                                                            Informer et accompagner
                                                            les professionnels de l’éducation    Cycles 2                             3 4
                                    Histoire-Géographie
                                     Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle



                              Pratiquer différents langages en histoire et
                                              en géographie
                              Écrire et pratiquer l’oral en classe d’histoire
                                             et de géographie

                             Enjeux et finalités
                             L’histoire et la géographie contribuent à la formation des élèves aux langages écrit et
                             oral. C’est de manière continue et à travers des situations historiques et géographiques -
                             progressivement plus ambitieuses aux cycles 3 et 4 - que les élèves développent, dans la
                             continuité du cycle 2, des compétences langagières.

                             Plusieurs items de la compétence « Pratiquer différents langages » des programmes
                             d’histoire et de géographie renvoient explicitement au texte du socle, et notamment au
                             domaine 1 : « Les langages pour penser et communiquer ». En approfondissant cette
                             compétence, l’enseignement de l’histoire et de la géographie contribue à la maîtrise du socle
                             commun, qu’il s’agisse d’écrire ou de s’exprimer à l’oral pour raconter, décrire, expliquer ou
                             argumenter, ou de mobiliser, à l’oral ou à l’écrit, un vocabulaire juste et précis.

                             Ces pratiques langagières ne sont pas seulement des objets d’apprentissage en soi, elles
                             sont aussi des vecteurs d’apprentissage1. L’enseignement de l’histoire et de la géographie,
                             qui prend appui sur des pratiques langagières spécifiques, contribue par là-même fortement
                             à la maîtrise du domaine 5 du socle commun. Un de ses enjeux est bien d’amener les élèves
                             à découvrir la complexité des caractéristiques des organisations et des fonctionnements des
                             sociétés passées et présentes et de leur permettre d’acquérir les connaissances nécessaires à
                             la compréhension du monde dans lequel ils vivent.




                             1.Didier Cariou écrit ainsi à propos de l’histoire qu’ « il convient de s’interroger sur la fonction du langage historien par
                                rapport aux démarches de pensée qu’il recouvre », la maîtrise du langage historien conduisant alors les élèves « à
                                construire et à s’approprier le savoir historique » Didier Cariou, Écrire l’histoire scolaire. Quand les élèves écrivent en
Retrouvez Éduscol sur           classe pour apprendre l’histoire, Presses Universitaires de Rennes, Collection « Paideia », 2012, 227 p., p. 18.




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                              Travailler la compétence
                              Des pratiques langagières spécifiques

                              Récit historique, récit géographique
                              Le récit historique et le récit géographique occupent une place centrale dans les programmes
                              d’enseignement aux cycles 3 et 4. Si l’élève du cycle 3 apprend à reconnaître un récit
                              historique ou géographique, l’élève du cycle 4 doit en connaître les caractéristiques et être
                              en capacité de produire des récits simples : il s’agit de formuler un propos ordonné, avec des
                              mots justes. Chacun présente ses spécificités :

                              Le travail sur les sources historiques produit une quantité d’informations qui ne prennent du
                              sens que par le récit qu’en fait l’historien. Ce dernier sélectionne et classe ces informations
                              en fonction des questions qu’il se pose, les met en contexte et en perspective, relie les faits
                              les uns aux autres, tisse une trame de causalité(s), identifie le rôle des acteurs. Le travail sur
                              le passé et sa narration sont donc indissolublement liés. L’Histoire ne peut que se raconter. Le
                              récit repose d’abord sur une « mise en intrigue » qui suppose un bornage chronologique (avec
                              un début et une fin), un fil directeur et une visée démonstrative et interprétative. Il intègre des
                              données explicatives fondées sur l’analyse des sources, laquelle, seule, permet d’apprécier,
                              au plus près, la validité des faits historiques. Car comme le dit Georges Duby, et contrairement
                              à la littérature où le romancier peut inventer, « l’historien n’est pas libre ». C’est bien ce qui
                              distingue le récit historique de la fiction, ce qui permet à Paul Veyne d’écrire que « l’Histoire
                              est un roman, mais un roman vrai ». Le récit historique a pour but d’éclairer et donc de donner
                              du sens à un événement, à une situation, à une période historique. C’est un parcours dans
                              le temps, qui suppose généralement le maniement d’échelles temporelles (court/moyen/
                              long terme) pour expliquer ou interpréter tel ou tel fait historique. Il respecte une structure
                              chronologique et suppose la datation d’une partie au moins des faits. Mais il n’est pas la
                              simple « mise en mots » d’une chronologie : il doit montrer la dynamique d’une action ou
                              l’agencement de faits. Comme toute autre narration, le récit historique « met en scène » des
                              « acteurs », qu’il s’agisse d’acteurs individuels ou collectifs (groupes sociaux), concrets ou
                              abstraits (entités, concepts) et propose une interprétation du passé.

