité
ANNEXES
          61 ANNEXE 1
          	 Conseils pratiques de mise en œuvre

          64 ANNEXE 2
             Lexique

          65 ANNEXE 3
          	 Le patrimoine de proximité dans les textes
             réglementaires

          67 ANNEXE 4
          	 Dispositifs et ressources mobilisables dans un projet
             « patrimoine »




     5 — Connaître le patrimoine de proximité
INTRODUCTION
Ce vademecum s’adresse aux professeurs des écoles
soucieux, dans le cadre de leur enseignement, d’éveiller
le regard de leurs élèves sur le patrimoine et les créations
artistiques qui se trouvent dans leur environnement
immédiat. Il leur propose des pistes concrètes liées
au programme d’histoire des arts et aux compétences
générales que l’élève développe du cycle 2 au cycle 4.


         C’est une boîte à outils : il suffit d’y puiser pour élaborer des projets et les enrichir. Il comporte :

         ——des fiches méthodiques, présentant de grands principes et les démarches essentielles ;

         ——des fiches de scénarios pédagogiques, explorant plusieurs champs du patrimoine ;

         ——des éléments de lexique sur différents grands objets du patrimoine, adaptés aux connais-
         sances et compétences à développer ;

         ——des références bibliographiques et sitographiques utiles et des textes réglementaires
         à connaître.



         Qu’est-ce que le patrimoine ?
         Le patrimoine, ce sont des monuments, des œuvres, des sites, des coutumes, des gestes
         architecturaux dont la valeur est remarquable du point de vue historique, artistique ou
         technique, qu’ils viennent du passé le plus lointain ou qu’ils aient été créés il y a peu. Il est
         le fruit d’un héritage ; il est ce qu’on veut transmettre.

         Qu’il soit public ou privé, la France veille sur son patrimoine. Certains immeubles et
         objets mobiliers sont reconnus par l’État comme ayant un intérêt historique, artistique ou
         architectural particulièrement éminent. Ils sont dès lors protégés au titre des Monuments
         histo­riques : aujourd’hui, environ 14 000 immeubles sont classés et 30 000 inscrits, environ
         135 000 objets mobiliers sont classés et 150 000 inscrits, sur une liste dont la création
         remonte à 1840 et qui ne cesse d’augmenter.

         Le patrimoine français le plus reconnu consiste d’abord dans cet ensemble remarquable
         et divers, disséminé partout sur le territoire, de Métropole comme d’outremer, et souvent
         repéré par les guides touristiques : par exemple, le Mont-Saint-Michel, le Familistère de
         Guise, Notre-Dame de Paris, la collection du Musée Fesch d’Ajaccio, la Cité de Carcassonne
         ou le pont du Gard…

         Ce vademecum se centre sur le patrimoine matériel, porte d’entrée qui permettra ensuite
         une notion élargie du patrimoine : le patrimoine naturel, qu’on peut approcher avec les
         élèves dans le cadre de l’éducation au développement durable, ou le patrimoine immatériel.




         6 — Connaître le patrimoine de proximité
                      Pourquoi le patrimoine de proximité ?




     Le patrimoine
 modeste, proche
      de soi, vu en
      passant, pas
   assez regardé :
  une « capitelle »
       ou borie de
pierres sèches au
milieu du vignoble
    languedocien.
            © HRC


                      Même si l’on n’a pas devant sa porte l’un de ces monuments fameux, le patrimoine ne se
                      limite pas à eux. Le patrimoine est partout, à côté de chez soi et là où on ne l’attend pas :
                      c’est aussi bien la Cité Foch ou le Terril Sainte-Henriette d’Hénin-Beaumont, le moulin
                      à papier Richard de Bas d’Ambert ou le four solaire de Mont-Louis, le lavoir de Saint-­
                      Émilion ou le phare d’Eckmühl, l’église russe de Champagne-sur-Seine ou le marché
                      couvert de ­Milly-la-Forêt, un château en ruines, une ancienne usine, un tableau dans une
                      mairie, une sculpture sur une place, une réalisation architecturale ancienne ou récente, une
                      capitelle de pierres sèches, un jardin médiéval ou pittoresque… Autant de lieux divers qui,
                      même lorsqu’ils semblent modestes, méritent d’être explorés et qui, le plus souvent, s’y
                      prêtent et permettent de faire l’expérience de la beauté dans son environnement immédiat.

                      En effet, les institutions créées depuis la Révolution n’ont pas seulement pour but de sau-
                      vegarder le patrimoine, mais aussi d’en permettre l’accès à un public qui y est toujours
                      plus sensible. Même le patrimoine privé s’ouvre à la visite, par exemple lors des Journées
                      du Patrimoine, ou bien sur rendez-vous.



                      Le patrimoine pour tous, une réalité ?
                      Chacun peut et doit ainsi considérer qu’il est chez lui au cœur des institutions de la Répu-
                      blique qui gèrent ce bien commun. Pourtant, il n’est pas toujours si simple de se repérer et
                      d’aller vers des objets mal identifiés ou que l’on s’imagine hors de portée. Le patrimoine
                      ne se reconnaît que si l’on sait le voir.




                      7 — Connaître le patrimoine de proximité
C’est pourquoi la pratique du patrimoine de proximité suppose une éducation. Partir
à la rencontre du patrimoine de proximité, c’est poser un regard attentif et averti sur son
environnement culturel et son cadre de vie ; c’est apprendre à regarder cet environnement
pour mieux le connaître et le comprendre ; c’est donc apprendre à voir. L’architecture et
le patrimoine nous environnent, ils sont accessibles à tous et partout. Les différentes accep-
tions du terme « voir » apportent à elles seules un éclairage. Elles structurent les objectifs
de formation définis dans les programmes d’enseignement et dans le socle commun
de connaissances, de compétences et de culture.



Former le regard
Rencontrer le patrimoine de proximité c’est donc, très pratiquement, amener les élèves
à ouvrir les yeux sur ce qui est là, proche de soi, vu en passant, mais jamais encore regardé
assez longuement pour permettre le développement du sens de l’observation.

——Fixer, avec une attention particulière, un objet, un espace, un monument ;

——repérer certains détails, s’attarder sur certains éléments qui, éventuellement, plaisent
ou déplaisent, choquent ou soulèvent des questions… ;

——entrer dans une exploration personnelle guidée par des repères temporels et spatiaux,
identifier des signes ;

——s’interroger sur ce que l’on voit et chercher à comprendre ;

——exercer l’œil à saisir les différences et à les comparer.
Or, regarder vraiment quelque chose nécessite du temps, de l’attention, une certaine tension
même, une disposition du corps et de l’être, une ouverture au monde et aux autres. Pour que
ses élèves y parviennent, le pédagogue sait qu’il ne doit pas craindre la répétition. Le jeu
de questions et de réponses maintiendra la curiosité et la vivacité d’esprit, dans un cadre
général qu’il aura fixé.

Dans sa dimension artistique, la rencontre avec le patrimoine de proximité va bien au-delà
des connaissances théoriques : la découverte et l’exploration de son environnement permet
en effet à l’élève de développer une approche sensible des réalités, de s’initier au monde
symbolique, de développer sa sensibilité et sa créativité.



Un enjeu civique
Porteuse de connaissances, la rencontre avec le patrimoine de proximité constitue un
levier pour l’égalité dans l’accès aux arts et à la culture. Fondamentale pour l’élève dans
la construction progressive de sa propre culture, cette rencontre articule l’apprentissage
de repères fondamentaux avec une initiation à une prise de position esthétique.

Ouvrir son regard au patrimoine proche de soi permet d’instaurer une double confiance, d’une
part vis-à-vis du professeur, qui prend le temps de construire les savoirs nécessaires avec ses
élèves, et, d’autre part, en soi-même, parce que cette ouverture enrichit le citoyen en formation
d’une connaissance qui ne procède pas d’une expérience virtuelle désincarnée mais s’inscrit



8 — Connaître le patrimoine de proximité
dans une démarche sensible. Cette démarche engage toute la personne de l’élève et constitue
une pierre de l’édifice de la construction de soi. Il permet de le doter d’un bagage culturel lui
permettant de comprendre ce qui forme le cadre de vie quotidien, l’architecture et le patrimoine.

Dans sa composante sociale, la rencontre avec le patrimoine de proximité induit la construc-
tion d’un rapport ouvert, tolérant et réfléchi au monde : elle permet d’apprendre à discerner,
à juger, à développer un esprit critique mais aussi à s’orienter et à se situer ; elle sensibilise
aux enjeux relatifs à une culture commune et partagée ; elle vise à faire des élèves des
ambassadeurs, des amateurs et des futurs protecteurs du patrimoine et des arts.

Pour toutes ces raisons, il convient d’organiser au moins une visite annuelle sur un lieu
patrimonial de proximité avec chaque classe.




VOIR, REGARDER…
…ET PEU À PEU COMPRENDRE

                  VOIR…            VOIR…         VOIR…             VOIR…             VOIR…


                  apercevoir
                                                                                  admirer
                  découvrir        discerner     appréhender
                                                                   classer        adopter
                  entrevoir        discriminer   s’approprier
Déclinaison                                                        estimer        aimer
                  observer         distinguer    comparer
signifiante                                                        particulariser contempler
                  percevoir        examiner      comprendre
                                                                   spécifier      goûter
                  remarquer        repérer       considérer
                                                                                  savourer
                  scruter


Verbes clés
des com-
pétences
à travailler                       identifier    analyser          se repérer
en histoire
des arts
(cycle 3)


Verbes clés
                                                                   identifier
des atten-                         décrire       caractériser                        exprimer
                                                                   mettre
dus de fin                         situer        comprendre                          un ressenti
                                                                   en relation
de cycle




9 — Connaître le patrimoine de proximité
10 — Connaître le patrimoine de proximité
             FICHE 1

Pour une rencontre heureuse
et fructueuse avec le patrimoine
de proximité

Chaque rencontre avec une œuvre d’art, un artiste, un lieu
d’art et de culture constitue un moment privilégié dans
le parcours d’éducation artistique et culturelle de l’élève.

         Pour que la rencontre d’un lieu ou d’un objet patrimonial, avec ses spécificités, soit un
         moment de plaisir, l’enjeu est de faire sentir à l’élève que le patrimoine est un objet bien
         vivant qu’il s’agit de comprendre dans son contexte passé et présent. Amener les élèves
         à être capables d’IDENTIFIER, ANALYSER et SITUER les objets artistiques et patrimoniaux,
         c’est leur donner la possibilité de se les approprier, de les apprécier et même de les aimer.



         Quelques principes
         ——Découvrir les lieux et les objets du patrimoine artistique et culturel de proximité in situ.
         Privilégier un contact direct avec les espaces et objets patrimoniaux.

         ——Organiser des rencontres régulières avec le patrimoine de proximité tout au long de la
         scolarité et dès l’école maternelle afin d’installer des habitudes de curiosité et des habitudes
         culturelles. Se saisir de toutes les occasions pour offrir aux élèves une nouvelle rencontre
         avec le patrimoine de proximité.

         — Faire en sorte que chaque rencontre avec le patrimoine de proximité soit précieuse
         et singulière pour développer le plaisir et le goût de la rencontre.
         Verbaliser son enthousiasme à l’idée de découvrir, de voir ou de revoir un lieu ou un objet
         culturel, mettre les élèves en projet dans la perspective d’une sortie, instaurer un air de
         mystère autour de la découverte à venir, présenter la rencontre comme un moment privilégié
         permettant d’apprendre autre chose autrement, proposer une action simple, inhabituelle et
         saisissante au moment de la visite sont autant d’éléments essentiels pour faire des ren-
         contres avec le patrimoine de proximité des moments heureux, marquants et constructifs.

         ——Varier le type d’objets du patrimoine de proximité que l’on va faire découvrir aux élèves
         afin d’offrir à chacun la possibilité d’être touché ou intéressé et de faire connaître la diver-
         sité et la richesse du patrimoine de proximité (château, lavoir, édifice religieux, musée local,
         pont, place du village…).

         ——Diversifier les approches, les situations, les temporalités pour travailler sur le patrimoine
         de proximité (cf. exemples de scénarios pédagogiques).




         11 — Connaître le patrimoine de proximité
DES APPROCHES POSSIBLES                            DES TEMPORALITÉS POSSIBLES

> Par un contact direct à partir                  > Une ou deux séance(s) isolée(s)
   d’un questionnement simple porté                   dans une séquence d’un domaine
   par le professeur.                                 d’enseignement.
> En lien avec une pratique artistique            > Une séquence en histoire des arts.
   réalisée en classe ou via un atelier            > Un projet patrimoine avec
   de pratique sur place.                            ou sans partenaire.
> En partant du discours d’un médiateur           > Une classe transplantée patrimoine.
   culturel.
> Dans le cadre d’une séquence dont
   l’objectif premier n’est pas la rencontre
   avec le patrimoine (littérature, histoire,
   sciences, etc.).


——Proposer des situations d’apprentissage qui permettent de comparer, mettre en réseau
et faire des liens entre :
-- des objets culturels du même type à l’échelle locale ;
-- des objets culturels du même type à l’échelle locale et à l’échelle nationale ou mondiale ;
-- des objets culturels de types différents, mais dont le sujet, la problématique ou un élément
   est commun ;
-- des objets culturels de types différents, mais issus d’une même époque ou d’un même
   territoire géographique.

Ces mises en relation à partir du patrimoine de proximité constituent un point d’appui
privilégié pour aiguiser le regard et construire une culture artistique partagée.

