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Informer et accompagner
les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
MATHÉMATIQUES
Ressources transversales
Les mathématiques par les jeux
Accéder à la liste des jeux exposés dans cette ressource
Visionner la vidéo
Du plaisir à
lapprentissage
De nombreux professeurs font jouer leurs élèves dans leur classe. Il sagit de jeux
pédagogiques, avec un cadre et des objectifs. Ceux-ci se différencient des « jeux de la vie
courante » même si certains partent des règles de jeux populaires.
Chacun peut en retirer de grands bénéfices. La pratique du jeu permet de gagner du temps
dans la compréhension des connaissances, rend plus pérennes les savoir-faire essentiels en
mathématiques et leur permet de développer des compétences diverses
Grâce à lexpérience de professeurs de tous horizons, un groupe de travail sest constitué,
autour de quelques professeurs, inspecteurs et enseignants-chercheurs des académies de
Lille et Nantes, avec lappui des IREM de Caen, Besançon, Montpellier, Lille et Nantes, en
Une ressource produite ayant pour objectif principal daider les professeurs souhaitant sinvestir dans cette démarche
dans le cadre de la
stratégie mathématiques
pédagogique.
en partenariat avec le
réseau des IREM. Cest ainsi que ce groupe a eu pour ambition de proposer un document opérationnel.
Dans un objectif pédagogique, il a identifié des jeux déjà existants et présentant un intérêt
particulier, en a modifié certains dont les règles sont connues et en a construit dautres.
Pour rendre ces approches plus accessibles, des films ont été tournés et montés par CANOPÉ
Nantes ; on y accédera en cliquant sur les liens en marge du document ou à cette adresse.
Les activités ludiques présentées dans cette ressource ont leur place à différents moments
des apprentissages et peuvent également être utilisées comme outils de remédiation ou de
réinvestissement.
Tous les jeux disponibles et efficaces ne sont pas recensés dans ce document qui se limite à
une sélection dans un choix immense, et ne demande quà être enrichi.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Pourquoi jouer en mathématiques ?
Parce que les mathématiques forment une discipline exigeante mais
nécessaire à tous
Un objectif essentiel de lenseignement des mathématiques pour la vie sociale, citoyenne et
professionnelle de nos élèves, est la résolution de problèmes, et notamment la mise en place
de stratégies.
Le jeu amène lélève à raisonner : faire des choix, prendre des décisions, anticiper un résultat
sont autant dattitudes que lon attend dun élève lors de la résolution de problèmes ou de
tâches complexes. Le jeu développe donc les prises dinitiatives des élèves.
Cependant, des élèves peuvent se trouver bloqués en cours de résolution de problème ou se
tromper par manque de facilité au niveau du calcul. Grâce à certains jeux, le professeur fait
faire davantage dexercices répétitifs avec ses élèves (tout en les motivant) quen donnant des
pages de calculs à réaliser.
Ce qui est attendu et souhaité cest aussi une construction pérenne de ces automatismes de
calcul. Le jeu facilite cette construction.
Parce que cela donne du sens aux notions mathématiques des programmes
Énoncer de manière magistrale une propriété ou une définition nimplique pas nécessairement
sa compréhension et cela même si on lapprend par cœur. Lutiliser, la manipuler et la
réinvestir dans des contextes lui donne du corps et tout son sens.
Le jeu peut être un outil pertinent à différents moments des apprentissages :
• introduction dune nouvelle notion ;
• construction dautomatismes ;
• approfondissement / remédiation.
On peut également réinvestir le moment du jeu, y faire référence au cours des apprentissages.
Faire revivre cette situation permet dinscrire le jeu comme une réelle activité mathématique
dans une démarche pédagogique. Le jeu pédagogique, considéré au même titre quune activité
mathématique plus ordinaire (entraînement par des exercices, tâche complexe, etc.), est
valorisé aux yeux de chacun.
Parce que les mathématiques sont vivantes et se prêtent facilement aux
activités ludiques
Le contexte dapprentissage est important. Au cours dun jeu, le contexte se veut convivial
avant tout. Lutilisation du jeu permet de changer limage rébarbative que peuvent avoir les
mathématiques pour certains élèves et ainsi les mobiliser davantage. Du fait que les enfants
sont naturellement joueurs, ils se lancent et sont plus actifs. Avec le jeu, ils peuvent prendre
du plaisir et développer ainsi une relation nouvelle à la discipline. Leur investissement nen
sera que plus grand par la suite, même lors dune activité plus « classique ».
La pratique du jeu permet donc de gagner du temps dans la compréhension des connaissances
et rend plus solides les savoir-faire mathématiques développés à cette occasion.
Parce que lécrit nest pas obligatoire
Un élève peut ne pas réussir à additionner dans une page de calcul en évaluation et très bien
compter les scores dans des jeux de cartes comme le bridge ou le tarot.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Perdre à un jeu na pas la même conséquence pour un élève que de se retrouver en situation
déchec face à un exercice. La peur de se tromper est encore trop présente chez certains
élèves qui préfèrent en conséquence « ne rien écrire » sur leur feuille, voire ne pas sengager
dans un exercice de peur de se retrouver confrontés à leurs difficultés. Pris dans le jeu, lélève
peut se permettre plus facilement des procédures quil se serait interdites dans le cadre dun
« cours de maths ». Le jeu amène donc lélève à se décomplexer, à tenter, essayer, faire des
erreurs… ce qui est indispensable aux apprentissages.
De plus, en jouant par équipes, les élèves acceptent plus facilement laide de leurs camarades.
On sautorise à ne pas avoir un travail soigné. Certains documents peuvent être à usage
unique.
Un des atouts du jeu réside dans la décentration des objets dapprentissages, qui ne sont plus
regardés pour eux-mêmes mais pour gagner dans un espace de jeu spécifique. Lélève se
trouve dans une situation de joueur (et plus uniquement délève).
Parce que jouer est naturel chez la plupart des enfants… et des adultes aussi
Tous les enfants ont une propension naturelle à jouer, cest même le mode dapprentissage
premier du petit enfant, qui lui permet dessayer des processus mentaux.
La pratique du jeu conduit à développer chez les enfants des compétences mobilisant logique,
stratégie, rigueur, concentration, mémoire et capacité dabstraction, qui sont toutes des
facteurs de réussite.
Il sagit davantage dun partage des connaissances plutôt quun travail individuel. Les élèves
sinvestissent lorsquils sont mis en activité et lorsquils mettent du sens dans ce quils font.
La posture de créativité du professeur participe pleinement à limplication des élèves dans
le travail proposé. Ce changement de positionnement lors du jeu amène les élèves à être
autonomes et à aller au-delà des attentes du professeur.
La pratique régulière du jeu est ainsi une modalité dapprentissage efficace dont on aurait
tort de se passer. Une dynamique déquipe, dentraide, de collaboration peut émerger dans la
classe.
Les adultes sont aussi joueurs, mais ne se lavouent pas volontiers.
Parce que jouer développe des attitudes sociales
Visionner la vidéo
Le travail de groupe, la
coopération des élèves.
Respecter des règles, prendre des initiatives, apprendre à coopérer, accepter de perdre sont
autant de compétences développées.
Même si la compétition existe, celle-ci est sans enjeu pénalisant et permet donc à lélève de se
surpasser.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Parce que les mathématiques sont, en elles-mêmes, une sorte de jeu avec
des règles.
La construction dune figure de géométrie, la démonstration dune propriété, le calcul sur
des expressions algébriques : voilà autant de situations mathématiques se traduisant par une
production qui pour être « réussie » doit « obéir aux règles du jeu » et « parvenir au but ».
Je veux essayer de mettre un jeu en place dans mon
cours : comment faire ?
Par quoi commencer ?
Il est préférable de commencer par des jeux courts sans déplacement, nécessitant peu de
matériel et avec des règles très simples. Il est préférable de tester dabord les jeux par deux,
qui ne nécessitent pas de changement de place et utilisent peu de matériel.
Le créneau horaire choisi est important, en particulier pour les séances au cours desquelles
une règle est expliquée.
Si les règles sont nombreuses, elles peuvent, par exemple, être introduites au fur et à mesure
du jeu.
Il est aussi possible de proposer à un collègue de venir en co-enseignement les premières fois.
Il faut accepter que le vocabulaire utilisé soit approximatif. Il est compréhensible davoir peur
de se mettre en danger et de ne pas tout contrôler.
Quand jouer ?
Les temps de jeu varient en fonction du jeu choisi. Certains se prêtent bien à lintroduction de
notions, dautres à du réinvestissement.
• Faire des jeux courts un rituel de début ou de fin de séance en facilite la mise en place dans
la classe. Les jeux de calcul mental sy prêtent bien notamment.
• Ne pas réserver les jeux à ceux qui ont fini. Le jeu est une activité pédagogique à part entière
et ne doit pas se limiter à du soutien ou à une récompense.
• Certaines séances situées à des heures où la concentration des élèves est difficile à obtenir,
peuvent aussi être une occasion favorable pour jouer.
Silence, on joue !
Il faut accepter le bruit de fond. En effet, les élèves parlent, expérimentent et débattent. Cest
un jeu, les élèves « risquent » donc de samuser à faire des mathématiques.
Le temps de jeu crée un espace à part dans lactivité de lélève. Cet espace a ses propres
règles qui ne sont pas celles de la classe ordinaire. Il est important de bien identifier ce temps
de jeu afin quil ny ait pas de confusion avec les règles de vie et de débats lors des autres
temps dapprentissage.
Les élèves ont besoin de temps pour comprendre. Un élève peut être mandaté pour régler
lintensité sonore.
Pour un jeu qui dure une séance, une grande salle peut aussi atténuer le bruit.
Malgré le bruit généré, la réflexion, la qualité et la quantité de travail fournies par les élèves
lors dune séance de jeu sont souvent meilleures que lors dune séance qualifiée de «
silencieuse ».
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
IDÉE
Comment faire moins de bruit lorsquon lance des dés ? Faire lancer dans de petites boites à
chaussures ou des couvercles de boites de ramettes à papier (voire y coller un bout de moquette)
ou utiliser des gobelets retournés. Il existe aussi des dés en mousse.
Et si certains élèves ne veulent pas jouer ?
• Cest assez rare mais certains élèves ne jouent pas chez eux. Ils mettent plus de temps à
comprendre les règles et à mettre en place des stratégies. Il vaut mieux commencer par des
jeux courts et faciles daccès (jeu des angles, puissance 4, Roi du 7, etc).
Sils ne veulent vraiment pas jouer au début, il est possible de leur donner une fiche
dexercices. Certains naiment pas perdre. Cela va avec le respect des règles et vivre
ensemble. Mettre les élèves en groupe et changer les groupes permet de varier les gagnants.
• Certains pensent que ce nest pas sérieux. Or, la définition de « sérieux » nous renvoie … au
jeu : « qui ne peut prêter à rire » ou « qui nest pas fait pour lamusement » (Petit Robert). En
ce sens, jouer nest pas « sérieux ». Mais est-ce là un critère de qualité dun enseignement
de mathématiques ? Le.la professeur.e des écoles qui fait jouer ses élèves avec une perspec-
tive dapprentissage nest pas considéré.e comme « pas sérieux.se ». Pourquoi le « sérieux »
simposerait-il aux élèves dès quils franchissent la porte du collège ? Rappelons enfin que,
daprès Aristote, « il faut jouer pour devenir sérieux » et daprès Albert Einstein, « le jeu est la
forme la plus élevée de la recherche ».
• Léchec sous le regard des autres peut être dur à vivre. Il faut savoir dédramatiser et rappe-
ler que... ce nest quun jeu !
Il est important de communiquer et dexpliquer à ces élèves pourquoi on joue, et tout aussi
important de prendre le temps de faire un bilan.
Et le regard des parents délèves ?
Il est important de faire comprendre que jouer est une autre modalité dapprentissage qui peut
permettre à beaucoup délèves de progresser et de sengager dans une dynamique. Il ne faut
pas hésiter à inciter les enfants à jouer avec leurs parents. Il est possible de prêter des jeux,
notamment pendant les vacances.
Que vont penser les collègues ?
Certaines évolutions dans les pratiques pédagogiques nécessitent du temps. La pratique du
jeu permet de gagner du temps sur lacquisition de connaissances et de savoir-faire. Ouvrir sa
porte ou accompagner ses collègues peut aider. Bien souvent, la pratique du premier jeu suffit
à faire comprendre les divers intérêts de lenseignement par le jeu.
Que va dire le chef détablissement ?
La création de groupes de travail académiques1 pilotés par les inspections pédagogiques
régionales de mathématiques concernées, en collaboration avec le réseau des IREM et la
production dune ressource nationale constituent des actions officielles qui donnent une vraie
dynamique et une légitimité à cette pratique. Cette action sinscrit dans le cadre de la stratégie
mathématiques, lancée à décembre 2014 par la ministre de lEducation nationale. Ce plan vise
notamment à développer la dimension ludique des mathématiques.
1. Académies de Nantes et Lille
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Il est possible dinviter le chef détablissement en observation dans la classe. Les jeux peuvent
aussi être proposés lors des journées portes ouvertes.
Que fait le professeur lorsque les élèves jouent ?
Visionner la vidéo
Le rôle du professeur
Lenseignant doit laisser les élèves jouer et débattre entre eux. Il doit être présent tout en
sachant garder ses distances. Il a un rôle dobservateur et darbitre. Tout dabord, il doit
sassurer que tous se mettent effectivement au travail. Il doit répondre aux sollicitations pour
débloquer une situation particulière, préciser une règle du jeu et surtout faire en sorte de
faire réfléchir les élèves. Lidée nest pas de leur donner une réponse, mais de les pousser à
raisonner.
En fin de séance, le professeur peut organiser une explicitation collective, individuelle ou par
groupe de ce que les élèves ont appris, appris à faire et compris. Il est possible de faire rédiger
un bilan. Une fiche dexercices peut compléter de manière plus académique les connaissances
travaillées lors du jeu.
Que peut être une trace écrite ?
Il est important de ne pas la formaliser trop vite et de la faire mettre en place par les élèves.
Ce ne devrait pas être aux professeurs de la donner.
Il est par exemple envisageable de photographier le jeu et dinsérer la photo dans le cahier.
Certains jeux au cours desquels des documents papiers sont donnés (Decitri, Quems, etc)
peuvent être collés dans le cahier et servir efficacement de trace écrite.
Cest aux élèves détablir un bilan, soit personnel, soit individuel, qui pourra être sous la forme
dune affiche ou dune carte mentale où les élèves pourront écrire leurs questions, ce quils
ont aimé ainsi que leur ressenti sur la séance. Certains instants pourraient aussi faire lobjet
dune trace écrite (rebondissement remettant en cause une stratégie ou situation marquante
sur lapplication dune notion ou un automatisme).
Les élèves peuvent aussi être invités à créer eux-mêmes de nouvelles grilles (par exemple
pour la Route des maths, Quatre alignés cest gagné, etc.).
Certains jeux permettent aux élèves dacquérir des réflexes de calculs ou des stratégies de
raisonnement. La trace écrite nest donc pas indispensable.
Que peut-on évaluer ?
Linvestissement des élèves est visible et gagne à être valorisé, car ils pratiquent effectivement
une activité mathématique.
Cependant, tout nest pas à évaluer tout le temps : préserver lespace du jeu de lévaluation
peut en effet permettre damener les élèves, notamment les plus fragiles, à sautoriser des
stratégies dengagement. Pour le professeur, il sagit dun moment de prise dinformations
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
permettant de mieux comprendre et connaître les élèves que sur une évaluation ponctuelle et
traditionnelle.
Le jeu permet enfin de valoriser (voire dévaluer) des élèves sur dautres focales, notamment
sur des compétences sociales dans le cadre du socle commun de connaissances, de
compétences et de culture.
Les professeurs faisant jouer dans leurs classes parlent autrement de leurs élèves
(notamment en conseil de classe).
Après une séance, faire un bilan oral avec les élèves leur permet de se rendre compte de ce
quils ont travaillé et appris.
Comment expliquer une règle ?
On peut procéder par étapes et donner les règles progressivement. Il est important de ne pas y
passer trop de temps.
La première partie peut être jouée « pour rire » (« pour du beurre ») avec lensemble de
la classe. Parfois, lutilisation du vidéoprojecteur avec une version numérique du jeu peut
également se révéler être une aide précieuse.
Quelles compétences peuvent être travaillées lorsque lon fait jouer ?
Suivant le jeu et la pratique du professeur, toutes les compétences mathématiques (Chercher,
Modéliser, Calculer, Raisonner, Représenter, Communiquer) peuvent être mises en œuvre.
La pratique du jeu participe pleinement à lacquisition des cinq domaines du socle de
compétences de connaissances et de culture.
Deux exemples de jeux
Cette partie permet de mettre en avant trois jeux typiques illustrant un usage possible des jeux
dans la classe. De nombreux autres jeux ainsi quun tableau synoptique figurent en annexe de
ce document.
Télécharger lannexe Le jeu des angles
« Plus près des
angles ».
Visionner la vidéo :
Le jeu des angles : les
trois étapes
Le jeu vise à développer une notion intuitive dangle et de mesure dangle, à partir de
connaissances tout à fait élémentaire sur les angles (cycle 3). La comparaison des mesures
dangles vient assez naturellement dans ce contexte.
Ce jeu se réfère principalement aux parties « Grandeurs et mesures » et « Géométrie »
du programme du cycle 3. Il répond aux attendus de fin de cycle « Comparer, estimer, mesurer
des grandeurs géométriques », « Utiliser les instruments de mesure spécifiques de ces
grandeurs » et « Reconnaitre, nommer, décrire, reproduire, représenter des figures géomé-
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triques ».
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Le jeu est facile à mettre en place et demande peu de matériel (vidéoprojecteur, rapporteurs).
Il permet aux élèves de travailler lordre de gran¬deur de la mesure dun angle, et notamment
éviter une mauvaise utilisation du rapporteur
La progression est trois étapes. Au cours des deux premières étapes, le professeur projette
une série dangles et les élèves donnent une estimation de leur mesure.
• Étape 1 : estimation dangles proches de langle droit. Il convient de débuter par langle
droit (permettant un rappel des acquis antérieurs) et des angles très proches.
• Étape 2 : estimation dangles variés. Il sagit ensuite de progresser vers des angles diffé-
rents, en débutant par des angles avec des angles importants, ayant pour mesures 45°, 135°
et éventuellement 30°, 60°, 120°. Le vocabulaire lié aux angles
(aigu, obtus, sommet, côté) est peu à peu introduit et repris
sous forme de trace écrite.
• Étape 3 : de lestimation à la mesure. Chaque binôme
propose, au binôme voisin, des angles tracés sans rapporteur
(3 ou 4). Les membres dun binôme discutent et proposent
une estimation des mesures des angles. La validation se fait
à laide du rapporteur, que les élèves découvrent eux-mêmes
sans formalisation préalable.
Intérêt du jeu
Lexpérience montre que :
• les élèves visualisent mieux les angles avant leur construction ;
• les élèves maîtrisent mieux le sens des graduations du rapporteur ;
• les élèves réinvestissent le savoir-faire pour la vérifica¬tion des figures ;
• les élèves estiment correctement les angles, positionnent correctement leur rapporteur sans
effort.
Télécharger lannexe
« La route des maths ».
La route des maths
Visionner la vidéo :
La route des maths
Il sagit dun jeu de coopération se basant sur un plateau.
Lidée initiale de ce jeu provient du jeu Fujiyamaths de
lIREM de Caen. Cest une course à étapes de difficultés
croissantes : les équipes déplacent leurs pions de Laval
vers la côte vendéenne et résolvent des énigmes (cartes
« objectif ») à chaque étape, les collections dénigmes
changeant lorsque les équipes se rejoignent sur les villes-
étapes. Le temps dune partie dépend des objectifs fixés
(entre une demi-heure et une heure).
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Un des grands avantages de ce jeu est que la règle et les cartes peuvent être utilisées sur
différentes notions de la sixième à la troisième. Chaque notion est travaillée à laide des cartes
« objectif ».
Les parties du programme abordées par ce jeu varient ainsi suivant les cartes « objectif »
prises. Ainsi, on peut introduire les fonctions affines, les puissances, les fractions.
Le dernier trajet (qui relie La Roche-sur-Yon à la plage) fournit loccasion de proposer un bilan
(éventuellement guidé) : créer une nouvelle carte objectif, écrire la règle découverte, résoudre
collectivement une dernière énigme, etc.
Avantages pédagogiques de ce jeu
• Ce jeu est coopératif et incite chacun à sinvestir. Lerreur nest pas stigmatisée. La part de
hasard permet à chacun de pouvoir avancer.
• Une notion peut être intégrée progressivement. Les cartes « objectif » changent à chaque
étape.
• Les élèves sautocorrigent. Par contre un même groupe peut se conforter ensemble sur une
même erreur ; la place du professeur est alors importante. On peut aussi attribuer un rôle de
maitre de jeu à un élève qui dispose dune calculatrice.
• La règle est à expliquer la première fois. Lorsque lon reprend le jeu avec de nouvelles no-
tions, il ny a pas de nouvelles explications à donner. On ne se lasse pas de ce jeu. En effet, les
cartes « objectif » changent à chaque fois.
• Il ny a pas de passage à lécrit, ce qui peut motiver des élèves à sengager.
• Après le jeu, un bilan peut être fait par les élèves sur ce quils ont appris. Ce bilan peut être
différé dans le temps dans une séance suivante.
Un avantage extrêmement pratique pour le professeur : le même plateau de jeu ainsi que les
mêmes cartes « nombre » sont utilisés pour toutes les notions et tous les niveaux. Le temps
gagné en plastification, découpage et en préparation est significatif.
Quelques exemples dintégration des jeux dans des
projets à long terme
Utiliser le jeu de Bridge dans le cadre de laccompagnement personnalisé
Le document fourni en annexe propose de découvrir et dutiliser comme outil pédagogique
le jeu de bridge afin dinitier (en particulier) les élèves au raisonnement dans un contexte
différent de ceux habituellement vécus par les apprenants et leur professeur. Les tests
effectués dans différentes classes ont démontré quun débat peut assez vite sinstaurer autour
des différentes stratégies possibles pour résoudre les différents problèmes posés.
Cette animation pédagogique peut par exemple trouver sa place dans le cadre de
laccompagnement personnalisé en sixième, mais aussi en activités périscolaires, etc.
Dans la progression pédagogique choisie, un temps dappropriation des règles du jeu et du jeu
lui-même est nécessaire afin de familiariser les apprenants au vocabulaire spécifique et au
déroulé dune partie de bridge. Dans chacune des séances programmées, lusage effectif dun
jeu de cartes peut permettre à certains élèves de mieux contextualiser la situation étudiée.