                              En géographie, les élèves analysent et produisent des « récits géographiques situés », dans
                              lesquels « l’espace et les lieux ne sont pas le décor, mais les personnages et les ressorts du
                              récit »2. Ce qui a été dit du récit historique est aussi vrai pour le récit géographique. Les études
                              de terrain, le recueil de données géographiques produisent une quantité d’informations sur
                              une situation géographique, un lieu, des pratiques et des usages spatiaux, qui ne prennent
                              du sens que par le récit qu’en fait le géographe. En investissant les territoires de proximité
                              des élèves, leurs lieux de vie, la production de récits géographiques prend place dans un
                              enseignement de la géographie « situé, en particulier par rapport aux espaces de pratiques
                              et de socialisations des adolescents scolarisés ». L’initiation à la prospective territoriale et
                              l’écriture de scénarios prospectifs peuvent permettre aux élèves de s’approprier les enjeux
                              spatiaux et les dynamiques à l’œuvre et de s’exercer à agir sur leurs territoires.

                              Ainsi, les récits historiques et géographiques montrent la capacité des hommes à mettre en
                              mots et mettre des mots sur des situations tant à l’écrit qu’à l’oral. Ils attestent de la maîtrise
                              de l’univers intellectuel de deux disciplines, c’est-à-dire de la manière dont elles lisent, disent
                              et mettent en mots le monde.

                              2. Jean-François Thémines, « La géographie du collège à l’épreuve des récits », EchoGéo, 37, 2016. Les autres
                                  citations du paragraphe sont extraites du même article.

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                              Décrire et argumenter pour analyser en histoire et en géographie
                              Décrire est une activité qui s’inscrit dans le quotidien de la classe : mise en œuvre par le
                              professeur et/ou par les élèves, la description peut intervenir au début de la leçon, sur un
                              document afin de dégager une problématique d’étude, en cours de séance comme préalable à
                              une explication du professeur ou pour vérifier la compréhension d’un phénomène. Elle invite
                              l’élève à prendre en compte un interlocuteur, puisqu’on décrit en général un lieu, une image,
                              un objet à quelqu’un. Elle complète l’observation, et consiste en une verbalisation organisée de
                              ce qui a été vu : identification des objets, distinction d’ensembles ou de formes d’organisation,
                              voire formulation d’hypothèses sur leurs fonctions. Éclairer le sens de l’objet observé avec
                              des explications et/ou par la confrontation éventuelle avec des documents complémentaires
                              constitue un moment clé de la séance. L’enjeu est ici de passer du visible (ce que l’on perçoit)
                              à l’invisible (le sens) par l’interprétation de ce que l’on observe. L’explication consiste donc
                              à mettre en relation des faits ou des situations de nature différente, à les corréler pour en
                              déduire une interprétation plausible ; elle est souvent associée au récit et à la description car
                              ces derniers ne peuvent être conçus sans visée démonstrative donc explicative.

                              Argumenter c’est démontrer pour convaincre et persuader. L’histoire et la géographie, par
                              leurs finalités et leurs démarches, travaillent au quotidien la capacité à argumenter ; elles
                              mettent en place des activités qui demandent à l’élève de justifier ou de démontrer les idées
                              qu’il avance, non pas en défendant une opinion, mais en ayant recours à des arguments
                              fondés sur des preuves et des faits vérifiables. Elles concourent ainsi à apprendre à l’élève à
                              « penser de façon critique » c’est-à-dire à « n’accepter aucune assertion sans avoir vérifié son
                              exactitude »3. Si les situations où l’élève est invité à argumenter pour convaincre et persuader
                              ne sont pas les plus fréquentes, on peut cependant lui apprendre à analyser des techniques
                              d’argumentation à travers l’étude de documents-sources variés pour comprendre comment
                              leurs auteurs ont cherché à persuader et à convaincre les destinataires d’un message.
                              La pratique du débat argumenté peut s’envisager dans le traitement de certains thèmes
                              des programmes d’histoire et de géographie, par exemple quand on introduit la démarche
                              prospective en géographie et que l’on amène les élèves à développer une controverse autour
                              des futurs possibles des territoires à partir d’arguments scientifiques.