——Dans le cadre de la rencontre, proposer une pratique culturelle qui favorise la mémori­
sation et permette de rendre désirable le patrimoine artistique et culturel.

——Donner du sens aux rencontres avec le patrimoine de proximité en les articulant avec le
travail mené dans les autres enseignements, notamment en arts plastiques, en français et
en histoire.

——Penser les rencontres avec le patrimoine de proximité en équipe de façon à les organiser
dans le temps de manière constructive et cohérente et à complexifier progressivement les
apprentissages.

——Ne pas hésiter à construire un partenariat avec une collectivité territoriale ou une structure
culturelle locale afin de donner une autre dimension aux apprentissages réalisés. Le profes-
seur des écoles est alors responsable pédagogique du projet et le partenariat vise à enrichir
le projet (cf. fiche : Élaborer et conduire un projet patrimoine).




12 — Connaître le patrimoine de proximité
Au moment de la rencontre…

——Proposer et faire vivre une situation d’apprentissage qui engage l’élève dans un ques-
tionnement, dans une quête exploratoire mobilisatrice et porteuse de sens.
Donner toute sa place à la sensibilité, à la parole de l’élève et à son interprétation.
Placer la rencontre sous le signe d’une exploration jubilatoire, partagée avec les autres
et de l’émergence d’un discours personnel et argumenté.
À cet effet, combiner approche ­sensible, approche artistique et approche historique.




La variété des matériaux de construction et de l’appareil,
source inépuisable d’observation : un détail du fort de Bonifacio.
© SSC




13 — Connaître le patrimoine de proximité
POUR RAPPEL

Approche sensible                  Approche artistique              Approche historique
User de tous ses sens              Voir et chercher à               Voir comment s’exprime
pour exprimer simplement           comprendre ce que disent         le lien fort entre l’histoire
ce que l’on voit devant            les formes, les couleurs,        et l’objet culturel ;
soi ; voir à partir des            les matières et comment          lire l’œuvre en privilégiant
émotions ressenties, des           elles s’organisent entre         la compréhension
sensations éprouvées               elles pour créer des             du contexte.
et des impressions                 significations.                  > Faire comprendre
premières.                         > Faire comprendre               que tout bâtiment, tout
> Faire prendre                    que tout bâtiment,               objet, toute œuvre est
conscience que le                  tout objet, toute œuvre          né dans une culture et
contact AVEC les objets            est l’expression d’un            une société à un moment
artistiques génère en              artiste, connu, anonyme          donné, mais qu’il ne
chacun de nous des                 ou collectif, dans une           cesse d’évoluer dans le
sensations et des                  circonstance ou pour un          temps, comme le regard
émotions.                          commanditaire donnés.            que l’on pose sur lui.



Ces différentes approches impliquent la conjonction de plusieurs champs de connaissances
et, ainsi, chacune d’elles participe de la mise en place de repères et de la construction du
sens. C’est en se reliant entre elles que les connaissances mobilisées permettent d’accéder
à la compréhension.

Concrètement,

——Partir de ce que les élèves ressentent, voient et disent. S’appuyer sur l’approche sensible
et spontanée pour garantir l’appropriation de connaissances, notamment l’acquisition pro-
gressive de repères et d’un lexique spécifique simple.

Il s’agit de :
-- faire dire pour favoriser l’émergence de l’expression et de la compréhension ;
-- inviter à mettre en mots, à dire, à décrire de manière factuelle, à commenter, à échanger
   à partir de ce qui est donné là ;
-- donner le temps nécessaire à une appropriation personnelle et veiller à ne pas imposer
   une lecture, un discours ;
-- dire sans trop en dire et sans tout dire, donner à voir sans tout montrer et sans tout inter-
   préter à la place des élèves ;
-- offrir et donner ce qui est juste nécessaire pour émoustiller le regard et stimuler la pensée.

——Favoriser le questionnement, la réflexion et l’argumentation en proposant les apports
de contenus nécessaires, susciter curiosité, surprise et émerveillement face au monde
de l’art : au moment où il s’agit de dépasser la seule description du monument ou de l’œuvre
concernée, donner des repères, du vocabulaire et des informations sur le contexte de pro-
duction, les conditions de réalisation et de réception, la demande du maître d’œuvre dans
le cas d’une architecture, etc.




14 — Connaître le patrimoine de proximité
——Inviter à la mise en relation des signes repérés : au moment opportun, donner ce qui est
essentiel pour que les élèves puissent revenir à l’observation en mettant en relation différents
éléments vus ou ressentis, en faisant du lien entre ce qui a été vu et ce qui a été transmis,
apporté par le professeur.

——Finaliser la découverte réalisée par un temps de retour réflexif visant à faire le point
sur ce qui a été compris et retenu. Laisser à nouveau la parole de l’élève se déployer dans
­l’expression de nouvelles impressions, émotions ou de ressentis renouvelés.

——Quand cela est possible, afin de favoriser la mémorisation, enrichir le tout d’anecdotes
historiques ou raconter une légende (en spécifiant bien qu’il s’agit d’une légende) associée
au lieu ou à l’objet artistique étudié.

 ——Tout au long de la découverte, maintenir une communication claire et signifiante en
­veillant à utiliser une terminologie précise afin d’enrichir progressivement le lexique spé­
 ci­fique en situation.



Pour construire les apprentissages
——Concevoir une séquence d’apprentissage, plusieurs séances et différentes phases
de ­travail dans une logique de construction des compétences
Une visite dans un espace patrimonial ou dans un musée local ne constitue pas à elle seule
une séquence. Comme pour les autres apprentissages, il convient de penser un parcours de
formation dans lequel les compétences et savoirs en jeu se travaillent, se réitèrent, font l’objet
de redites et de répétitions, s’élargissent et se diversifient dans le but de consolider, faire
mémoriser, approfondir et complexifier progressivement une même notion. Cela suppose
donc de mettre en œuvre différentes séances de travail hors la classe et dans la classe.

——Établir précisément ce que les élèves vont apprendre : cibler des compétences mais
aussi des connaissances – repères historiques, apports techniques, lexique attendu
Fort de l’expérience sensible vécue par ses élèves, le professeur leur apporte, au moment
opportun, ce qui va les aider à mieux voir, à mettre en relation, à penser. Il s’agit d’une part
de mettre en place un lexique spécifique, d’autre part de poser des repères qui vont per-
mettre aux élèves de situer les espaces et les œuvres dans le but de mieux les appréhender.

——Présenter de manière explicite aux élèves le scénario pédagogique et établir un plan de
travail clair : mettre les élèves en projet en associant une finalité concrète à la découverte
Il s’agit d’engager les élèves dans une démarche d’exploration marquée par l’expérience
vécue et par une pratique culturelle. Le dispositif d’apprentissage proposé doit susciter
une forme de surprise et d’émerveillement, mobiliser le corps et l’esprit dans un même
mouvement pour faire apprendre en regardant.




15 — Connaître le patrimoine de proximité
    Le patrimoine, un objet
        bien vivant : depuis
la restauration rigoureuse
       de son architecture
    du xvie siècle et de son
     mécanisme du xixe, le
      moulin de la Falaise,
             à Batz-sur-Mer,
      a repris son activité.
                      © SSC




               16 — Connaître le patrimoine de proximité
——Articuler ce qui se passe hors la classe, in situ, et ce qui se passe dans la classe :

Hors la classe, in situ                           Dans la classe

> Remarquer la présence ou                       > Avant la visite, mettre les élèves
   l’absence d’acteurs du patrimoine,                en projet : préparer la visite, lister
   d’autres visiteurs…                               les attendus, poser des premiers
> Orienter le corps, le regard et la                questionnements, travailler
   pensée pour créer les conditions                  sur les représentations que l’on
   propices à la découverte :                        se fait de l’objet ou du bâti qui
   envisager des circulations, prendre               sera étudié…
   le temps de poser le groupe pour               > De retour de visite, évoquer de
   observer, libérer la parole des                   nouveau oralement le lieu visité
   élèves, favoriser les interactions.               ou les œuvres étudiées. Redire
> Adopter la posture d’un explorateur               ce que l’on a vu en utilisant le lexique
   pour découvrir une œuvre, un                      spécifique donné, raconter
   site : regarder, se questionner,                  les différents espaces traversés,
   verbaliser, interpréter…                          exprimer à nouveau ce qui a été
                                                     compris, donner son avis.
> Engager les élèves dans
   une pratique culturelle.                       > S’appuyer sur des images
                                                     prises sur place ou sélectionnées
> Collecter des traces utiles
                                                     par ailleurs pour poursuivre la
   à la poursuite du travail scolaire :
                                                     réflexion engagée : vues d’ensemble
   documents réalisés par un
                                                     mais aussi détails de certains
   partenaire culturel, photographies,
                                                     éléments, vidéos de monuments
   notes, croquis…
                                                     vus du ciel…
> Réaliser un premier bilan de visite.
                                                  > Réaliser des recherches
                                                     complémentaires et proposer
                                                     des apports supplémentaires
                                                     pour aller plus loin.
                                                  > Faire des liens avec d’autres lieux
                                                     ou d’autres œuvres et d’autres
                                                     enseignements.
                                                  > Élaborer un compte-rendu de visite,
                                                     un affichage mémoire, une trace
                                                     permettant d’institutionnaliser
                                                     et structurer les savoirs.



L’annexe 1 contient une série de conseils pratiques pour mettre en œuvre un projet patri-
moine de proximité conformément aux grands principes évoqués dans la présente fiche.




17 — Connaître le patrimoine de proximité
18 — Connaître le patrimoine de proximité
             FICHE 2

Comment élaborer
un projet patrimoine ?
Tout projet patrimoine nourrit le parcours d’éducation
artistique et culturelle de l’élève et s’ancre dans l’axe
artistique et culturel du projet d’école. Il constitue un projet
de classe à part entière, conduit par le professeur, seul,
en équipe ou en partenariat.



         Les objectifs pour l’élève
         ——Appréhender les formes artistiques et culturelles en inscrivant leur approche dans le temps
         et dans l’espace ;

         ——Éduquer son regard en partant à la découverte de son environnement culturel proche ;

         ——Se sensibiliser aux processus de création des œuvres plastiques et architecturales ;

         ——Mieux comprendre le monde qui nous entoure ;

         ——Devenir sensible à la vulnérabilité du patrimoine et avoir conscience de l’importance
         de sa préservation ;

         ——S’impliquer dans une expérience sensible partagée pour construire une première culture
         artistique.




         19 — Connaître le patrimoine de proximité
       Concevoir le projet
       LES DIFFÉRENTS ASPECTS DU PROJET À ENVISAGER




                                          Modalités
                                          de travail
                                                                                                    Liens pluri-
                                           prévues
                                                                                                   disciplinaires
                                        et calendrier
                                         des visites



                                                                                      Rôle et place
                                                       Choix ou non
Cheminement              Définition                                                   du professeur
                                                       d'un travail
  envisagé              des objectifs                                                     et des
                                                      en partenariat
                                                                                       partenaires



                                             Choix
                                        d'un contexte,
          Restitution                    d'un d'objet
                                        artistique ou                     Financement
                                         patrimonial                         global



 Valorisation
      et
communication




       Mettre en place le projet pédagogique
       ——Le choix du contexte patrimonial et/ou de l’objet artistique
       L’objet artistique ou patrimonial à étudier avec les élèves peut être très divers. « Il peut s’agir
       d’un monument, d’un quartier, de son propre établissement scolaire, d’un musée, d’un chantier
       archéologique, d’un élément du patrimoine local (patrimoine historique, industriel ou scientifique),
       d’un fonds d’archives, d’un site naturel, d’une œuvre, etc. La pertinence de ce choix doit porter non
       seulement sur la valeur patrimoniale du site, de l’édifice ou de l’objet, mais aussi sur l’actualité
       de tel ou tel programme de restauration ou de réhabili­tation. La prise en compte de l’actualité
       scientifique doit augmenter, en effet, le sentiment de participation aux enjeux patrimoniaux et
       donc faciliter l’appropriation affective. »1


       1 Circulaire n° 2002-086 du 22 avril 2002 relative à la charte « Adopter son patrimoine »




       20 — Connaître le patrimoine de proximité
LES MODALITÉS DE TRAVAIL ENVISAGÉES

Comment impliquer les élèves dans la découverte du ou des objets choisi(s) ? Comment
les associer à l’ensemble du travail mené ? Pour permettre aux élèves de cheminer et de
construire leurs apprentissages à partir d’une expérience vécue, les différentes phases
et étapes de ce travail gagneront à être articulées de manière logique et progressive, en
pensant ce qui se joue « hors la classe » et « dans la classe ». De fait, les modalités de tra-
vail envisageables sont variées : visites in situ, recherches en classe ou chez un partenaire
(bibliothèque, archives départementales, institution culturelle…), temps d’approfondis­
sement d’une analyse, temps de structuration des repères proposés, temps de pratiques,
temps de retour sur les images en classe, etc.

Un calendrier du projet doit donc être élaboré dans la phase de conception du projet.

——Les types de restitutions possibles
« Il s’agit d’impliquer les élèves dans la réalisation d’un projet de restitution du travail effectué par
la classe et qui les rende réellement acteurs de ce patrimoine. Cette restitution peut prendre des
formes diverses : devenir pour un temps donné des “guides”, réaliser des projets de valorisation
par des documents, une signalétique, un film, participer aux décisions culturelles ou politiques
à travers la participation à des conseils municipaux2 », proposer une lecture plastique via
une installation in situ ou des phrases dansées…



Travailler ou non en partenariat
REMARQUES PRÉLIMINAIRES

——Un professeur est capable de conduire seul un projet patrimoine.

