                                                             Informer et accompagner
                                                             les professionnels de l’éducation   Cycles 2                          3 4
                                     Histoire - Géographie
                                       S’approprier les différents thèmes du programme

                                       Géographie / classe de 6ème



                                         Thème 1 - Habiter une métropole

                                    • Les métropoles et leurs habitants
                                    • La ville de demain

                               Extrait du programme du cycle de consolidation, BOEN n°11 du 26 novembre 2015


                               Pourquoi enseigner « Habiter une métropole » en classe
                               de Sixième ?
                               Ce premier thème introduit la question de la métropole, composante géographique majeure
                               d’un monde en voie d’urbanisation rapide. Depuis 2007 en effet, plus de la moitié de l’humanité
                               (et probablement les 2/3 en 2050), habite dans des villes dont un grand nombre sont des
                               métropoles, que l’on peut définir comme de très grandes villes multimillionnaires, ou en
                               présentent certaines de leurs caractéristiques et tendent à le devenir. Le thème invite ainsi à
                               appréhender les caractéristiques principales des métropoles par la notion d’habiter ainsi qu’à
                               conduire une réflexion sur la possibilité d’un développement urbain durable. Le traitement
                               du thème privilégie ainsi la grande échelle, par deux études de cas qui permettent de conduire
                               l’analyse de manière très concrète, au plus près des habitants.

                               Problématique : comment habiter et cohabiter durablement dans une métropole ?

                               On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :
                               • que les métropoles accueillent et attirent de manière croissante les populations et les
                                 activités ;
                               • qu’elles se caractérisent par la diversité de leurs habitants, leur attractivité et leur
                                 rayonnement, qu’elles sont composées de différents espaces ;
                               • qu’il existe des manières variées d’habiter, en résidant, travaillant, se déplaçant, et de
                                 cohabiter avec des populations diverses au sein des métropoles ;
                               • que l’on peut imaginer d’autres manières d’habiter dans une perspective de développement
                                 durable.

                               Ce thème est l’occasion de travailler plusieurs compétences du programme et d’investir
                               particulièrement celles ayant trait aux langages par le passage de l’image au récit et à la
                               carte ou au plan. C’est l’occasion de manipuler des outils cartographiques, de s’informer dans
                               le monde du numérique et de travailler des repères géographiques. De plus, en imaginant
                               des aménagements pour la ville de demain, les élèves entrent dans une réflexion collective,
                               coopèrent et mutualisent leurs idées et leurs projets.
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  CYCLE   3    I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme
  Géographie / classe de 6ème




                              Quelle est la place du thème dans la scolarité ?
                              • Au cycle 3, les élèves découvrent les espaces urbains. En classe de 6e, le thème « Habiter
                                une métropole » complète et enrichit l’exploration des espaces urbains ou touristiques
                                déjà rencontrés dans le thème 2 de CM1 et permet de mobiliser des notions abordées au
                                cours du thème 3 de CM1 et du thème 1 de CM2 (se loger, avoir des loisirs, se déplacer,
                                consommer). L’étude de la ville de demain s’ancre particulièrement dans la réflexion menée
                                en CM2 sur « mieux habiter » et l’étude d’un écoquartier.
                              • Le cycle 4 enrichit les notions d’urbanisation et de métropole, mobilisées à différents
                                niveaux d’échelle spatiale. Ainsi en classe de 4e le programme aborde les liens entre
                                l’urbanisation et la mondialisation, à travers les paysages et les espaces des métropoles et
                                leur insertion dans l’espace mondialisé.
                              • Aux cycles 3 et 4 se mettent en place l’acquisition du vocabulaire, les premières approches
                                de l’urbain et certaines caractéristiques des métropoles, ainsi que les premiers repères.
                                L’étude de la métropolisation en tant que telle est cependant une notion propre au niveau du
                                lycée.


                              Quels sont les points forts du thème pour l’enseignant ?
                              Ce thème permet d’aborder des questions majeures parmi les suivantes, dans des termes
                              qui ne sont évidemment pas ceux dans lesquels on les posera en classe.