                              3. Les deux citations précédentes sont extraites d’un dossier de veille de l’IFÉ, Marie Gaussel (2016). Développer
                                  l‘esprit critique par l‘argumentation : de l‘élève au citoyen. Dossier de veille de l’IFÉ, n°108. La lecture de ce dossier
                                  permet de compléter utilement la fiche Éduscol sur « le débat réglé (ou argumenté) » en EMC.
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                              Écrits et situations d’écriture en classe
                              On mobilise en histoire et en géographie différents types d’écrits, qui renvoient aux différentes
                              fonctions de l’écrit : outil de mémorisation, d’élaboration du savoir, mais également de
                              raisonnement et outil d’échanges et de communication. C’est en partie le sens de la distinction
                              établie par le programme entre « écrire pour structurer sa pensée et son savoir » et « écrire
                              pour communiquer et échanger ».

                              • Les écrits normés sont conçus comme l’aboutissement d’un processus d’apprentissage
                                 ou en sont l’objet : un récit historique ou géographique, une description répondent à des
                                 attendus codifiés et l’évaluation de la production de l’élève juge du degré de conformité avec
                                 ce qui est attendu. On ne conserve de ces écrits normés que l’étape finale.
                              • En tant qu’outil d’élaboration du savoir, les écrits de travail s’insèrent dans le processus
                                 d’apprentissage et en sont à la fois des éléments constitutifs et des marqueurs. « Ils portent
                                 la trace de tous les essais, ébauches, tous les processus qui vont amener à l’appropriation
                                 d’un savoir »4 et à la structuration d’une pensée. Ils favorisent le travail sur l’erreur et la
                                 reformulation. Pour autant, les écrits de travail peuvent aussi constituer pour l’élève des
                                 outils personnels d’apprentissage servant à s’entraîner, à mémoriser, à réviser : prise de
                                 notes, fiches, cartes heuristiques, etc., ils deviennent des outils pour apprendre, chaque
                                 élève pouvant privilégier les formes d’écrit les plus efficaces pour son apprentissage.
                              • Les écrits réflexifs constituent un autre type. Ils contribuent, pour leur part, à développer
                                 chez l’élève la capacité à réfléchir sur sa propre activité. Dire par écrit ce que l’on a retenu
                                 et compris de la séance ou de l’activité, comment on a procédé par exemple pour décrire
                                 une photographie, pour concevoir et réaliser un schéma, oblige l’élève à prendre conscience
                                 de ses démarches et de ses stratégies d’apprentissage : le consigner dans un journal
                                 des apprentissages peut aussi favoriser la construction des savoirs et des méthodes. Ces
                                 écrits sont également un moyen pour l’enseignant d’identifier les besoins de l’élève et de
                                 comprendre comment l’élève apprend.
                              • L’écrit intervient enfin comme un outil pour mémoriser les connaissances élaborées au
                                 cours de la séance et les formaliser à travers une trace écrite de référence. L’écrit de
                                 référence consigne l’essentiel à retenir d’une leçon, il doit être clairement distingué des
                                 écrits de travail produits par l’élève au cours de sa mise en activité. Il renvoie au savoir
                                 collectif qu’on a voulu construire au cours de la leçon. Il peut être un écrit de l’élève validé ou
                                 un écrit du professeur.

                              En classe il est nécessaire d’offrir aux élèves de multiples occasions d’écrire dans des
                              contextes variés et pour différents objectifs. Écrire pour poser des questions, se poser des
                              questions sur une situation historique ou géographique, sur un document ; écrire pour
                              formuler des hypothèses et justifier de ses choix ou de sa démarche ; écrire pour dire ce que
                              l’on a retenu de la leçon ou compris d’un document ; écrire pour raconter, décrire, expliquer,
                              argumenter ; écrire ses idées avant d’apporter sa contribution à un travail de groupe ou de
                              donner un avis argumenté ; écrire pour prendre des notes ; écrire pour expliquer comment on
                              a procédé ; écrire sous différentes formes, en recourant à différents langages : l’écriture, outil
                              et objet d’apprentissage, doit devenir une habitude. Clarifier le statut et le destinataire de
                              l’écrit constitue cependant un préalable fondamental lorsque l’on veut faire écrire les élèves.