——De nombreux et précieux dispositifs, hors l’école ou dans l’école, favorisant la rencontre
entre un objet artistique ou patrimonial et les élèves existent déjà grâce au dynamisme et
à l’implication des structures locales et des professeurs. De nombreux partenaires ont en
effet développé un service éducatif précieux sur lequel les équipes pédagogiques peuvent
s’appuyer.

——Le travail en partenariat autour d’un projet patrimoine permet de lui donner une dimension
bien plus vaste.


QUELS PARTENAIRES POSSIBLES ?

Il existe différents types de partenaires pour conduire un projet patrimoine : les collectivités
territoriales, les DRAC, les institutions culturelles et notamment le musée de la ville, les
archives départementales, le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement
(CAUE), le réseau des villes et pays d’art et d’histoire. Dans tous les cas, il convient de
prendre contact avec le partenaire dès la phase d’élaboration du projet. Dans un partena-
riat, le projet pédagogique doit être élaboré conjointement en pensant la place de chacun.




2 Ibid.




21 — Connaître le patrimoine de proximité
LE RÔLE DU PROFESSEUR, LA PLACE DU PARTENAIRE

En toutes circonstances, le professeur est responsable du projet pédagogique.

Le rôle du professeur est de penser l’ensemble du projet en étroite collaboration avec le par-
tenaire sollicité, de veiller à la qualité des situations pédagogiques proposées et à la place
des élèves dans le projet.

Le professeur conduit seul certaines séances du projet, fait des liens qui ont du sens
avec d’autres domaines d’enseignement afin d’enrichir le projet patrimoine et propose
un ­dispositif d’évaluation.

Le partenaire ne se substitue pas au professeur, il donne une autre dimension au projet
en co-animant certaines séances ou visites. Il apporte au professeur et à ses élèves
des connaissances et des approches nouvelles, un regard extérieur et des démarches
­dif­férentes, enrichissantes pour les élèves.


LES MOYENS FINANCIERS

Tout projet patrimoine ne nécessite pas forcément un budget particulier. Cela dépend
de la nature du projet, de la restitution prévue et des moyens de déplacement dans le cadre
de projet.

Le financement dépend de chaque projet, des ressources de l’éducation nationale, des
collectivités territoriales de référence, des structures partenaires et des soutiens mobilisés :
ce financement doit être envisagé dès la phase de conception du projet.

Le budget prévu doit être équilibré et sa dimension en adéquation avec la teneur du projet.



La valorisation et la communication
——Tout projet patrimoine mérite d’être donné à voir, pour valoriser le travail conduit
par les élèves et par le professeur, pour sensibiliser un plus large public aux enjeux relatifs
au patrimoine.
Ainsi, au sein de l’école, il convient de veiller à valoriser les actions réalisées et l’engagement
des élèves, en présentant le projet aux parents au moment de son lancement, en mobi­
lisant largement les acteurs concernés lors de la restitution finale, en conservant une trace
de l’ensemble du projet sur le site de l’école ou sur un site institutionnel.

——Valoriser un projet suppose donc de l’anticiper en constituant un historique illustré
(photo­graphies, captations vidéo, textes rédigés par les élèves…) des différentes actions
qui ont jalonné le projet et en prévoyant également la manière de conserver la trace de la
restitution finale. Il s’agit donc de mettre en exergue à la fois le moment de la restitution
finale et le cheminement réalisé, la densité du travail mené et les efforts fournis par les élèves
tout au long du projet.

——Toutes les contributions extérieures – participation de parents d’élèves, implication des
partenaires engagés dans le projet, soutien d’une collectivité territoriale, accompagnement
de l’institution – méritent également d’être reconnues au moment de la restitution finale.




22 — Connaître le patrimoine de proximité
                                Se former pour concevoir et conduire
                                un projet patrimoine
                                ——La formation initiale puis continue des professeurs, notamment dans le domaine des
                                arts plastiques et de l’histoire des arts, leur permet d’être armés pour conduire un projet
                                patrimoine avec leurs élèves.
                                Les différents plans de formation proposés à l’échelle de la circonscription, du départe-
                                ment ou de l’académie, ont pour but d’approfondir les connaissances et les démarches
                                didactiques et pédagogiques.
                                La mobilisation des conseillers pédagogiques spécialisés, particulièrement en arts plas-
                                tiques, est possible à tout moment pour un accompagnement spécifique et individualisé
                                autour d’un projet patrimoine.

                                ——De nombreux partenaires culturels proposent des formations spécifiques autour de leur
                                site ou des objets artistiques qu’ils présentent au public sous la forme de temps dédiés
                                aux professeurs ou de documents d’accompagnement, souvent disponibles en ligne.
                                Les intervenants extérieurs mobilisés dans le cadre des projets en partenariat contribuent
                                également à nourrir les professeurs durant la phase de conception du projet et pendant
                                leurs interventions auprès des élèves.

                                ——Enfin, des outils numériques de formation sont également mis à la disposition des pro-
                                fesseurs, notamment sur le site du Centre des monuments nationaux, sur Éduscol et dans
                                les édubases, sur les sites académiques et de circonscription, etc.




 Au site abbatial de Saint-
       Maurice, à Clohars-
       Carnoët (Finistère),
           le Conservatoire
                 du Littoral,
                propriétaire,
             a mis en place
un dispositif de médiation
     utile aux professeurs
              et aux élèves.
                       © VB




                                23 — Connaître le patrimoine de proximité
24 — Connaître le patrimoine de proximité
              FICHE 3

Scénarios pédagogiques

Cette fiche a pour objet de présenter des exemples
de situations pédagogiques possibles parmi d’autres.
Toutes visent les compétences :
IDENTIFIER – ANALYSER – SE REPÉRER.

         Chaque scénario offre une proposition simple pour une rencontre avec le patrimoine
         de ­proximité entièrement menée par le professeur ou, s’il le souhaite, mise en œuvre
         avec l’appui d’un partenaire culturel local.
         Bien que décliné à partir d’exemples parfois précis, chaque scénario propose une démarche
         générique aisément transférable à n’importe quel site ou objet patrimonial du même type.
         Seuls les objets d’études les plus fréquents sont abordés. Il est entendu que les scénarios
         développés ici ne couvrent pas toute la richesse et la variété du patrimoine de proximité.




SCÉNARIO 1 - UN BÂTI OU UNE ARCHITECTURE
         La démarche proposée repose sur un parcours de découverte du patrimoine de proximité
         dans une ville ou un village, dès lors que les bâtis et monuments notables sont repérés.
         Il est possible de proposer ce scénario dans n’importe quel village ou n’importe quelle ville.

SCÉNARIO 2 - UN ÉLÉMENT ARCHITECTURAL PARTICULIER
         Le scénario développé vise les mises en relation et comparaisons d’un même élément
         architectural dans un village, un quartier, une commune. Pourront ainsi être comparés des
         portes, des toits, des fenêtres, des ponts, des escaliers, des passages… L’éducation du
         regard par une démarche comparative est ici illustrée.

SCÉNARIO 3 - UNE PEINTURE OU UNE SCULPTURE EN LIEN AVEC LA CULTURE LITTÉRAIRE
         La situation d’apprentissage déclinée montre comment la culture artistique et littéraire
         peut se construire à partir du patrimoine de proximité. Bien des contes, légendes et mythes
         pourront faire l’objet d’une démarche similaire.

SCÉNARIO 4 - UN OBJET EXTRA-OCCIDENTAL DU QUOTIDIEN
         Les activités proposées reposent sur une approche pluridisciplinaire des objets d’art
         venus d’ailleurs, quels que soient l’époque, l’espace, la culture dont ils sont issus. La place
         de l’expérience sensible d’une part et de l’écriture d’autre part permettent d’assurer une
         appréhension très personnelle des œuvres.




          25 — Connaître le patrimoine de proximité
SCÉNARIO 5 - UN PARC OU UN JARDIN
         La séquence élaborée s’appuie sur une approche à la fois globale et sensorielle du
         ­jardin et part du général pour aller vers le particulier. La situation de recherche au cœur
          de la séquence doit permettre, via la catégorisation, de définir l’espace dont on parle,
          quelles que soient son histoire, sa fonction, ses caractéristiques.
          Tout parc ou jardin pourra être investi de la sorte.

SCÉNARIO 6 - UN PATRIMOINE INDUSTRIEL
         La proposition pédagogique faite autour du patrimoine industriel est étroitement corrélée
         au programme d’histoire, marquée par une dimension économique, technique et sociale
         forte et ancrée dans une visite initiale d’un site historique de production. Elle peut être
         transférée à différents types d’espaces industriels patrimoniaux.




          26 — Connaître le patrimoine de proximité
                                             Les élèves se font médiateurs culturels ou jeunes
                                             guides le temps d’une visite avec un vrai public :
                                             leurs parents. Un vrai défi !
SCÉNARIO 1

        Bâtis et architectures

        Un parcours de découverte
        dans ma ville ou mon village

        PROPOSITION RETENUE > « Guides en herbe ! » - CM1 ou CM2
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
         Monuments et bâtis notables du village, de la ville ou d’un quartier
        OBJECTIFS
        — Découvrir et étudier les objets artistiques et patrimoniaux qui font l’identité de la ville
        — Transmettre sa connaissance du patrimoine local



        SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

        1 - Présentation du projet : se faire médiateur culturel lors d’une visite guidée à travers
        la ville pour les parents d’élèves

        2 - Réaliser une visite du village, de la ville avec un professeur ou avec un médiateur
        culturel
        Présentation par le professeur ou par un médiateur des monuments, constructions, places
        ou sculptures remarquables. Premiers apports historiques et culturels.
        Prise de notes et prise d’images par les élèves à partir d’une consigne claire et précise.
        Collecter les traces utiles à la poursuite du travail scolaire : documents réalisés par un
        partenaire culturel, photographies, notes, croquis, etc.
        Bilan dressé : reformulation de ce qui a été compris et retenu lors de la visite guidée.

        3 - Première exploitation de la visite réalisée en classe

        ——Structurer les repères utiles
        -- Repérage du parcours réalisé sur un plan du village ou de la ville avec localisation des
           objets patrimoniaux présentés lors de la visite. Il s’agit d’identifier les différents types
           de bâtiments (habitation, administratif, religieux, utilitaire, commercial, production, etc.) ;
        -- rappel du lexique spécifique appris : rédaction d’un bref glossaire ;
        -- élaboration d’une trace collective : frise du village ou de la ville pour situer les objets
           patrimoniaux dans le temps.

        ——Identifier les qualités requises pour faire une bonne présentation du patrimoine :
        des connaissances, une prestation orale vivante, de l’enthousiasme.

        ——Choisir un parcours de visite pour le projet avec quelques monuments et bâtis.
        4 - Travail de synthèse des notes prises le jour de la visite
        La mise en commun et la lecture des synthèses réalisées permettent de mettre en évidence
        des lacunes, des manques, des imprécisions, mais aussi de dégager les éléments essentiels
        à la compréhension.




        27 — Connaître le patrimoine de proximité
 5 - Recherches en classe sur les lieux de visite
Exploitation de documents sélectionnés par le professeur et réécriture des synthèses
­initialement rédigées.

6 - Dernière révision des textes qui seront oralisés lors de la visite guidée
Objectif : donner une dimension plus personnelle à chaque présentation.
Enrichissement des textes élaborés avec quelques remarques ou commentaires personnels.

7 - Mise au propre des textes élaborés
8 - Mémorisation et oralisation des textes rédigés
Entraînements divers en classe, puis in situ, selon diverses modalités : temps scolaire,
péri- ou extra-scolaire, par petits groupes, etc.

9 - Visite guidée conduite par les élèves face aux parents de la classe
10 - Prolongement : mettre en relation un monument de la ville avec un monument
faisant partie du patrimoine national ou mondial pour construire la culture artistique
Exemple : s’appuyer sur l’approche sensible réalisée dans l’église gothique de la ville pour
découvrir le monastère royal de Brou à partir d’images et de vidéos et en faire une référence
culturelle riche de sens.


DISPOSITIFS ET RESSOURCES EN LIEN AVEC CE TYPE DE PROJET

——« Le patrimoine, toute une histoire ! »
« Le patrimoine, toute une histoire ! » est une opération pédagogique, culturelle et citoyenne,
imaginée par l’association Vieilles maisons françaises (VMF), qui œuvre à la sauvegarde
et à la valorisation du patrimoine bâti et paysager.
Cette action pédagogique comporte deux volets :
   --des outils pédagogiques proposés gratuitement aux professeurs, qui s’appuient sur les
     particularités architecturales des sites ou monuments étudiés, permettant de les situer
     dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique : contemporain,
     proche ou lointain ;
   --un concours renouvelé chaque année, qui donne sens à l’action.
http://eduscol.education.fr/cid117157/-patrimoine-en-vues-un-concours-de-reportages-
sur-le-patrimoine-de-vos-regions.html

——« Le meilleur petit journal du patrimoine »
Agréé par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, ce concours scolaire
a pour objectif de faire découvrir le patrimoine de proximité aux élèves de CM1, CM2,
6e et 5e, tout en les initiant aux technologies de l’information et de la communication et
au métier de journaliste.
Les élèves doivent pour cela réaliser un petit journal au cours de l’année scolaire. Une
maquette, fournie par les organisateurs, peut leur servir de modèle.
Ce travail commun s’attache à l’étude d’un ou de plusieurs éléments du patrimoine envi-
ronnant (sites, édifices ou savoir-faire). Pour cela, les élèves vont à la rencontre des acteurs
locaux (associations, écomusées ou autres) qui œuvrent pour la sauvegarde d’un patri-
moine, bâti ou immatériel, ou d’un savoir-faire traditionnel. Les lauréats reçoivent un diplôme
et différents autres prix très gratifiants pour les élèves.
www.patrimoine-environnement.fr/concours-scolaire-du-meilleur-petit-journal-du-
patrimoine/



28 — Connaître le patrimoine de proximité
Étudier les objets artistiques et patrimoniaux qui font l’identité de la ville :
le village de Hell-Bourg, sur l’île de la Réunion.



