                                                             Informer et accompagner
                                                             les professionnels de l’éducation   CYCLES 2                          3 4
                                     HISTOIRE DES ARTS
                                       Repères de progressivité




                                          Repères de progressivité
                                     en histoire des arts : mode d’emploi



                              Pourquoi des repères de progressivité à partir d’une
                              œuvre précise ?
                              Parce que, dit le programme, « l’expérience esthétique et l’étude des œuvres sont à la source
                              de la démarche pédagogique ». Parce qu’on peut parfaitement étudier une même œuvre
                              aux différents niveaux d’un même cycle, mais pas selon les mêmes perspectives ni avec les
                              mêmes attendus.

                              Les huit tableaux proposés partent chacun d’une œuvre rattachée directement à une des huit
                              thématiques du programme d’histoire des arts au cycle 4. Ces œuvres appartiennent à des
                              domaines artistiques et des périodes diverses mais peuvent être abordées dans différentes
                              disciplines et à n’importe quel niveau.


                              S’agit-il de travailler sur la même œuvre d’année en
                              année ?
                              Sûrement pas, car aucun enseignement n’a pour but le ressassement. L’histoire des arts doit
                              donner à tous les élèves une culture diversifiée. On ira donc chercher dans chacun des huit
                              tableaux un exemple donné pour un niveau donné.

                              Bien entendu, le professeur s’appuiera sur les notions acquises l’année précédente et en tirera
                              parti pour aborder d’autres œuvres avec des objectifs nouveaux.

                              En effet, on peut aborder n’importe quelle œuvre avec des élèves de n’importe quel
                              niveau : même des œuvres réputées complexes ou difficiles. Mais il ne faut pas prétendre tout
                              en dire ni les épuiser. L’apprentissage de la description et de l’analyse se fait selon un niveau
                              de vocabulaire et de questionnement adapté au niveau de l’élève.




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  CYCLE   4    I HISTOIRE DES ARTS I Repères de progressivité




                              Comment se servir des tableaux ?
                              Chaque tableau, pour un niveau donné, propose trois entrées :
                              • un lexique, avec des notions à aborder et, en italiques, un vocabulaire à maîtriser en fin
                              d’année par l’élève ;
                              • une problématique autour de laquelle sont organisés des champs de savoir artistiques et
                              historiques, le lien entre fréquentation des œuvres et appropriation des connaissances étant
                              l’apport principal de l’histoire des arts au parcours d’éducation artistique et culturelle de
                              l’élève ;
                              • des œuvres connexes de divers domaines, dans une démarche comparative encouragée par
                              le programme et en fonction du questionnement proposé.

                              Le professeur dispose ainsi d’un matériau et de références pour chaque niveau. La méthode
                              est transposable pour d’autres œuvres de son choix.


                              Pourquoi ne pas avoir relié les œuvres à des compétences
                              disciplinaires ?
                              L’enseignement de l’histoire des arts est partagé entre les disciplines (principalement arts
                              plastiques et éducation musicale, français, histoire et langues) mais les programmes lui
          Télécharger le      assignent une dimension propre dans la construction de la culture de l’élève.
              document
         « compétences        Aussi les compétences du programme d’histoire des arts et les attendus de fin de cycle
   attendues en histoire      sont-ils au confluent de plusieurs compétences disciplinaires et contribuent à construire les
    des arts au cycle 4 »
                              compétences du socle commun.


                              Dois-je impérativement travailler de manière coordonnée
                              avec d’autres disciplines ?
                              Le travail interdisciplinaire reste privilégié en histoire des arts ; il se situera principalement
                              dans le cadre des EPI : « Les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires offrent un cadre
                              particulièrement propice au travail collectif autour d’objets communs en lien avec les
                              thématiques d’histoire des arts ».