Chaque phase dapprentissage est loccasion daborder, travailler, consolider différentes
connaissances ou compétences. Anticiper les besoins, cest une manière dy répondre, certes
collectivement, mais avec lavantage quon ne répond pas a posteriori à un manque, à une
difficulté, mais quon prévient les difficultés en posant des jalons explicites avec les élèves.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Lintérêt et la plus-value des différents textes résident dans le fait quils font appel pour la
plupart dentre eux à un bagage mathématique relativement restreint. Cest pourquoi la même
activité peut être proposée à des élèves de niveaux très différents, chacun exploitant les outils
à sa disposition pour la traiter. Il est dusage de dire que certaines réponses aux questions
posées se résument à « il suffit de savoir compter jusquà treize ». Cest oublier quil faut au
minimum savoir ce quil faut compter et pourquoi on doit le compter. Si le calcul mental et
sa maitrise sont souvent cités, lanalyse des résultats et le classement dun tournoi amènent
de nombreux exemples permettant lintroduction et lutilisation des entiers relatifs et des
pourcentages.
Au-delà de laspect calculatoire, de nombreuses compétences sont travaillées à travers
ces activités. Il faudra mobiliser son attention à chaque instant, raisonner et argumenter
régulièrement, analyser et anticiper, rechercher linformation nécessaire à la découverte dun
plan de jeu cohérent, etc.
Lexpérience montre en effet quune partie de bridge demande :
• lanalyse des enchères effectuées à la table, la recherche des informations que lon peut en
déduire sur la forme des mains de chacun des joueurs ;
• la mémorisation des cartes jouées et les conséquences sur lemplacement des cartes qui
nous intéressent ;
• de savoir rechercher parmi les informations connues celles qui auront de limportance et
celles que lon peut négliger.
À tout moment, il faut donc veiller à se poser les bonnes questions et en chercher, à travers les
informations connues et reçues, un maximum de réponses.
De temps à autre, des pistes de différenciation seront proposées. En particulier, il est possible
de développer pour les élèves les plus avancés des activités de recherche originales.
À lissue de ce parcours, les élèves comme leur enseignant auront découvert de nouvelles
pratiques pédagogiques.
Dautres pistes nont pas été explorées. Il est ainsi possible dintroduire le calcul des
probabilités à partir de ce jeu. On consultera avec profil le livre édité par CANOPÉ sur ces
questions.
Plan du document proposé en annexe
• Séance 1 : présentation du bridge et premières règles
• Séance 2 : comment évaluer la force de son jeu
• Séance 3 : à la recherche du contrat
• Séance 4 : applications mathématiques
• Séance 5 : Etude de la marque et de techniques simples de jeu
• Séance 6 : Découverte dun théorème
• Séance 7 : Exercices de raisonnement
• Séances 8 à 10 : Ensemble dactivités mettant en œuvre les connaissances acquises.
Pour chacune dentre elles, deux supports sont proposés. Le diaporama est destiné, pour ceux
qui le désirent, à présenter le travail à faire et animer la séance. Le texte propose quelques
pistes pédagogiques, des recommandations et quelques éléments de réponse.
Cette animation pédagogique peut par exemple trouver sa place dans le cadre de
laccompagnement personnalisé en sixième, mais aussi en activités périscolaires, etc.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Utiliser le jeu des échecs
Un travail du même genre est envisageable avec le jeu déchecs. Plusieurs documents (dont
un livre édité par CANOPÉ) existent et recensent diverses activités pouvant servir de base à un
projet à long terme autour de ce jeu.
Pour les échecs comme pour le bridge, deux remarques importantes sont à faire :
• le travail proposé vise à développer de nombreuses compétences qui seront certes utiles en
mathématiques mais plus globalement dans lensemble des matières enseignées au collège ;
• le fait de proposer des exercices de raisonnement ne nécessitant pas de connaissances ma-
thématiques particulières permettra à certains élèves de ne pas être bloqués par un contenu
mathématique non maîtrisé. Pour les élèves plus scolaires, cela servira à leur faire apprécier
des chemins moins balisés que ceux auxquels ils sont habitués (et quils affectionnent même).
Un exemple réalisé dans lacadémie de la Réunion est décrit dans le document intitulé « Projet
dinnovation : jeu déchec et socle commun ». Un bon argumentaire peut aussi être trouvé sur
le site de lassociation canadienne Echecs et Maths.
Création dun jeu sur ordinateur
Lalgorithmique a fait son entrée dans les programmes de mathématiques du cycle 4 (thème E).
À partir de ce thème, les élèves peuvent sinitier à la problématique de la création des
jeux vidéo en créant un projet de jeu à leur mesure. Suivant leur niveau, leur envie et leurs
capacités ils pourront développer de nombreuses compétences et connaissances. Le travail
permet également de favoriser le travail collaboratif. Au final, les élèves apprendront :
• les bases de lalgorithmique, ce qui leur servira dans le cadre de leurs futures études ;
• à travailler ensemble, confortant ainsi le travail fait en EPI ;
• quil est possible dapprendre par soi-même (lautonomie, la créativité dont ils vont devoir
faire preuve leur montreront la nécessité dintroduire certains concepts) ;
• à découvrir ou mettre en œuvre de nombreuses connaissances mathématiques en lien avec
les programmes (les transformations et le repérage en sont deux exemples simples) ;
• à mettre en œuvre diverses compétences telles quanalyser une situation, la modéliser,
structurer sa pensée, prendre des initiatives, etc.
De nombreux documents sont actuellement publiés sur ces questions, notamment dans le
cadre des TraAM. Parmi les nombreuses ressources disponibles, il peut être utile de consulter
les suivantes : sites suivants :
• la ressource daccompagnement du programme de mathématiques du cycle 4 :
Algorithmique et programmation ;
• les TraAm 2015-2016 ;
• la remarquable contribution didactique de lacadémie de Rennes : Algorithmique en
mathématiques du collège au lycée ;
• la contribution de lacadémie de Reims : Algorithme et programmation en Mathématiques -
Une nouvelle approche pour les élèves et lenseignant ! ;
• la contribution de lacadémie de Nantes : labyrinthe.
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CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Un jeu-puzzle à multiples usages : United Square
United Square est un jeu commercialisé, dont le créateur a cédé à la DGESCO les droits de
reproduction (sur les pièces du jeu) à des fins pédagogiques.
Ce jeu repose sur une série de pièces de forme carrée, analogue à celle-ci :
Les différentes pièces ne se distinguent que par lagencement des quatre triangles colorés. Le
jeu consiste essentiellement à placer des pièces les unes à côté des autres, en respectant la
contrainte suivante : les couleurs des triangles contigus (qui se touchent) doivent toujours être
les mêmes.
Le jeu United Square combine observation, sens géométrique, stratégie, logique et
raisonnement, et même un peu darithmétique. Cependant, les pièces du jeu peuvent servir
à des activités mathématiques avant même de jouer avec elles : une activité combinatoire
comme le dénombrement des pièces ouvre la voie à des activités géométriques (de recherche
des symétries et rotations qui lient certaines pièces entre elles).
À la suite de ces activités de découverte, dautres jeux plus simples peuvent être proposés
(comme de créer des motifs particuliers avec les pièces du jeu), avant daborder le jeu
proprement dit avec sa dimension stratégique.
Comme avec le bridge ou les échecs, le fait de conserver le même matériel de jeu pour une
série dactivités diverses permet au professeur dorienter le travail des élèves en valorisant la
mémorisation, leffort durable et le réinvestissement des acquis, autant dattitudes précieuses
pour les apprentissages mathématiques.
Dautres jeux
Pour aller plus loin
En annexes de ce document sont proposés divers jeux présentant tous un intérêt didactique, et
soigneusement présentés afin de permettre une prise en main rapide.
Cette annexe récapitule tous les jeux proposés sous forme de tableau. Il va de soi que
lenseignant intéressé par la mise à profit de la dynamique des jeux saura aller plus loin que
les quelques jeux proposés et découvrir linépuisable richesse de cette approche pédagogique.
Bibliographie et sitographie
Sur le jeu en mathématiques
• Fédération française des jeux mathématiques (FFJM)
La FFJM est une association sans but lucratif dont les objectifs sont de développer les
mathématiques par le jeu, orienter la pédagogie vers le problème, rehausser limage des
mathématiques et faire partager le plaisir de la recherche.
Elle organise, en particulier, le Championnat International des Jeux Mathématiques et Logiques,
participe à des activités dédition et danimation, produit des expositions itinérantes sur les jeux
mathématiques et organise chaque année une Université Mathématique dété pour les élèves du
secondaire.
• Le comité international des jeux mathématiques (CIJM)
Association fondée en 1993, le CIJM se donne pour mission de changer limage des mathématiques
auprès du grand public et il fédère près de 40 associations (dont la FFJM) qui touchent plusieurs
millions de personnes dans le monde.
Retrouvez Éduscol sur
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 12
CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Il propose une large plate-forme internationale déchanges. Il est reconnu par les pouvoirs publics
et agréé Association nationale de jeunesse et déducation populaire et a reçu lagrément national
de lÉducation Nationale. Il est soutenu par un comité dhonneur particulièrement prestigieux et de
nombreuses institutions et universités scientifiques.
• Animath
Lassociation Animath a pour but de favoriser lintroduction, le fonctionnement, le développement,
la mise en réseau, la valorisation et la reconnaissance institutionnelle dactivités mathématiques
dans les écoles, collèges, lycées et établissements de niveau universitaire. Elle veille tout
particulièrement au développement dateliers et de clubs dans les établissements, à lessor des
compétitions mathématiques et à la participation du plus grand nombre délèves et étudiants, filles
et garçons, à ce type dactivité.
• La commission « jeux et mathématiques » de lAMPEP :
Les travaux de cette commission ont été récompensés par le prix Anatole Decerf en 2014.
• APMEP (2007) Comment faire du calcul un jeu denfant, Éditions Vuibert (édition « papier »
de la brochure Jeux 2) :
Voir la fiche PubliMath.
• APMEP : Des activités mathématiques pour la classe : Jeux, cahiers 5, 6, 7…
--Les brochures Jeux et mathématiques de lAPMEP ;
--Activités de niveau collège ;
--Des activités de niveau maternelle et premier degré.
• Tentatives de définition dun jeu mathématique (Commission Inter-IREM Popmaths).
• Le réseau des IREM est aussi une source importante de documents sur ce thème. On citera,
par exemple, les travaux réalisés par :
--IREM de Caen, groupe Jeux2Maths ;
--IREM de Lyon (groupe jeux) Jeux.
• Jeux mathématiques à Bruxelles (Joëlle Lamon).
• Présentation dun diplôme universitaire sur le thème « apprendre par le jeu ».
• Thèse de Nicolas Pelay : Jeu et apprentissages mathématiques : élaboration du concept de
contrat didactique et ludique en contexte danimation scientifique.
• Ayme, Y. (2006). Cahiers Pédagogiques: Le jeu en classe. CRAP.
• Brougère, G. (2005). Jouer / Apprendre. Paris: Economica.
• De Grandmont, N. (1999). Pédagogie du jeu. Les éditions Logiques.
• Trouillot, E., Richard, J., Faradji, D., & Le Borgne, P. (2005). Mathématiques et jeux au col-
lège. Hachette.
• Vial, J. (1981). Jeu et éducation : les ludothèques. Presses Universitaires de France.
Sur lusage du jeu de bridge
• Introduction à la pratique du bridge en classe sur Educscol.
• Les mathématiques du bridge : activités mathématiques pour le collège et le lycée (Réseau
Canopé).
• Mathématiques et bridge, compte-rendu dune action menée en collège à Nantes.
• Une expérience de bridge au collège Montaigne de Poix du Nord.
• Site de la fédération française de bridge.
Retrouvez Éduscol sur
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 13
CYCLES 3 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Sur lusage du jeu déchecs
• Actions éducatives Introduction du jeu déchec à lécole - B. O n°3 du 19 janvier 2012.
• Introduction du jeu déchecs à lécole sur eduscol.
• Le jeu déchecs à lécole comme une autre approche des apprentissages sur eduscol.
• Apprendre avec le jeu déchecs de lécole au collège (Réseau Canopé).
• Jeu et tournois déchecs en ligne de lécole au lycée (académie de Rennes).
• Les échecs, sur le site du « matou matheux ».
• Cours déchecs en lien avec lactivité mathématique au lycée.
• Mon cahier Jeu déchecs.
• Travail décriture (en travail interdisciplinaire).
• Un projet dinnovation (en travail interdisciplinaire).
Retrouvez Éduscol sur
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5
e Mathématiques
ATTENDUS
de fin dannée
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Utiliser les nombres pour comparer, calculer et résoudre des problèmes
Nombres
Ce que sait faire lélève
 Il utilise, dans le cas des nombres décimaux, les écritures décimales et fractionnaires et passe
de lune à lautre, en particulier dans le cadre de la résolution de problèmes.
 Il relie fractions, proportions et pourcentages.
 Il décompose une fraction sous la forme dune somme (ou dune différence) dun entier et
dune fraction.
 Il utilise la notion dopposé.
Exemples de réussite
23 7
 Il exprime le nombre 2,5   sous formes décimale et fractionnaire.
100 5
20
 Pour calculer 20 % de 70 €, il effectue  70 ou 0,2 × 70.
100
15 1 15 6
 Il décompose :  2  ou  3 .
7 7 7 7
 Il détermine lopposé dun nombre relatif.
 Il sait que soustraire revient à additionner lopposé.
Comparaison de nombres
Ce que sait faire lélève
 Il reconnaît et produit des fractions égales.
 Il compare, range, encadre des fractions dont les dénominateurs sont égaux ou multiples lun
de lautre.
 Il repère sur une droite graduée les nombres décimaux relatifs.
Exemples de réussite
14 28 7 140 15 56
 Dans la liste suivante, entoure toutes les fractions égales à : ; ; ; ; .
6 6 3 60 7 24
39
 Il simplifie .
12
1 25 5
 Il range dans lordre croissant : ; ;2; .
3 6 3
15 20
 Complète les encadrements suivants par deux entiers consécutifs : … < < … et …< <….
7 3
 Place sur la droite graduée les nombres suivants :
9 5 5
; 0,25 ; -0,75 ; ; 2,75 ; ; -1,25.
4 4 2
Attendus de fin dannée de 5e
Pratiquer le calcul exact ou approché, mental, à la main ou instrumenté
Ce que sait faire lélève
 Il traduit un enchaînement dopérations à laide dune expression avec des parenthèses.
 Il effectue mentalement, à la main ou laide dune calculatrice un enchaînement dopérations
en respectant les priorités opératoires.
 Il additionne et soustrait des nombres décimaux relatifs.
 Il additionne ou soustrait des fractions dont les dénominateurs sont égaux ou multiples lun
de lautre.
 Il contrôle la vraisemblance dun résultat.
 Il résout des problèmes faisant intervenir des nombres décimaux relatifs et des fractions.
Exemples de réussite
 Pour appliquer le programme de calcul ci-contre au nombre 7, il
effectue le calcul (7 + 3) × 9 - 5.
 Calcule mentalement : 5 + 3 × 4 ; 10 - (1 + 6) ; 12 - 8 + 2.
Calcule à la main : 5,5 + 6 × 2,4 ; 12 - (5,3 + 3,8) ; 16,2 - 9,4 + 3,8.
Effectue : (7 + 3) × 9 - 5.
 Il vérifie ses résultats à laide de la calculatrice.
 Calcule mentalement : -9 + 6 ; -5,6 - 3 ; 4 - 9 ; -12 - (-2).
 Il calcule, sans passer par lécriture décimale :
1 2 23 5 3 2 5 4 11 1 5 1
 ;  ;  ;  ;  ;  .
5 5 10 10 7 7 12 3 9 3 2 4
 Il exclut des réponses aberrantes à un problème donné, par exemple 8,12 m pour la taille dune
2
personne ou 15 cm pour laire dun champ.
Comprendre et utiliser les notions de divisibilité et de nombres premiers
Ce que sait faire lélève
 Il calcule le quotient et le reste dans une division euclidienne.
 Il détermine si un nombre entier est ou nest pas multiple ou diviseur dun autre nombre entier.
 Il détermine les nombres premiers inférieurs ou égaux à 30.
 Il utilise les critères de divisibilité (par 2, 3, 5, 9, 10).
 Il décompose un nombre entier strictement positif en produit de facteurs premiers inférieurs à
30.
 Il utilise la décomposition en facteurs premiers inférieurs à 30 pour produire des fractions
égales (simplification ou mise au même dénominateur).
 Il modélise et résout des problèmes faisant intervenir les notions de multiple, de diviseur, de
quotient et de reste.
Exemples de réussite
 147 élèves sont répartis par équipe de 16 pour un concours. Combien déquipes entières peut-
on constituer ? Combien manquerait-il délèves pour constituer la dernière équipe ?
 Il identifie les multiples de 14 parmi les nombres suivants : 56 ; 141 ; 280.
 Il dresse la liste des diviseurs de 28.
 Il retrouve la liste des nombres premiers inférieurs à 30.
 Détermine, parmi les nombres 2, 3, 5, 9 et 10, les diviseurs de 456 et 1980.
Attendus de fin dannée de 5e
 Il décompose 84 en produit de facteurs premiers.
153
 Il utilise la décomposition en produit de facteurs premiers pour simplifier .
85
Problèmes faisant intervenir les notions de multiple, de diviseur, de quotient et de reste
 Un garçon de café doit répartir 36 croissants et 24 pains au chocolat dans des corbeilles.
Chaque corbeille doit avoir le même contenu. Quelles sont les répartitions possibles ?
 Un bibliothécaire doit répartir 420 livres sur des étagères. Chaque étagère doit contenir le
même nombre de livres.
Est-ce possible avec 18 étagères ? Avec 21 étagères ?
Utiliser le calcul littéral
Ce que sait faire lélève
2 3
 Il utilise les notations 2a pour a × 2 ou 2 × a et ab pour a × b, a pour a × a et a pour a × a × a.
 Il utilise la distributivité simple pour réduire une expression littérale de la forme ax + bx où a et
b sont des nombres décimaux.
 Il produit une expression littérale pour élaborer une formule ou traduire un programme de
calcul.
 Il utilise une lettre pour traduire des propriétés générales.
 Il utilise une lettre pour démontrer une propriété générale.
 Il substitue une valeur numérique à une lettre pour :
- calculer la valeur dune expression littérale ;
- tester, à la main ou de façon instrumentée, si une égalité où figurent une ou deux
indéterminées est vraie quand on leur attribue des valeurs numériques ;
- contrôler son résultat.
Exemples de réussite
 Il simplifie lécriture des expressions suivantes : 5 × a + 3 × b ; x × y ; 2 × l + 2 × L ; 2 ×× r ;
× r × r ; c × c × c ; 3,2 × x × 3 × x ; 4x × 2x × 3x.
 Il réduit des expressions du type : 5,2x + 3,4x ; 2,4x - 2,1x.
 Élabore une formule permettant de calculer le nombre de carrés à partir du nombre détapes :
 Exprime en fonction du nombre initial le programme de calcul suivant :
« Choisir un nombre ; lui ajouter 2 ; multiplier le résultat par 3 ; enlever 6 ».
 Il exprime de façon littérale lentier qui suit un entier n, ou lentier qui le précède.
 Il écrit la forme générale dun multiple de 3, des nombres entiers naturels pairs et impairs.
 Il démontre que la somme de deux entiers consécutifs est impaire.
 Il démontre que la somme de trois entiers consécutifs est un multiple de 3.
 Il calcule mentalement 7a et a + 17 pour a = 8.
 Il calcule mentalement 3x + 5y pour x = 2 et y = 1.
 Il fait un test numérique pour montrer que les expressions 4 + 3x et 7x ne sont pas égales.
 Il utilise une calculatrice pour vérifier ses calculs et ses tests numériques.
Attendus de fin dannée de 5e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Interpréter, représenter et traiter des données
Ce que sait faire lélève
 Il recueille et organise des données.
 Il lit et interprète des données brutes ou présentées sous forme de tableaux, de diagrammes
et de graphiques.
 Il représente, sur papier ou à laide dun tableur-grapheur, des données sous la forme dun
tableau, dun diagramme ou dun graphique.
 Il calcule des effectifs et des fréquences.
 Il calcule et interprète la moyenne dune série de données.
Exemples de réussite
 On demande à des élèves leur pointure de pieds ; voici les résultats : 38 ; 36 ; 38 ; 35 ; 34 ; 37 ;
37 ; 40 ; 39 ; 41 ; 39 ; 41 ; 37 ; 36 ; 36 ; 42 ; 41 ; 37 ; 39 ; 38.
Complète le tableau suivant :
Pointure 34 35 36 37 38 39 40 41 42
Effectif
 Il exploite :
- un tableau deffectifs ;
- un diagramme en bâtons ;
- un diagramme circulaire ne faisant pas intervenir des mesures dangles supérieures à
180° ;
- un diagramme semi-circulaire ;
- un graphique.
On demandera de réaliser un diagramme en bâtons, circulaire ou semi-circulaire à partir de
données brutes ou dun tableau deffectifs.
 Il calcule un effectif total ou la fréquence dune valeur à partir de données brutes, dun tableau
deffectifs ou dun diagramme en bâtons.
 Complète le tableau suivant qui résume le sport principalement pratiqué par des élèves
interrogés au sein dun collège.
Sport Football Tennis Basket-ball Athlétisme TOTAL
Effectif 26 15 23 80
Fréquence (en %)
 Il sait exprimer des fréquences sous forme fractionnaire, en écriture décimale ou sous la
forme dun pourcentage.
 Il calcule une moyenne simple ou pondérée à partir de données brutes, dun tableau deffectifs
ou dun diagramme en bâtons.
Attendus de fin dannée de 5e
Comprendre et utiliser des notions élémentaires de probabilités
Ce que sait faire lélève
 Il place un événement sur une échelle de probabilités.
 Il calcule des probabilités dans des situations simples déquiprobabilité.
Exemples de réussite
 Il place sur une échelle de probabilité des événements de la vie courante : par exemple obtenir
10 fois de suite le nombre 6 en lançant un dé, ne pas gagner la cagnotte du Loto, obtenir pile
en lançant une pièce.
 Il calcule la probabilité de tomber sur le nombre 2 en lançant un dé à 6 faces ; de tomber sur
une boule verte en piochant au hasard une boule dans une urne contenant 3 boules vertes et
4 boules jaunes.
 Il calcule la probabilité de gagner à un jeu (roue de loterie, jeux de dés simples).
Résoudre des problèmes de proportionnalité
Ce que sait faire lélève
 Il reconnaît une situation de proportionnalité ou de non proportionnalité́ entre deux grandeurs.
 Il partage une quantité en deux ou trois parts selon un ratio donné.