 ——À noter également : certains musées, voire certains services éducatifs municipaux
­proposent des actions dans ce sens, avec l’intervention de médiateurs. Les conseils d’archi­
 tecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), sont des partenaires très actifs dans
 ce type de projet.
 www.fncaue.com




29 — Connaître le patrimoine de proximité
                                                     Les élèves partent en quête de portes,
                                                     les regardent, les scrutent pour réfléchir
                                                     à leurs fonctions et les caractériser.
                                                     Ils élaborent un mur d’images de portes !
SCÉNARIO 2

        Focus sur un élément architectural

        Observer et comparer les portes
        de ma ville ou de mon village

        PROPOSITION RETENUE > « En quête de portes » ou « En quête de… » - Tout cycle
        D’autres éléments architecturaux particuliers comme les toitures, les fenêtres, les entrées ou
        plus largement les ouvertures, peuvent être choisis avec ce type d’approche.
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
         Les portes des bâtiments et monuments
        OBJECTIFS
        — Comprendre qu’un objet architectural s’appréhende par sa fonction, mais aussi par
        les matériaux et les formes qui le constituent ; identifier et comparer différents objets archi-
        tecturaux de même nature ; les caractériser.
        — Apprendre à voir comment les objets que l’on considère d’abord comme utilitaires peuvent
        aussi être beaux et porteurs de significations diverses exprimées par leur forme spécifique.
        — Associer un objet architectural à différents types de construction ; identifier différents
        types de constructions et de monuments.



        SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

        1 - Faire émerger un problème, une question concrète : toutes les portes
        se ressemblent-elles ? Et servent-elles toutes à la même chose ?
        Réaliser un recueil des représentations premières.

        2 - Partir à la découverte des portes dans la rue, dans le quartier, dans le village
        ou dans la ville

        ——Observer les différentes portes de la rue ou du quartier en cherchant à identifier leurs
        points communs et leurs différences. Prendre des notes et réaliser des photographies
        pour conserver la mémoire de ce que l’on a vu.

        ——Identifier ce qui caractérise une porte : fonction, matériaux, taille, forme, encadrement.

        ——S’habituer à distinguer une porte ancienne d’une porte contemporaine.

        ——Proposer des premiers apports lexicaux : noms spécifiques (poignée, gond, serrure,
        ornements, fronton, marche, parvis, matériaux utilisés, type de bâtiment dont font partie
        les portes observées…), verbes (ouvrir, verrouiller, décorer), adjectifs (horizontal, vertical,
        courbe, encadré, orné…).

        ——Dresser un premier bilan : les élèves concluent que les portes se ressemblent toutes et
        qu’en même temps, elles ne se ressemblent pas. Ils ont relevé des différences de tailles,
        de matériaux, de couleurs, d’ornements.




        30 — Connaître le patrimoine de proximité
        Partir à la
      découverte
       des portes
     dans la rue…
En suivant la rue
          de Grez
et la rue Grande,
         à Moret-
        sur-Loing.
           © HRC




                      3 - Prolonger la réflexion à partir de ressources mises à disposition :
                      notes et photographies prises lors de sortie dans le quartier puis
                       magazines avec images d’architectures.
                      Affichage des photographies prises et autres images trouvées pour consti-
                      tuer un mur d’images et nouvelle observation.
                      Première opération de tri en petits groupes avec différentes propositions qui
                      aboutissent à la mise en exergue des matériaux utilisés, de certaines formes
                      et au constat selon lequel au type de bâtiment correspond un type de porte.

                      4 - Enrichissement du mur d’images de portesavec des images de
                      portes issues de magazines et de portes célèbres ou remarquables
                      apportées par le professeur.
                      Nouvelle opération de tri qui permet une nouvelle fois d’observer les portes,
                      de réuti­liser le lexique et de découvrir un autre type de porte : une des
                      anciennes portes de la ville, encore non identifiée comme telle par les élèves.
                      Apport historique : fonction des portes de la ville autrefois.

                      5 - Découverte de la porte de la ville in situ
                      Observation et approche sensible.
                      Apports : lexique spécifique et repères historiques simples.

                      6 - Nouvelle observation des portes du quartier in situ
                      Objectif : s’interroger sur ce qu’une porte peut dire d’un bâtiment et de ceux
                      qui l’ont conçu, construit, habité, utilisé ou transformé.                        Découverte d’une
                                                                                                        ancienne porte de la ville :
                      Conclusions tirées : il y a :                                                     la Porte de Bourgogne,
                        --des portes pour fermer un bâtiment ;                                          à Moret-sur-Loing.
                        --des portes pour marquer un passage entre intérieur et extérieur ;
                        --des portes pour se protéger de l’ennemi, comme dans les châteaux-forts ;
                        --des portes monumentales ou de grande taille qui mettent en évidence l’entrée d’un
                          bâtiment public et permettent de faire entrer beaucoup de monde : caractère fonctionnel
                          mais aussi symbolique de la porte ;
                        --des portes qui racontent d’emblée une histoire comme dans certains édifices religieux ;
                        --des portes qui montrent le pouvoir du propriétaire ou du commanditaire.


                      31 — Connaître le patrimoine de proximité
          Enrichir
     le regard en
      comparant
    avec d’autres
images de portes.
       © HRC, VB



                     Observation et approche sensible de portes choisies. Prise de photographies pour nourrir
                     le mur d’images.

                     7 - Élaboration d’une synthèse et trace écrite de ce qui a été appris. Installation
                     de références visuelles.

                     8 - Prolonger la séquence en comparant les portes rencontrées avec des portes célèbres
                     à l’échelle nationale ou mondiale.


                     DISPOSITIFS ET RESSOURCES EN LIEN AVEC CE TYPE DE PROJET

                     ——Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE)
                     Les interventions de sensibilisation du CAUE sont gratuites pour les classes. Elles s’ins-
                     crivent dans les missions dévolues aux CAUE par la loi sur l’architecture (loi de 1977).
                     Les interventions du CAUE sont adaptées au contexte général des enseignements, à l’âge
                     des élèves ou des étudiants et aux démarches pédagogiques engagées. Un dialogue
                     préalable avec les professeurs et/ou le directeur d’école en précise toujours les objectifs,
                     les contenus et les méthodes. Les activités se déroulent au CAUE ou dans l’établissement
                     scolaire pour répondre au mieux aux conditions matérielles de leur réalisation.
                     Les champs d’intervention des CAUE sont les suivants : architecture, urbanisme, environne-
                     ment et paysage. Les CAUE mettent à disposition des écoles des documents et des fiches
                     pédagogiques en ligne mais aussi des mallettes pédagogiques à emprunter pour la plupart
                     au sein du réseau Canopé, à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et au CAUE.
                     www.fncaue.com/portail-pedagogique

                     ——Les journées nationales de l’architecture
                     Chaque année en octobre avec des visites de chantiers, des visites d’agences d’architec-
                     ture, des parcours urbains, des films et des expositions organisés dans la France entière.
                     https://journeesarchitecture.culture.gouv.fr

                     ——Levez les yeux !
                     La journée du patrimoine pour les élèves le vendredi précédent les Journées européennes
                     du patrimoine.



                     32 — Connaître le patrimoine de proximité
                                              En lien étroit avec le travail mené en littérature
                                              notamment, les élèves travaillent sur une œuvre
                                              et deviennent des « passeurs de culture »,
                                              le temps d’une présentation à un public ciblé.
SCÉNARIO 3

        Peinture, sculpture, arts décoratifs…

        Comparer les représentations littéraires
        et artistiques d’un mythe

        PROPOSITION RETENUE > « Raconte-moi Hercule »- Cycle 3
        Les lieux patrimoniaux et les musées, partout en France, regorgent de représentations
        de mythes et de légendes. La démarche proposée ici peut être déclinée à partir de mythes et
        légendes divers en fonction de l’âge des élèves et des richesses locales sur ces sujets.
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
         Représentations d’Hercule
        OBJECTIFS
        — Connaître le mythe d’Hercule et différentes représentations du mythe ; les comparer
        et les analyser.
        — Appréhender ce qu’est un mythe.
        Comprendre comment la représentation implique des choix techniques et esthétiques
        qui donnent sa spécificité à chaque forme ou objet.



        SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

        1 - Étude d’un récit adapté pour les enfants des travaux d’Hercule.
        La force spectaculaire d’Hercule est alors mise en exergue. L’implicite du texte, relatif
        à ce qui permet à Hercule de trouver des solutions pour utiliser sa force et surmonter
        l’obstacle reste, lui, difficile à saisir pour les élèves.

        2 - Lecture et étude des douze travaux d’Hercule en bande dessinée
        Bilan dressé : Dans les différentes versions du mythe en bande dessinée (par exemple,
        Les Mythes de la Grèce antique en bandes dessinées par Marcia Williams, Gründ, 1992),
        ­Hercule semble souvent encore plus fort. Des précisions et détails supplémentaires peuvent
         être donnés par rapport aux textes littéraires adaptés pour les élèves. Les élèves prennent
         alors conscience des choix opérés par un auteur ou un artiste pour raconter ou représenter.

        3 - Mettre en relation le texte littéraire avec des représentations d’Hercule, en variant
        les époques et les matériaux : proposition de découverte d’une représentation d’Hercule
        dans un musée
        Exemples : neuf reliefs antiques en marbre, retraçant les travaux d’Hercule, au musée
        Saint-Raymond de Toulouse ; une tapisserie d’Hercule terrassant le lion de Némée (1re ­moitié
        du XVIIe siècle) réalisée d’après des gravures flamandes de l’époque et conservée au musée
        d’art et d’histoire de Toul ; l’Hercule combattant Acheloüs métamorphosé en serpent de Bosio,
        bronze fondu par Carbonneaux en 1824 d’après un plâtre de 1814.




        33 — Connaître le patrimoine de proximité
           Hercule
    terrassant le
 lion de Némée,
      XVIIe siècle,
        tapisserie,
     laine et soie,
   322 x 317 cm,
Toul, musée d’art
     et d’histoire.
         Reproduit
   avec l’aimable
  autorisation de
  la ville de Toul.




    Charles David,
  d’après Cornelis
      Cort, d’après
      Frans Floris,
       Le Lyon de
   Némée faisait
       d’horribles
ravages, Hercule
       le tuant en
  délivra le pays,
 ca 1620, gravure,
     23 x 28,3 cm.




                      34 — Connaître le patrimoine de proximité
Dans tous les cas,
  --découvrir et définir simplement l’objet artistique à étudier (peinture, sculpture, tapisserie,
    bas-relief…) ;
  --décrire factuellement cet objet patrimonial ;
  --donner des repères à partir des éléments donnés par le cartel ainsi que par d’autres
    apports : situer l’objet artistique dans le temps et dans l’espace ;
  --mettre en exergue le pouvoir narratif de cet objet artistique.
Réaliser une étude comparative du texte littéraire avec cette représentation plastique.
Identification de la transposition visuelle d’éléments du texte dans l’œuvre étudiée.
Mise en ­évidence des différences et des similitudes.

4 - Mettre en relation les représentations déjà étudiées et particulièrement celles
issues du patrimoine de proximité avec une œuvre du patrimoine mondial : Hercule
et l’hydre de Lerne par Francisco de Zurbarán (Musée du Prado, Madrid ; 1634)




                                                              Francisco de Zurbarán,
                                                              Hercule et l’hydre
                                                              de Lerne, 1634,
                                                              huile sur toile,
                                                              133 x 167 cm, Madrid,
                                                              musée du Prado.


L’étude de la peinture de Zurbarán suggère qu’Hercule est peut-être plus fort qu’il n’est
intelligent.


   --Faire remarquer aux élèves, d’abord, le point commun des différentes représentations
     d’Hercule qui apparaît toujours comme un homme fort, musclé et vaillant.
   --Observer ensuite, et surtout, ce qui distingue les différentes représentations étudiées
     pour faire progresser la conscience des différences entre les représentations d’un
     même personnage mythologique et, partant, celle des choix artistiques. Par exemple,
     les choix opérés dans la tapisserie de Toul visent à mettre en valeur les efforts d’un
     Hercule bien à la peine pour vaincre un énorme lion de Némée qui a réussi à s’emparer
     de sa massue, alors que l’Hercule de Bosio est massif et sereinement dominateur,
     sûr de sa force et de sa victoire face à un serpent terrorisé.
   --Montrer aux élèves plusieurs tableaux du cycle des travaux d’Hercule par Zurbarán,
     pour qu’ils remarquent d’eux-mêmes l’importance de la position du corps du demi-
     dieu dans le tableau, souligné par une lumière qui le détache dramatiquement
     d’un fond clair-obscur : de face, de profil ou de dos, traversant la toile en oblique
     ou fièrement campé à la verticale face à Géryon ou au fleuve Alphée, ou encore
     l’occupant toute entière, face au spectateur, lorsqu’il sépare les monts Calpe et Abyla.