                              Pour autant, le professeur a non seulement la latitude mais même le devoir de faire de
                              l’histoire des arts dans sa propre discipline, et notamment, dit le programme, « dans le cadre :
                              • des enseignements des arts plastiques et d’éducation musicale ;
                              • de l’histoire et de la géographie, non comme illustration ou documentation de faits
                              historiques mais comme une dimension d’histoire et de géographie culturelles, par l’étude
                              périodisée des circulations, des techniques, des sensibilités et des modes de vie ;
                              • du français, en s’appuyant notamment sur l’étude de grands textes littéraires, poétiques,
                              critiques et dramatiques, de l’Antiquité à la période contemporaine, avec leurs transpositions
                              cinématographiques ou leur mise en spectacle ;
                              • des langues vivantes, dont elle enrichit à la fois la dimension culturelle et le lexique de la
                              description, des couleurs, des formes, des techniques et des émotions. »

                              Le programme d’histoire des arts propose à l’enseignant des axes thématiques et des
                              démarches pédagogiques exploitables dans plusieurs disciplines et dans le cadre du parcours
                              d’éducation artistique et culturelle (PEAC), ainsi que des liens avec les divers EPI.
                              Les tableaux de repères de progressivité lui offrent des exemples, pour chaque niveau,
                              d’objets d’études avec leurs attendus et leurs questionnements, dans une perspective
                              interdisciplinaire.
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                              Pourquoi les œuvres proposées ne s’inscrivent-elles pas
                              automatiquement dans la chronologie du programme
                              d’histoire ?
                              L’arrêté de 2008 organisait naguère l’enseignement de l’histoire des arts selon une chronologie
                              qui suivait le programme d’histoire, ce qui pouvait amener, plutôt que de l’histoire des arts, à
                              faire de l’histoire par les arts. Aujourd’hui, le programme du cycle 4 propose des thématiques
                              transversales, à l’appui desquelles est proposée une période de référence, avec des
                              suggestions d’objets d’étude et de réflexion. Les périodes se chevauchent, car la thématique
                              est première. Toutefois, les points de rencontre entre thèmes du programme d’histoire et
                              thématiques du programme d’histoire des arts sont très nombreux à chacun des trois niveaux.
                              Par exemple « L’art au temps des Lumières et des révolutions 1750-1850 » en histoire des
                              arts / « Le XVIIIe siècle. Expansions, Lumières et révolutions » en histoire (classe de
                              quatrième) ; ou bien : « Formes et circulations artistiques IXe-XVe s. en histoire des
                              arts / « Chrétienté et islam (VIe-XIIIe siècles) des mondes en contact » en histoire (classe de
                              cinquième).

                                    RAPPEL DU PROGRAMME D’HISTOIRE :
                                    « Les équipes de professeurs d’histoire et de géographie puisent également dans les
                                    thématiques d’histoire des arts pour nourrir leur enseignement ; la connexion est réalisable
                                    à partir de toutes les entrées du programme d’histoire, mais aussi à partir de celles de
                                    géographie. Ce travail contribue à rendre les élèves sensibles au statut particulier de l’œuvre
                                    d’art. Liée au particulier comme à l’universel, la production artistique leur donne accès aux faits
                                    et, plus encore, aux cultures du passé ; cette découverte les aide à relier la production artistique
                                    passée à celle d’aujourd’hui. Pour rapprocher ce patrimoine culturel de leur propre culture, les
                                    élèves apprennent à identifier les formes, les matériaux et les expressions artistiques, et à les
                                    associer à des usages pour leur donner un sens. »




                              Le professeur d’histoire conserve, en effet, un programme organisé chronologiquement ;
                              mais il ne lui est nullement déconseillé d’aborder des œuvres de différentes époques à tout
                              moment de son programme, selon la problématique choisie et la démarche pédagogique
                              recherchée. Par exemple, l’étude d’œuvres antiques ne s’arrête pas au cycle 3 : l’étude de
                              la réécriture d’Antigone par J. Anouilh doit permettre aux élèves étudiant la Résistance en
                              classe de troisième d’aborder le thème 1 du programme d’histoire des arts, de même que les
                              élèves de sixième qui abordent l’Antiquité gagneront à prendre conscience de la postérité des
                              mythes (par ex. pour étudier le « recours au passé » dans « l’art au temps des Lumières et des
                              révolutions 1750-1850 », th. 5).