                              La métropole est définie à partir de deux approches complémentaires. Une approche
                              quantitative : c’est un ensemble urbain de grande taille. Une approche qualitative et
                              fonctionnelle : la métropole se caractérise par la concentration de fonctions supérieures et
                              de commandement, de revenus et d’emplois, des capacités d’innovation, une bonne connexion
                              aux réseaux, notamment internationaux, une capacité d’influence ainsi qu’une notoriété. De
                              grands projets urbains, voulus par les élus et mobilisant des architectes et des urbanistes
                              prestigieux, sont des marqueurs du caractère métropolitain des villes et de leur rayonnement.

                              L’urbanisation contemporaine et la mondialisation se traduisent par une augmentation du
                              nombre de ces grandes villes dans le monde, qui s’accroissent en population mais surtout
                              en surface, intégrant progressivement les espaces périphériques, par desserrement. La
                              forte capacité d’attraction d’une métropole se traduit dans la diversité de ses habitants, de
                              différentes origines : populations venues des campagnes voisines ou migrants internationaux,
                              mais également touristes ou usagers occasionnels, qui l’habitent de façon différenciée et
                              développent des pratiques variées. Chaque habitant de ces grandes villes est ainsi amené à
                              rencontrer d’autres personnes très différentes, la métropole étant cosmopolite et dans une
                              certaine mesure le reflet de la diversité du monde.

                              Ce processus est planétaire et touche de nombreuses villes à des degrés divers. Il est à
                              l’origine de la constitution d’ensembles urbains de plus en plus peuplés et de plus en plus
                              vastes. Les métropoles sont des organismes urbains spatialement étalés, mais également
                              discontinus et hétérogènes, intégrant des espaces bâtis et des zones rurales, associant des
                              quartiers résidentiels socialement très inégaux, des infrastructures de transports (corridors
                              autoroutiers ou ferroviaires, rocades, aéroports…) des zones industrielles et des espaces
                              récréatifs (parcs de loisirs). Ils sont enfin multipolaires, composés de plusieurs centres, dont
                              des centres secondaires.

                              Les habitants de la métropole s’appuient sur des moyens de transports et numériques bien
                              développés à l’échelle de cet organisme urbain, pour en parcourir de manières variées les
                              espaces pour toute une palette de motifs, professionnels ou autres.
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  CYCLE   3    I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme
  Géographie / classe de 6ème




                              Ce processus génère des problèmes multiples, environnementaux, sociaux et politiques
                              spécifiques aux métropoles que la recherche d’un développement urbain durable tente, avec
                              des réussites inégales et incomplètes, de résoudre.
                              • Ce sont des problèmes environnementaux qui sont liés au phénomène de croissance
                                démographique et spatiale et qui ont des conséquences importantes sur la qualité de vie :
                                en termes de coût énergétique posé par l’étalement et les mobilités notamment, mais aussi
                                en matière d’utilisation des ressources (eau), de qualité de l’air, de nuisances liées au bruit
                                de transformation des paysages, ou de modification du climat urbain (îlot de chaleur).
                              • Des problèmes sociaux, liés à la puissance des inégalités urbaines, à la ségrégation
                                voire à la fragmentation de l’espace par fermeture de certains quartiers (enclaves
                                résidentielles fermées) ou par la présence de quartiers de relégation à de vastes échelles.
                                Ces configurations socio-spatiales ne favorisent pas les rencontres et l’échange entre des
                                populations différentes. Elles posent des questions de cohabitation au sein des métropoles.
                              • Des problèmes politiques se posent en termes d’équipements urbains, d’accès à l’espace
                                public, de financements et plus globalement de gouvernance.

                              Ces thématiques tissent des liens étroits et répondent à une question générale : comment
                              penser, construire et gérer la ville durable ? Autrement dit, peut-on imaginer des villes qui,
                              demain, corrigeront les déséquilibres socio-environnementaux observés entre quartiers et/
                              ou métropoles ? La ville du XXIe siècle concentre cette ambition et participe à la réinvention
                              de l’urbain. La ville intelligente et connectée, la ville verte et fertile sont autant de nouvelles
                              utopies urbaines, donnant lieu à des aménagements innovants, qui peuvent être mobilisées et
                              questionnées dans ce point du programme.