35 — Connaître le patrimoine de proximité
          --Considérer enfin plus précisément Hercule et l’hydre de Lerne de Zurbarán. Le héros
            est appuyé en équilibre instable sur sa jambe droite. Son dos et sa jambe gauche
            partagent la toile en une puissante oblique qui sépare l’aire de la bête et des ténèbres
            (coin inférieur gauche) de celle, plus lumineuse, de l’homme (par une trouée au coin
            supérieur droit, passe le torse d’un personnage tenant une torche). Hercule apparaît
            comme un pont entre les deux, plus bestial que demi-dieu : sa chevelure hirsute,
            référence peut-être au personnage biblique de Samson, cache son visage, toute
            l’insistance du peintre et l’attention du spectateur se portant sur la musculature
            en tension. Manière de suggérer que, chez lui, la force éclipse l’intelligence ? Des
            éléments du texte peuvent le suggérer implicitement, puisqu’il y est régulièrement
            précisé que les idées d’Hercule lui venaient notamment de la déesse Minerve.



     François-Joseph
       Bosio, Hercule
combattant Acheloüs
     métamorphosé
    en serpent, 1814,
    bronze fondu par
Carbonneaux en 1824,
           H. 260 cm,
        Paris, musée
           du Louvre.
                © VB




        36 — Connaître le patrimoine de proximité
5 - Situer les différentes représentations étudiées dans le temps
Interroger la notion de mythe.

6 - Élaboration d’une synthèse et trace écrite de ce qui a été appris. Installation
de références visuelles

7 - Présentation orale ou écrite de l’œuvre étudiée à un public ciblé (autres élèves
de l’école, parents d’élèves, visiteurs du musée local…)
Tels de petits conférenciers, les élèves s’appuient sur ce qu’ils ont compris et retenu de
l’ensemble de la séquence pour nourrir cette présentation qui se fait en direct face à un
public ciblé ou dans une vidéo soigneusement élaborée.

Remarque : Pour faire le lien entre l’étude des mythes en littérature et leur représentation
picturale, on pourra par exemple s’appuyer sur l’ouvrage de Marie Bertherat, Les Mythes
racontés par les peintres, Paris, Bayard jeunesse, 2000.


DISPOSITIF EN LIEN AVEC CE TYPE DE PROJET

——« La classe, l’œuvre ! »
« La classe, l’œuvre ! » invite les élèves des classes de primaire, collège et lycée à étudier
tout au long de l’année scolaire une œuvre ou un objet conservé par un musée de proximité
et à concevoir une médiation qui sera présentée lors de la Nuit européenne des musées,
qui a lieu chaque année au mois de mai.
Le dispositif « La classe, l’œuvre ! » associe ainsi une classe et une œuvre ou un objet patri-
monial d’un musée de proximité. Les œuvres proposées par le musée font l’objet d’un projet
construit conjointement par le musée et les professeurs. Ce dispositif engage un travail
d’appropriation des œuvres, sur un temps long, puis une interprétation conçue et mise en
œuvre par les élèves sous la conduite de leurs professeurs, dans un cadre interdiscipli-
naire. Les classes participantes, en lien avec les musées, choisissent librement la forme
d’expression qu’elles souhaitent développer pour la restitution finale. Une plateforme
numérique « La classe, l’œuvre ! », conçue par Réseau Canopé, en partenariat avec le minis-
tère de la Culture et le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, propose une
cartographie interactive pour le choix d’un musée de proximité et permet l’inscription des
projets. Cette plateforme est conçue comme une galerie de projets susceptibles ­d’enrichir
la réflexion des équipes.
http://eduscol.education.fr/cid73643/la-classe-l-oeuvre-2018-2019.html




37 — Connaître le patrimoine de proximité
                                      Les élèves découvrent les richesses culturelles venues
                                      d’ailleurs, s’ouvrent à la diversité et réalisent in fine
                                      un recueil synthétique de textes et d’images du projet.
SCÉNARIO 4

        Objets extra-occidentaux

        Découvrir des objets venus de loin
        dans le patrimoine de proximité

        PROPOSITION RETENUE > « Des objets d’art qui me parlent et qui te parlent » -
        Cycles 2 et 3
        La démarche proposée ici est transférable à tous les objets d’art non-occidentaux
        (arts de l’Islam, arts d’Afrique subsaharienne, arts des Amériques centrales et du Sud, etc.), qui
        sont présents dans de nombreuses collections de musée et lieux privés
        (ex. des porcelaines chinoises).
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
         Les objets d’art extrême-orientaux (sculptures, céramiques, tissu, peinture)
        OBJECTIFS
        — Distinguer objets du quotidien et objets d’art, comprendre pourquoi certaines cultures
        font cette distinction, et d’autres non.
        — S’interroger sur la fonction, la décoration et les matériaux d’un objet d’art venu d’ailleurs
        — S’ouvrir à d’autres cultures.



        SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

        1 - Plongée dans un autre monde : circuler dans un musée des arts asiatiques ou dans
        une collection qui contient au moins une œuvre ou un objet provenant d’Extrême-Orient,
        pour une découverte personnelle globale
        Inviter les élèves à circuler de salle en salle et de vitrine en vitrine dans le musée.
        Recueillir les premières impressions et commentaires spontanés des élèves.
        Installer quelques mots clés : objet d’art, arts décoratifs, Asie.

        2 - Faire émerger un problème, une question concrète : qu’est-ce qui distingue
        les objets, les trésors exposés dans ce musée de ceux que nous connaissons déjà ?

        3 - Choisir un objet de travail précis
        Organiser une deuxième circulation dans le musée. Les élèves sont par groupes de trois.
        Chaque groupe choisit un objet dont il ne connaît pas l’usage mais qui lui plaît.
        Activités proposées : observation et croquis ; travail d’écriture en petits groupes : raconter
        l’histoire de cet objet en imaginant à quoi il sert. Justification du choix réalisé. Lecture
        des textes produits devant chaque objet.

        4 - Visite dans le musée avec arrêt sur chacun des objets choisis par les élèves

         ——Approche sensible, artistique et historique proposée pour chaque objet. Apports
        ­techniques, historiques et culturels.

        ——Visite réalisée par le professeur ou par un médiateur culturel.




        38 — Connaître le patrimoine de proximité
Interroger la fonction,
le décor et les matériaux d’un objet
venu d’ailleurs : un éventail
probablement
réalisé dans la région de Canton
vers 1870-1880, peinture sur papier
et collage sur structure de bois
laquée, 28 x 50 cm, collection
privée, Rives.



 5 - Temps d’appropriation par le groupe et temps d’appropriation personnelle
 Rédaction de la carte d’identité de chaque objet en petits groupes, avec rappel des repères
 donnés et croquis réalisés ou photographies prises au musée à l’appui.
 Rédaction individuelle d’un second texte : raconter l’histoire de cet objet en s’appuyant
 sur ce que l’on sait de lui (matériaux utilisés, formes repérées, décorations, techniques
 de fabrication, époque, zone géographique…).

 6 - Retour au musée : lecture des textes produits in situ et devant chaque objet
 7 - Réalisation d’un recueil comprenant les croquis des objets choisis, leur carte
 d’identité et les différents textes produits par les élèves




 39 — Connaître le patrimoine de proximité
                                           Les élèves découvrent un parc ou un jardin
                                           selon différentes modalités et apprennent ainsi
                                           à l’appréhender culturellement. Ils réalisent
                                           un répertoire visuel poétique en guise de mémoire
                                           de la rencontre.
SCÉNARIO 5

        Parcs et jardins

        Explorer un jardin patrimonial

        PROPOSITION RETENUE > « L’école au(x) jardin(s) » - Cycles 2 et 3
        La démarche proposée ici est transférable à tout type de parc ou de jardin remarquable.
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
        Les parcs et jardins remarquables à l’échelle locale
        OBJECTIFS
        — Découvrir la richesse et la diversité des parcs et jardins.
        — Comprendre que parcs et jardins font partie intégrante du patrimoine de proximité ;
        ­envisager le jardin comme une pratique culturelle.
         — Permettre une approche globale d’un jardin comme espace façonné par l’homme à des
         fins esthétiques, sociales, alimentaires.
         — Caractériser parcs et jardins remarquables et distinguer différents types de parcs et jardins.




        Comprendre l’organisation d’un jardin. Buis taillés, parterres et plans d’eau ordonnés
        en perspectives : le parc à la française du château de Fontainebleau.
        © Béatrice Lécuyer-Bibal. Reproduit avec l’aimable autorisation du château de Fontainebleau.



        40 — Connaître le patrimoine de proximité
SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

La démarche prendra une autre dimension si un projet jardin, type « Cultivons notre jardin »,
est proposé à l’école.

1 - Pénétrer dans le jardin et comprendre comment il est organisé
Inviter les élèves à circuler dans le jardin : recueillir les premières impressions et commen-
taires spontanés des élèves. Inventorier les sensations, qualifier les couleurs, les textures,
les sons, les odeurs du jardin.
Organiser des déplacements dans le jardin pour repérer les voies de circulation (allées,
sentiers, réseau hydraulique, lieux de rencontre).
Mettre en évidence le plan du jardin et ses éléments saillants (caractère organisé et struc-
turé des différents espaces du jardin, présence ou pas du mobilier de jardin, marques plus
ou moins visibles de l’action de l’homme sur le jardin, etc.).
Définir la fonction du jardin visité : fonction de production (alimentaire), fonction de loisir (espace
de déplacement), fonction d’apparat, fonction d’agrément (respiration dans la ville, bien-être),
fonction sociale (espace de communication et de rencontre), fonction muséale (arboretum), etc.
Croquer son coin préféré du jardin.
Installer quelques mots clés : parc, jardin, style du jardin visité, allées, sentiers, mobilier de jardin…

2 - Revenir sur la première visite et mettre en place les premiers repères
Réaliser le plan du jardin et quelques recherches pour connaître l’histoire de ce jardin.
Mise en place de repères temporels et spatiaux.
Comprendre la manière dont le jardin est construit.
Faire émerger une question concrète : comment faire pour mieux connaître ce jardin
et le présenter de manière fine ?




41 — Connaître le patrimoine de proximité
3 - Nouvelle visite du jardin avec un « contrat de lecture »
En petits groupes, dispersés à des endroits différents du jardin et équipés d’un appareil
photo numérique, les élèves doivent réaliser des images :
   --permettant de rendre compte de ce que l’on trouve dans le jardin, au sol, à hauteur
     de cheville, à hauteur de la taille, à hauteur d’yeux et au-dessus des yeux ;
   --montrant ce qu’ils ont aimé et pas aimé du jardin, ce qui les a surpris et ce qu’ils ont
     eu envie de toucher.

Compléter la collecte d’images par une collecte d’éléments naturels (terre, feuilles, pétales
de fleurs, branches, graviers…), soigneusement conservés dans des petites boîtes.

4 - Se saisir des images réalisées (et éventuellement des éléments naturels collectés)
pour engager les élèves dans une pratique d’inventaire du jardin visité
Pour chaque groupe et chaque coin du jardin, regarder les images produites ; définir et poser
le lexique. Mettre en relation plan global du jardin et photographies produites.
Catégoriser les images réalisées par l’ensemble des groupes en affichant l’ensemble
sur un grand mur d’images.
Apprécier la manière dont l’homme a façonné le paysage.
Caractériser le jardin. Qualifier son style.

5 - Nourrir la rencontre
   --avec des textes littéraires, poétiques, voire historiques sur le jardin ;
   --avec des œuvres d’artistes sur ce jardin si elles existent (croquis, dessins, peintures…) ;
   --avec des documents mémoires du jardin tel qu’il était autrefois, s’ils existent (plan,
     répertoire végétal…).

6 - Présenter le jardin sous la forme d’un répertoire poétique avec les images réalisées.


DISPOSITIFS ET RESSOURCES EN LIEN AVEC CE TYPE DE PROJET

——« Rendez-vous aux jardins »
« Rendez-vous aux jardins » est une manifestation organisée chaque année au mois de juin
dans les jardins historiques et contemporains à l’échelle européenne. Des visites guidées,
démonstrations de savoir-faire, expositions, ateliers, bourses d’échanges, mais aussi pro-
menades musicales, jeux/concours, lectures de textes, poésies, animations théâtrales, etc.
sont proposés pour cette occasion. Les publics scolaires sont alors particulièrement ciblés
et sollicités.
https://rendezvousauxjardins.culture.gouv.fr

——Label « Jardin remarquable »
Ce label vise à reconnaître et valoriser des parcs et jardins ouverts au public et dont le dessin,
les plantes et l’entretien sont d’un niveau remarquable. Ils peuvent être privés ou publics,
protégés ou non au titre des monuments historiques ou des sites. Ce label national est
attribué pour une durée de cinq ans sur proposition des commissions régionales formées
sous l’égide des directions régionales des affaires culturelles. Les parcs et jardins identifiés
constituent une richesse à découvrir pour les classes.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-
Jardinremarquable




42 — Connaître le patrimoine de proximité
                                            Les élèves visitent un lieu de production
                                            historique et mènent l’enquête afin d’en découvrir
                                            et comprendre les secrets. In fine, ils réalisent
                                            une publication-mémoire de cette aventure !
SCÉNARIO 6

        Le patrimoine du travail

        Investir un site industriel

        PROPOSITION RETENUE > « Raconte-moi ce que tu fabriques ! »- Cycles 2 et 3
        Le patrimoine industriel est divers en soi. Son approche se caractérise par un lien fort avec
        les questions de la production, du travail et des questions sociétales.
        PATRIMOINE DE PROXIMITÉ VISÉ
         Site industriel (fabrique, usine, hauts-fourneaux, moulin, mine…)
        OBJECTIFS
        — Appréhender le patrimoine industriel comme un lieu et un mode de production.
        — Découvrir l’histoire d’un lieu à travers son patrimoine industriel.
        — Comprendre comment les besoins et les usages industriels produisent des formes
        que l’on peut trouver belles et intéressantes.
        — S’interroger sur la notion de progrès technique et sur la préservation d’une activité
        ­devenue obsolète.