                              Loin d’affaiblir la construction de repères chronologiques, la comparaison diachronique entre
                              quelques œuvres choisies autour d’une même problématique contribuera, par la différence
                              évidente des langages artistiques, à asseoir chez l’élève la conscience de la chronologie bien
                              mieux que ne le ferait une simple étude synchronique.




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  CYCLE   4    I HISTOIRE DES ARTS I Repères de progressivité




                              Un exemple précis sur trois niveaux ?
                              Une œuvre devenue iconique comme Les Demoiselles d’Avignon de Picasso, bien que datée de
                              1907, peut être abordée par le professeur d’histoire :
                              • en classe de cinquième en la comparant avec une œuvre de la Renaissance pour comprendre
                              la notion de rupture (étude des bouleversements culturels que connaît l’Europe de la Renais-
                              sance dans le thème 3 du programme d’histoire de cycle 4) ;
                              • en classe de quatrième, le même tableau peut aussi être étudié sous l’angle des références
                              extra-occidentales au temps de la colonisation (conquêtes et sociétés coloniales dans le thème
                              2 du programme d’histoire de cycle 4) ;
                              • en classe de troisième, en rapport avec d’autres œuvres de Picasso, notamment Guernica,
                              Pablo Picasso pouvant servir de fil rouge au programme d’histoire (« démocraties fragilisées
                              et expériences totalitaires dans l’Europe de l’entre-deux-guerres » dans le thème 1 du pro-
                              gramme d’histoire de cycle 4).

                              À un niveau ou à l’autre, une telle étude, qui s’appuiera sur des débats en classe, nourrit les
                              compétences disciplinaires tout en amenant l’élève à réfléchir sur la distance entre intention,
                              production et réception et, partant, sur la relativité des réceptions et de son propre goût, ce qui
                              relève tout autant de l’histoire des arts que de l’enseignement moral et civique.


                              Les élèves pourront-ils présenter une ou plusieurs
                              œuvres issus de ces tableaux pour l’épreuve orale du
                              DNB ?
                              La nouvelle épreuve orale du DNB peut prendre appui sur un projet mené dans le cadre des
                              EPI, ou bien sur l’un des parcours. Le PEAC en fait partie, au point de départ duquel sont les
                              enseignements artistiques, notamment l’histoire des arts.

                              Le référentiel du PEAC mentionne que « l’enseignement obligatoire de l’histoire des arts, qui
                              ne se confond pas avec le parcours d’éducation artistique et culturelle, contribue à la culture
                              artistique des élèves en investissant particulièrement les champs des connaissances et des
                              rencontres, en résonance avec leurs pratiques ». De son côté, le programme d’histoire des
                              arts rappelle : « L’histoire des arts contribue au parcours d’éducation artistique et culturelle
                              des élèves et concourt aux objectifs de formation fixés par le référentiel de ce parcours. Des
                              partenariats, en particulier avec des structures muséales et patrimoniales, permettent aux
                              élèves de rencontrer des acteurs des métiers d’art et de la culture et de fréquenter des lieux
                              de culture (conservation, production, diffusion). Ces partenariats facilitent l’élaboration de
                              projets inscrits dans le parcours d’éducation artistique et culturelle des élèves. » Il ajoute que
                              « les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires offrent un cadre particulièrement propice au
                              travail collectif autour d’objets communs en lien avec les thématiques d’histoire des arts. »

                              Nourris de l’expérience acquise entre 2010 et 2016 et renouvelés par la réforme, les projets et
                              objets d’étude en histoire des arts restent donc des supports bienvenus pour l’épreuve orale du
                              DNB.




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