 Il résout des problèmes de proportionnalité dans diverses situations pouvant faire intervenir
des pourcentages ou des échelles. Pour cela, il met en œuvre des procédures variées
(additivité, homogénéité, passage à lunité, coefficient de proportionnalité).
Exemples de réussite
Exemples de situations de proportionnalité : côté et périmètre dun carré, diamètre et longueur dun
cercle, masse et prix dune denrée.
Exemples de non-proportionnalité : côté et aire dun carré, âge et taille dune personne.
 Il partage 10 € en deux parts selon le ratio 2:3.
 Il retrouve la quantité dhuile et de vinaigre pour 500 mL de vinaigrette réalisée dans le
ratio 3:1.
 Il partage une masse de 1,2 kg en trois parts selon le ratio 1:2:3 pour une recette de cuisine.
 Il applique et calcule des pourcentages simples (10 % ; 25 % ; 50 %) ou des échelles simples
(1:2 ; 1:4 ; 1:10…), éventuellement dans le cadre de la résolution de problèmes.
 Il calcule une remise pendant les soldes, un prix avant réduction, une distance (réelle, sur une
carte).
Comprendre et utiliser la notion de fonction
Ce que sait faire lélève
 Il traduit la relation de dépendance entre deux grandeurs par un tableau de valeur.
 Il produit une formule représentant la dépendance de deux grandeurs.
Exemples de réussite
 À partir dune formule donnée, il traduit dans un tableau de valeurs la dépendance entre la
distance de freinage et la vitesse, entre la température ressentie pour un vent de 60 km/h et la
température ambiante.
 Il exprime laire dun carré en fonction de la longueur de son côté, le volume dun cylindre de
rayon 3 cm en fonction de sa hauteur.
Attendus de fin dannée de 5e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Calculer avec des grandeurs mesurables ; exprimer les résultats dans les
unités adaptées
Ce que sait faire lélève
 Il effectue des calculs de durées et dhoraires.
 Il calcule le périmètre et laire des figures usuelles (rectangle, parallélogramme, triangle,
disque).
 Il calcule le périmètre et laire dun assemblage de figures.
 Il calcule le volume dun pavé droit, dun prisme droit, dun cylindre.
 Il calcule le volume dun assemblage de ces solides.
 Il exprime les résultats dans lunité adaptée.
 Il vérifie la cohérence des résultats du point de vue des unités pour les calculs de durées, de
longueurs, daires ou de volumes.
 Il effectue des conversions dunités de longueurs, daires, de volumes et de durées.
3
 Il utilise la correspondance entre les unités de volume et de contenance (1 L = 1 dm ,
3
1 000 L = 1 m ) pour effectuer des conversions.
Exemples de réussite
 Connaissant deux données dun trajet parmi lheure de départ, lheure darrivée et la durée, il
calcule la donnée manquante. Par exemple, il calcule une heure de départ connaissant la durée
du trajet et lheure darrivée.
 Calcule le périmètre et laire de la figure suivante :
 Calcule le volume du solide suivant, composé dun pavé droit surmonté dun demi-cylindre
(sans considérer le socle) :
 Il exprime les durées en heures, minutes, secondes, les longueurs en mètres, les aires en
mètres carrés et les volumes en mètres cubes.
 Identifie lerreur commise dans cette réponse :
2
« Le volume dun cube de 3 cm de côté est égal à 27 cm . »
3 3
 Il convertit 350 000 m en km ; 0,05 m² en cm² ; 12 hm en dm ; 2,8 h en h et min.
3 3
 Il convertit 33 cL en cm ; 1 500 cm en L.
Attendus de fin dannée de 5e
Comprendre leffet de quelques transformations sur les figures géométriques
Ce que sait faire lélève
 Il comprend leffet des symétries (axiale et centrale) : conservation du parallélisme, des
longueurs et des angles.
 Il utilise léchelle dune carte.
Exemples de réussite
 Il détermine des longueurs et des mesures dangles en utilisant les propriétés de conservation
des symétries (axiale et centrale).
 Il prouve que deux droites sont parallèles en utilisant la conservation du parallélisme par les
symétries (axiale et centrale).
 Il calcule une longueur en utilisant léchelle dune carte.
 Il détermine léchelle dune carte à partir de longueurs données.
Attendus de fin dannée de 5e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Représenter lespace
Ce que sait faire lélève
 Il se repère sur une droite graduée et dans le plan muni dun repère orthogonal.
 Il reconnaît des solides (pavé droit, cube, cylindre, prisme droit, pyramide, cône, boule) à partir
dun objet réel, dune image, dune représentation en perspective cavalière.
 Il construit et met en relation une représentation en perspective cavalière et un patron dun
pavé droit, dun cylindre.
Exemples de réussite
 Il place des points ayant pour coordonnées des nombres relatifs dans un repère orthogonal.
 Donne les coordonnées des points A, B et C placés dans le repère orthogonal suivant. Quelles
seraient les coordonnées du point D si on souhaite que ABCD soit un parallélogramme ?
 Nomme les solides représentés par les figures suivantes :
 Il identifie les solides dans des objets du quotidien :
 Il construit la représentation en perspective cavalière dun cylindre.
 Il construit le patron dun pavé droit.
Attendus de fin dannée de 5e
Utiliser les notions de géométrie plane pour démontrer
Ce que sait faire lélève
 À partir des connaissances suivantes :
- le codage des figures ;
- les caractérisations angulaires du parallélisme (angles alternes internes, angles
correspondants) ;
- la somme des angles dun triangle ;
- linégalité triangulaire ;
- une définition et une propriété caractéristique du parallélogramme ;
- la définition de la médiatrice ;
- la définition des hauteurs dun triangle,
il met en œuvre et écrit un protocole de construction de triangles, de parallélogrammes et dun
assemblage de figures.
 Il transforme une figure par symétrie centrale.
 Il comprend leffet des symétries (axiale et centrale) sur des figures : conservation du
parallélisme, des longueurs et des angles.
 Il identifie des symétries dans des frises, des pavages, des rosaces.
 Il mobilise les connaissances des figures, des configurations et des symétries pour
déterminer des grandeurs géométriques.
 Il mène des raisonnements en utilisant des propriétés des figures, des configurations et des
symétries.
Exemples de réussite
 Il trace des triangles et des parallélogrammes donnés sous forme de figure à main levée ou
dun texte.
 ̂ = 130°.
Trace un triangle ABC isocèle en B tel que AB = 5 cm et ABC
 ̂ mesure 50°.
Trace un parallélogramme GRIS tel que GS = 2 cm, SI = 5 cm et GSI
 Il trace en vraie grandeur la figure ci-dessous et explique son protocole de construction.
 Il construit les images par une symétrie centrale de segments, de droites, de cercles, de
triangles ou dassemblages de ces figures.
 Il construit en justifiant la démarche et en utilisant plusieurs méthodes le symétrique dune
droite, dun segment, dun cercle, dun triangle par rapport à un point ou à une droite.
Attendus de fin dannée de 5e
 Identifie des symétries dans le pavage dont on a représenté une portion ci-dessous :
 Il identifie des symétries dans la frise dont on a représenté une portion ci-dessous :
 Il détermine laire de la portion de frise suivante connaissant laire du motif élémentaire
« goutte ».
 Dans la configuration suivante, démontre que ABCD est un parallélogramme.
Attendus de fin dannée de 5e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
e
Le niveau 1 est attendu en fin de 5 ; il est possible que certains élèves aillent au-delà.
Écrire, mettre au point, exécuter un programme
Ce que sait faire lélève
Niveau 1
 Il réalise des activités dalgorithmique débranchée.
 Il met en ordre et/ou complète des blocs fournis par le professeur pour construire un
programme simple sur un logiciel de programmation.
 Il écrit un script de déplacement ou de construction géométrique utilisant des instructions
conditionnelles et/ou la boucle « Répéter … fois ».
Niveau 2
 Il gère le déclenchement d'un script en réponse à un événement.
 Il écrit une séquence dinstructions (condition « si … alors » et boucle « répéter … fois »).
 Il intègre une variable dans un programme de déplacement, de construction géométrique ou
de calcul.
Niveau 3
 Il décompose un problème en sous-problèmes et traduit un sous-problème en créant un
« bloc-personnalisé ».
 Il construit une figure en créant un motif et en le reproduisant à laide dune boucle.
 Il utilise simultanément les boucles « Répéter … fois », et « Répéter jusquà … » ainsi que les
instructions conditionnelles pour réaliser des figures, des programmes de calculs, des
déplacements, des simulations dexpérience aléatoire.
 Il écrit plusieurs scripts fonctionnant en parallèle pour gérer des interactions et créer des jeux.
Exemples de réussite
Niveau 1
 Il comprend ce que font des assemblages simples de blocs de programmation, par exemple
au travers de questions flash.
 Il retrouve parmi des programmes donnés celui qui permet d'obtenir une figure donnée, et
inversement.
 Sans utiliser de langage informatique formalisé, il écrit un algorithme pour décrire un
déplacement ou un calcul.
 Il décrit ce que fait un assemblage simple de blocs de programmation.
 Il ordonne des blocs en fonction d'une consigne donnée.
 Assemble correctement les blocs ci-contre
pour permettre au lutin de tracer un carré
de longueur 100 pixels :
Attendus de fin dannée de 5e
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré ou dun
rectangle en utilisant la boucle :
Niveau 2
 Il gère linteraction entre deux lutins, par exemple en faisant dire une phrase à lun lorsque
lautre le touche.
 Il produit des scripts du type :
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré, dun
rectangle ou dun parallélogramme dans lequel lutilisateur saisi la mesure de la longueur dau
moins un côté.
Niveau 3
 Il reproduit une frise donnée reproduisant un motif grâce à un bloc personnalisé.
 Il produit un programme réalisant une figure du type :
 Il utilise un logiciel de programmation pour réaliser la simulation dune expérience aléatoire,
par exemple : « Programmer un lutin pour quil énonce 100 nombres aléatoires « 0 » ou « 1 » et
quil compte le nombre de « 0 » et de « 1 » obtenus. »
 Il programme un jeu avec un logiciel de programmation par blocs utilisant au moins 2 lutins
avec des scripts en parallèle. Il mobilise des capacités acquises précédemment dans les
niveaux 1, 2 et 3.

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4
e Mathématiques
ATTENDUS
de fin dannée
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Utiliser les nombres pour comparer, calculer et résoudre des problèmes
Nombres
Ce que sait faire lélève
 Il utilise les puissances de 10 dexposants positifs ou négatifs.
 Il associe, dans le cas des nombres décimaux, écriture décimale, écriture fractionnaire et
notation scientifique.
 Il utilise les préfixes de nano à giga.
 Il utilise les carrés parfaits de 1 à 144.
 Il connaît la définition de la racine carrée dun nombre positif.
 Il utilise les puissances dexposants strictement positifs dun nombre pour simplifier lécriture
des produits.
Exemples de réussite
4 1
 Il établit des correspondances du type : 10 = 10 000 et 103   0,001.
1 000
9
 Il établit des correspondances du type : 3 900 000 000 = 3,9 × 10 et
783
 0,000783  7,83  104 .
1 000000
-6
 Il établit des correspondances du type : 3 microlitres = 3 × 10 litre ou
6
7 mégamètres = 7 × 10 mètres.
2
 Il connaît les égalités du type : 11 = 121 et 81  9 .
 Complète légalité suivante : 7 × 7 × 7 × 7 × 7 = 7 .
Comparaison de nombres
Ce que sait faire lélève
 Il utilise des puissances de 10 pour comparer des nombres.
 Il compare, range et encadre des nombres rationnels (positifs ou négatifs).
 Il encadre la racine carrée dun nombre positif entre deux entiers.
 Il associe à des objets des ordres de grandeur en lien avec dautres disciplines.
Exemples de réussite
 Il compare des très grands ou très petits nombres positifs en utilisant lécriture scientifique.
5 7 5 4 22
 Complète par >, < ou = : ..… ; ….. ; -3 ..…  .
18 12 12 3 7
 Encadre 7 entre deux entiers consécutifs sans en chercher une valeur approchée.
 Il résout des problèmes faisant intervenir la taille dun atome, dune bactérie, dune alvéole
pulmonaire, la distance Terre-Lune, la longueur dune piscine olympique…
Attendus de fin dannée de 4e
Pratiquer le calcul exact ou approché, mental, à la main ou instrumenté
Ce que sait faire lélève
 Il effectue avec des nombres décimaux relatifs, des produits et des quotients.
 Il calcule avec les nombres rationnels : addition, soustraction, multiplication, division.
 Il utilise linverse pour calculer.
 Il résout des problèmes avec des nombres rationnels.
 Il utilise la calculatrice pour déterminer une valeur approchée de la racine carrée dun nombre
positif.
 Il utilise la racine carrée dun nombre positif en lien avec des situations géométriques
(théorème de Pythagore ; agrandissement, réduction et aires).
 Il utilise les ordres de grandeur pour vérifier ses résultats.
Exemples de réussite
 Il calcule mentalement :
-7 × 3 ; -2,5 × (-4) ; 2,4 × (-0,5) ; -12,8 : 2 ; -63 : (-0,7) ; 7,2 : (-5) .
11,4  (  3,5)
 Il détermine le signe de (-6,7) × 7 × (-1,24) × (-0,7) et , il vérifie le signe et effectue
 (5,6 x 123)
le calcul en utilisant une calculatrice.
5 7 8 3 14 5 1
 Calcule mentalement :  ;  7 ;   ; : .
2 3 5 7 5 9 2
5 1 7 1 1 7 1
 Calcule à la main : 6 ; (  ) ;  :4.
3 5 6 2 3 4 9
 Il vérifie ses résultats à laide de la calculatrice.
 À laide de sa calculatrice, il détermine que 2,65 est une valeur approchée au centième près
de 7 .
 Il détermine la valeur exacte et une valeur approchée du périmètre dun carré daire 15 cm².
 Il estime mentalement que laire dun disque de rayon 2 cm est proche de 12 cm².
Comprendre et utiliser les notions de divisibilité et de nombres premiers
Ce que sait faire lélève
 Il détermine la liste des nombres premiers inférieurs à 100.
 Il décompose un nombre entier en produit de facteurs premiers.
 Il utilise les nombres premiers inférieurs à 100 pour :
- reconnaître et produire des fractions égales ;
- simplifier des fractions.
 Il modélise et résout des problèmes simples mettant en jeu les notions de divisibilité et de
nombre premier.
Exemples de réussite
 Énumère tous les nombres premiers compris entre 50 et 70.
 Il décompose 780 en produit de facteurs premiers.
 Il reconnaît les fractions égales parmi les suivantes sans utiliser de calculatrice :
14 22 34 62
; ; ; .
49 55 85 155
Attendus de fin dannée de 4e
140
 Il simplifie .
135
 Un fleuriste doit réaliser des bouquets tous identiques. Il dispose pour cela de 434 roses et
620 tulipes.
Quelles sont toutes les compositions de bouquets possibles ?
Utiliser le calcul littéral
Ce que sait faire lélève
 Il identifie la structure dune expression littérale (somme, produit).
 Il utilise la propriété de distributivité simple pour développer un produit, factoriser une somme
ou réduire une expression littérale.
 Il démontre léquivalence de deux programmes de calcul.
 Il introduit une lettre pour désigner une valeur inconnue et met un problème en équation.
 Il teste si un nombre est solution dune équation.
 Il résout algébriquement une équation du premier degré.
Exemples de réussite
 Il identifie 3x + 12 comme une somme et 3(x + 4) comme un produit.
 Il développe et réduit les expressions suivantes : 3(4x - 2) ; 3x(4 + 8x) ; 17x + 4x(5 - x) ;
6(3 - 1,5x) 9x.
2 2
 Il factorise les expressions suivantes : 12x 30 ; 15x + 18x ; 27x + 3.
 Compare les programmes de calcul suivants :
- choisir un nombre, le tripler puis ajouter 15 au résultat ;
- choisir un nombre, lui ajouter 5 puis multiplier le résultat par 3.
 Il met en équation le problème suivant :
On juxtapose un triangle équilatéral et un carré comme shématisé ci-
contre.
Est-il possible que le triangle et le carré aient le même périmètre ?
 4 est-il solution des équations suivantes ?
2 x 1 1
3x + 2 = 8 ; 5x 6 = 3x + 2 ; x 9 = 3x 5 ;  .
12 4
 Il résout les équations du type :
4x + 2 = 0 ; 5x 7 = 3 ; 2x + 5 = -x - 4 .
Attendus de fin dannée de 4e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Interpréter, représenter et traiter des données
Ce que sait faire lélève
 Il lit, interprète et représente des données sous forme de diagrammes circulaires.
 Il calcule et interprète la médiane dune série de données de petit effectif total.
Exemples de réussite
 Il lit et interprète des données sous la forme :
 Construis un diagramme circulaire à partir du tableau suivant :
Âge des adhérents du club déchecs du collège
Âges 11 13 14 15
Effectifs 5 20 9 2
Lexercice pourra être fait sur papier ou à laide dun tableur-grapheur.
 Il détermine et interprète la médiane de séries dont leffectif total (pair ou impair) est inférieur
ou égal à 30, présentées sous forme de données brutes, dun tableau ou dun diagramme en
bâtons.
Comprendre et utiliser des notions élémentaires de probabilités
Ce que sait faire lélève
 Il utilise le vocabulaire des probabilités : expérience aléatoire, issues, événement, probabilité,
événement certain, événement impossible, événement contraire.
 Il reconnaît des événements contraires et sen sert pour calculer des probabilités.
 Il calcule des probabilités.
 Il sait que la probabilité dun événement est un nombre compris entre 0 et 1.
 Il exprime des probabilités sous diverses formes.
Exemples de réussite
 On considère une urne contenant des boules blanches ou grises, et numérotées :
- Si on sintéresse à la couleur de la boule, quelles sont les
issues possibles ?
- Si on sintéresse au numéro écrit sur la boule, quelles sont
les issues possibles ?
- Donne un événement certain de se réaliser.
- Donne un événement impossible.
Attendus de fin dannée de 4e
 Sachant que la probabilité de gagner à un jeu est égale 0,4 calcule la probabilité de perdre.
 Il calcule des probabilités dans des cas déquiprobabilité comme les osselets (à partir
dinformations admises sur les probabilités de chaque face), des cibles (par calcul daires)…
 Une urne contient 1 boule rouge et 4 boules oranges. Combien y a-t-il de chances de tirer une
boule orange ? À quelle probabilité cela correspond-il ?
4
Les 4 chances sur 5 de tirer une boule orange correspondent à une probabilité égale à ou 0,8.
5
Il peut également verbaliser quil y a 80 % de chances de tirer une boule orange.
Résoudre des problèmes de proportionnalité
Ce que sait faire lélève
 Il reconnaît sur un graphique une situation de proportionnalité ou de non proportionnalité.
 Il calcule une quatrième proportionnelle par la procédure de son choix.
 Il utilise une formule liant deux grandeurs dans une situation de proportionnalité.
 Il résout des problèmes en utilisant la proportionnalité dans le cadre de la géométrie.
Exemples de réussite
 À partir dun graphique, il traduit lalignement des points avec lorigine par une situation de
proportionnalité.
 Lors dactivités rituelles tout au long de lannée, il calcule une quatrième proportionnelle par
différentes procédures (un pourcentage, une échelle…).
 Sachant que huit briques de masse identique pèsent 13,6 kg, calcule la masse de six de ces
briques.
Il pourra le faire en utilisant la procédure de son choix :
- en calculant la masse dune brique, puis en la multipliant par 6 ;
- à laide dun tableau en calculant le coefficient de proportionnalité ;
- en calculant la somme de la masse de deux briques et de la masse de quatre briques, ou
la différence de la masse de huit briques et de la masse de deux briques ;
- en calculant directement : 6 × 13,6 : 8 ;
- toute autre procédure juste.
 Il utilise des formules telles que la loi dOhm, la longueur dun cercle en fonction du diamètre,
la longueur parcourue à vitesse constante en fonction du temps ou la longueur dun arc de
cercle en fonction de la mesure de langle au centre pour calculer des grandeurs.
 Dans le cadre dun agrandissement-réduction ou dans une configuration de Thalès, il sait
calculer une longueur manquante en utilisant la proportionnalité.
Comprendre et utiliser la notion de fonction
Ce que sait faire lélève
 Il produit une formule littérale représentant la dépendance de deux grandeurs.
 Il représente la dépendance de deux grandeurs par un graphique.
 Il utilise un graphique représentant la dépendance de deux grandeurs pour lire et interpréter
différentes valeurs sur laxe des abscisses ou laxe des ordonnées.
Exemples de réussite
 On enlève quatre carrés superposables aux quatre coins d'un rectangle
de 20 cm de longueur et 13 cm de largeur.
On s'intéresse à l'aire de la figure restante (en blanc).
En prenant comme variable le côté dun carré, exprime laire de la figure
restante.
Attendus de fin dannée de 4e
 Il sait construire la représentation graphique de l'aire blanche en fonction de la longueur du
côté des carrés.
 Le graphique ci-dessous représente la température dun four en fonction du temps.
Détermine :
- la température du four au bout de 7 min ;
- le temps au bout duquel il atteint 110 °C.
Attendus de fin dannée de 4e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Calculer avec des grandeurs mesurables ; exprimer les résultats dans les
unités adaptées
Ce que sait faire lélève
 Il calcule le volume dune pyramide, dun cône.
 Il effectue des conversions dunités sur des grandeurs composées.
Exemples de réussite
 Il connaît les formules du volume dune pyramide et dun cône et sait les utiliser.
3
 Il sait convertir des m /s en L/min et inversement (pour des débits) ; il sait convertir des km/h
en m/s et inversement (pour des vitesses).
Comprendre leffet de quelques transformations sur les figures géométriques
Ce que sait faire lélève
 Il utilise un rapport dagrandissement ou de réduction pour calculer, des longueurs, des aires,
des volumes.
 Il construit un agrandissement ou une réduction dune figure donnée.
 Il comprend leffet dune translation : conservation du parallélisme, des longueurs, des aires et
des angles.
Exemples de réussite
 Il calcule la longueur dune arête, laire dune face et le volume de lagrandissement ou de la
réduction dun solide du programme avec une échelle donnée.
 Un pavé droit a les dimensions suivantes : L = 12 cm, l = 6 cm, h = 4 cm.
- Donne les aires de chacune de ses faces, puis le volume du solide considéré.
- On décide de réduire au tiers toutes les dimensions du pavé droit. Calcule alors les aires
de chacun des surfaces, puis le volume du nouveau pavé droit.
 Il détermine des longueurs, des aires et des mesures dangles en utilisant les propriétés de
conservation de la translation.
 Il démontre que deux droites sont parallèles en utilisant la conservation du parallélisme dans
une translation.