        SCÉNARIO PÉDAGOGIQUE

        La séquence proposée ici est particulièrement corrélée à la mise en œuvre du programme
        d’histoire, notamment le thème « L’âge industriel en France » (classe de CM2). Elle peut aussi
        s’insérer dans le programme de géographie de CM1, avec le thème 2 « Se loger, travailler,
        avoir des loisirs en France » et, en cycle 2, dans « Questionner le monde », explorer les orga-
        nisations du monde : « Comparer des modes de vie (alimentation, habitat…) à différentes
        époques ou de différentes cultures ».

        Selon le niveau, des repères temporels et spatiaux ou les grands traits d’une époque sont
        donnés en amont de la séquence.

        1 - Visite du site patrimonial (fabrique, usine, moulin…) avec émergence
        d’un questionnement sur le passé du site
        Première approche sensible : identifier et nommer les couleurs, les bruits, les odeurs, les
        matières, l’atmosphère.
        Identifier le site : taille, dimension, lignes principales de l’architecture, répartition des sur-
        faces et des volumes, grands repères caractéristiques.
        Définir la ou les fonction(s) du site.
        Découvrir les machines qui racontent une histoire de production.
        Prélever quelques informations sur l’histoire du site.
        Bonus : chaque élève prend quelques images de détails qui ont attiré son attention sur le site.

        ——Faire émerger une question concrète : quelle trace, quel témoignage trouvons-nous ici
        du travail et de la vie des hommes ?




        43 — Connaître le patrimoine de proximité
Le patrimoine industriel, lui aussi, se trouve où on ne l’attend pas : un puits de pétrole désaffecté, en
pleine forêt, à Chailly-en-Bière.


2 - Mener une enquête en classe pour prolonger la visite
Les élèves réalisent une recherche à partir de documents permettant d’approfondir les
connaissances sur :
   --l’implantation du bâtiment au moment de sa construction ;
   --l’histoire du site visité et son évolution ;
   --les conditions de travail des ouvriers ;
   --la façon dont les fonctions et les usages produisent des formes et des choix esthétiques
     (simplification des formes, présence ou non d’ornementation, utilisation de matériaux
     sans transformation, géométrisation, etc.).

Mise en évidence des logiques économiques, spatiales et sociales du site.
Première synthèse réalisée à partir des informations prélevées et de leur mise en relation.

3 - Préparation des questions à poser à un invité-témoin (cf. ci-dessous)
Travail en petits groupes avec une entrée par groupe :
   --les conditions de travail ;
   --le logement ;
   --les ouvriers et leurs relations aux autres dans la fabrique ;
   --vie et niveau de vie des ouvriers.
4 - Accueil et interview d’une personne ayant travaillé sur le site ou dont un aïeul
y a travaillé
Témoignage permettant de prendre la mesure de la dimension sociale de l’espace patri-
monial : conditions de travail des ouvriers, qualité et pénibilité de la tâche, logement
des ouvriers…




44 — Connaître le patrimoine de proximité
5 - Comparaison avec d’autres sites de même nature à partir de documents divers
sélectionnés par le professeur

6 - Finalisation : préparation d’une restitutionsous la forme de panneaux
pour une exposition ou d’un article pour le journal de l’école.


DISPOSITIFS ET RESSOURCES EN LIEN AVEC CE TYPE DE PROJET

——« Architecture contemporaine remarquable »
Le label « Architecture contemporaine remarquable » est attribué aux immeubles, aux
ensembles architecturaux, aux ouvrages d’art et aux aménagements faisant antérieurement
l’objet du label « Patrimoine du XXe siècle » qui ne sont pas classés ou inscrits au titre des
monuments historiques, parmi les réalisations de moins de cent ans d’âge, dont la concep-
tion présente un intérêt architectural ou technique suffisant. À ce jour, 1 392 immeubles,
ensembles architecturaux, ouvrages d’art et aménagements sont labellisés.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/
Label-Architecture-contemporaine-remarquable

——« Ville ou Pays d’art et d’histoire »
Créé en 1985, le label « Ville ou Pays d’art et d’histoire » est attribué par le ministre de la
Culture, après avis du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire, aux communes
ou groupements de communes qui s’engagent dans une politique de sensibilisation des
habitants, des visiteurs et du jeune public à la qualité du patrimoine, de l’architecture et du
cadre de vie. Ce label succède à l’appellation « Ville d’art » disparue en 2005. À ce jour,
le réseau national compte 190 Villes et Pays d’art et d’histoire : 119 Villes d’art et d’histoire
et 71 Pays d’art et d’histoire.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/
Label-Ville-et-Pays-d-art-et-d-histoire




45 — Connaître le patrimoine de proximité
46 — Connaître le patrimoine de proximité
             FICHE 4

Garder la trace
de la rencontre
avec le patrimoine

Après une visite, la trace est un vecteur utile et nécessaire
dans la construction des apprentissages. Synthétiques,
visuelles et/ou marquées, les traces envisagées dans
le cadre de la rencontre avec le patrimoine de proximité
doivent être pensées avec subtilité.



         Recommandations générales
         ——Préférer les traces simples, visuelles, synthétiques et élaborées avec les élèves.
         Mettre en exergue les informations essentielles, notamment le lexique spécifique et les
         grands repères donnés.

         ——Adapter la qualité et la nature de la trace à l’objectif assigné.

         ——Penser à faire vivre la trace pour assurer la persistance de la mémoire.
         Garder en mémoire une expérience vécue lorsque l’on est un jeune élève, mémoriser un
         lexique spécifique ou des repères donnés, se souvenir d’une intention ou du message délivré
         par une œuvre supposent de pouvoir réactiver de temps à autre les acquis sur le long cours.
         Charge au professeur d’organiser des séances d’oral durant lesquelles qualité de l’expres-
         sion, langage d’évocation et expérience culturelle sont à nouveau travaillés en invitant les
         élèves à remobiliser l’expérience vécue et les connaissances construites pour la raconter
         ou pour la comparer avec d’autres expériences vécues, d’autres savoirs.



         Exemples de traces possibles
         ——Des traces pour mieux voir et pour mieux repérer
         -- Un ou des croquis réalisé(s) sur place (ajouter prises de notes : listes de mots, questions)
         -- Des photographies prises in situ à partir de contraintes données ou de consignes précises
         -- Des captures de détails
         -- Des vidéos ou des images complémentaires suite à une visite

         ——Des traces pour engager ou prolonger un questionnement
         -- Une brève présentation, type dépliant, lue en classe
         -- Un cartel ou le plan d’un monument
         -- Un mur d’images




         47 — Connaître le patrimoine de proximité
——Des traces pour construire
-- des notes, des écrits intermédiaires qui permettent de se ressaisir de la visite
-- des écrits de synthèse
-- des textes ou vidéos documentaires
-- une frise collective ou individuelle
-- des plans
-- des images, des reproductions complémentaires

——Des traces pour apprendre et mémoriser
-- un dessin ou schéma légendé
-- des reproductions
-- un compte-rendu de visite avec un encart « lexique »
-- une frise chronologique
-- un plan ou une carte pour situer géographiquement

——Des traces pour cultiver le plaisir de la rencontre
-- un ticket d’entrée
-- des photographies de la visite avec les élèves
-- des reproductions
-- un texte personnel sur les émotions ressenties, les impressions éprouvées lors
   de la ­découverte ou l’expression d’un avis




48 — Connaître le patrimoine de proximité
49 — Connaître le patrimoine de proximité
50 — Connaître le patrimoine de proximité
             FICHE 5

Comment évaluer
les apprentissages
réalisés dans une
« séquence patrimoine » ?
Temps fort de la séquence, l’évaluation du travail mené
sur le patrimoine de proximité a lieu à différents moments,
notamment au contact direct avec les objets artistiques
et patrimoniaux, et en fin de séquence.
        En présence de l’œuvre patrimonial, le professeur observe alors la manière dont l’élève
        s’efforce de décrire de manière factuelle et d’identifier des éléments formels. Il mesure la
        manière dont l’élève s’empare du questionnement proposé, se saisit des apports histo­
        riques et techniques qui lui sont alors donnés, ose revenir sur sa première lecture en
        mettant en relation ce qu’il voit et ce qu’il sait pour la faire évoluer et parvenir à analyser
        et donc à ­s’approprier l’objet artistique ou patrimonial auquel il est confronté. L’évaluation
        se prolonge dans un second temps par un point sur quelques connaissances simples qui
        manifestent la capacité de l’élève à se repérer et à situer une œuvre ou un monument.



        Les compétences à évaluer


              Identifier                                      Analyser
              L'évaluation porte sur                          L'évaluation porte sur
              la capacité à désigner un                       la qualité et la précision
              espace patrimonial ou à dire                    des descriptions réalisées
              ce que représente et ce                         (repérage des formes, des
              qu'exprime une œuvre d'art.                     matériaux, d'une organisation...).




              Se repérer                                      Mettre en relation
              L'évaluation porte sur les                      L'évaluation porte sur
              recherches complémentaires                      les connaissances acquises
              réalisées et sur                                (utilisation d'un langage
              l'appréhension des lieux                        formel, lexique, repères)
              culturels.                                      et sur les liens établis.




         51 — Connaître le patrimoine de proximité
52 — Connaître le patrimoine de proximité
Appréhender un lieu culturel : commencé
en 1758, terminé en 1846, le dôme
de l’hôpital de La Grave, emblème
patrimonial de Toulouse, jouxte
le musée des Abattoirs et voisine avec
une sculpture abstraite de Franz West.
© HRC




             Les observables
             ——Ce qui relève des attitudes, de la posture de l’élève
             -- L’élève se montre curieux et attentif à ce qui est proposé à son regard ;
             -- l’élève se mobilise et s’engage dans un questionnement ; il ose s’exprimer ;
             -- l’élève exprime un ressenti, une opinion personnelle ;
             -- l’élève est un visiteur et amateur d’art respectueux.

             ——Ce qui relève des capacités méthodologiques
             -- L’élève repère des formes, des couleurs, des matériaux, des organisations ;
             -- l’élève dit ce que représente une œuvre et comment est organisé un espace ;
             -- l’élève chemine, fait évoluer son appréhension de ce qu’il voit et perçoit ;
             -- l’élève met en relation des éléments divers en vue d’une analyse et d’une interprétation
                ou différents objets artistiques et culturels entre eux.

             ——Ce qui relève des connaissances
             -- L’élève utilise un vocabulaire spécifique et désigne un type de monument, un type
                ­d’objet artistique, des formes repérées, des couleurs, des matériaux utilisés, une orga­
                 nisation choisie ;
             -- l’élève connaît les grands repères historiques, culturels, politiques associés aux objets
                 et espaces étudiés ;
             -- l’élève justifie ses propos ;
             -- l’élève mémorise, retient les expériences vécues et remobilise les acquis à bon escient
                 lors de nouvelles rencontres : il retient la fonction des monuments visités et l’intention
                 ou le message quand il y en a un des objets artistiques étudiés.




              53 — Connaître le patrimoine de proximité
54 — Connaître le patrimoine de proximité
       FICHE 6

Pour repérer le patrimoine
de proximité
   www.inha.fr/fr/ressources/eac/cartographie.html




   55 — Connaître le patrimoine de proximité
56 — Connaître le patrimoine de proximité
       FICHE 7

Pour se documenter

   La bibliographie proposée aux professeurs pour la rencontre avec le patrimoine de proxi-
   mité est largement disponible dans les bibliothèques et médiathèques présentes sur l’en-
   semble du territoire national. Rappelons que la bibliothèque de l’Institut national d’histoire
   de l’art, située au 58, rue de Richelieu, à Paris, est accessible à tous les professeurs, qui
   y trouveront notamment 150 000 volumes en accès direct (bibliotheque.inha.fr). Pour les
   ouvrages dans le domaine public, l’INHA propose également une bibliothèque numérique
   (https://bibliotheque-numerique.inha.fr) ainsi que Gallica (https://gallica.bnf.fr), la biblio-
   thèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.




   Les trois ouvrages du Scérén (respectivement édités par les CRDP de Montpellier,
   Basse-Normandie et Midi-Pyrénées) ont une valeur exemplaire et proposent des cas
   pratiques : « Les multiples sens de la cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay », « Une
   forteresse médiévale : le château de Falaise », « Une construction en béton armé : le hangar
   à dirigeables d’Écausseville », « Dans un quartier proche de l’école », « La façade de haut
   en bas », etc.