                              Comment mettre en œuvre le thème en classe ?
                              Le thème doit être abordé en premier dans le programme. Pour le traiter, la démarche
                              inductive est conduite à partir de deux études de cas de métropoles choisies dans des
                              espaces géographiques différents et mises en perspective.

                              Comment choisir les études de cas ?

                              Les deux études de cas sont choisies dans des espaces de niveau de développement différent,
                              et dans deux aires géographiques bien distinctes, afin d’ouvrir les élèves à la diversité et
                              à l’altérité. Peuvent ainsi se combiner pour les études de cas les choix d’une métropole
                              de France ou d’Europe ou d’Amérique du Nord et d’une métropole d’Afrique, d’Asie en
                              développement ou d’Amérique latine. L’étude de la métropole dans laquelle habitent les
                              élèves ou sous l’influence de laquelle ils vivent peut présenter un grand intérêt pour initier la
                              démarche prospective dans le second thème consacré à la ville de demain.

                              Les études de cas doivent permettre aux élèves de « parcourir » deux espaces urbains, de les
                              explorer à l’échelle infra-urbaine et de manière concrète. Il est nécessaire de partir du vécu
                              des habitants, acteurs de la métropole, en privilégiant les photographies au sol (plutôt que
                              seulement des vues aériennes), des paysages urbains qui mettent en scène des habitants et
                              peuvent dire beaucoup sur l’échelle à laquelle s’exerce l’attraction de la ville.

                              Le professeur peut largement recourir à des récits et des témoignages qui racontent des
                              expériences de la métropole qu’il est possible de croiser avec des plans de ville ou des cartes.
                              La bande dessinée, la littérature, le cinéma, les séries sont aussi des documents utiles à partir
                              desquels on peut également faire de la géographie, selon la manière dont on les regarde et les
Retrouvez Éduscol sur         questionne.



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  CYCLE   3    I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme
  Géographie / classe de 6ème




                              Les études donnent à voir le logement, la rue, le quartier, le lotissement, les espaces
                              d’activités, les lieux de sociabilité traversés ou investis par les habitants, là où ils se
                              rassemblent. Elles s’attachent notamment aux conditions de vie des habitants et à leurs
                              mobilités, en interrogeant la capacité de chacun à tirer profit des aménités d’une métropole.
                              Les élèves sont entraînés à décrire, à nommer les espaces qu’ils étudient sans forcément
                              mettre en relation toutes les variables d’une métropole.

                              Ainsi peuvent être abordées des thématiques variées pour dégager quelques caractéristiques
                              de la métropole et identifier quelques éléments d’urbanité (comme les possibilités de
                              rencontres entre des populations diverses dans certains lieux qui rassemblent comme la
                              place, la rue ou la plage par exemple).

                              Toutes les métropoles du monde présentent des caractéristiques communes : on pourra
                              ainsi retrouver des éléments urbains propres à la verticalité et à la centralité, la propension
                              à l’étalement, des modes de vie spécifiques, des phénomènes de ségrégation. Mais chacune
                              d’entre elles se définit aussi par des spécificités liées à la société qui la produit, à son niveau
                              de développement, à ses héritages, à ses contextes qui expliquent les caractères de l’habiter.

                              La mise en perspective des études de cas est une étape indispensable ; elle s’appuie sur
                              deux planisphères (niveau de développement, répartition du peuplement) qui permettent de
                              mettre en contexte les métropoles étudiées. Les grandes métropoles sont localisées sur un
                              planisphère et l’on constate leur rapide augmentation en nombre et en taille au cours des
                              dernières décennies. Des liens sont établis avec le thème 4 « Le monde habité » dans « la
                              répartition de la population mondiale et ses dynamiques ».

                              La ville de demain peut être abordée dans la continuité du premier sous-thème en
                              s’appuyant sur les constats établis dans les études de cas des déséquilibres à corriger ou
                              des expériences en matière d’habitat, de transports, de cohabitation, d’organisation spatiale
                              ou encore de densité. Il s’agit de faire prendre conscience aux élèves que la ville de demain
                              résulte d’un certain nombre de choix qui sont faits aujourd’hui.