Attendus de fin dannée de 4e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Représenter lespace
Ce que sait faire lélève
 Il utilise le vocabulaire du repérage : abscisse, ordonnée, altitude.
 Il se repère dans un pavé droit.
 Il construit et met en relation une représentation en perspective cavalière et un patron dune
pyramide, dun cône de révolution.
Exemples de réussite
 Dans un repère de lespace, il lit les coordonnées dun point et place un point de coordonnées
données.
 Dans la figure ci-dessous, quelles sont les coordonnées des points A, H et L ?
Place le point de coordonnées (2 ; 3 ; 4).
 Il représente un cône en perspective cavalière.
 Il réalise le patron dune pyramide.
Utiliser les notions de géométrie plane pour démontrer
Ce que sait faire lélève
 À partir des connaissances suivantes :
- les cas dégalité des triangles ;
- le théorème de Thalès et sa réciproque dans la configuration des triangles emboîtés ;
- le théorème de Pythagore et sa réciproque ;
- le cosinus dun angle dun triangle rectangle ;
- effet dune translation : conservation du parallélisme, des longueurs, des aires et des
angles,
il met en œuvre et écrit un protocole de construction de figures.
 Il transforme une figure par translation.
 Il identifie des translations dans des frises et des pavages.
Attendus de fin dannée de 4e
 Il mobilise les connaissances des figures, des configurations et de la translation pour
déterminer des grandeurs géométriques.
 Il mène des raisonnements en utilisant des propriétés des figures, des configurations et de la
translation.
Exemples de réussite
 Il construit à laide dun logiciel de géométrie dynamique la figure suivante en utilisant des
translations.
 Il identifie des translations dans le pavage suivant :
 Il sait calculer une longueur dun côté dun triangle rectangle à partir de la connaissance des
longueurs des deux autres côtés.
 Dans un triangle rectangle, il utilise le cosinus pour déterminer la mesure dun angle.
 Un constructeur déchelle recommande un angle entre le sol et léchelle compris entre 65° et
75° pour assurer la sécurité physique de la personne lutilisant. On pose contre un mur vertical
(et perpendiculaire au sol) une échelle de 13 m de long et dont les pieds sont situés à 5 m de
la base du mur. Quelle hauteur peut-on atteindre ? Léchelle, ainsi posée, respecte-t-elle la
recommandation du constructeur ?
Léchelle permettra datteindre une hauteur de 12 m daprès le théorème de Pythagore et un
calcul, à laide du cosinus, permet dobtenir un angle denviron 67°.
 Il démontre quun triangle est un triangle rectangle à partir de la connaissance des longueurs
de ses côtés.
 Alan a posé une étagère sur un mur vertical. On sait que RS = 42 cm, TR = 40 cm
et ST = 58 cm. Létagère est-elle horizontale ? (Justifie ta réponse.)
 Il démontre le parallélisme de deux droites en sappuyant sur des rapports de longueurs.
 Il détermine la nature du quadrilatère ABCD sur la
figure c, construite à laide de translations à partir
du motif de droite :
Attendus de fin dannée de 4e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
e
Les niveaux 1 et 2 sont attendus en fin de 4 ; il est possible que certains élèves aillent au-delà.
Écrire, mettre au point, exécuter un programme
Ce que sait faire lélève
Niveau 1
 Il réalise des activités dalgorithmique débranchée.
 Il met en ordre et/ou complète des blocs fournis par le professeur pour construire un
programme simple sur un logiciel de programmation.
 Il écrit un script de déplacement ou de construction géométrique utilisant des instructions
conditionnelles et/ou la boucle « Répéter … fois ».
Niveau 2
 Il gère le déclenchement d'un script en réponse à un événement.
 Il écrit une séquence dinstructions (condition « si … alors » et boucle « répéter … fois »).
 Il intègre une variable dans un programme de déplacement, de construction géométrique ou
de calcul.
Niveau 3
 Il décompose un problème en sous-problèmes et traduit un sous-problème en créant un
« bloc-personnalisé ».
 Il construit une figure en créant un motif et en le reproduisant à laide dune boucle.
 Il utilise simultanément les boucles « Répéter … fois », et « Répéter jusquà … » ainsi que les
instructions conditionnelles pour réaliser des figures, des programmes de calculs, des
déplacements, des simulations dexpérience aléatoire.
 Il écrit plusieurs scripts fonctionnant en parallèle pour gérer des interactions et créer des jeux.
Exemples de réussite
Niveau 1
 Il comprend ce que font des assemblages simples de blocs de programmation, par exemple
au travers de questions flash.
 Il retrouve parmi des programmes donnés celui qui permet d'obtenir une figure donnée, et
inversement.
 Sans utiliser de langage informatique formalisé, il écrit un algorithme pour décrire un
déplacement ou un calcul.
 Il décrit ce que fait un assemblage simple de blocs de programmation.
 Il ordonne des blocs en fonction d'une consigne donnée.
 Assemble correctement les blocs ci-contre
pour permettre au lutin de tracer un carré
de longueur 100 pixels :
Attendus de fin dannée de 4e
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré ou dun
rectangle en utilisant la boucle :
Niveau 2
 Il gère linteraction entre deux lutins, par exemple en faisant dire une phrase à lun lorsque
lautre le touche.
 Il produit des scripts du type :
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré, dun
rectangle ou dun parallélogramme dans lequel lutilisateur saisi la mesure de la longueur dau
moins un côté.
Niveau 3
 Il reproduit une frise donnée reproduisant un motif grâce à un bloc personnalisé.
 Il produit un programme réalisant une figure du type :
 Il utilise un logiciel de programmation pour réaliser la simulation dune expérience aléatoire,
par exemple : « Programmer un lutin pour quil énonce 100 nombres aléatoires « 0 » ou « 1 » et
quil compte le nombre de « 0 » et de « 1 » obtenus. »
 Il programme un jeu avec un logiciel de programmation par blocs utilisant au moins 2 lutins
avec des scripts en parallèle. Il mobilise des capacités acquises précédemment dans les
niveaux 1, 2 et 3.

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Author: Administration centrale
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Producer: Microsoft® Word 2010
CreationDate: Wed Apr 24 20:45:05 2019 Paris, Madrid (heure d<><64>t<EFBFBD>)
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3
e Mathématiques
ATTENDUS
de fin dannée
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Utiliser les nombres pour comparer, calculer et résoudre des problèmes
Nombres
Ce que sait faire lélève
 Il utilise les puissances dexposants positifs ou négatifs pour simplifier lécriture des produits.
Exemples de réussite
1 1
 Il simplifie rapidement lécriture de 8 × 8 × 8 × 8 × 8 ; 0,3 × 0,3 × 0,3 × 0,3 ; ; .
100 6  6  6  6  6
Pratiquer le calcul exact ou approché, mental, à la main ou instrumenté
Ce que sait faire lélève
 Il calcule avec les nombres rationnels, notamment dans le cadre de résolution de problèmes.
 Il résout des problèmes mettant en jeu des racines carrées.
 Il résout des problèmes avec des puissances, notamment en utilisant la notation scientifique.
Exemples de réussite
 On laisse tomber une balle dune hauteur de 1 m. À chaque rebond, elle rebondit aux trois-
quarts de la hauteur doù elle est tombée.
Quelle est la hauteur de la balle au troisième rebond ?
 Il détermine la valeur exacte puis approchée au millimètre près de la longueur du côté dun
carré daire 17 cm².
 Une bactérie « se divise » en deux bactéries, chacune des deux bactéries obtenues « se
partage » en deux nouvelles bactéries… Lorsque les conditions sont favorables, le nombre de
bactéries peut être multiplié par deux toutes les trente minutes.
Un chercheur place une bactérie en conditions favorables.
Combien obtient-il de milliards de bactéries au bout de 18 h ?
15
 Il y a environ 2 × 10 atomes de cuivre dans 211 ng de cuivre.
Quelle est environ la masse dun atome de cuivre ?
On pourra rappeler que ng est le symbole du nanogramme.
Comprendre et utiliser les notions de divisibilité et de nombres premiers
Ce que sait faire lélève
 Il décompose un nombre entier en produit de facteurs premiers (à la main, à laide dun tableur
ou dun logiciel de programmation).
 Il simplifie une fraction pour la rendre irréductible.
 Il modélise et résout des problèmes mettant en jeu la divisibilité (engrenages, conjonction de
phénomènes…).
Attendus de fin dannée de 3e
Exemples de réussite
 Il décompose en produit de facteurs premiers (à la main, à laide dun tableur ou dun logiciel
de programmation) les entiers naturels suivants : 306 ; 124 ; 2 220.
66 12
 Il rend irréductibles les fractions suivantes : ; (en question flash).
30 51
140 7 140
 Il rend irréductibles les fractions suivantes : ; .
340 2 310
 Deux ampoules clignotent. Lune sallume toutes les 153 secondes et lautre toutes les
187 secondes. À minuit, elles sallument ensemble.
Détermine lheure à laquelle elles sallumeront de nouveau ensemble.
Utiliser le calcul littéral
Ce que sait faire lélève
 Il détermine lopposé dune expression littérale.
 Il développe (par simple et double distributivités), factorise, réduit des expressions
algébriques simples.
2 2
 Il factorise une expression du type a - b et développe des expression du type (a + b)(a - b).
 Il résout algébriquement différents types déquations :
- équation du premier degré ;
- équation sy ramenant (équations produits) ;
2
- équations de la forme x = a sur des exemples simples.
 Il résout des problèmes sy ramenant, qui peuvent être internes aux mathématiques ou en lien
avec dautres disciplines.
Exemples de réussite
 Il sait que -(3x - 7) = -3x + 7
 Il développe et réduit les expressions suivantes (notamment lors dactivités rituelles) :
(2x - 3)(5x + 7) ; -4x(6 - 3x) ; 3(2x + 1) - (6 - x).
2 2
 Il factorise x - 64 ; 4x - 49 et développe (x + 6)(x - 6) ; (2x - 5)(2x + 5) en question flash.
2 2 2
 Il factorise : 5a + 15b ; 12x - 15x ; 16x - 144 ; x - 13.
 Il résout rapidement : -3x = 12 ; x + 9 = 5 ; 7x = 5.
 Il résout les équations suivantes : 4x - 8 = 7x + 4 ; 5(7 - 2,2x) = 9 - 6x ; (2,5x - 7)(8x - 9,6) = 0 ;
2
x = 20.
 La facture deau dun jardinier sélève à 545 € par an. Il prévoit d'économiser 55 € par an en
installant un récupérateur d'eau de pluie. Le récupérateur a coûté 199 € à lachat et va
nécessiter chaque année 13 € pour l'entretien (nettoyage, tuyau…).
Au bout de combien d'années linstallation sera-t-elle rentable ?
Attendus de fin dannée de 3e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Interpréter, représenter et traiter des données
Ce que sait faire lélève
 Il lit, interprète et représente des données sous forme dhistogrammes pour des classes de
même amplitude.
 Il calcule et interprète létendue dune série présentée sous forme de données brutes, dun
tableau, dun diagramme en bâtons, dun diagramme circulaire ou dun histogramme.
 Il calcule des effectifs et des fréquences.
Exemples de réussite
 Une enquête a été réalisée auprès de 2 500 personnes à partir de la question suivante : « À
quel âge avez-vous trouvé un emploi correspondant à votre qualification ? ».
Les résultats de l'enquête ont été reportés dans le tableau suivant :
Âge Effectif
[ 18 ; 22 [ 100
[ 22 ; 26 [ 200
[ 26 ; 30 [ 400
[ 30 ; 34 [ 1 100
[ 34 ; 38 [ 700
Représente les résultats de cette enquête par un histogramme.
 À partir du diagramme suivant :
- Calcule le nombre de personnes chaussant au moins du 40.
- Calcule la fréquence des personnes chaussant au plus du 42.
- Calcule le nombre de personnes chaussant entre 38 et 41.
Comprendre et utiliser des notions élémentaires de probabilités
Ce que sait faire lélève
 À partir de dénombrements, il calcule des probabilités pour des expériences aléatoires
simples à une ou deux épreuves.
 Il fait le lien entre stabilisation des fréquences et probabilités.
Exemples de réussite
 On suppose que, pour un couple, la probabilité d'avoir une fille ou un garçon est la même. Un
couple souhaite avoir deux enfants.
- Calcule, en explicitant les issues possibles, la probabilité davoir deux garçons.
- Calcule la probabilité que le couple ait au moins une fille.
Il peut utiliser le fait que cest lévénement contraire davoir deux garçons.
Attendus de fin dannée de 3e
 On tire, deux fois de suite et avec remise, une boule dans une urne contenant une boule bleue
et deux boules violettes.
Détermine la probabilité de tirer successivement deux boules violettes, en utilisant une
méthode de dénombrement prenant appui sur un tableau à double entrée.
 On donne les fréquences dapparition de chaque face dun dé pour 10 000 lancers.
Lélève interprète les résultats en les comparant aux probabilités théoriques.
 Lélève interprète des simulations effectuées sur tableur ou logiciel de programmation en
fonction dun nombre de lancers.
Résoudre des problèmes de proportionnalité
Ce que sait faire lélève
 Il modélise une situation de proportionnalité à laide dune fonction linéaire.
 Il utilise le lien entre pourcentage dévolution et coefficient multiplicateur.
 Il résout des problèmes en utilisant la proportionnalité dans le cadre de la géométrie.
Exemples de réussite
 Un mobile se déplace à 5 m/s.
Lélève modélise la situation par d(x) = 5x où x est le temps exprimé en secondes et d(x) la
distance parcourue, en mètres, en x secondes.
 Il sait quune augmentation de 5 % se traduit par une multiplication par 1,05.
 Il sait quune diminution de 20 % se traduit par une multiplication par 0,8.
 Il utilise la proportionnalité pour calculer des longueurs dans une configuration de Thalès,
dans des triangles semblables, dans le cadre des homothéties.
Comprendre et utiliser la notion de fonction
Ce que sait faire lélève
 Il utilise les notations et le vocabulaire fonctionnels.
 Il passe dun mode de représentation dune fonction à un autre.
 Il détermine, à partir de tous les modes de représentation, limage dun nombre.
 Il détermine un antécédent à partir dune représentation graphique ou dun tableau de valeurs
dune fonction.
 Il détermine de manière algébrique lantécédent par une fonction, dans des cas se ramenant à
la résolution dune équation du premier degré.
 Il représente graphiquement une fonction linéaire, une fonction affine.
 Il interprète les paramètres dune fonction affine suivant lallure de sa courbe représentative.
 Il modélise un phénomène continu par une fonction.
 Il modélise une situation de proportionnalité à laide dune fonction linéaire.
 Il résout des problèmes modélisés par des fonctions en utilisant un ou plusieurs modes de
représentation.
Exemples de réussite
2
 Il comprend les notations f : x  3x 2  7 et f(x) = 3x - 7. Il sait alors que x est la variable
et f la fonction.
 Il sait que g(3) = 15 signifie que 15 est limage de 3 par la fonction g et que 3 est un
antécédent de 15 par la fonction g.
 Il détermine limage dun nombre par une fonction à partir de son expression symbolique, de
sa représentation graphique, dun tableau de valeurs, dun programme de calcul.
Attendus de fin dannée de 3e
 Détermine à laide dune équation :
- lantécédent de 10 par la fonction f définie par f(x) = -3x - 4 ;
- les antécédents de 0 par la fonction g définie par g(x) = (3x + 6)(x - 9).
 Il représente graphiquement les fonctions f : x  5x  1 et g : x  3x .
 À partir de lallure de la représentation graphique dune fonction affine, il détermine le signe du
coefficient directeur et de lordonnée à lorigine.
 Complète : laire dun rectangle dont le périmètre est égal à 30 cm et dont un côté a pour
longueur x est donné par la fonction A : x  …………………..
 Un mobile se déplace à 5 m/s.
Lélève modélise la situation par la fonction f définie par f(x) = 5x où x est le temps exprimé en
secondes et f(x) la distance parcourue, en mètres, en x secondes.
 On enlève quatre carrés identiques aux quatre coins d'un rectangle de 20 cm de longueur et
13 cm de largeur.
Détermine la longueur du côté de ces carrés qui correspond à une aire restante de 208,16 cm²,
par la méthode de ton choix.
Attendus de fin dannée de 3e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Calculer avec des grandeurs mesurables ; exprimer les résultats dans les
unités adaptées
Ce que sait faire lélève
 Il calcule le volume dune boule.
 Il calcule les volumes dassemblages de solides étudiés au cours du cycle.
 Il mène des calculs sur des grandeurs mesurables, notamment des grandeurs composées, et
exprime les résultats dans les unités adaptées.
 Il résout des problèmes utilisant les conversions dunités sur des grandeurs composées.
 Il vérifie la cohérence des résultats du point de vue des unités pour les calculs de grandeurs
simples ou composées.
Exemples de réussite
 Il calcule le volume dun cylindre surmonté dune demi-boule de même diamètre.
 Il calcule le volume restant dans cette boîte cylindrique de hauteur 30 cm dans
laquelle 3 boules identiques de rayon 5 cm ont été placées comme indiqué dans le
schéma ci-contre :
 Un conducteur met 1 s avant de commencer à freiner quand il voit un obstacle. Quelle
distance parcourt-il pendant cette durée sil roule à 80 km/h ?
3
 Le débit moyen de la Seine sous le pont de lAlma est 328 m /s. Combien de litres deau sont-
ils passés sous ce pont en 3 min ?
 Il oralise que les durées sont en heures, minutes, secondes, les longueurs en mètres, les aires
en mètres carrés et les volumes en mètres cubes, les vitesses en kilomètres par heure ou en
mètres par seconde, les débits en mètres cubes par seconde ou litres par heure…
Comprendre leffet de quelques transformations sur les figures géométriques
Ce que sait faire lélève
 Il calcule des grandeurs géométriques (longueurs, aires et volumes) en utilisant les
transformations (symétries, rotations, translations, homothétie).
 Il résout des problèmes en utilisant la proportionnalité en géométrie dans le cadre de
certaines configurations ou transformations (agrandissement, réduction, triangles
semblables, homothéties).
Exemples de réussite
 Il détermine des longueurs, des aires, des mesures dangles et des volumes en utilisant les
propriétés de conservation des symétries (axiale et centrale), dune translation, dune rotation.
 Dans une homothétie de rapport k, il calcule des longueurs, des aires et des volumes.
Par exemple, il est capable de calculer laire de la figure obtenue dans une homothétie de
rapport k (k non nul) connaissant laire de la figure initiale.
 À partir dun schéma tel que celui ci-contre, il calcule des
longueurs de carrés connaissant les longueurs dun des carrés
et le rapport de lhomothétie correspondante.
Attendus de fin dannée de 3e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
Représenter lespace
Ce que sait faire lélève
 Il se repère sur une sphère (latitude, longitude).
 Il construit et met en relation différentes représentations des solides étudiés au cours du
cycle (représentations en perspective cavalière, vues de face, de dessus, en coupe, patrons) et
leurs sections planes.
Exemples de réussite
 Il pointe Paris et Sidney sur un globe terrestre à partir de leurs latitudes et longitudes.
 Il reconnaît un grand cercle sur une sphère.
 Il trace des solides en perspective cavalière et fait apparaître des sections.
Utiliser les notions de géométrie plane pour démontrer
Ce que sait faire lélève
 À partir des connaissances suivantes :
- le théorème de Thalès et sa réciproque dans la configuration papillon ;
- les triangles semblables : une définition et une propriété caractéristique ;
- les lignes trigonométriques dans le triangle rectangle : cosinus, sinus, tangente,
il transforme une figure par rotation et par homothétie et il comprend leffet dune rotation et
dune homothétie.
 Il identifie des rotations et des homothéties dans des frises, des pavages et des rosaces.
 Il mobilise les connaissances des figures, des configurations, de la rotation et de lhomothétie
pour déterminer des grandeurs géométriques.
 Il mène des raisonnements en utilisant des propriétés des figures, des configurations, de la
rotation et de lhomothétie.
Exemples de réussite
 Il réalise (à la main, à laide dun logiciel de géométrie dynamique ou de programmation) la
figure suivante obtenue à partir du triangle ABC par des rotations successives de centre A et
dangle 60°.
 Il justifie que la figure précédente est composée de 6 triangles rectangles.
Attendus de fin dannée de 3e
 Il réalise (à la main, à laide dun logiciel de géométrie dynamique ou de programmation) la
figure suivante à laide du quadrilatère ABCD et deux homothéties de centre O et de rapports 3
et -0,5.
 Il justifie la nature des trois quadrilatères en sappuyant sur le codage et sur les propriétés de
conservations des homothéties.
 Il décrit les transformations permettant de construire la rosace suivante :
 Il détermine laire totale des figures construites ci-dessous connaissant les longueurs AB et
BC pour la première et la longueur AB pour la seconde.
 En appliquant le théorème de Thalès, il effectue des calculs de longueurs.
 Il utilise les lignes trigonométriques dans un triangle rectangle pour calculer des longueurs ou
des mesures dangles.
 Sur la figure ci-contre :
• le point C appartient au segment [AB] ;
• AC = 3 ; AB = 7,5 ; BD = 5,4 et CD = 9 ;
• les droites (AE) et (CD) sont parallèles ;
• les droites (CE) et (BD) sont parallèles.
̂ et CAE
- Démontrer que les angles BCD ̂ ont même mesure.
- Démontrer que les triangles ACE et CBD sont semblables.
- En déduire les longueurs des côtés du triangle ACE.
Attendus de fin dannée de 3e
 Ce que sait faire lélève  Type dexercice  Exemple dénoncé Indication générale
e
Les niveaux 1, 2 et 3 sont attendus en fin de 3 ; il est possible que certains élèves aillent au-delà.
Écrire, mettre au point, exécuter un programme
Ce que sait faire lélève
Niveau 1
 Il réalise des activités dalgorithmique débranchée.
 Il met en ordre et/ou complète des blocs fournis par le professeur pour construire un
programme simple sur un logiciel de programmation.
 Il écrit un script de déplacement ou de construction géométrique utilisant des instructions
conditionnelles et/ou la boucle « Répéter … fois ».
Niveau 2
 Il gère le déclenchement d'un script en réponse à un événement.
 Il écrit une séquence dinstructions (condition « si … alors » et boucle « répéter … fois »).
 Il intègre une variable dans un programme de déplacement, de construction géométrique ou
de calcul.
Niveau 3
 Il décompose un problème en sous-problèmes et traduit un sous-problème en créant un
« bloc-personnalisé ».
 Il construit une figure en créant un motif et en le reproduisant à laide dune boucle.
 Il utilise simultanément les boucles « Répéter … fois » et « Répéter jusquà … » ainsi que les
instructions conditionnelles pour réaliser des figures, des programmes de calculs, des
déplacements, des simulations dexpérience aléatoire.