   La collaboration d’historiens de l’art et de pédagogues a aussi donné lieu à une publi­
   cation en partenariat avec le Scérén et Beaux Arts Magazine, L’art à l’école : le patrimoine, qui
   possède un portfolio présentant 24 sites représentatifs du patrimoine français. On pourra
   également consulter avec profit une publication belge, Le Patrimoine dans la salle de classe,
   un manuel pratique à l’usage des enseignants, fruit du projet européen HÉRÉDUC et dont
   le titre parle de lui-même.




   57 — Connaître le patrimoine de proximité
« Classiques » de la réflexion sur le patrimoine, les deux premiers titres sont destinés
à ceux qui désireront creuser le concept et en apprendre l’histoire. Les deux autres sont
des « histoires de l’art » générales, couvrant de grandes périodes et permettant de contex-
tualiser la place des objets patrimoniaux dans le temps long. Face au grand récit, devenu
classique, de Gombrich, l’ouvrage de Nadeije Laneyrie-Dagen est le plus récent et le plus
adapté à une transposition pour l’enseignement à l’école primaire, fonctionnant par page
ou double page consacrées à des thèmes.




Pour ceux qui n’auraient pas le temps de se plonger dans une « Histoire de l’art », la Chro-
nologie proposée par Bescherelle est d’un excellent niveau et fixe les repères essentiels.
Pour la Préhistoire, il est intéressant d’ajouter à ses lectures un manuel de ce type.




Les ouvrages généraux sur le patrimoine sont nombreux ; celui d’Alexandre Gady conjugue
qualité iconographique et notices savantes.




Plus spécifiques et plus complets et donc plus aptes à fournir le contenu d’une ­intervention
en classe, ce sont les livres thématiques. Ceux consacrés aux sites archéologiques
et au patrimoine industriel sont particulièrement riches et sérieux.



58 — Connaître le patrimoine de proximité
Les guides sont de grands alliés dans la recherche des sites, fussent-ils les plus reculés.
Le Guide Bleu « France » n’est plus édité mais on trouve encore des exemplaires d’occasion.
Les guides verts demeurent très utiles. Le guide du patrimoine en France est le plus abouti,
réédité régulièrement avec des mises à jour.




Enfin, des ouvrages spécialisés raviront les passionnés qui y trouveront l’exhaustivité des
terminologies et méthodologies permettant de tout décrire avec une absolue précision.




Une sitographie est accessible sur la page dédiée du site de l’INHA.
https://www.inha.fr/fr/ressources/eac.html




59 — Connaître le patrimoine de proximité
                                            ANNEXES




60 — Connaître le patrimoine de proximité
       ANNEXE 1

Conseils pratiques
de mise en œuvre

   Recommandations générales
   ——Chaque commune, chaque département a son lot de trésorsà faire découvrir. ­S’appuyer,
   par exemple, sur la carte des ressources locales pour les repérer. Amener les élèves
   à connaître leur village, leur ville, leur département.

   ——Dans le patrimoine local, repérer les œuvres et objets culturels remarquables et prioriser
   leur découverte.

   ——Indépendamment de tout projet patrimoine, cultiver des moments d’émerveillement dans
   des espaces patrimoniaux proches de l’école pour les rendre familiers.
   Exemples : Quand cela est possible, se déplacer au lavoir du village ou sur le parvis d’un
   monument imposant de la ville pour réaliser une lecture-plaisir ; se rendre dans un édifice
   en vieilles pierres pour répéter des chants ; développer un temps d’écriture face à un tableau
   du musée de la ville ; goûter le silence d’un édifice religieux en début de visite…

   ——Développer l’habitude de faire circuler le regard, de se faire observateur attentif
   Regarder les façades en se fixant sur l’organisation des fenêtres, identifier les différents
   matériaux utilisés dans les différentes constructions d’une rue, relever les motifs qui ornent
   un édifice, repérer les couleurs présentes dans les pavages d’une place, chercher un détail
   qui étonne ou qui amuse, un détail que l’on aime ou que l’on n’aime pas… Il s’agit bien
   d’habituer l’œil à observer, scruter et repérer. Quand cela est possible, inviter les élèves
   à observer des détails à la loupe, à voir de plus près ou à toucher les matériaux utilisés.

   ——De manière générale, offrir de manière régulière aux élèves ce qui participe également
   d’une éducation du regard
   Veiller à la régularité des enseignements en arts plastiques qui permettent d’apprendre
   à interroger les formes, les matériaux, les couleurs, l’espace et le temps via la pratique
   artistique ; lire des albums de littérature jeunesse dans lesquels l’image participe de la
   construction du sens ; mettre à disposition des élèves des ouvrages et livres d’art jeu-
   nesse dont l’objectif est d’éveiller l’observation ; proposer régulièrement des reproductions
   d’œuvres d’art et des images du patrimoine artistique et culturel que les élèves peuvent
   manipuler, trier, regarder à nouveau sont autant de situations participant de l’éducation
   du regard.

   ——Apprendre aux élèves à voir avec le corps et avec les sens. Prendre le temps de regarder,
   mais aussi d’être saisi par une odeur, une ambiance, un espace. Se laisser pénétrer par
   l’empreinte sonore d’un lieu, par ce que notre odorat repère et par ce que le corps ressent.
   Faire verbaliser ces impressions et ressentis.

   ——Prévoir des déplacements et des circulations dans un bâti pour amener les élèves à l’ap-
   préhender avec le corps. Pour l’élève, cette relation plus libre à l’espace est le signe d’une
   ouverture et d’un apprentissage possible.




   61 — Connaître le patrimoine de proximité
    « Apprendre aux
  élèves à voir avec
    le corps et avec
          les sens » :
 le patrimoine peut
  aussi être sonore
       et, comme au
  grand orgue de la
cathédrale de Dijon
       (Riepp, 1743),
peut communiquer
 sa vibration à tout
             le corps.
               © HRC




                         62 — Connaître le patrimoine de proximité
——Savoir donner le temps de l’exploration, de la réflexion et de la verbalisation
Donner à l’élève le temps d’observer, de découvrir des détails, d’explorer et de chercher,
de faire circuler son regard du général au particulier, de se saisir des repères et savoirs
apportés, de prendre plaisir à découvrir ce qui était caché, de s’émerveiller et de partager
ses découvertes est une condition nécessaire pour que l’élève puisse devenir un scrutateur
attentif. Autoriser les silences, l’expression d’étonnements ou d’émerveillements, d’émo-
tions l’est tout autant.

——Proposer des temps permettant une appropriation personnelle des découvertes faites :
par exemple, en fin de visite, inviter les élèves à choisir en petits groupes un espace d’un
monument visité pour y installer un petit objet symbolique, puis les inviter à expliquer et
justifier leur choix.

——Quand l’espace le permet, mettre en place une pratique artistique – installation, danse,
performance simple – au sein d’un édifice ou d’un monument afin de marquer autrement
le corps et la mémoire des élèves dans le cadre de la découverte.

——Penser des situations de transfert et de réinvestissement à plus long terme
Multiplier les situations qui vont permettre aux élèves de repenser à la visite, aux émo-
tions ou sensations éprouvées, de réutiliser le lexique alors mis en place, de revenir sur les
repères évoqués.
Sur le long cours, proposer des situations d’écriture courtes permettant de se souvenir et
de réactiver les apprentissages réalisés : par exemple, raconter ses premières impressions
en entrant dans un monument ; dire ce que l’on a plus aimé ou, a contrario, ce que l’on n’a
pas aimé ; écrire à partir de cinq mots appris lors d’une visite ; écrire un acrostiche à partir
du nom du monument visité ; réagir à nouveau à partir d’une image issue d’une visite.
À différentes reprises dans l’année, se rappeler oralement des découvertes pour réactiver
et consolider ce qui a été appris et cultiver le plaisir de la rencontre.




63 — Connaître le patrimoine de proximité
       ANNEXE 2

Lexique

   À l’occasion de chaque projet pédagogique de rencontre avec le patrimoine de proximité,
   le professeur sélectionne quelques mots à faire comprendre et apprendre à ses élèves.
   Ces mots sont fonction de l’objet patrimonial, du niveau et de l’âge des élèves. Il s’agit
   d’abord de poser les premières bases d’un champ lexical que les élèves, par la suite,
   ­enrichiront et complexifieront.

   L’Inventaire général du patrimoine culturel, parmi ses nombreuses missions, édite des
   ouvrages de référence qui recensent aussi exhaustivement que possible les termes liés aux
   pratiques de tous les arts, en offrant un vocabulaire normalisé et très précisément défini.

   La somme terminologique de tous ces ouvrages est considérable. Le professeur trouvera
   ici un condensé adapté, en une ou deux lignes pour chaque définition, de sorte à disposer
   en ligne d’un support descriptif simple et fiable sans devoir recourir à de nombreux manuels
   ou dictionnaires.

   Trois fiches sont d’ores et déjà accessibles :
   -- Description d’un édifice
   -- Peinture et dessin
   -- Sculpture




   https://www.inha.fr/fr/ressources/eac/lexique.html




    64 — Connaître le patrimoine de proximité
       ANNEXE 3

Le patrimoine de proximité
dans les textes réglementaires

   ——La rencontre avec le patrimoine de proximité fait partie intégrante de l’éducation ­artistique
   et culturelle. L’éducation artistique et culturelle, grand domaine de formation des élèves,
   « nécessite (…) une ouverture de l’école sur le territoire de vie des élèves, son patrimoine artis-
   tique, ses structures culturelles, qui permet de mieux s’approprier ce territoire, en résonance
   avec la découverte d’œuvres et d’artistes universels issus d’époques et de cultures diverses. (…)
   Les ressources artistiques, culturelles et patrimoniales locales offrent un potentiel (…) pour
   compléter et construire la culture artistique des élèves. » (arrêté du 1er ­juillet 2015 relatif au
   parcours d’éducation artistique et culturelle, Bulletin officiel de l’éducation nationale (BOEN)
   n° 28 du 9 juillet 2015)

   ——Le programme d’enseignement des cycles 2 et 3 pose, quant à lui, des objectifs clairs et
   ambitieux en matière de culture artistique, de relation à la culture et de rapport aux faits
   culturels. Il établit l’exigence d’un contact direct avec les œuvres et les objets du patrimoine,
   la nécessaire approche sensible des objets artistiques et culturels, le passage par une pra-
   tique artistique et/ou culturelle qui donne du sens à l’expérience vécue et aux apprentissages
   réalisés. Il prescrit également des temps d’analyse d’œuvres et d’objets artistiques issus
   de différents domaines, cultures et époques. De fait, les objectifs assignés et exigences
   posées dans le programme d’enseignement à l’école imposent des rencontres régulières
   avec le patrimoine de proximité.

   ——La rencontre avec le patrimoine de proximité, autrement dit avec l’environnement culturel
   proche des élèves, a la même force éducative que l’étude des chefs-d’œuvre. Les deux sont
   complémentaires l’une de l’autre. Quand le programme d’enseignement d’arts plastiques
   au cycle 2 précise que l’élève doit « établir un premier lien entre son univers visuel et la culture
   artistique » et « manifester son intérêt pour la rencontre directe avec des œuvres », celui d’his-
   toire des arts au cycle 3 précise que « [cet enseignement] s’appuie sur le patrimoine, tant local
   que national et international » et « repose sur la fréquentation d’un patrimoine aussi bien savant
   que populaire ou traditionnel, aussi diversifié que possible.» (Volets « histoire des arts » des
   programmes des cycles 3 et 4, BOEN spécial du 26 novembre 2015)

   ——Si la rencontre avec le patrimoine est étroitement corrélée à l’enseignement de l’histoire
   des arts, elle se fonde également et nécessairement sur les autres enseignements tels que
   les arts plastiques, l’enseignement moral et civique, le français, l’histoire ou la géographie,
   sans oublier les disciplines scientifiques ou, parfois, l’éducation musicale. Elle suppose
   également et permet de développer des outils et des méthodes pour apprendre, elle se
   déploie également dans la transversalité.

   ——La rencontre avec le patrimoine de proximité participe pleinement de la maîtrise des
   attendus définis dans le socle de connaissances, de compétences et de culture. Les cinq
   grands domaines de formation constitutifs du socle sont alors sollicités.
   La contribution de l’éducation artistique et culturelle dans chaque grand domaine du socle
   est précisément formalisée dans le référentiel du PEAC (décret n° 2015-372 du 31 mars
   2015 relatif au socle commun de connaissances, de compétences et de culture, BOEN n° 17
   du 23 avril 2015).



   65 — Connaître le patrimoine de proximité
L’éducation au patrimoine relève de l’histoire des arts, mais se fonde aussi sur
de nombreux autres enseignements : un objet mégalithique comme le dolmen de Pen-Hap, sur l’Île-
aux-Moines, peut être abordé par de nombreuses entrées disciplinaires.




66 — Connaître le patrimoine de proximité
             ANNEXE 4

Dispositifs et ressources
mobilisables dans un projet
« patrimoine »

Inscrire son projet dans un dispositif national est le moyen
de lui donner une visibilité et de trouver conseils, partenariat
et soutien. Tous les dispositifs partenariaux éducation/culture
sont coordonnés localement par les délégations académiques
à l’éducation artistique et à l’action culturelle (DAAC)
et les inspections académiques, ainsi que par les directions
régionales des affaires culturelles (DRAC). Les contacts
sont aisés par leurs sites respectifs, il ne faut pas hésiter
à les consulter.
         Il est bon de se renseigner aussi sur les dispositifs mis en place par les communes et les
         intercommunalités ; ou, si l’on travaille en liaison école-collège au cycle 3, sur les dispositifs
         départementaux.