                              Les activités d’écriture longue doivent trouver leur place en classe, même si elles s’appuient
                              sur un travail personnel hors la classe. En amont et en aval, le professeur accompagne l’élève
                              dans l’amélioration de sa production et lui propose des retours sur ses productions.

                              4. Citation extraite d’une ressource proposée en français pour le cycle 3 « Recourir à l’écriture pour réfléchir et pour
                                  apprendre : les écrits de travail ». La réflexion sur les écrits de travail est en effet une réflexion partagée dans
                                  toutes les disciplines et cette ressource publiée dans l’espace consacré au programme de français renvoie à des
                                  exemples pris dans différentes disciplines, dont l’histoire.
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                              Si les situations d’écriture visent souvent une production individuelle, elles peuvent aussi être
                              l’occasion d’une production collective mettant en œuvre une écriture collaborative. Les outils
                              numériques peuvent apporter une plus-value pédagogique dans certaines situations : les
                              logiciels de traitement de texte ou les logiciels d’écriture collaborative peuvent contribuer aux
                              apprentissages.


                              Travailler dans la classe les compétences orales des élèves
                              Le langage oral revêt une importance particulière en tant que vecteur d’apprentissage
                              collectif et individuel pour construire des connaissances et adopter des démarches
                              spécifiques : questionner, se questionner, s’informer, raisonner, justifier, coopérer, etc… Ce
                              « parler pour apprendre » est adossé à d’autres types de langage : écrit, iconique, graphique,
                              cartographique.

                              En travaillant l’oral, on apprendra à l’élève à communiquer avec précision et à s’exprimer en
                              organisant sa pensée.

                              • Parler, c’est savoir tenir compte de son ou ses interlocuteur(s) comme c’est avoir conscience
                                 de la nécessité d’être précis. Les situations d’analyse de documents, les réponses aux
                                 sollicitations de l’enseignant, les moments d’échange et de débats entre pairs, les situations
                                 d’exposé où un élève communique à un groupe ou à la classe et les informe, etc… sont
                                 autant d’occasions pour focaliser l’attention et la réflexion des élèves sur le savoir parler.
                                 Le langage oral est en étroite relation avec la pensée. Exposer une idée, débattre d’une
                                 autre, expliquer un point de vue, l’argumenter, raconter un événement, présenter des
                                 connaissances, décrire ce que l’on a vu ou entendu, dire ce que l’on a compris, préciser sa
                                 pensée ou en prendre conscience, etc … passent par un apprentissage explicite, progressif et
                                 méthodique.
                              • Il ne saurait y avoir de travail sur le langage oral sans une réflexion spécifique portant
                                 sur l’acquisition d’un lexique approprié. L’analyse orale de documents, l’échange verbal
                                 qui va l’accompagner mais aussi les phases d’explication, d’interprétation, de débat, … sont
                                 des situations d’apprentissage qui permettant aux élèves à la fois de réemployer des mots
                                 dans des contextes variés et d’en découvrir de nouveaux. Connaître un mot, ce n’est pas
                                 seulement en donner une définition ; c’est aussi connaître ses formes orale et écrite, le
                                 comprendre et l’utiliser à bon escient quel que soit le contexte. Simultanément à ces phases
                                 de réception et de production, des tâches de catégorisation, de mémorisation et d’archivage
                                 seront bien sûr nécessaires.
                              • L’écrit trouve sa place dans l’apprentissage de l’oral et le tableau est à cet égard un
                                 outil à réinvestir. Il garde les traces des mots nouveaux et/ou des enchaînements, des
                                 raisonnements. Ses déclinaisons numériques offrent la possibilité d’enregistrer un propos,
                                 de le réécouter, de croiser prise de note écrite et prise de parole orale.