 Il écrit plusieurs scripts fonctionnant en parallèle pour gérer des interactions et créer des jeux.
Exemples de réussite
Niveau 1
 Il comprend ce que font des assemblages simples de blocs de programmation, par exemple
au travers de questions flash.
 Il retrouve parmi des programmes donnés celui qui permet d'obtenir une figure donnée, et
inversement.
 Sans utiliser de langage informatique formalisé, il écrit un algorithme pour décrire un
déplacement ou un calcul.
 Il décrit ce que fait un assemblage simple de blocs de programmation.
 Il ordonne des blocs en fonction d'une consigne donnée.
 Assemble correctement les blocs ci-contre
pour permettre au lutin de tracer un carré
de longueur 100 pixels :
Attendus de fin dannée de 3e
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré ou dun
rectangle en utilisant la boucle :
Niveau 2
 Il gère linteraction entre deux lutins, par exemple en faisant dire une phrase à lun lorsque
lautre le touche.
 Il produit des scripts du type :
 Il produit seul un programme de construction dun triangle équilatéral, dun carré, dun
rectangle ou dun parallélogramme dans lequel lutilisateur saisi la mesure de la longueur dau
moins un côté.
Niveau 3
 Il reproduit une frise donnée reproduisant un motif grâce à un bloc personnalisé.
 Il produit un programme réalisant une figure du type :
 Il utilise un logiciel de programmation pour réaliser la simulation dune expérience aléatoire,
par exemple : « Programmer un lutin pour quil énonce 100 nombres aléatoires « 0 » ou « 1 » et
quil compte le nombre de « 0 » et de « 1 » obtenus. »
 Il programme un jeu avec un logiciel de programmation par blocs utilisant au moins 2 lutins
avec des scripts en parallèle. Il mobilise des capacités acquises précédemment dans les
niveaux 1, 2 et 3.

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Creator: Microsoft® Word 2010
Producer: Microsoft® Word 2010
CreationDate: Wed Apr 24 20:20:14 2019 Paris, Madrid (heure d<><64>t<EFBFBD>)
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Cycle 4 Mathématiques
REPÈRES
ANNUELS
de progression
© Stéphanie Lacombe - MENJ
Nombres décimaux relatifs
e
5 4e 3e
Le travail mené au cycle 3 sur lenchaînement des opérations, les Le produit et le quotient de décimaux relatifs Le travail est consolidé notamment lors des
comparaisons et le repérage sur une droite graduée de nombres sont abordés. résolutions de problèmes.
décimaux positifs est poursuivi. Les nombres relatifs (dabord
entiers, puis décimaux) sont construits pour rendre possibles
toutes les soustractions. La notion dopposé est introduite,
laddition et la soustraction sont étendues aux nombres
décimaux (positifs ou négatifs). Il est possible de mettre en
évidence que soustraire un nombre revient à additionner son
opposé, en sappuyant sur des exemples à valeur générique du
type : 3,1 - (-2) = 3,1 + 0 - (-2) = 3,1 + 2 + (-2) - (-2), donc
3,1 - (-2) = 3,1 + 2 + 0 = 3,1 + 2 = 5,1
Fractions, nombres rationnels
La conception dune fraction en tant que nombre, déjà abordée Un nombre rationnel est défini comme La notion de fraction irréductible est
en sixième, est consolidée. Les élèves sont amenés à quotient dun entier relatif par un entier relatif abordée, en lien avec celles de multiple et de
reconnaître et à produire des fractions égales (sans privilégier de non nul, ce qui renvoie à la notion de diviseur qui sont travaillées tout au long du
méthode en particulier), à comparer, additionner et soustraire fraction. cycle.
des fractions dont les dénominateurs sont égaux ou multiples Le quotient de deux nombres décimaux peut
lun de lautre. ne pas être un nombre décimal.
La notion dinverse est introduite, les
opérations entre fractions sont étendues à la
multiplication et la division. Les élèves sont
conduits à comparer des nombres
rationnels, à en utiliser différentes
représentations et à passer de lune à lautre.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Fractions, nombres rationnels (suite)
Au moins une des propriétés suivantes est démontrée, à partir Une ou plusieurs démonstrations de calculs
de la définition dun quotient : fractionnaires sont présentées. Le recours au
ab b calcul littéral vient compléter pour tout ou
•  partie des élèves lutilisation dexemples
ac c
à valeurs génériques.
b ab
• a 
c c
a b ab
•  
c c c
a b ab
•  
c c c
Il est possible, à ce niveau, de se limiter à des exemples à valeur
générique. Cependant, le professeur veille à spécifier que la
vérification dune propriété, même sur plusieurs exemples, nen
constitue pas une démonstration.
Exemple de calcul fractionnaire permettant de démontrer que
2 10
3 15
2
On commence par calculer  15 :
3
2 2
 15   3  5 .
3 3
2
La définition du quotient permet de simplifier par 3, puisque
3
est le nombre qui, multiplié par 3, donne 2.
2
Donc  15  2  5  10 .
3
2 10 2
Par définition du quotient, il vient donc  , puisque
3 15 3
multiplié par 15 donne 10.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Racine carrée
La racine carrée est introduite, en lien avec des La racine carrée est utilisée dans le cadre de la
situations géométriques (théorème de Pythagore, résolution de problèmes.
agrandissement des aires) et à lappui de la Aucune connaissance nest attendue sur les
connaissance des carrés parfaits de 1 à 144 et de propriétés algébriques des racines carrées.
lutilisation de la calculatrice.
Puissances
Les puissances de 10 sont dabord introduites avec Les puissances de base quelconque dexposants
des exposants positifs, puis négatifs, afin de définir négatifs sont introduites et utilisées pour simplifier
les préfixes de nano à giga et la notation des quotients.
scientifique. Celle-ci est utilisée pour comparer des La connaissance des formules générales sur les
nombres et déterminer des ordres de grandeurs, en produits ou quotients de puissances nest pas un
lien dautres disciplines. Les puissances de base attendu du programme : la mise en œuvre des calculs
quelconque dexposants positifs sont introduites sur les puissances découle de leur définition.
pour simplifier lécriture de produits.
La connaissance des formules générales sur les
produits ou quotients de puissances de 10 nest pas un
attendu du programme : la mise en œuvre des calculs
sur les puissances découle de leur définition.
Divisibilité, nombres premiers
Tout au long du cycle, les élèves sont amenés à modéliser et résoudre des problèmes mettant en jeu la divisibilité et les nombres premiers.
Le travail sur les multiples et les diviseurs, déjà Les élèves déterminent la liste des nombres La notion de fraction irréductible est introduite.
abordé au cycle 3, est poursuivi. Il est enrichi par premiers inférieurs ou égaux à 100 et lutilisent Lutilisation dun tableur, dun logiciel de
lintroduction de la notion de nombre premier. Les pour décomposer des nombres en facteurs programmation ou dune calculatrice permet
élèves se familiarisent avec la liste des nombres premiers, reconnaître et produire des fractions détendre la procédure de décomposition en facteurs
premiers inférieurs ou égaux à 30. Ceux-ci sont égales, simplifier des fractions. premiers.
utilisés pour la décomposition en produit de
facteurs premiers. Cette décomposition est utilisée
pour reconnaître et produire des fractions égales.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Calcul littéral
Expressions littérales
Les expressions littérales sont introduites à travers Le travail sur les formules est poursuivi, Le travail sur les expressions littérales est
des formules mettant en jeu des grandeurs ou parallèlement à la présentation de la notion consolidé avec des transformations dexpressions,
traduisant des programmes de calcul. Lusage de la didentité (égalité vraie pour toute valeur des des programmes de calcul, des mises en équations,
lettre permet dexprimer un résultat général (par indéterminées). des fonctions…
exemple quun entier naturel est pair ou impair) ou La notion de solution dune équation est formalisée.
de démontrer une propriété générale (par exemple
que la somme de trois entiers consécutifs est un
multiple de 3). Les notations du calcul littéral (par
exemple 2a pour a × 2 ou 2 × a, ab pour a × b) sont
progressivement utilisées, en lien avec les
propriétés de la multiplication.
Les élèves substituent une valeur numérique à une
lettre pour calculer la valeur dune expression
littérale.
Distributivité
Tôt dans lannée, sans attendre la maîtrise des La structure dune expression littérale (somme ou La double distributivité est abordée.
opérations sur des nombres relatifs, la propriété de produit) est étudiée. La propriété de distributivité Le lien est fait avec la simple distributivité. Il est
distributivité simple est utilisée pour réduire une simple est formalisée et est utilisée pour possible de démontrer lidentité
expression littérale de la forme ax + bx, où a et b développer un produit, factoriser une somme, (a + b)(c + d) = ac + ad + bc + bd en posant
sont des nombres décimaux. réduire une expression littérale. k = a + b et en utilisant la simple distributivité.
Le lien est fait avec des procédures de calcul
numérique déjà rencontrées au cycle 3 (calculs du
type 12 × 50 ; 37 × 99 ; 3 × 23 + 7 × 23).
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Équations
2 2
Les élèves sont amenés à tester si une égalité où Les notions dinconnue et de solution dune La factorisation dune expression du type a - b
figure une lettre est vraie lorsquon lui attribue uneéquation sont abordées. Elles permettent daborder permet de résoudre des équations produits se
valeur numérique. la mise en équation dun problème et la résolution ramenant au premier degré (notamment des
2
Les élèves testent des égalités par essais erreurs, à algébrique dune équation du premier degré. équations du type x = a en lien avec la racine
la main ou à laide dune calculatrice ou dun Les équations sont travaillées tout au long de lannée carrée).
tableur, des valeurs numériques dans des par un choix progressif des coefficients de léquation. Aucune virtuosité calculatoire nest attendue dans
expressions littérales, ce qui constitue une les développements et les factorisations.
première approche de la notion de solution dune
équation, sans formalisation à ce stade.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
Statistiques
Le traitement de données statistiques se prête à Un nouvel indicateur de position est introduit : la Un indicateur de dispersion est introduit : létendue.
des calculs deffectifs, de fréquences et de médiane. Le travail sur les représentations graphiques, le
moyennes. Selon les situations, la représentation Le travail sur les représentations graphiques, le calcul, en particulier celui des effectifs et des
de données statistiques sous forme de tableaux, de calcul, en particulier celui des effectifs et des fréquences, et linterprétation des indicateurs de
diagrammes ou de graphiques est réalisée à la fréquences, et linterprétation des indicateurs de position est consolidé.
main ou à laide dun tableur-grapheur. Les calculs position est poursuivi. Un nouveau type de diagramme est introduit : les
et les représentations donnent lieu à des
histogrammes pour des classes de même
interprétations.
amplitude.
Probabilités
Les élèves appréhendent le hasard à travers des Les calculs de probabilités concernent des Le constat de la stabilisation des fréquences
expériences concrètes : pile ou face, dé, roue de situations simples, mais ne relevant pas sappuie sur la simulation dexpériences aléatoires
loterie, urne… nécessairement du modèle équiprobable. Le lien à une épreuve à laide dun tableur ou dun logiciel
Le vocabulaire relatif aux probabilités (expérience est fait entre les probabilités de deux événements de programmation. Les calculs de probabilités, à
aléatoire, issue, événement, probabilité) est utilisé. contraires. partir de dénombrements, sappliquent à des
Le placement dun événement sur une échelle de contextes simples faisant prioritairement intervenir
probabilités et la détermination de probabilités une seule épreuve. Dans des cas très simples, il est
dans des situations très simples déquiprobabilité cependant possible dintroduire des expériences à
contribuent à une familiarisation avec la deux épreuves. Les dénombrements sappuient
modélisation mathématique du hasard. alors uniquement sur des tableaux à double entrée,
la notion darbre ne figurant pas au programme.
Pour exprimer une probabilité, on accepte des
formulations du type « 2 chances sur 5 ». Les élèves simulent une expérience aléatoire à
laide dun tableur ou dun logiciel de
programmation.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Proportionnalité
Les élèves sont confrontés à des situations Le calcul dune quatrième proportionnelle est Le lien est fait entre taux dévolution et coefficient
relevant ou non de la proportionnalité. Des systématisé et les points de vue se diversifient multiplicateur, ainsi quentre la proportionnalité et
procédures variées (linéarité, passage par lunité, avec lutilisation de représentations graphiques, du les fonctions linéaires. Le champ des problèmes de
coefficient de proportionnalité), déjà étudiées au calcul littéral et de problèmes de géométrie géométrie relevant de la proportionnalité est élargi
cycle 3, permettent de résoudre des problèmes relevant de la proportionnalité (configuration de (homothéties, triangles semblables, configurations
relevant de la proportionnalité. Thalès dans le cas des triangles emboîtés, de Thalès).
agrandissement et réduction).
Fonctions
La dépendance de deux grandeurs est traduite par La dépendance de deux grandeurs est traduite par Les notions de variable, de fonction, dantécédent,
un tableau de valeurs ou une formule. un tableau de valeurs, une formule, un graphique. dimage sont formalisées et les notations
Les représentations graphiques permettent de fonctionnelles sont utilisées. Un travail est mené
déterminer des images et des antécédents, qui sont sur le passage dun mode de représentation dune
interprétés en fonction du contexte. fonction (graphique, symbolique, tableau de
valeurs) à un autre. Les fonctions affines et
La notation et le vocabulaire fonctionnels ne sont linéaires sont présentées par leurs expressions
e
pas formalisés en 4 . algébriques et leurs représentations graphiques.
Les fonctions sont utilisées pour modéliser des
phénomènes continus et résoudre des problèmes.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
Calculs sur des grandeurs mesurables
La connaissance des formules donnant les aires du Le lexique des formules sétend au volume des La formule donnant le volume dune boule est
rectangle, du triangle et du disque, ainsi que le pyramides et du cône. Le lien est fait entre le utilisée.
volume du pavé droit est entretenue à travers la volume dune pyramide (respectivement dun cône) Le travail sur les grandeurs mesurables et les
résolution de problèmes. Elle est enrichie par celles et celui du prisme droit (respectivement du unités est poursuivi.
de laire du parallélogramme, du volume du prisme cylindre) construit sur sa base et ayant même
Il est possible de réinvestir le calcul avec les
et du cylindre. La correspondance entre unités de hauteur. Des grandeurs produits (par exemple
puissances de 10 pour les conversions dunités.
volume et de contenance est faite. Les calculs trafic, énergie) et des grandeurs quotients (par 2
portent aussi sur des durées et des horaires, en exemple vitesse, débit, concentration, masse Par exemple, à partir de : 1 m = 10 cm, il vient
3 3 2 3 6 3
prenant appui sur des contextes issus dautres volumique) sont introduites à travers la résolution 1 m = (1 m) = (10 cm) = 10 cm
-1
disciplines ou de la vie quotidienne. de problèmes. Les conversions dunités sont ou, à partir de : 1 dm = 10 m, il vient
3 -1 3 -3 3
travaillées. 1 dm = (10 m) = 10 m .
Les élèves sont sensibilisés au contrôle de la
cohérence des résultats du point de vue des unités. Les élèves sont sensibilisés au contrôle de la
cohérence des résultats du point de vue des unités
des grandeurs composées.
Effet des transformations sur des grandeurs géométriques
Les élèves connaissent et utilisent leffet des Les élèves connaissent et utilisent leffet dun Les élèves connaissent et utilisent leffet des
symétries axiale et centrale sur les longueurs, les agrandissement ou dune réduction sur les transformations au programme (symétries,
aires, les angles. longueurs, les aires et les volumes. Ils le travaillent translations, rotations, homothéties) sur les
en lien avec la proportionnalité. longueurs, les angles, les aires et les volumes.
Le lien est fait entre la proportionnalité et certaines
configurations ou transformations géométriques
(triangles semblables, homothéties).
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
Représenter lespace
Le repérage se fait sur une droite graduée ou dans le Le repérage se fait dans un pavé droit (abscisse, Le repérage sétend à la sphère (latitude, longitude).
plan muni dun repère orthogonal. ordonnée, altitude). Les élèves produisent et Un logiciel de géométrie est utilisé pour visualiser
Dans la continuité de ce qui a été travaillé au cycle 3, mettent en relation une représentation en des solides et leurs sections planes. Les élèves
la reconnaissance de solides (pavé droit, cube, perspective cavalière et un patron dune pyramide produisent et mettent en relation différentes
cylindre, pyramide, cône, boule) seffectue à partir ou dun cône. représentations des solides étudiés (patrons,
dun objet réel, dune image, dune représentation en représentation en perspective cavalière, vues de
perspective cavalière ou sur un logiciel de géométrie face, de dessus, en coupe).
dynamique.
Les élèves construisent et mettent en relation une
représentation en perspective cavalière et un patron
dun pavé droit ou dun cylindre.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Géométrie plane
Figures et configurations
La caractérisation angulaire du parallélisme (angles Les cas dégalité des triangles sont présentés et Une définition et une caractérisation des triangles
alternes-internes et angles correspondants) est utilisés pour résoudre des problèmes. Le lien est semblables sont données. Le théorème de Thalès
énoncée. La valeur de la somme des angles dun fait avec la construction dun triangle de mesures et sa réciproque dans la configuration du papillon
triangle peut être démontrée et est utilisée. Linégalité données (trois longueurs, une longueur et deux sont énoncés et utilisés (démonstration possible,
triangulaire est énoncée. Le lien est fait entre angles, deux longueurs et un angle). Le théorème utilisant une symétrie centrale pour se ramener à la
linégalité triangulaire et la construction dun triangle à de Thalès et sa réciproque dans la configuration configuration étudiée en quatrième). Les lignes
partir de la donnée de trois longueurs. Des des triangles emboîtés sont énoncés et utilisés, trigonométriques (cosinus, sinus, tangente) dans le
constructions de triangles à partir de la mesure dune ainsi que le théorème de Pythagore (plusieurs triangle rectangle sont utilisées pour calculer des
longueur et de deux angles ou dun angle et de deux démonstrations possibles) et sa réciproque. La longueurs ou des angles.
longueurs sont proposées. définition du cosinus dun angle dun triangle Deux triangles semblables peuvent être définis par
Le parallélogramme est défini à partir de lune de ses rectangle découle, grâce au théorème de Thalès, la proportionnalité des mesures de leurs côtés. Une
propriétés : parallélisme des couples de côtés de lindépendance du rapport des longueurs le caractérisation angulaire de cette définition peut
opposés ou intersection des diagonales. Lautre définissant. être donnée et démontrée à partir dun cas dégalité
propriété est démontrée et devient une propriété Une progressivité dans lapprentissage de la des triangles et dune caractérisation angulaire du
caractéristique. Il est alors montré que les côtés recherche de preuve est aménagée, de manière à parallélisme.
opposés dun parallélogramme sont deux à deux de encourager les élèves dans lexercice de la
même longueur grâce aux propriétés de la symétrie. démonstration. Aucun formalisme excessif nest
Les propriétés relatives aux côtés et aux diagonales exigé dans la rédaction.
dun parallélogramme sont mises en œuvre pour
effectuer des constructions et mener des
raisonnements.
Les élèves consolident le travail sur les codages de
figures : interprétation dune figure codée ou
réalisation dun codage.
Les élèves découvrent de nouvelles droites
remarquables du triangle : les hauteurs. Ils
poursuivent le travail engagé au cycle 3 sur la
médiatrice dans le cadre de résolution de problèmes.
Ils peuvent par exemple être amenés à démontrer que
les médiatrices dun triangle sont concourantes.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
(suite)
Transformations
Les élèves transforment (à la main ou à laide dun Les élèves sont amenés à transformer (à la main Les élèves transforment (à la main ou à laide dun
logiciel) une figure par symétrie centrale. Cela permet ou à laide dun logiciel) une figure par translation. logiciel) une figure par rotation et par homothétie
de découvrir les propriétés de la symétrie centrale Ils identifient des translations dans des frises ou (de rapport positif ou négatif). Le lien est fait entre
(conservation de lalignement, du parallélisme, des des pavages ; le lien est alors fait entre angle et rotation, entre le théorème de Thalès et les
longueurs, des angles) qui sont ensuite admises et translation et parallélogramme. homothéties.
utilisées. Le lien est fait entre la symétrie centrale et le La définition ponctuelle dune translation ne figure Les élèves identifient des transformations dans des
parallélogramme. Les élèves identifient des symétries pas au programme. Toutefois, par commodité, la frises, des pavages, des rosaces.
axiales ou centrales dans des frises, des pavages, des translation transformant le point A en le point B
Les définitions ponctuelles dune translation, dune
rosaces. pourra être nommée « translation de vecteur ⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵 », rotation et dune homothétie ne figurent pas au
mais aucune connaissance nest attendue sur programme.
lobjet « vecteur ». Pour faire le lien entre les transformations et les
configurations du programme, il est possible
didentifier (à la main ou à laide dun logiciel de
géométrie) leffet, sur un triangle donné, de
lenchaînement dune translation, dune rotation et
dune homothétie, voire dune symétrie axiale et
réciproquement, pour deux triangles semblables
donnés, chercher des transformations transformant
lun en lautre.
> Repères annuels de progression pour le cycle 4
Écrire, mettre au point, exécuter un programme
Les repères qui suivent indiquent une progressivité dans le niveau de complexité des activités relevant de ce thème. Certains élèves sont capables de réaliser
des activités de troisième niveau dès le début du cycle.
1er niveau 2e niveau 3e niveau
À un premier niveau, les élèves mettent en ordre À un deuxième niveau, les connaissances et les À un troisième niveau, lutilisation simultanée de
et/ou complètent des blocs Scratch fournis par le compétences en algorithmique et en boucles « répéter … fois », et « répéter jusquà … » et
professeur pour construire un programme simple. programmation sélargissent par : dinstructions conditionnelles permet de réaliser
Lutilisation progressive des instructions - lécriture dune séquence dinstructions des figures, des calculs et des déplacements plus
conditionnelles et/ou de la boucle « répéter … fois ») (condition « si … alors » et boucle complexes. Lécriture de plusieurs scripts
permet décrire des scripts de déplacement, de « répéter … fois ») ; fonctionnant en parallèle permet de gérer les
construction géométrique ou de programme de - lécriture de programmes déclenchés par des interactions et de créer des jeux.
calcul. événements extérieurs ; La décomposition dun problème en sous-
- lintégration dune variable dans un programme problèmes et la traduction dun sous-problème par
de déplacement, de construction géométrique, la création dun bloc-utilisateur contribuent au
de calcul ou de simulation dune expérience développement des compétences visées.
aléatoire.

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Creator: Microsoft® Word LTSC
Producer: Microsoft® Word LTSC
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Author: Utilisateur
Creator: Microsoft® Word 2010
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@@ -0,0 +1,331 @@
Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes:
les nombres décimaux
Objectifs
Au cycle 3, les nombres décimaux sont introduits à partir des fractions décimales. Lécriture à virgule
est ensuite présentée comme une convention décriture dune fraction décimale ou dune somme de
fractions décimales. Cette notation permet la mise en place des règles de comparaison et de calcul.