         Enfin, travailler sur un élément patrimonial labellisé par le ministère de la Culture permet
         parfois de bénéficier d’interlocuteurs, de médiateurs, voire de professeurs-relais qui aideront
         à mettre en place le projet.

         Si un dispositif comporte une aide financière, il faut élaborer un budget prévisionnel rigoureux
         et se préparer à rédiger, à l’issue du projet, un compte-rendu précis, justifiant de l’ensemble
         des dépenses et recettes.

         ——« La classe, l’œuvre ! »
         « La classe, l’œuvre ! » invite les élèves des classes de primaire, collège et lycée à étudier
         tout au long de l’année scolaire une œuvre ou un objet conservé par un musée de proximité
         et à concevoir une médiation qui sera présentée lors de la Nuit européenne des musées,
         qui a lieu chaque année au mois de mai.
         Le dispositif « La classe, l’œuvre ! » associe ainsi une classe et une œuvre ou un objet
         patrimonial d’un musée de proximité. Les œuvres proposées par le musée font l’objet d’un
         projet construit conjointement par le musée et les professeurs. Ce dispositif engage un
         travail d’appropriation des œuvres, sur un temps long, puis une interprétation conçue et
         mise en œuvre par les élèves sous la conduite de leurs professeurs, dans un cadre inter-
         disciplinaire. Les classes participantes, en lien avec les musées, choisissent librement la
         forme d’expression qu’elles souhaitent développer pour la restitution finale. Une plateforme
         numérique « La classe, l’œuvre ! », conçue par Réseau Canopé, en partenariat avec le minis-
         tère de la Culture et le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, propose une
         cartographie interactive pour le choix d’un musée de proximité et permet l’inscription des
         projets. Cette plateforme est conçue comme une galerie de projets susceptibles d’enrichir
         la réflexion des équipes.
         http://eduscol.education.fr/cid73643/la-classe-l-oeuvre-2018-2019.html



         67 — Connaître le patrimoine de proximité
——« Une école, un chantier »
« Une école, un chantier » permet à des classes de découvrir des chantiers de restauration de
monuments ou d’objets mobiliers protégés au titre des monuments historiques et de fouilles
archéologiques. Ce dispositif s’inscrit dans la continuité du dispositif « La classe, l’œuvre ! ».
L’opération repose sur la collaboration étroite entre une école et des professionnels du
patrimoine autour d’un chantier archéologique ou d’un monument historique (immeuble
ou objet mobilier) en restauration.
Les projets initiés par les DRAC ou autres institutions culturelles doivent permettre la pré-
sentation aux élèves des monuments, des visites de chantiers, des ateliers en lien avec les
techniques de fouilles ou de restauration (vitrail, sculpture, peinture, taille de pierre, gestes
de l’archéologue, etc.) et des mises en perspective avec les disciplines scolaires (histoire,
géographie, enseignement moral et civique, arts plastiques, sciences et vie de la terre,
langues anciennes, mathématiques, technologie…).
http://eduscol.education.fr/cid137615/une-ecole-un-chantier.html

——« Les enfants du patrimoine »
La veille des Journées européennes du Patrimoine, les CAUE proposent aux élèves avec
leurs professeurs, de la maternelle au lycée, un programme d’activités gratuites, adaptées
au jeune public et réservable en ligne.
https://www.les-enfants-du-patrimoine.fr

——« Ville ou Pays d’art et d’histoire »
Créé en 1985, le label « Ville ou Pays d’art et d’histoire » est attribué par le ministre de la
Culture, après avis du Conseil national des Villes et Pays d’art et d’histoire, aux communes
ou groupements de communes qui s’engagent dans une politique de sensibilisation des
habitants, des visiteurs et du jeune public à la qualité du patrimoine, de l’architecture et
du cadre de vie. Ce label succède à l’appellation « Ville d’art » disparue en 2005. À ce jour,
le réseau national compte 190 Villes et Pays d’art et d’histoire : 119 Villes d’art et d’histoire
et 71 Pays d’art et d’histoire.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-Ville-et-
Pays-d-art-et-d-histoire

——« Patrimoine européen »
En 2005, à l’initiative de la France, différents États-membres de l’Union européenne ont
décidé de créer le label du Patrimoine européen. Aujourd’hui repris par l’Union Européenne,
le label a pour objectif de mettre en valeur la dimension européenne de biens culturels,
monuments, sites culturels, lieux de mémoire, etc., témoins de l’histoire de l’Europe ou
de la construction européenne.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-
Patrimoine-europeen

——« Le patrimoine, toute une histoire ! »
« Le patrimoine, toute une histoire ! » est une opération pédagogique, culturelle et citoyenne,
imaginée par l’association Vieilles maisons françaises (VMF), qui œuvre à la sauvegarde
et à la valorisation du patrimoine bâti et paysager.
Cette action pédagogique comporte deux volets :
   --des outils pédagogiques proposés gratuitement aux professeurs, qui s’appuient sur les
     particularités architecturales des sites ou monuments étudiés, permettant de les situer
     dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique : contemporain,
     proche ou lointain ;



68 — Connaître le patrimoine de proximité
   --un concours renouvelé chaque année, qui donne sens à l’action.
http://eduscol.education.fr/cid117157/-patrimoine-en-vues-un-concours-de-reportages-
sur-le-patrimoine-de-vos-regions.html

——« Le meilleur petit journal du patrimoine »
Agréé par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, ce concours scolaire
a pour objectif de faire découvrir le patrimoine de proximité aux élèves de CM1, CM2, 6e et 5e,
tout en les initiant aux technologies de l’information et de la communication et au métier
de journaliste.
Les élèves doivent pour cela réaliser un petit journal au cours de l’année scolaire.
Une maquette, fournie par les organisateurs, peut leur servir de modèle.
Ce travail commun s’attache à l’étude d’un ou de plusieurs éléments du patrimoine envi-
ronnant (sites, édifices ou savoir-faire). Pour cela, les élèves vont à la rencontre des acteurs
locaux (associations, écomusées ou autres) qui œuvrent pour la sauvegarde d’un patri-
moine, bâti ou immatériel, ou d’un savoir-faire traditionnel. Les lauréats reçoivent un diplôme
et différents autres prix très gratifiants pour les élèves.
www.patrimoine-environnement.fr/concours-scolaire-du-meilleur-petit-journal-du-
patrimoine

——« 1, 2, 3 PATRIMOINE ! »
Placé sous le haut patronage du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, le
concours « 1, 2, 3 PATRIMOINE ! » est organisé par la fondation Culture & Diversité et par
la fondation du patrimoine : il s’adresse aux élèves de CM1, scolarisés dans des écoles
publiques situées en zone rurale ou relevant des réseaux d’éducation prioritaire. Ce concours
est une action éducative permettant la mise en œuvre d’un projet collectif de sensibilisation
au patrimoine, à son histoire et à ses métiers.
http://eduscol.education.fr/cid92787/concours-1-2-3-patrimoine.html

——« Les journées du 1 % artistique »
Cette opération, qui se déroule chaque année de fin mars à début avril sur un ensemble
de journées, s’adresse aux élèves et étudiants, de l’école à l’enseignement supérieur. Elle
donne à voir et à étudier les œuvres du 1 % artistique de la plupart des bâtiments publics
de l’État et des collectivités territoriales.
http://eduscol.education.fr/cid81187/journees-du-1-artistique.html

——« C’est mon patrimoine ! »
Cette opération est consacrée à la découverte des patrimoines (architecture, archives,
musées, monuments, archéologie, patrimoine industriel, patrimoine immatériel, paysages)
qui irriguent l’ensemble des territoires et s’inscrivent en proximité étroite avec les habitants.
« C’est mon patrimoine ! » se déroule en dehors du temps scolaire et concerne les enfants
et adolescents de 6 à 18 ans. Ce dispositif doit permettre d’appréhender le patrimoine
autrement à l’occasion de programmes de découverte et d’activités artistiques organisés
lors des vacances scolaires.
https://cestmonpatrimoine.culture.gouv.fr

——« Les journées nationales de l’architecture »
Chaque année en octobre avec des visites de chantiers, des visites d’agences d’architec-
ture, des parcours urbains, des films et des expositions organisés dans la France entière.
https://journeesarchitecture.culture.gouv.fr




69 — Connaître le patrimoine de proximité
——« Levez les yeux ! »
La journée du patrimoine pour les élèves le vendredi précédent les Journées européennes
du patrimoine.

——« Maisons des illustres »
Créé en 2011, le label « Maisons des Illustres » signale des lieux dont la vocation est de
conserver et transmettre la mémoire de femmes et d’hommes qui se sont illustrés dans
l’histoire politique, sociale et culturelle de la France. Le label est attribué par le ministère
de la Culture pour une durée de cinq ans renouvelable. Il représente une reconnaissance
officielle de l’intérêt patrimonial de la Maison et donne lieu à des avantages divers. En 2018,
huit nouvelles maisons ont obtenu le label. Le réseau compte désormais 235 maisons.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-Maisons-
des-illustres

——« Architecture contemporaine remarquable »
Le label « Architecture contemporaine remarquable » est attribué aux immeubles, aux
ensembles architecturaux, aux ouvrages d’art et aux aménagements faisant antérieurement
l’objet du label « Patrimoine du XXe siècle » qui ne sont pas classés ou inscrits au titre des
monuments historiques, parmi les réalisations de moins de 100 ans d’âge, dont la concep-
tion présente un intérêt architectural ou technique suffisant. À ce jour, 1 392 immeubles,
ensembles architecturaux, ouvrages d’art et aménagements sont labellisés.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-
Architecture-contemporaine-remarquable

——« Rendez-vous aux jardins »
« Rendez-vous aux jardins » est une manifestation organisée chaque année au mois de juin
dans les jardins historiques et contemporains à l’échelle européenne. Des visites guidées,
démonstrations de savoir-faire, expositions, ateliers, bourses d’échanges, mais aussi pro-
menades musicales, jeux/concours, lectures de textes, poésies, animations théâtrales, etc.
sont proposés pour cette occasion. Les publics scolaires sont alors particulièrement ciblés
et sollicités.
https://rendezvousauxjardins.culture.gouv.fr

——« Jardin remarquable »
Ce label vise à reconnaître et valoriser des parcs et jardins ouverts au public et dont le dessin,
les plantes et l’entretien sont d’un niveau remarquable. Ils peuvent être privés ou publics,
protégés ou non au titre des monuments historiques ou des sites. Ce label national est
attribué pour une durée de cinq ans sur proposition des commissions régionales formées
sous l’égide des directions régionales des affaires culturelles. Les parcs et jardins identifiés
constituent une richesse à découvrir pour les classes.
www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Label-Jardin-
remarquable

——Le Centre des monuments nationaux
Le Centre des monuments nationaux (CMN) est un établissement public administratif
placé sous la tutelle du ministre de la Culture. Il conserve, restaure, gère, anime et ouvre à la
visite près de 100 monuments nationaux propriétés de l’État, répartis sur tout le territoire.
Tous illustrent par leur diversité, la richesse du patrimoine français de toutes les époques :
abbayes, châteaux, grottes préhistoriques, sites archéologiques, etc.
Le CMN fait de l’éducation artistique et culturelle une priorité. Il propose une grande diversité
d’activités et de ressources qui mêlent des approches thématiques croisées, élaborées


70 — Connaître le patrimoine de proximité
en cohérence avec l’ensemble des programmes scolaires, et notamment l’enseignement
de l’histoire des arts. De la visite libre à une offre structurée par les services éducatifs,
l’ensemble des monuments accueille le public scolaire tout au long de l’année.
https://www.monuments-nationaux.fr
https://www.monuments-nationaux.fr/Espace-Enseignant

——Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE)
Les interventions de sensibilisation du CAUE sont gratuites pour les classes. Elles s’ins-
crivent dans les missions dévolues aux CAUE par la loi sur l’architecture (loi de 1977).
Les interventions du CAUE sont adaptées au contexte général des enseignements, à l’âge
des élèves ou des étudiants et aux démarches pédagogiques engagées. Un dialogue
préalable avec les professeurs et/ou le directeur d’école en précise toujours les objectifs,
les contenus et les méthodes. Les activités se déroulent au CAUE ou dans l’établissement
scolaire pour répondre au mieux aux conditions matérielles de leur réalisation.
Les champs d’intervention des CAUE sont les suivants : architecture, urbanisme, environne-
ment et paysage. Les CAUE mettent à disposition des écoles des documents et des fiches
pédagogiques en ligne mais aussi des mallettes pédagogiques à emprunter pour la plupart
au sein du réseau Canopé, à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et au CAUE.
www.fncaue.com/portail-pedagogique



Le site Éduscol propose une page de ressources intitulée « Enjeux de l’éducation au patri-
moine », porte d’entrée vers un ensemble d’actions éducatives artistiques et culturelles
autour du patrimoine proposées par le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse,
en partenariat avec le ministère de la culture et plusieurs associations et fondations. Elle est
régulièrement mise à jour en fonction de l’actualité liée au patrimoine.
http://eduscol.education.fr/cid53087/patrimoine.html




71 — Connaître le patrimoine de proximité
Le portail national de l’histoire des arts propose également des événements ou des
­ressources en lien avec le patrimoine.
 http://eduscol.education.fr/histoire-des-arts




72 — Connaître le patrimoine de proximité
Ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse

Graphisme : Delcom
Exécution graphique : Opixido

Juin 2019
© crédot photo : Anthony Hamidovic