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                              La pédagogie de l’oral interroge le rôle et la place de l’enseignant dans la construction des
                              compétences langagières des élèves. Il est essentiel de proposer des situations d’oral qui
                              permettent aux élèves de développer un «parler en continu». Cet objectif implique, de la part
                              de l’adulte, des positions de repli en privilégiant des questions ouvertes appelant des réponses
                              longues, construites et argumentées. Le langage de l’enseignant est certes une parole de
                              référence modélisante, mais il ne saurait être exclusif ou réduire l’expression des élèves.
                              Il conviendrait donc d’envisager les séances d’histoire et de géographie dans une logique
                              participative faite d’écoute, d’échanges entre pairs, de réflexion et d’expression. Le rôle de
                              l’enseignant sera alors de stimuler, de réguler et de structurer les prises de parole. Un travail
                              en grand groupe invite à l’écoute, à la compréhension alors que le travail en petits groupes
                              hétérogènes peut favoriser les interactions entre pairs et permet aux « petits parleurs » de
                              prendre la parole en confiance.

                              Le travail sur l’oral exige d’interroger les modalités d’évaluation des acquis des élèves en
                              développant notamment l’évaluation par observation, l’évaluation collective ou l’évaluation
                              formatrice. Cette réflexion sera développée dans les pistes de situations pédagogiques
                              proposées.



                              Du cycle 3 au cycle 4 : une approche progressive de la
                              compétence
                              Il ne peut y avoir d’apprentissage dans le domaine des langages sans une continuité sur
                              plusieurs cycles et la recherche d’une cohérence intra-cycles. Cette double logique appelle
                              une progressivité plus spiralée que linéaire visant à enrichir et à stabiliser les connaissances
                              et les capacités langagières. Les situations proposées en cycle 3 devront donc être
                              régulièrement remobilisées tout au long du cycle 4 dans le cadre des nouvelles thématiques
                              étudiées. Tout au long des deux cycles, l’écrit doit gagner en autonomie. C’est pourquoi le
                              professeur a recours quotidiennement à l’écriture en situation. Il doit mener en classe cet
                              apprentissage long et difficile. Il s’agit bien de faire comprendre à l’élève que cette compétence
                              s’acquiert en s’exerçant. Dans ce cadre, l’activité d’écriture est d’abord mise en œuvre dans
                              la classe et progressivement complétée par un travail personnel hors de la classe. C’est, par
                              ailleurs, dans l’appropriation consciente d’un oral socialisé et codifié et dans le travail sur les
                              techniques d’argumentation que peut se marquer la spécificité du cycle 4 pour le langage oral.




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                              Schéma récapitulatif : repères pour une progression des productions écrites
                              et orales
                              Pratiquer l’oral

                                               Cycle 3
                                               Formuler un avis, une opinion,      Cycle 4
                                               une impression.                    Exprimer un point de vue
                                               Reformuler ce que l’on a           de manière raisonnée sur
                                               compris d’un document ou de        une situation historique ou
                                               la situation étudiée.              géographique en le justifiant et en
                                               Répondre à des questions           respectant les formes d’un oral
                                               en mobilisant un lexique           codifié et socialisé.
                                               historique et géographique         Lors d’un exposé, être capable
                                               approprié.                         d’une prise de parole continue
                                               Présenter de façon ordonnée        de cinq à dix minutes en sachant
                                               des informations pour              se détacher de ses notes de
                                               raconter, décrire une situation    préparation.
                                               historique ou géographique
                                               étudiée en classe.
                                               Participer à un travail de
                                               groupe en prenant en compte
                                               la parole d’autrui.




                              Écrire

                                               Cycle 3
                                               Présenter à l’écrit, de façon       Cycle 4
                                               argumentée, des informations       Rédiger de façon autonome un
                                               en rapport à une situation         développement long et construit
                                               historique ou géographique.        répondant à une question ouverte
                                               Rédiger deux ou trois phrases      pour raconter, décrire, expliquer
                                               de manière autonome sur            une situation historique ou
                                               une situation historique ou        géographique.
                                               géographique.                      Formuler une réponse écrite,
                                                                                  développée et argumentée à des
                                                                                  questions de compréhension et
                                                                                  d’analyse du document.