Les quatre opérations sur les décimaux sont étudiées, mais la division est limitée au cas où le diviseur
est un entier.
Même si les décimaux ont été introduits à partir des fractions décimales, beaucoup délèves, à lentrée
du cycle 4, associent encore la nature dun nombre à son écriture. Pour eux, un nombre sexprime
toujours par une suite de chiffres et les nombres décimaux se différencient des nombres entiers par la
5
présence de la virgule. Ils ne perçoivent pas, par exemple, 17 ou comme des nombres décimaux.
2
La poursuite, au cycle 4, du travail sur les nombres décimaux vise plusieurs objectifs :
 Amener tous les élèves à différencier la nature dun nombre (notamment décimal)
de son écriture et à passer de lune de ses désignations à une autre. Concevoir, par
35 7 1
exemple, 3,5 ; 3,50 ; ; ; 3 + comme des désignations différentes dun même
10 2 2
nombre ;
 Poursuivre le travail sur la comparaison des nombres décimaux. Il permet notamment
de faire prendre conscience aux élèves de la possibilité dintercaler un nombre
décimal entre deux nombres qui pourraient être perçus à tort comme des nombres
consécutifs (par exemple 7,24 et 7,25) ;
 Consolider les techniques opératoires étudiées au cycle 3 sur les nombres décimaux,
notamment la priorité de la multiplication sur laddition et la soustraction ;
 Introduire la division par un nombre décimal ;
 Utiliser les nombres décimaux pour exprimer des mesures de grandeurs et repérer
des points autres quentiers sur la droite graduée.
Le travail mené tout au long du cycle sur les nombres relatifs concerne non seulement les entiers,
mais aussi les décimaux et plus généralement les rationnels ; il viendra à ce titre compléter létude
des décimaux dont lintroduction au cycle 3 porte uniquement sur les décimaux positifs.
Liens avec les domaines du socle
La compréhension et lutilisation de différentes écritures dun nombre décimal, sa représentation sur la
droite graduée, les passages entre ses différents modes de représentation contribuent à lacquisition
du langage mathématique pour penser et communiquer (domaine 1).
La pratique du calcul (mental et écrit, exact et approché) engageant des nombres décimaux,
lutilisation de valeurs approchées décimales pour modéliser et résoudre des problèmes scientifiques
et dordres de grandeurs pour contrôler des résultats contribuent à létude des systèmes naturels et
des systèmes techniques (domaine 4).
Progressivité des apprentissages
e
La division par un nombre décimal est introduite dès la classe de 5 , parallèlement à la consolidation
des techniques opératoires déjà étudiées au cycle 3. La maîtrise de ces techniques, en lien avec la
compréhension des nombres et des opérations, est entretenue tout au long du cycle 4.
Le travail sur lécriture décimale, initié au cycle 3 et poursuivi tout au long du cycle 4, est un point
e
dappui pour létude des puissances de 10 qui est formalisée dès la classe de 4 .
Parallèlement à la maîtrise des techniques calculatoires sur les nombres décimaux, les élèves sont
amenés, tout au long du cycle, à résoudre des problèmes faisant intervenir des nombres décimaux.
Stratégies denseignement
e
Pour beaucoup délèves, à lentrée en 5 , la conception dun nombre décimal comme un objet
mathématique et non comme une écriture est encore en cours de construction, le sens des opérations
et les techniques opératoires sur les nombres décimaux sont encore en cours dacquisition. De plus,
certains élèves se sont forgé des représentations fausses qui, si elles peuvent savérer performantes
dans des situations particulières, constituent des obstacles pour la suite des apprentissages. Il est
donc indispensable que le professeur identifie les conceptions erronées afin de développer les
stratégies denseignement qui permettront de les déstabiliser.
Quelques conceptions erronées
 Assimilation de la virgule à un trait de fraction ; cest ainsi que, pour certains
14
élèves = 14,10.
10
 Difficulté à concevoir quun même nombre puisse avoir plusieurs désignations ;
4
ainsi, 1+ ; 1,4 ; 1,40 ne sont pas perçus comme différentes écritures dun même
10
nombre .
 Le « nombre à virgule » vu comme un « entier déguisé », comme si la virgule
nexistait pas. Ce rôle « fantôme» de la virgule conduit certains élèves à écrire
4,3 < 4,06 < 4,249 en le justifiant par le fait que 43 < 406 < 4249, ou à percevoir 2,47
comme « le » successeur de 2,46, au même titre que 247 est celui de 246 .
 Le « nombre à virgule » vu comme laccolement de deux entiers, la virgule
jouant le rôle de « frontière » entre les deux. Cela conduit par exemple à écrire :
4,3 < 4,06 < 4,249 (avec comme justification : « 3 est plus petit que 6, lui-même plus
petit que 249 ») ;ou encore : 2,6 × 3,4 = 6,24 ; 15,7 + 12,6 = 27,13 ou encore à
percevoir 5,100comme « le » successeur de 5,99.
 Une connaissance mal installée du système décimal peut conduire un élève, dans
le nombre 234,678, à percevoir le chiffre 7 comme le chiffre des dixièmes en raison de
la position supposée des dixièmes comme symétrique de celle des dizaines,
ou encore à écrire 4,249 < 4,16 < 4,1en justifiant que les millièmes sont « forcément»
plus petits que les centièmes, eux-mêmes plus petits que les dixièmes.
 Des techniques mal automatisées et non contrôlées peuvent aboutir à une
confusion sur la position de la virgule dans le résultat dune addition posée ou dune
multiplication posée comme dans la multiplication ci-dessous :
2,3
× 5,5
115
115
1 2 6,5
 Lapplication de règles au-delà de leur domaine de validité ; cest ainsi que
lextension aux décimaux de la règle du déplacement de la virgule ou de lajout de
zéros pour la multiplication des entiers par des puissances de 10 contribue à des
erreurs du type :
- 1,4×10 = 1,40 ; 1,4 : 0,1 = 0,14
12
- 12×0,5 > 12; < 12 (car « multiplier augmente un nombre et diviser
0,5
le diminue »).
 Lusage social des nombres décimaux à loral peut être à lorigine de
confusions, comme dans les exemples suivants : « un kilo cinq » sécrit en fait 1,5 kg
alors que « un euro cinq » sécrit en fait 1,05 €.
La pratique régulière du calcul réfléchi doit permettre de « déconstruire » ces représentations
erronées et parfois résistantes.
La construction dautomatismes
Sil permet daller plus vite une fois quon a compris, un automatisme ne permet pas de comprendre
plus vite ; avant dêtre institutionnalisée puis automatisée, une « règle » (comme celle, déjà citée, du
déplacement de la virgule vers la droite ou vers la gauche) doit avoir été justifiée par le professeur et
comprise par les élèves pour ne pas être employée en dehors de son cadre de validité.
La pratique régulière du calcul réfléchi permet à la fois de comprendre lorigine des règles et dancrer
dans la durée la construction des mécanismes opératoires. Pratiqué en amont de la formalisation de
ces mécanismes, le calcul réfléchi peut être mis en œuvre sur des exemples génériques. Pratiqué
juste après linstitutionnalisation, sur des exemples assez proches de la situation dintroduction,
il permet lappropriation de la notion en cours détude. En aval, une pratique régulière, sur le long
terme, permet dautomatiser les procédures et les propriétés des nombres engagés dans le calcul et
savère nécessaire pour garantir la pérennité des acquisitions. Lanalyse collective, sous la conduite
du professeur, des différentes stratégies mises en œuvre et des éventuelles erreurs commises
contribue à donner du sens aux objets mathématiques mis en jeu et aux techniques à automatiser.
Dans le cadre de lapprentissage des nombres décimaux, on entretiendra de façon régulière les
automatismes liés à la somme, à la différence, au produit de nombres décimaux, au quotient dun
nombre décimal par un entier, notions abordées au cycle 3, sur des exemples présentant de véritables
enjeux. Lun de ces enjeux est de permettre didentifier une erreur liée à lincompréhension de
lécriture à virgule ; par exemple, un calcul du type 1,4 + 0,15 permet didentifier lerreur liée à la
conception de la virgule frontière par les élèves qui fournissent 1,19 comme réponse, alors que le
même calcul, posé sous la forme 1,40 + 0,15 ne permet pas de débusquer lerreur.
La compréhension de lerreur peut sappuyer sur différents registres dexpression : celui de la langue
naturelle (on ajoute 1 dixième plus 5 centièmes à 1 unité plus 4 dixièmes), mais aussi celui des
fractions décimales.
Lintroduction de la division dun décimal par un décimal pourra se faire dans le cadre de cette
pratique, sur une durée suffisamment longue, à petites doses et de manière progressive.
La consolidation des priorités opératoires
La consolidation des priorités opératoires introduites au cycle 3 est indispensable car ces priorités
sont à la base de la compréhension et de la production dexpressions, quelles soient numériques ou
littérales. Lécriture en ligne d'une succession de calculs simples engageant des nombres décimaux,
notamment prescrits par des programmes de calcul, est une stratégie denseignement possible.
EXEMPLE :
Prendre un nombre ;
lui ajouter 1,8 ;
multiplier le résultat par 3,2.
Écrire lexpression numérique traduisant ce programme en prenant 10 comme nombre de départ.
Il pourra savérer fructueux de comparer les résultats obtenus avec une calculatrice scientifique et
avec une calculette, ces deux outils ne respectant les mêmes règles de priorité entre opérations.
Le choix du nombre dinstructions dun programme de calcul et des nombres auquel il sapplique
permet une différenciation au sein de la classe.
Parallèlement au travail sur les programmes de calcul qui concernent laspect procédural dun calcul,
les élèves seront amenés à travailler sur sa forme structurale (somme, différence, produit, quotient).
Par exemple identifier 12,3 + 2,5 × 7,1 comme une somme: celle de 12,3 et du produit de 2,5 par 7,1.
Lutilisation de la droite graduée
Le recours à la droite graduée permet de travailler la compétence « représenter » décrite dans les
programmes des cycles 3 et 4 par les passages dans les deux sens quelle permet de réaliser entre
le registre symbolique de lécriture du nombre et le registre graphique de sa représentation.
Plusieurs situations denseignement se prêtent à lutilisation de la droite graduée.
 Mesurer des grandeurs et encadrer des mesures, notamment en variant les
unités. Effectuer des mesures « qui ne sexpriment pas en un nombre entier dunité »
permet de revenir à lutilité première des décimaux (résoudre des problèmes pour
lesquels les entiers sont défaillants) et de travailler lintercalation des décimaux.
 Repérer des points sur une droite graduée. Les activités de repérage peuvent être
très variées au niveau des situations et des questionnements proposés, mais aussi
des types de graduation et des outils utilisés (droite graduée, papier millimétré, sous
unités partiellement ou non représentées, présentation « en zoom ») et de la nature
de lécriture des nombres à repérer (désignation orale, écritures fractionnaires,
décimales, décompositions diverses, etc.). On pourra se reporter à lactivité
développée au paragraphe VI.
 Intercaler des décimaux. « Donner dix nombres entre 4,67 et 4,68 » est une situation
classique qui peut être enrichie par la question de savoir sil peut y en avoir 100,
1000, 10 000, etc.
Dans le cadre dune différenciation pédagogique, on pourra remplacer 4,67 et 4,68
par 4 et 4,01.
Lutilisation de valeurs approchées et le contrôle des résultats
La résolution de problèmes permet aux élèves de prendre conscience que les nombres décimaux ne
permettent souvent que dy apporter des réponses approchées.
Conformément à lécriture du domaine 4 du socle (paragraphe « démarches scientifiques »),
les ordres de grandeurs sont utilisés pour estimer et contrôler les résultats.
Points de vigilance
La rigueur et la précision de la dénomination orale des nombres décimaux contribuent à leur bonne
compréhension. Le professeur doit avoir conscience du caractère modélisant de sa propre pratique
et du fait que la dénomination dusage social du type « 3 virgule 08 » peut renforcer les fausses
représentations, notamment celle de la « virgule frontière ». Les échanges en classe offrent loccasion
de manipuler mentalement les changements de registres, ce que facilitent les formulations du type
« 308 centièmes » ou « 3 unités plus 8 centièmes ». Attendre cette rigueur de la part des élèves les
aide à établir les liens entre les différentes désignations et contribue à la compréhension des nombres
décimaux. La maîtrise, par tous les élèves, des techniques opératoires sur les nombres décimaux est
un objectif de fin de cycle. Un travail spiralé, mené sur toute la durée du cycle, sous forme de calcul
mental ou réfléchi doit permettre de latteindre. Mais la technique sacquiert aussi à travers la
résolution de problèmes et nombreux sont ceux qui sollicitent les nombres décimaux; leur résolution
contribue à consolider la compréhension de ces nombres. Ces problèmes peuvent relever de la vie
courante, dautres disciplines ou dautres champs des mathématiques : calculs de coûts, coefficients
de proportionnalité ou de linéarité, déchelles ou de moyennes, mesures de grandeurs, conversions
dunités, etc.
Différenciation
Pour les élèves qui nont pas encore acquis une compréhension automatisée des décimaux, il est
nécessaire de recourir à des outils de manipulation permettant de visualiser les rapports entre unité,
dixième, centième pour asseoir le sens des désignations. Parmi ces outils on peut citer la droite
graduée, mais aussi le carré ou le cube unité partagés en sous-unités, les tangrams, etc. On pourra
se reporter à lactivité développée au paragraphe VI.
Une bonne connaissance de faits numériques comme les multiples de 25 et leur relation avec 100, les
divisions par 10, 100, 1000, etc. est indispensable à la bonne compréhension des nombres décimaux.
Un travail routinier sur ces prérequis permet de dépasser certaines difficultés.
Pour certains élèves, un manque dassurance dans le calcul écrit constitue un véritable handicap
et une source de blocage. Or, de même quune orthographe incertaine ne saurait interdire lécriture,
le manque de dextérité calculatoire ne doit pas constituer un blocage à toute activité mathématique.
Il est donc indispensable de ne pas limiter lactivité des élèves les plus fragiles à des tâches purement
techniques et il est déconseillé dattendre systématiquement leur maîtrise avant de leur proposer des
problèmes à résoudre, ce qui peut dailleurs constituer un puissant levier pour motiver lacquisition des
techniques.
Dans le cadre dun approfondissement, létude de quelques cas de non décimalité pourra être traitée.
Exemples de situations dapprentissage
Contrôle de la vraisemblance du résultat dun calcul sur les nombres décimaux
Exemple de la division par un nombre décimal
0,6
On propose aux élèves de calculer . On peut sattendre à ce que certains proposent comme
0,2
résultat 0,3 ou 0,03. Ils effectuent en effet la division de 6 par 2 et mettent soit un chiffre après la
virgule en appliquant lalgorithme de laddition, soit deux chiffres après la virgule en appliquant
lalgorithme de la multiplication.
0,6
La référence au quotient permet didentifier comme étant le nombre par lequel il faut multiplier 0,2
0,2
pour obtenir 0,6. Linvalidation des résultats 0,3 et 0,03 repose alors sur les opérations 0,3 × 0,2 =
0,06 et 0,03 × 0,2 = 0,006.
Pour certains élèves, la compréhension de lerreur passe par la verbalisation de la notion de partage
en « Combien de fois 0,2 entre-t-il dans 0,6 ? » ou en sa formulation équivalente « Combien de fois 2
dixièmes entrent-ils dans 6 dixièmes ? ». Ces formulations permettent damener les élèves à prendre
0,6
conscience «quil y a plus dune fois 0,2 dans 0,6 », et donc que ne peut valoir ni 0,3 ni 0,03.
0,2
Il convient également dinsister sur le fait que le résultat de la division par un nombre décimal inférieur
à 1 est plus grand que ce nombre. Cela doit faire partie des automatismes de contrôle.
Utilisation de la droite graduée
Lactivité ci-dessous utilise des zooms à différentes échelles.
Source : académie de Rennes
1. Quel est le nombre indiqué par la flèche sur la droite graduée ci-dessous ?
2. On a représenté un agrandissement dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur l'agrandissement ?
3. On a représenté des agrandissements successifs dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur le dernier agrandissement ?
Cette activité peut être complétée par lexercice inverse, qui consiste par exemple à représenter
2,472 sur la droite graduée.
Mesure de grandeurs
La mesure de la surface des pièces dun Tangram permet de
faire le lien entre écritures décimales, fractions décimales et
fractions non décimales puisquon peut utiliser comme unité
daire soit le plus petit des triangles, dont laire est égale à un
seizième de laire totale, soit le centimètre carré, en utilisant le
quadrillage.
Autres exemples d'activités
 Des exemples de questions flash
 Un exemple de tâche intermédiaire : un problème de coûts
 Un exemple de tâche avec prise dinitiative : Épaisseur dune feuille de papier
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de nombre décimal avec les élèves :
 Le nombre au cycle 3 SCEREN - CRDP, septembre 2012
 Les nombres au collège
 Le calcul numérique au collège
 Découvrir de nouveaux nombres au collège - brochure IREM de Strasbourg 2012
 Des maths ensemble et pour chacun - Rouquès, J.-P. & Staïner, H.(2010) - Cinquième.
Nantes : CRDP des Pays de la Loire
 Comment les enseignants tirent-ils parti des recherches faites en didactique des
mathématiques ? Le cas de l'enseignement des décimaux à la charnière école-collège
BLOLON J. 1996, Identifiant BU : 96PA05H050
 Banque des exercices de Mathématiques sans Frontières Junior
 Enseigner et apprendre les nombres décimaux : dispositif dévaluation diagnostique Decival
sur le site du Centre de Recherche sur lEnseignement des Mathématiques de Louvain
(Belgique)
 La sixième entre fractions et décimaux - Brochure de lIREM de Lyon

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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes:
les nombres décimaux
Exemples de questions flash : calculs sur les
décimaux, conversions entre système
décimal et système sexagésimal
ATTENDUS DE FIN DE CYCLE ; CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES ASSOCIÉES
En développant le calcul mental sur des nombres décimaux et en se prêtant au contrôle
de la vraisemblance des résultats, cette situation dapprentissage participe à la construction
de lattendu de fin de cycle « utiliser les nombres pour comparer, calculer et résoudre
des problèmes ».
COMPÉTENCES TRAVAILLÉES
Calculer, représenter.
Énoncé
Q1 Calculer Q4 Convertir Q7 Exprimer
0,3 × 0,2 0,2 h en minutes 36 minutes en heure
Q2 Calculer Q5 Convertir Q8 Exprimer
1,1 × 0,4 0,5 h en minutes 20 minutes en heure
Q3 Calculer Q6 Convertir Q9 Exprimer
1,2 × 0,06 0,25 h en minutes 1h 45 min en heure
Pistes pédagogiques
Cest lanalyse et le traitement des erreurs qui donneront du sens aux automatismes visés.
Questions Q1 à Q3
Des élèves peuvent proposer 0,6 comme réponse à la question Q1, en appliquant un algorithme lié
à laddition. On renverra ces élèves au calcul 0,3 × 2 dont le résultat est 0,6 car « deux fois trois
dixièmes est égal à six dixièmes ».
Comme 0,2 est dix fois plus petit que 2, le produit 0,3 × 0,2 est dix fois plus petit que 0,3 × 2, il est
donc égal à 0,06.
Une autre approche peut être mise en avant. Elle consiste à raisonner à partir du produit des entiers :
3 × 2 = 6. Comme 0,3 est dix fois plus petit que 3 et 0,2 dix fois plus petit que 6, le produit 0,3 × 0,2
est cent fois plus petit que 6.
Lentretien de telles démarches se fera sur la durée, avec un calcul de ce type par séance comme par
exemple Q2 et Q3.
Questions Q4 à Q9
Les rencontres avec le système sexagésimal permettent aux élèves dappréhender un autre système
de numération et de sinterroger sur les liens entre les deux systèmes. Le passage de lécriture
décimale à lécriture sexagésimale des durées gagne à être travaillé dans la durée, pour une meilleure
appropriation. Ces calculs pourront ensuite être réinvestis dans divers problèmes.
Convertir des durées inférieures à 1h
En réponse à la question Q4, des élèves peuvent proposer 2 min ou 20 min, considérant que 0,2 h =
1 1
0,20 h = 20 minutes. Après avoir fait remarquer que 20 minutes, cest dheure et que nest pas égal
3 3
à 0,2, on sintéresse au sens du nombre 0,2 : cest deux dixièmes et deux dixièmes dheure, cest 12
min. Une autre procédure pourra être mise en évidence, en lien avec la proportionnalité : 1 h = 60
min ; 2 h = 120 min ; 0,2 h = 120 min ÷ 10 ou 0,2 × 60 min.
1 1
Les questions suivantes permettent de revoir le lien entre 0,5 et , et entre 0,25 et .
2 4
0,5 h, cest une demi-heure, cest donc aussi 30 minutes. De nombreux élèves, en début
dapprentissage, pensent que 0,25 h = 25 min. Le lien entre les écritures décimale et fractionnaire
de 0,25 permet de mettre en évidence que 0,25 h cest un quart dheure, donc 15 min.
On pourra entretenir régulièrement ces types de raisonnements, en ajoutant progressivement des
conversions de durées supérieures à 1h telles que 2,1 h = ….h ….min ou 1,75 h = ….h ….min.
Passer du système sexagésimal au système décimal
Beaucoup délèves pensent quil nest pas possible dexprimer 36 minutes en heure. Deux procédures
peuvent être envisagées. La première est liée à la division : pour passer des heures aux minutes, on
multiplie par 60, donc pour passer des minutes aux heures, on divise par 60.
1 36
La deuxième est liée aux fractions, une minute étant égale à d'heure, 36 min = h = 0,6 h.
60 60
Certains élèves peuvent proposer 0,3 h comme expression de 20 minutes en heure. Le travail
précédent permet de leur faire comprendre que la réponse est erronée, puisque 0,3 h étant la moitié
de 0,6h, cest 18 min. La procédure liée aux fractions ou à la langue naturelle (20 cest le tiers de 60)
permet de conclure.
On pourra poursuivre régulièrement ce travail en demandant de convertir en heure 15 min, 1h 45 min,
3h 12 min, etc.

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Creator: Adobe InDesign CS4 (6.0)
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CreationDate: Mon Mar 21 11:53:12 2016 Paris, Madrid
ModDate: Mon Mar 21 11:53:14 2016 Paris, Madrid
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Informer et accompagner
les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
MATHÉMATIQUES
Nombres et calculs
Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes :
les nombres décimaux
Un exemple de question à prise dinitiative :
épaisseur dune feuille de papier
ATTENDUS DE FIN DE CYCLE ; CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES ASSOCIÉES
Utiliser les nombres décimaux pour résoudre des problèmes :
• calculer avec les grandeurs mesurables, exprimer le résultat dans une unité adaptée ;
• estimer un ordre de grandeur.