                              La démarche d’initiation à la prospective territoriale peut être ici mise en œuvre en invitant
                              les élèves à une réflexion sur la ville de demain. On peut étudier des projets en cours
                              dans l’une des métropoles étudiées et amener les élèves à questionner les choix réalisés
                              aujourd’hui. On peut ainsi investir les débats autour de la ville étalée et de la ville compacte
                              ou verticale pour réfléchir au « mieux vivre ensemble demain ». Les activités proposées
                              aux élèves sont l’occasion de comprendre le rôle et la place des citoyens dans les choix
                              d’aménagements urbains. Elles se prêtent à des formes variées de productions des élèves,
                              dans un langage graphique ou écrit : schémas, dessins, récits, sous des formes numériques
                              multimédias, mais également des posters qui mettent en mots et en images la manière dont
                              ils imaginent la ville de demain et mobilisent des compétences de communication.
                              • Si le choix de l’étude de cas s’est porté sur la métropole où habitent les élèves, ceux-
                                ci pourront continuer à travailler sur leurs territoires de proximité, leur quartier. Des
                                parcours sur le terrain et des rencontres avec des acteurs locaux (élus, associations, CAUE,
                                architectes…) sont à envisager car ils permettent d’incarner les réalités géographiques et
                                de comprendre comment sont prises les décisions qui modèlent la ville d’aujourd’hui et de
                                demain, à travers un débat autour d’un projet d’urbanisme local par exemple.
                              • Dans le cas d’une étude d’une métropole éloignée, la palette de documents est large, par
                                exemple produits par les habitants, ou les urbanistes ou bien encore les artistes pour mettre
                                en œuvre une initiation à la prospective territoriale à partir de l’étude d’un projet concret et
                                atteindre les mêmes objectifs.

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  CYCLE   3    I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme
  Géographie / classe de 6ème




                              Principaux repères spatiaux à construire
                              • Nommer et localiser dix métropoles mondiales parmi les plus importantes.
                              • Situer les régions du monde qui concentreront demain les principales métropoles.


                              Quelles sont les contributions du thème aux parcours ?
                              • La démarche prospective met en œuvre une géographie citoyenne, qui apprend aux élèves à
                                distinguer intérêt général et intérêt individuel et leur permet de construire des compétences
                                relevant de l’enseignement moral et civique et contribue à leur Parcours citoyen.
                              • Sans confondre les genres, l’étude de la ville de demain est susceptible de mettre en scène
                                des imaginaires géographiques propres à découvrir le monde des utopies et dystopies
                                (ou contre utopies) urbaines. Architecture, littérature, cinéma, bande dessinée, Street
                                Art fournissent de nombreuses représentations de la ville du futur. Le thème offre ainsi
                                une contribution à l’enseignement de l’histoire des arts et à la construction du Parcours
                                d’éducation artistique et culturelle.


                              Quels sont les écueils à éviter ?
                              • Oublier de travailler les repères, de situer les lieux sur des cartes à différentes échelles.
                              • Se contenter d’analyser les paysages urbains dans l’objectif de construire un croquis
                                d’organisation de l’espace urbain, sans étudier les habitants des métropoles et leurs
                                pratiques et usages des lieux.
                              • Conforter les stéréotypes et clichés sur les villes des pays en développement, notamment
                                sur les villes africaines, par exemple en n’interrogeant pas les aménagements et les
                                dynamiques en cours.
                              • Oublier de mettre en question les imaginaires géographiques de la ville qui développent
                                une approche anti-urbaine. Il est nécessaire de dépasser l’idéologie anti-urbaine et de
                                rationaliser les réflexions. Un discours scientifique doit être construit sur la ville, ce qui
                                n’exclut pas un discours critique.
                              • Un discours sans nuances sur les écoquartiers, sous l’angle de la seule dimension
                                environnementale du bâti par exemple, mais sans référence à la réalité de la mixité sociale
                                des populations qui les habitent.




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