                              Associer les langages

                                               Cycle 3
                                               Réaliser une courte                 Cycle 4
                                               présentation orale appuyée         Lors d’un exposé, être capable
                                               sur un support écrit.              d’une prise de parole continue
                                               Produire un texte court            de cinq à dix minutes en sachant
                                               et récapitulatif à partir          se détacher de ses notes de
                                               d’échanges oraux sur un sujet      préparation.
                                               donné.                             Passer de l’oral à l’écrit en
                                                                                  restituant les éléments essentiels
                                                                                  d’un propos oral.
Retrouvez Éduscol sur                                                             Passer du langage graphique au
                                                                                  langage écrit ou oral.


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                              Des exemples de mise en œuvre et d’évaluation au cycle 3
                              et au cycle 4
                              Écrire au cycle 3

                              Mobiliser différents types d’écrits pour construire des connaissances en histoire,
                              niveau CM2
                              À l’occasion de l’étude de la Première Guerre mondiale, la classe s’est rendue au musée de la
                              Grande Guerre de Meaux. Cette sortie fournit une occasion de produire des écrits de différents
                              types : croquis, dessins et comptes rendus de visite. Les dessins réalisés par les élèves
                              servent de supports à l’élaboration d’un storyboard dans le cadre de l’écriture d’un récit fictif
                              autour de la vie d’un poilu prénommé « Émile ».

                              Apprendre à mobiliser des outils personnels d’apprentissage : la prise de notes dans une
                              classe de CM2
                              L’expérience se déroule dans le cadre du traitement de la Révolution française. Après avoir
                              partagé un questionnement sur la situation historique étudiée, les élèves écoutent le récit
                              magistral de la professeure et prennent des notes sous des formes différentes. Un écrit de
                              référence, proposé, par l’enseignante consignera dans les cahiers ce qu’ils doivent retenir de
                              la séquence.

                              Faire de l’écriture une pratique régulière en classe d’histoire et de géographie au cycle 3,
                              niveau 6e
                              Le travail sur l’écrit s’est inscrit dans le quotidien des élèves d’une classe de 6e. L’expérience,
                              dont vous trouverez ici quelques illustrations, a été menée en histoire et en géographie et a
                              mis en œuvre différents thèmes du programme pour le cycle 3. Les écrits réalisés par les
                              élèves sont de natures très diverses. Ce sont le plus souvent des écrits longs. L’exercice
                              d’écriture vise notamment à l’acquisition du lexique spécifique à l’histoire et à la géographie, à
                              sa compréhension et à son appropriation. Les élèves sont invités à utiliser les termes propres
                              à l’histoire et à la géographie dans des contextes pertinents. Les élèves doivent aussi se rendre
                              compte qu’ils se trouvent dans une situation de communication et être en mesure d’identifier
                              les différentes natures d’écrits qu’ils produisent. Cette identification donnera d’ailleurs lieu
                              en histoire à un travail à part entière qui conduira les élèves à définir les caractéristiques
                              d’un récit historique. En géographie, les élèves ont été invités à pratiquer des formes plus
                              diversifiées d’écrits et à utiliser différents langages.

                              Écrire au cycle 4

                              Des écrits intermédiaires pour apprendre à décrire un paysage en géographie
                              L’expérience s’inscrit ici dans le thème 1 du programme de géographie de 4e mais a déjà été
                              menée dans différents niveaux d’enseignement du cycle 3 et du cycle 4. Elle doit permettre
                              aux élèves de mettre en évidence les caractéristiques et les enjeux d’une description de
                              photographie de paysage. Obligé d’écrire un texte décrivant le paysage qui lui est attribué pour
                              que son binôme puisse dessiner ce paysage, chaque élève est poussé à s’interroger sur les
                              éléments d’une description efficace.




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  CYCLEs    3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle




                              Apprendre à rédiger un développement construit en géographie : du brouillon collectif à
                              l’écrit individuel
                              Dans une classe de 4e, les élèves sont invités à répondre par un développement construit à
                              une consigne mettant en jeu deux pratiques langagières fréquentes en géographie, « décrire »
                              et « expliquer ». L’activité s’inscrit dans une articulation entre le cours et l’accompagnement
                              personnalisé. Le travail individuel d’écriture est étayé par des moments de coopération qui
                              favorisent l’amélioration des productions écrites individuelles. L’expérience met en lumière
                              l’importance des écrits intermédiaires dans le processus d’apprentissage de l’écriture.