COMPÉTENCES TRAVAILLÉES
Chercher, raisonner, calculer, communiquer.
Énoncé
Environ 800 classes sont inscrites cette année au concours « Mathématiques sans Frontière
Junior ». Les organisateurs de la compétition ont prévu de distribuer un sujet par participant.
John affirme que, si on empilait la totalité des sujets, la pile serait aussi haute quune
montagne. Pour savoir sil a raison, donner une estimation de la hauteur de cette pile.
Expliquer le raisonnement.
Cette activité est issue de la compétition « Mathématiques sans Frontière Junior », 2015
Pistes Pédagogiques
Les tâches dans lesquelles il manque certaines données permettent de développer les
prises dinitiative. Lactivité ci-dessus, qui peut être proposée dès la classe de 5e, permet aux
élèves de faire évoluer leurs représentations des nombres décimaux, tout en nécessitant de
limagination et la mise en place dun raisonnement.
Deux éléments sont à relever :
lépaisseur dune feuille de papier est inférieure à un millimètre ; un tel intervalle de mesure
est en général peu familier des élèves, pour lesquels la plus petite sous-unité connue
à ce niveau est le millimètre. Il est donc ici impossible de se référer à une sous-unité per-
mettant de transformer un décimal en un entier (comme par exemple lorsquon écrit
0,152 m = 152 mm), passage dont on sait quil est un obstacle didactique à la compréhension
des décimaux ;
la façon la plus pertinente dévaluer lépaisseur dun sujet est de mesurer lépaisseur dune
pile importante de sujets ou de trouver le nombre de sujets à superposer pour obtenir une
pile d1 cm dépaisseur par exemple. Cette activité permet donc de trouver un nombre
décimal comme résultat dun quotient.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Cette situation peut être scénarisée de différentes manières, qui doivent favoriser les
démarches personnelles des élèves.
Deux préconisations pour la mise en œuvre de cette situation :
inciter les élèves à utiliser ce quils ont sous la main pour effectuer lextrapolation des
données. Il peut savérer nécessaire de débloquer le travail des élèves en leur suggérant de
calculer lépaisseur dune ramette de papier ou dun cahier afin de contourner la difficulté
dune épaisseur trop petite pour les instruments de mesure couramment utilisés dans une
classe de collège ;
une mise en commun des démarches et surtout des procédures de détermination de lépais-
seur dun sujet permettra de mettre en relief certains attendus du cycle 4: explicitation de
la démarche et des résultats, mise en évidence et justification des extrapolations, calcul
dordres de grandeurs.
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MATHÉMATIQUES
Nombres et calculs
Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes :
les nombres décimaux
Un exemple de tâche intermédiaire :
un problème de coûts
ATTENDUS DE FIN DE CYCLE ; CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES ASSOCIÉES
Résoudre des problèmes de proportionnalité :
• reconnaître une situation de proportionnalité ;
• utiliser les nombres pour comparer, calculer et résoudre des problèmes ;
• calculer le produit de deux nombres décimaux.
COMPÉTENCES TRAVAILLÉES
Chercher, raisonner, calculer.
Énoncé
Des pommes sont vendues 2,6 € le kg. Calculer le prix de 700 g de ces pommes et celui
de 2,3 kg.
Pistes Pédagogiques
Le problème amène lélève à se poser la question « combien de fois 1 kg la quantité donnée
représente-t-elle ? ». La détermination du « nombre de fois » étant de difficulté croissante
suivant le statut du nombre exprimant la quantité, ce type de problème, déjà abordé au cycle 3,
peut être proposé tout au long du cycle 4.
La résolution est accessible à la plupart élèves lorsque la quantité est exprimée par un
nombre entier.
Elle est déjà moins accessible lorsque ce nombre est un décimal non entier supérieur à 1
(le prix de 2,3 kg est 2,3 fois celui de 1 kg).
Elle devient difficile pour de nombreux élèves lorsque le nombre est un décimal inférieur
à 1 (le prix de 0,7 kg est 0,7 fois celui de 1 kg). Les élèves pour qui la multiplication ne peut
quagrandir les nombres pensent que lopération à mobiliser pour trouver le prix de 700 g
de pommes ne peut être quune division.
Cette situation permet de faire le point sur les procédures mises en œuvre par les élèves
et de les amener vers la méthode visant à multiplier 2,6 € par le nombre de kg.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Le calcul du prix de 2,3 kg permet la confrontation de deux procédures :
celle consistant ajouter les prix de 2 kg et de 300 g. Cette procédure est souvent majoritaire
en début dapprentissage ;
celle consistant à considérer que 2,3 kg cest 2,3 fois 1 kg et, ainsi, le prix de 2,3 kg est 2,3
fois celui de 1 kg, soit 2,3 × 2,6 €.
Deux des procédures possibles pour calculer le prix de 700 g sont schématisées ci-dessous :
Ces deux schémas permettent de faire le lien entre multiplier un nombre par 0,7 et diviser
ce nombre par 10 puis multiplier le résultat par 7. La comparaison des deux procédures
permet de mettre en avant la plus grande efficacité de la deuxième procédure, celle-ci ne
nécessitant quun seul calcul. Cependant, il faudra un certain temps pour que certains élèves
se lapproprient, se sentant plus en sécurité avec une procédure qui leur était auparavant
familière.
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MATHÉMATIQUES
Nombres et calculs
Comprendre et utiliser les notions
de divisibilité et de nombres premiers
Objectifs
Au cycle 3, lélève a découvert la notion de multiple et diviseur dun entier naturel dusage
courant et les critères de divisibilité par 2, 3, 4, 5, 9 et 10. Il a résolu des problèmes en
mobilisant la division euclidienne selon deux approches :
LA DIVISION GROUPEMENT LA DIVISION PARTAGE
Exemple Exemple
La maîtresse a 12 jetons. Elle les distribue à un groupe La maîtresse a 12 jetons. Elle les distribue à 4 élèves.
délèves. Chaque élève reçoit 3 jetons. Combien y atil Chaque élève a le même nombre de jetons. Combien de
délèves ? jetons a chaque élève ?
Résoudre un problème de division-groupement revient Résoudre un problème de division-partage revient à
à calculer le nombre de paquets identiques que lon calculer la valeur dun paquet connaissant le nombre
peut faire dans une collection connaissant la valeur dun de paquets identiques que lon peut faire dans une
paquet. collection.
Au cycle 4, la division euclidienne continue à être mobilisée ; les notions de multiple et de
diviseur sont étendues à lensemble des entiers naturels. Progressivement, lélève découvre
les notions de diviseur commun et de nombre premier. Il mobilise ces connaissances pour
résoudre des problèmes.
Lapprentissage du raisonnement est un objectif central auquel contribue de façon spécifique
le travail en arithmétique. Lactivité mathématique proposée aux élèves doit prendre appui sur
des situations variées.
Il sagit damener les élèves à élaborer des raisonnements de divers types :
• par disjonction de cas : « Si deux entiers naturels ne sont pas multiples de 3, alors leur pro-
duit nest pas multiple de 3 » (disjonction de cas suivant les restes de la division euclidienne
par 3).
• par labsurde : « n désigne un entier qui nest pas premier. Montrer que n a un diviseur plus
petit que √n. » ; « Irrationalité de √2. »
• à laide dun contre-exemple : « Vrai-Faux : quel que soit lentier naturel n,
le nombre n² - n + 11 a exactement 2 diviseurs. (n = 11 fournit un contre-exemple.)
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Liens avec les domaines du socle
La recherche de diviseurs ou de multiples dun entier naturel ou communs à deux entiers
naturels, la simplification de fractions, la décomposition dun entier naturel en produit de
facteurs premiers conduisent à effectuer avec discernement des calculs mentaux, posés ou
instrumentés (domaine 1).
De façon générale, lanalyse des erreurs, le travail par « essais/ajustements » et le travail
collaboratif, en groupe ou en équipe et, plus spécifiquement, la reconnaissance du caractère
irréductible dune fraction, lidentification ou la production de nombres premiers conduisent
à sengager dans des démarches de recherche, y compris algorithmiques, à produire des
exemples ou des contre-exemples (domaine 2).
La résolution de problèmes mettant en jeu des entiers naturels (comme les problèmes de
conjonction, voir par exemple lactivité « Ça roule »), qui conduit à observer, manipuler et
argumenter, et le travail de la preuve (critères de divisibilité, par exemple) permettent de
rencontrer et de produire des raisonnements spécifiques (par labsurde, par disjonction de
cas, à laide de contre-exemples notamment), ce qui favorise lapprentissage du raisonnement
(domaines 3 et 4).
Progressivité des apprentissages
La division euclidienne est travaillée sur toute la durée du cycle. Les critères de divisibilité,
les notions de diviseur et de multiple dun entier naturel sont à réinvestir dès le début du
cycle. Dans la perspective de lapprentissage du raisonnement, les nombres premiers peuvent
être introduits dès le début du cycle et travaillés tout au long du cycle. La notion de fraction
irréductible est introduite en classe de 3e, donnant une occasion daborder la notion de
diviseur commun à deux entiers naturels. Dans la mesure où cette approche met en jeu des
entiers de taille raisonnable, la fraction irréductible sobtient par simplifications successives et
ne nécessite pas le calcul du PGCD.
Stratégies denseignement
Les questions flash (Multiples, diviseurs et critères de divisibilité et Nombres premiers)
contribuent à la construction du sens « multiple/diviseur » et à lappropriation des critères de
divisibilité. Proposées régulièrement sur la durée du cycle, elles permettent de réactiver ces
savoirs et savoir-faire ; elles peuvent concourir à une évaluation diagnostique.
Le travail sur lerreur sappuie sur un retour au sens, en lien avec la définition de diviseur et
de multiple ainsi que la production dexemples et de contre-exemples. Larithmétique est un
domaine dans lequel lélève est amené à mettre en œuvre différents types de raisonnement.
Loral constitue une aide à la compréhension et participe du traitement de lerreur.
Différenciation
Dans ce thème, la différenciation peut notamment consister en :
• un accompagnement spécifique que ce soit pour des travaux en classe ou hors la classe ;
• lélaboration de la preuve dun résultat général, dune propriété (critère de divisibilité par 3
par exemple) ou la résolution dun problème (voir par exemple le prolongement proposé dans
la tâche intermédiaire « Un petit nombre ») à laide dun exemple générique ; la démonstration
dans le cas général pouvant faire lobjet dun approfondissement proposé à certains élèves.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Exemples de situations dapprentissage
Les tâches proposées peuvent notamment consister en des activités mentales, conduire à
lélaboration dalgorithmes et de programmes et exiger la mise en œuvre de raisonnements.
Exemples dactivités
Exemples de questions flash
• Multiples, diviseurs et critères de divisibilité
• Nombres premiers
Exemples de tâches intermédiaires
• Qui suis-je ?
• Un habile partage
• Un petit nombre
• Une grande lectrice
Exemples dactivités avec prise dinitiative
• Ça roule
• Système monétaire
• Conjecture de Syracuse
Interdisciplinarité
Les entiers naturels interviennent principalement dans la résolution de problèmes internes
aux mathématiques relevant de la divisibilité et de la primalité. Létude de tels problèmes
permet aux élèves de sapproprier des connaissances et dacquérir des compétences qui
favorisent tout particulièrement lapprentissage du raisonnement.
De façon complémentaire, létude de problèmes dengrenages, de conjonction de phénomènes
périodiques, issus de la physique et de la technologie, participent de la formation des élèves.
Des EPI portant sur les thématiques « Information, communication, citoyenneté » (stockage
de linformation, cryptage) ou « Langues et cultures de lAntiquité » (prédiction des éclipses
solaires et lunaires, nombres parfaits) seront loccasion de construire lattendu de fin de cycle
« Comprendre et utiliser les notions de divisibilité et de nombres premiers ».
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements
utiles pour aborder les notions de divisibilité et de nombres premiers avec les élèves :
• Du numérique au littéral
• Raisonnement et démonstration
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MATHÉMATIQUES
Compétences travaillées en mathématiques
Chercher
Chercher est peut-être la première des compétences à laquelle on pense lorsquon tente de
décrire lactivité mathématique. Elle en constitue sans doute la part la plus exaltante pour
celles et ceux qui aiment les mathématiques. Mais aussi la part la plus difficile pour dautres.
Il faut reconnaitre quil sagit de lune des compétences qui se laissent le moins facilement
circonscrire. Amener les élèves à savoir quoi chercher et comment chercher est donc un
objectif ambitieux, mais nécessaire au développement de toutes les autres compétences au
cycle 4.
Deux activités pour un même terme
La compétence « Chercher » recouvre dans le travail quotidien de lélève comme du
mathématicien deux activités quil convient de distinguer. On peut illustrer cette dualité, qui
tient simplement à la polysémie du verbe chercher, par les deux consignes suivantes, toutes
deux relatives à une série de représentations dangles :
• Première consigne : « Chercher quels sont les angles droits »
• Deuxième consigne : « Chercher comment classer les angles »
Il sagit de deux activités mettant en œuvre une recherche, mais alors que dans le premier cas,
lélève met en œuvre des processus éprouvés, repère et utilise les attitudes expertes qui lui
auront explicitement été indiquées comme telles, dans lautre, il sagit de donner un sens à la
question, voire de définir la question.
Le préambule du programme de mathématiques du cycle 4 illustre bien le premier sens de la
compétence « Chercher » dans la mesure où il précise quon attend de lélève quil sache
« extraire dun document les informations utiles, les reformuler, les organiser, les confronter à
ses connaissances ».
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Au cycle 4, on laisse à lélève plus dautonomie. Les situations proposées nécessitent en effet
une part plus importante dinitiative : compléter un tableau, voire construire un tableau qui
nest pas présent, effectuer des calculs qui ne sont pas explicitement demandés.
Quant au deuxième sens, il est également présent dans le volet « Compétences travaillées »
du programme: il sagit d« émettre des hypothèses, chercher des exemples ou des contre-
exemples », mais aussi de « tester, essayer plusieurs pistes de résolution ».
Dans ce second sens, il est cependant moins évident de décrire de quoi il sagit et ce quon
attend véritablement de lélève. Il ne sagit pas, en tout cas, de deviner une question fermée
que lenseignant aurait en tête et il convient dexplorer plus avant ce qui constitue cette part
essentielle de la compétence « Chercher ».
Que se passe-t-il lorsque lon cherche ?
Chercher peut être vu en première analyse comme une activité transitoire pour lélève, un
échafaudage que lon oublie une fois le bâtiment achevé. Pour aboutir au résultat dun calcul,
pour établir un raisonnement, pour construire une modélisation, on sait quil a fallu une phase
de recherche, mais qui ne laisse pas de trace sur le résultat final : on recopie au propre et on
note la synthèse dans le cahier.
Cette phase de recherche et de tâtonnement (« je cherche… », dit lélève en cachant son cahier)
est pourtant essentielle en mathématiques et la réussite de tous les élèves passe par le fait
dexpliciter au mieux ce qui sy joue.
On peut dégager au moins deux grands axes dans cette réflexion sur lactivité de recherche.
La dimension temporelle est essentielle : il faut du temps, et cest dans le temps que
les choses vont se transformer. Ne pas donner immédiatement lidée, ou une amorce de
solution, mais laisser un temps dindétermination où puissent sélaborer des représentations
personnelles et variées.
La place de lerreur constitue également un élément capital : si transformation il y a, cest
quà un moment, les choses nétaient pas justes. Comme le dit le mathématicien Alexandre
Grothendieck1 : « Craindre lerreur et craindre la vérité est une seule et même chose. Celui qui
craint de se tromper est impuissant à découvrir. Cest quand nous craignons de nous tromper que
lerreur qui est en nous se fait immuable comme un roc. »
Cette peur dont parle le mathématicien (peur de se tromper, peur de ne pas bien faire, de ne
pas savoir quoi faire) une phrase aussi anodine que « Voilà, maintenant, vous pouvez chercher »
peut la déclencher chez les élèves : chercher quoi, chercher comment, chercher jusquoù ? Si
cette phrase est prononcée, il faut donc quelle ait été précédée dexpériences plus balisées.
Il faut également laisser un temps suffisant pour prendre le risque dessayer, de se tromper,
didentifier son erreur, mais un temps explicitement limité pour ne pas tomber dans une
activité sans limite et sans consistance. Il faut enfin donner aux élèves les outils permettant de
dépasser la peur de se tromper.
1. Récoltes et Semailles : Réflexions et témoignage sur un passé de mathématicien, Université Paris 6, Grothendieck
Circle, 1986, Première partie, § 5.2.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Un chemin qui laisse des traces
Ces outils peuvent être définis comme ce qui reste lorsque la recherche est terminée, en
dehors du résultat lui-même. Ils peuvent être pour une part identifiés par les élèves, par le
biais dun carnet de recherche ou de phrases notées sur le cahier : « jai essayé avec trois et
quatre », « jai fait des figures et jai mesuré ». Mais ils doivent aussi être explicitement isolés et
identifiés par lenseignant : « vous avez essayé plusieurs choses très intéressantes… », « en fait,
ce que tu as fait, cest ce quon appelle… », « lorsque lon rencontre un problème de ce type, on fait
souvent plusieurs figures… »
Cette manière dassocier des problèmes et des méthodes permet ensuite de construire des
situations références : « et si tu essayais les mêmes idées que pour le problème de la somme
de trois nombres ? ». Les élèves peuvent ainsi peu à peu donner de lépaisseur à lactivité de
recherche : chercher, cest tester avec des nombres, cest émettre des hypothèses, cest
parfois proposer une question. Le passage à la démonstration, qui constitue un des objectifs
du cycle 4, ne peut être réussi pour les élèves les plus fragiles que sils en perçoivent les
moyens et les buts au travers de situations diverses et explicitement désignées comme
représentatives de lactivité de recherche.
On notera à ce stade quau travers de lapparition du thème E, « Algorithmique et
programmation », ces questions trouvent un cadre nouveau et particulièrement propice. Tout
dabord, les outils de la recherche y sont explicitement désignés comme des objets de savoir
à part entière : « décomposer un problème en sous-problèmes », « reconnaitre des schémas »,
outils et méthodes qui seront évidemment réinvestis avec profit dans dautres champs du
programme.
Ce thème offre également un cadre rassurant aux élèves quant à la place de lerreur, qui fait
en effet partie intégrante de la démarche de programmation : « Écrire, mettre au point (tester,
corriger) et exécuter un programme en réponse à un problème donné ». De plus, la validation
ny est pas celle de lenseignant, mais celle, plus neutre, de lexécution du programme qui
marche ou ne marche pas.
Une activité extraordinaire ?
La mention du carnet de recherche amène naturellement à évoquer la pratique des problèmes
ouverts, et plus largement des défis, dans la classe, mais aussi en dehors de la classe sous
la forme de clubs, ateliers, concours (MATh.en.JEANS, stages MathC2+, etc.). Lapport de tels
dispositifs est indéniable, dans leur dimension collective et collaborative, comme dans leur
aspect ludique. Mais ce serait une erreur de réduire la compétence « Chercher » à une activité
extraordinaire, rare et sans effet sur lordinaire de la classe constitué quant à lui de questions
fermées et balisées. Il importe de repenser les activités les plus quotidiennes, les plus
simples, sous langle de ce quelles peuvent apporter, même modestement, à lélaboration de
la compétence « Chercher ».
Cela peut être à loccasion dune activité de calcul mental, sous forme de petits défis : trouver
lopération et non pas le résultat, trouver le résultat le plus grand possible, ou travailler sur la
multiplication, comme sur cet exemple2 :
2. Exemple issu de Le calcul mental au collège, sous la direction de Bernard Anselmo et Hélène Zuchetta, 2013.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Nombre de départ → ×5
×3
Nombre darrivée ← ×2
Une série de nombres de départ étant donnés, la consigne est de calculer le plus vite possible,
ce qui peut constituer une première approche de certaines propriétés du produit, avant de les
institutionnaliser peu à peu.
Larithmétique est un terreau particulièrement riche pour entretenir au quotidien la
compétence « Chercher ». La familiarité des élèves avec les nombres entiers leur permet en
effet de sengager plus facilement dans une démarche dessais et hypothèses. Lélaboration
dune conjecture utilisant le langage symbolique peut constituer alors lun des buts de la
phase de recherche3.
En algèbre, un travail sur les variables didactiques peut souvent permettre de transformer
une question fermée en une activité mettant en œuvre une véritable recherche. Ainsi, lors
dun travail sur lutilisation du calcul algébrique pour montrer que deux programmes de
calcul donnent le même résultat, on peut remplacer la consigne « Montrer que les programmes
suivants aboutissent tous les deux au même résultat » par la consigne « Voici deux programmes de
calcul, que peut-on en dire ? ». Lélève est ainsi amené à expérimenter, à déterminer peu à peu
une question, ainsi que les moyens dy répondre.
En géométrie, les problèmes de construction forment
un grand répertoire dactivités de recherche où la
découverte progressive des configurations et des
transformations outille peu à peu lélève. Lutilisation
dun même support peut par ailleurs amener des
questions qui mettent en jeu une recherche autour des
transformations, en variant les niveaux de difficulté.
Considérons par exemple le pavage ci-contre
(Mozaïque de lAlhambra)
• Comment ce pavage est-il construit ? »
• Cette figure étant donnée, comment peut-on
construire le pavage ? »
• Quelles transformations reconnait-on ? »
• Comment peut-on construire le pavage à partir de la
figure la plus simple possible ? »
• Peut-on construire le même pavage, avec des motifs
différents ? »
Source : FreeImages.com /Eric Weijers
Conclusion
Remettre du doute, remettre du jeu pour conserver ce plaisir de lactivité mathématique
quotidienne que connaissent les enfants au cycle 3, tout en poursuivant le développement des
autres compétences, tels sont les enjeux de lattention portée au cycle 4 au développement de
la compétence « Chercher ».
3. Et ce même si la démonstration de la conjecture nest pas à la portée des élèves.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Bibliographie
• ASTOLFI,J.-F.(1997). Lerreur, un outil pour enseigner. Paris : ESF.
• PERRIN D. (2007), En mathématiques, que cherche-t-on ? comment cherche-t-on ?
conférence donnée au collège de Boussy Saint-Antoine.
• Ressources daccompagnement des programmes de mathématiques de 2008 :
--Géométrie au collège
--Raisonnement et démonstration
• ANSELMO B. & ZUCHETTA H.(dir.) (2013). Le calcul mental au collège. Paris : SCEREN.
• MANTE M.& ARSAC B.(2007). Les pratiques du problème ouvert. Paris : SCEREN.