                              Apprendre à utiliser un brouillon en histoire
                              Au-delà de l’exercice classique de l’écriture d’une lettre de poilu, l’intérêt de l’expérience
                              menée dans deux classes de 3e réside dans le temps accordé à l’apprentissage du brouillon et
                              dans la place qui lui est donnée au sein du processus d’écriture d’un texte long. La rédaction
                              de brouillons sur les conditions de vie et de combat des poilus et leur relecture par des
                              pairs sont l’occasion de faire réfléchir les élèves sur les formes et l’importance de cet écrit
                              intermédiaire. À plusieurs reprises au cours de l’année, les élèves reviendront sur les usages
                              du brouillon dans l’écriture de textes en histoire et en géographie

                              Pratiquer l’oral au cycle 3

                              Restituer à l’oral de façon argumentée ce qu’on a appris : des informations pour raconter,
                              décrire, expliquer une situation historique ou géographique
                              En CM1, des élèves participent à un projet intitulé « E-villes en Yvelines «R@conter sa ville,
                              son village en numérique ! » ». Il a pour but de permettre aux élèves de mieux s’approprier
                              leur environnement proche par la découverte et la mise en valeur de repères géographiques
                              ou historiques dans leur quartier, leur village, ou leur ville. La réalisation d’une vidéo pour
                              ordonner et partager ce qu’on a appris constitue le point d’aboutissement de la séquence
                              d’apprentissage, ponctuée de temps de recherche et d’exploration au cours d’une sortie
                              sur le terrain. En ce sens, ce type de réalisation s’insère aisément dans l’étude du thème
                              1 du programme de géographie « Découvrir le(s) lieu(x) où j’habite » ou encore en histoire
                              « Et avant la France ? ». Une adaptation de ce projet peut être également envisagée aux
                              cycles 1 et 2.

                              Un exemple : Rambouillet


                              Échanger pour confronter des points de vue
                              La séquence de géographie proposée se déroule dans une classe de sixième autour de
                              la thématique de la ville de demain. Les élèves coopèrent dans le cadre d’une démarche
                              prospective et sont amenés à négocier des solutions communes.

                              Pratiquer l’oral au cycle 4

                              Restituer à l’oral ce que l’on a appris et compris
                              Des élèves de cinquième ont participé à l’expérience proposée par l’exposition « Nés quelque
                              part », parcours-spectacle visant à sensibiliser le grand public et les scolaires aux enjeux
                              majeurs du changement climatique et du développement dans le monde à partir de cas
                              scénarisés. La séquence présentée a été testée dans trois classes entières d’un collège REP+.
                              Les élèves sont invités à restituer à l’oral ce qu’ils ont appris et compris du cas qui leur a été
                              présenté.

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                              La radio, un outil pédagogique au service des apprentissages des élèves
                              L’expérience est menée dans des classes de 4e et de 3e autour de la création d’une plateforme
                              Audioblog d’Arte radio. Ce travail propose une réflexion sur la mise en œuvre d’une éducation
                              aux médias et à l’information et sur l’utilisation pédagogique de la matière sonore. Cette
                              utilisation de la radio s’inscrit dans les nouveaux programmes qui incitent à confronter les
                              élèves à de multiples occasions de pratiquer l’oral.

                              Évaluer l’oral dans une situation d’échanges entre pairs
                              L’expérience réalisée dans une classe de 4e donne lieu à une évaluation par observation.
                              L’enseignant observe les élèves en train de travailler et prend en notes ce qu’il observe. Il a
                              ainsi été intéressant en début d’année d’établir un premier diagnostic des besoins auxquels
                              il faudra essayer d’apporter des réponses tout au long de l’année scolaire. Parce qu’on ne
                              peut pas tout observer au cours d’une seule séance, l’enseignant choisit de se focaliser
                              essentiellement sur les échanges oraux d’informations au sein des îlots, même s’il ne
                              s’interdit pas de noter des remarques concernant le fonctionnement du groupe et la qualité
                              des interactions. Il obtient des renseignements sur le niveau de maîtrise de l’expression
                              orale des élèves, sur leur capacité à formuler et à reformuler leurs idées et à expliquer leur
                              démarche.




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