• BAUDART F.(2011). Monde de loral et monde de lécrit en mathématiques, Le Français
aujourdhui174,107-118 .
• Document préparatoire à la 16° étude de la CIEM4 : Challenging Mathematics in and beyond
the Classroom (le document est en français).
4. Commission internationale de lenseignement mathématique.
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MATHÉMATIQUES
Compétences travaillées en mathématiques
Communiquer à lécrit et à loral
Communiquer efficacement dans le cadre dune activité mathématique est un objectif de
formation essentiel, recouvrant plusieurs champs de compétences : comprendre des énoncés,
produire des textes aux finalités diverses, sexprimer oralement.
Cest aussi par la médiation déchanges que le professeur apprécie le niveau de maîtrise de
lélève. Cette double fonction de la communication, objet de formation et moyen dapprécier la
réussite de lélève, a son importance. Sil convient que lélève apprenne à sexprimer avec un
maximum de rigueur et de clarté, il ne faut pas pour autant considérer que celui qui sexprime
avec peine a nécessairement des difficultés mathématiques. Il sagit avant tout douvrir le
champ de la résolution de problèmes au plus grand nombre délèves, y compris à ceux qui ont
des difficultés à entrer dans les codes de la rédaction dune démonstration.
Prendre en compte les spécificités de la langue utilisée dans
lactivité mathématique
Toutes les difficultés des élèves ne sont pas imputables à des problèmes de langue et tous
les problèmes de langue ne résultent pas dun déficit lexical. Des malentendus peuvent naître
dénoncés ambigus, dun déficit dexplications ou de la difficulté à gérer les interactions entre
plusieurs registres de langue.
Le domaine 1 du socle commun, les langages pour penser et communiquer, vise à prendre
en compte, au-delà de la maîtrise de la langue française, la spécificité de certains langages.
Ainsi, la communication mise en œuvre en mathématique se caractérise par la coexistence
dun langage précis et codifié pouvant faire intervenir des symboles, et dune langue plus
proche de la langue naturelle qui permet déchanger des idées ou de donner des explications.
Lutilisation simultanée de ces deux niveaux dexpression et dune gamme de niveaux
intermédiaires, avec leurs règles propres qui peuvent varier, mérite un accompagnement
particulier. Cet accompagnement doit notamment éveiller lélève à lidée que le débat
scientifique est soumis à des spécificités.
En mathématiques, le sens dune phrase est sensible à lordre des mots, ainsi quà la
signification des connecteurs logiques ou de quantificateurs plus ou moins explicites.
Le sens de la phrase « Tout multiple de 15 est multiple de 5 » est modifié si on intervertit les
entiers mentionnés.
La phrase « On sait que ABCDE est un pentagone régulier, donc 360/5 = 72 (…) » nest pas correcte,
bien que lélève ait sans doute correctement analysé la figure.
Dans la phrase « Un carré a quatre angles droits », il faut comprendre que ce qui est dit vaut
pour nimporte quel carré. Si lon donne comme définition : « Un rectangle est un quadrilatère
qui a quatre angles droits », cette phrase apparemment proche de la précédente fournit une
double information permettant de caractériser un rectangle.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
En mathématiques, la concision des énoncés peut être source de malentendus.
La même phrase « Tout multiple de 15 est multiple de 5 » peut être comprise à tort comme une
équivalence.
La concision est par ailleurs un objectif, non pour sa dimension esthétique, mais pour la
cohérence de la solution. Ainsi, la rédaction dune démonstration relève dune pratique très
codifiée où par exemple il convient de ne pas multiplier les arguments si un seul peut suffire.
Bien entendu, un tel objectif doit faire lobjet dune réflexion pédagogique afin dadapter
les attentes aux possibilités des élèves de collège, pour lesquels lappropriation de cette
contrainte est en cours dacquisition.
En mathématiques, des tableaux, des graphiques ou dautres modes de représentation,
peuvent se substituer efficacement à des phrases qui seraient nettement plus difficiles à
comprendre.
Au même titre que lon ne saurait remplacer les panneaux des gares affichant les horaires des
trains par des phrases, la puissance des notations mathématiques permet de condenser un
nombre important dinformations. Au lycée, un tableau de variation ou un arbre de probabilités
sont porteurs de conventions que lon peut mobiliser pour démontrer. De même au collège, un
tableau de proportionnalité, le recours au calcul littéral, ou une figure codée permettent une
économie de pensée.
De nombreux termes utilisés en mathématiques proviennent de la langue courante, mais
prennent un sens différent. Une liste de termes polysémiques rencontrés en mathématiques
au collège peut être portée à la connaissance des élèves [liste de termes polysémiques
rencontrés en mathématiques].
En mathématiques, la structure dune phrase ne renseigne pas toujours sur le statut de
lénoncé. On peut notamment distinguer : la donnée dune information (énoncé dun problème),
linstitutionnalisation (définition, propriété), la démonstration, la consigne donnée par le
professeur, les commentaires émis par lélève (narration de recherche) ou par le professeur
(annotations sur une copie).
Par exemple, les phrases suivantes figurant dans un même cahier délève sont construites de la
même façon, mais ont une fonction différente : « La somme des angles dun triangle est égale à
180°. », « La longueur totale du trajet est de 60 km », « I milieu de [AB] est équidistant des points
A et B ».
Plus généralement, la part importante dimplicite constitue un obstacle dont il faut prendre
acte.
Laccumulation de ces difficultés potentielles montre à quel point la compréhension dun
texte mathématique et, a fortiori, la production dun texte tel quune démonstration recèlent
de nombreux obstacles. En avoir conscience doit permettre au professeur dadapter ses
exigences pour mieux former les élèves.
Il va de soi que la détection de telles difficultés ne peut sopérer à partir dun catalogue
préétabli. Une démarche dentretien avec lélève concerné est indispensable.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Placer les élèves en situation de production écrite
Garantir la compréhension des énoncés et des consignes est un préalable essentiel.
Certaines habitudes de travail instaurées au cycle 3 peuvent être avantageusement prolongées
au cycle 4, comme par exemple : ménager un temps de lecture silencieuse des énoncés,
faire expliciter le vocabulaire spécifique, lui donner du sens en précisant éventuellement son
étymologie, sassurer de la compréhension des textes lus.
En vue de renouveler lactivité de lecture pour solliciter lattention et lesprit critique, se sont
développées certaines activités : construction par les élèves dun énoncé de problème à partir
de quelques données, ou présence dans un énoncé des données superflues. Cette dernière
pratique peut présenter un intérêt dès linstant où elle ne vise pas à tendre des pièges mais
sapparente au traitement de données réelles.
Au-delà de ces considérations, en vue détendre leurs compétences dans le domaine de la
lecture, il convient dinciter les élèves à lire en dehors de la classe dautres textes que ceux du
cours ou des exercices (articles, revues, livres, etc.) et de réinvestir ces lectures en classe.
Le passage au cycle 4 saccompagne dexigences plus importantes en matière de production
écrite, avec à la fois un volume plus conséquent et un niveau de complexité plus élevé.
Cette évolution doit être progressive sur la durée du cycle et saccompagner dun certain
nombre de précautions dordre pédagogique.
On peut distinguer plusieurs modalités :
• les écrits de la classe avec le professeur ;
• les écrits personnels ;
• les écrits de groupe.
Les écrits rédigés par la classe avec le professeur ont généralement pour objet
dinstitutionnaliser et de structurer ce qui est à retenir.
Une organisation efficace des supports utilisés (cahier, ordinateur, tablette, etc.) doit contribuer
à la qualité des traces écrites conservées. Il est important de :
• définir lorganisation du cahier, en prenant appui sur un plan clairement affiché et sur
dautres éléments structurants ;
• préciser à chaque séance la place de la trace écrite (cours, exercices, écrits personnels, etc.) ;
• relever régulièrement les cahiers et si nécessaire les faire corriger par les élèves ;
• prévoir durant la séance des moments où lélève copie ce qui est écrit au tableau ;
• sassurer systématiquement de la compréhension du texte copié.
Parallèlement, un entraînement à la prise de notes est à instaurer très progressivement en
concertation avec les professeurs des différentes disciplines.
Mais bien entendu, la pratique décriture en classe ne saurait se réduire à la copie de ce que
le professeur écrit au tableau. Lenjeu majeur à ce niveau consiste à procurer aux élèves
une marge dinitiative suffisante pour leur permettre de progresser dans lécriture de textes
mathématiques.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Il est donc primordial daccorder très régulièrement un temps significatif à la production
décrits personnels. Ce temps décriture doit être clairement identifié et bénéficier de
conditions propices (silence, durée suffisante). Cette production peut consister à exposer des
idées, à décrire une démarche, ou à exposer une solution.
Ménager une certaine difficulté est nécessaire, mais on évitera de fractionner artificiellement
les difficultés dans lespoir que lélève saura ensuite réunir des savoir-faire exercés
séparément. Ainsi, lusage de fiches à trous à compléter ne permet pas de le placer en
situation dexpression écrite et ne présente donc pas dintérêt pour sa formation dans ce
domaine.
Il faut accepter la production décrits intermédiaires, forcément imparfaits, par exemple au
moyen dun cahier de brouillon qui permet de « prôner limperfection pour exiger in fine la
perfection »¹.
Une activité intéressante peut consister à comparer les différentes versions dun texte,
par exemple les solutions données par plusieurs élèves ou par un même élève à différents
moments.
Ces recommandations correspondent parfaitement à la consigne donnée aux candidats lors
des épreuves dexamen (DNB, baccalauréat) : « Toute trace de recherche sera prise en compte
dans lévaluation », invitant les élèves à sengager dans une activité de recherche et à faire part
de leur cheminement.
Le travail décriture à linitiative de lélève doit lui permettre de prendre conscience des
exigences particulières du discours mathématique. Plutôt habitué à raconter quà expliquer, le
plus souvent selon une logique dexposition chronologique, lélève doit passer de la narration à
un mode dexposé scientifique où lauteur ne simplique pas de la même façon.
Par exemple, une démonstration est rédigée selon un mode neutre, en mettant en évidence les
enchaînements logiques.
De ce point de vue, la pratique dite des « figures téléphonées » où lélève doit décrire à
un camarade, qui ne la voit pas, une figure donnée dans le but quil la reproduise, est
particulièrement formatrice. Cet exercice, qui peut également se concevoir à loral, demande
à lélève prise de recul et rigueur dexpression, tout en lobligeant à apprécier correctement le
degré dexplicite attendu.
Sinscrivant dans le cadre de travaux collectifs, les écrits de groupe peuvent déboucher sur la
synthèse de propositions individuelles. Ils sont un moyen dapprendre à travailler ensemble à
travers la mise en commun des idées ou la confrontation des démarches.
Quelle que soit la modalité adoptée, la place de la production écrite dans la séance gagne à
être méthodiquement programmée. Lun des enjeux est déviter de superposer les difficultés.
Ainsi il vaut mieux ne pas confondre le temps de la réflexion, où émergent les idées, celui de
la mise en forme des idées, où lon tend vers une formalisation de la solution, et celui de la
rédaction de celle-ci sous une forme aboutie. Accepter de différer le moment de la production
écrite plutôt que de demander immédiatement un texte irréprochable, peut également libérer
la recherche. Dans le même esprit, lévaluation ne peut reposer uniquement sur la production
du produit fini.
1. Daprès La maîtrise de la langue au collège, page 92 voir bibliographie.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Développer les compétences dexpression orale
Si lenseignement est devenu moins magistral, la répartition du temps de parole entre le
professeur et les élèves demeure parfois déséquilibrée. Plus que la durée des interventions,
cest la nature des prises de parole qui doit être examinée. Il arrive que la participation de
lélève se limite à répondre à des questions fermées appelant des réponses très brèves. Le
professeur, soucieux daboutir rapidement, ne donne pas toujours loccasion ni le temps
délaborer une réponse construite. Léchange peut alors consister en la succession de
séquences : question du professeur - réponses délèves - commentaires du professeur.
Cette pratique résulte dun double malentendu à propos de la participation orale :
• penser que son seul objectif est dentretenir une « classe vivante », pour créer une ambiance
qui devrait être favorable à lapprentissage ;
• considérer quelle doit conduire à tout prix à « la » bonne réponse pour ensuite ne conserver
quelle.
Or, la maîtrise de lexpression orale, au même titre que celle de lécrit, constitue un objectif de
formation à part entière.
Cette maîtrise ne sacquiert pas spontanément. Elle a ses spécificités et ne se limite pas à une
transposition des compétences relevant de lécrit.
Pour atteindre ces objectifs, il peut être utile de veiller à :
• réunir de bonnes conditions découte ;
• privilégier des questions appelant une réponse structurée ;
• exiger des réponses par phrases complètes ;
• solliciter tous les élèves ;
• enrichir le lexique ;
• faire mémoriser des écrits de référence (définitions, théorèmes, etc.).
Mais au-delà des aspects linguistiques, qui sont essentiels, la maîtrise de loral gagnera à
sintégrer dans une perspective de communication. Aussi sacquiert-elle par une pratique
régulière dans des situations pertinentes.
En effet, la pratique de loral nest formatrice que si elle répond à un véritable besoin
de sexprimer. En dautres termes, une pédagogie de loral passe par des situations de
communication offrant de vrais enjeux pour les interlocuteurs : sexpliquer, décrire,
argumenter, convaincre, décider, etc.
Par conséquent, il est souhaitable de diversifier les situations de communication :
• échanges pour sassurer de la compréhension dun énoncé ;
• organisation dun débat entre élèves ou groupes délèves pour confronter des pistes de
résolution dun problème ;
• présentation dune solution ;
• compte rendu de lavancée dun travail réalisé en petits groupes ;
• exposé dun travail de recherche sur un thème donné, pouvant être à dimension historique
ou culturelle, ou concerner une notion non encore étudiée ;
• aide à dautres élèves dans le cadre dun tutorat.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Compétences travaillées en mathématiques
Par ailleurs, si lune et lautre recouvrent des compétences spécifiques, la maîtrise de loral et
celle de lécrit sont liées entre elles et le travail réalisé en faveur de lune peut être réinvesti au
service de lautre.
Une organisation structurée des séances doit permettre de bien articuler le temps consacré
à loral et celui de lécrit, en les identifiant clairement. De plus, on sait que lélève en difficulté
a souvent du mal à se situer entre les différentes phases dune séance. Il ne perçoit pas
forcément à quel moment on passe de lexploration à linstitutionnalisation, ou de la conjecture
à la démonstration. Des transitions explicites doivent le guider dans le suivi du cours et
faciliter sa participation.
Enfin, dans le registre de la maîtrise de la langue, une concertation étroite entre les
professeurs des différentes disciplines est nécessaire pour la mise en place dactions
cohérentes et complémentaires.
Bibliographie
• La maîtrise de la langue au collège (direction des lycées et collège, CNDP, 1997 ouvrage
diffusé dans tous les CDI en 1997-1998)
• Site de lacadémie dAix-Marseille : « Maîtrise de la langue dans toutes les disciplines »
• Site de lacadémie de Bordeaux : « Maîtrise de la langue »
• Site de lacadémie de Créteil : « Enseignement des mathématiques et maîtrise de la langue »
• IREM de Rennes : « Lenseignement de la démonstration »
• Les dimensions linguistiques de toutes les matières scolaires, un guide pour lélaboration
des curriculums et pour la formation des enseignants (Conseil de lEurope, 2015)
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Calculer
La pratique du calcul doit viser un double équilibre : dune part entre automatisation et raisonnement,
dautre part entre une visée pragmatique (lobtention dun résultat) et un accès à la compréhension
des objets mathématiques engagés dans le calcul (nombres, symboles, etc.). Par ailleurs, le
développement des technologies informatiques a profondément modifié lappréhension du calcul, tant
au niveau des pratiques quotidiennes et sociales quà celui des pratiques scientifiques. Dune part, la
plupart des algorithmes de calcul dont lapprentissage occupait autrefois un temps important de la
scolarité obligatoire sont aujourdhui implémentés dans les calculatrices les plus simples, ce qui pose
la question de la pertinence du maintien de leur enseignement, dautre part la puissance de calcul des
nouveaux outils modifie profondément léconomie du calcul et pose dans des termes renouvelés celle
de la gestion des rapports entre le calcul et le raisonnement puisquelle favorise explorations,
simulations et expérimentations préalables à la découverte de preuves.
Objectifs
Dans le prolongement du cycle 3, lapprentissage du calcul au cycle 4 porte dabord sur les nombres,
dont le corpus sélargit, puis, à travers lintroduction de lalgèbre, sur les symboles littéraux. La variété
des objets mathématiques quil engage et des formes selon lesquelles il est pratiqué (calcul mental,
calcul posé, calcul instrumenté, calcul exact, calcul approché), les liens quil permet détablir avec les
autres disciplines, les besoins sociaux, culturels et scientifiques auquel il doit répondre justifient la
place essentielle accordée au calcul dans le programme du cycle 4.
Nous rappelons ci-dessous la description qui y est donnée de la compétence « calculer » :
« Calculer avec des nombres rationnels, de manière exacte ou approchée, en combinant de façon
appropriée le calcul mental, le calcul posé et le calcul instrumenté (calculatrice ou logiciel).
Contrôler la vraisemblance de ses résultats, notamment en estimant des ordres de grandeur ou en
utilisant des encadrements.
Calculer en utilisant le langage algébrique (lettres, symboles, etc.) »
Cette description met en avant dune part le lien entre calcul et raisonnement et dautre part celui entre
calcul mental, calcul à la main et calcul instrumenté.
Lobjectif prioritaire de lenseignement des mathématiques au cycle 4 est de faire faire des
mathématiques aux élèves. Or « faire des mathématiques », cest « résoudre des problèmes ». Pour
autant, un élève ne peut pas résoudre de problème sil ne maîtrise pas un minimum de technique. En
effet, sans ce minimum, toute mise en œuvre dune stratégie de résolution risque de se révéler
particulièrement laborieuse, voire impossible à finaliser, ce qui est particulièrement démotivant pour
lélève. Cest la raison pour laquelle le programme du cycle 4 vise à renforcer et à élargir la maîtrise
calculatoire des élèves. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment des activités de résolution
de problèmes, qui constituent dailleurs un puissant levier pour motiver lacquisition des techniques de
calcul. En particulier, il est indispensable de ne pas limiter lactivité des élèves les plus fragiles à des
tâches purement techniques et il est déconseillé dattendre systématiquement leur maîtrise avant de
leur proposer de résoudre des problèmes.
Il est donc important que les activités mettant en jeu des calculs respectent un juste équilibre entre
entraînement technique et résolution de problèmes et les mettent en synergie afin de construire
progressivement et de façon différenciée lhabileté calculatoire qui permettra à chaque élève de
poursuivre ses études avec confiance et succès.
Outre lacquisition de techniques efficaces et le développement dautomatismes indispensables à la
réalisation autonome dune activité mathématique, lapprentissage du calcul au cycle 4 vise :
 la familiarisation avec les nombres (notamment leurs différents registres de représentation) et
les opérations, mais aussi la découverte de nouveaux nombres (les relatifs) et de nouveaux
objets mathématiques engagés dans les calculs (les lettres) ;
 le développement de stratégies de vérification et de contrôle permettant de développer lesprit
critique et de favoriser une utilisation raisonnée des instruments de calcul.
Calcul automatisé et calcul réfléchi
Pour illustrer les liens entre automatisation de procédures de calcul et réflexion engagée pour mener à
bien un calcul, nous nous appuierons sur deux exemples :
Premier exemple : un élève qui, ayant à calculer 29 × 21 le décompose en 29 × 20 + 29 est
capable dobtenir le résultat mentalement plus vite et plus sûrement quen posant la multiplication. De
plus, il mobilise implicitement une propriété essentielle de la multiplication (sa distributivité par rapport
à laddition) quil pourra ensuite généraliser. Des raisonnements de ce type (comme dautres sur les
fractions ou les puissances) savèrent dailleurs nécessaires pour pallier déventuels oublis.
Deuxième exemple : un élève qui maîtrise la technique opératoire de laddition sait quil peut lutiliser
pour calculer 998 + 1205. Son calcul est alors automatisé ; mais, considérant les nombres en jeu, il
peut trouver plus rapide de raisonner sur ce calcul et se dire que, vu que 998 = 1000 - 2, il lui suffit
dajouter 1000 et denlever 2 au second nombre, pour obtenir le résultat 2203. Cest ici lassociativité
qui est mise en jeu.
Seuls les répertoires (au sens de connaissances organisées et hiérarchisées) dont on dispose et les
algorithmes que lon maîtrise permettent lautomatisation dun calcul. Ce sont eux qui en font la force
et en garantissent lefficacité. Mais dès lors quil sort de la routine, le calcul engage nécessairement un
raisonnement. Il est essentiel dinsister sur ce point et sur la nécessité de cultiver cette synergie entre
automatisation et raisonnement dans lapprentissage de tout calcul. En particulier, le travail de
mémorisation des règles de calcul sur les nombres doit fournir loccasion dexercer le raisonnement et
de travailler les propriétés des nombres et des opérations qui le fondent. Il est également important
dinsister sur le fait que les répertoires enseignés ne sauraient se limiter à des répertoires de
composition, comme on comprend malheureusement souvent lapprentissage des tables daddition ou
de multiplication. Les résultats de la décomposition de nombres (en somme ou en produit) sont aussi
importants que ceux de leur composition et, si légalité 9 × 7 = 63 nest pas associée à
63 = 9 × 7 ; 9 = 63 ÷ 7 et 7 = 63 ÷ 9, elle sera dune utilité bien moindre.
Parmi les automatismes à développer, on peut citer (mais la liste est loin dêtre exhaustive) les
changements de registre décriture (décimale, fractionnaire), lapplication dun opérateur fractionnaire
(par exemple prendre les sept tiers de 12), dun pourcentage, la transformation dune fraction en
pourcentage et vice versa, la multiplication et la division par 10, 100, 1000, 10 000, les conversions
dunités de longueur, daire, de volume, de durée, les produits et quotients de puissances de 10, le
développement et la simplification dexpressions littérales.
Ces réflexes intellectuels sacquièrent dans la durée sous la conduite du professeur. Ils se
développent en mémorisant et en automatisant progressivement certaines procédures, certains
raisonnements particulièrement utiles, fréquemment rencontrés et ayant valeur de méthode. Pour être
disponibles, les automatismes doivent avoir été entretenus et régulièrement sollicités.
Toutefois un automatisme nest pas un moyen pour comprendre plus vite ; il permet simplement daller
plus vite une fois que lon a compris. Si lacquisition dautomatismes nécessite des exercices
dentraînement et de mémorisation, référés à des tâches simples, ces exercices ne sauraient suffire :
lentraînement et la mémorisation ne constituent pas une fin en soi et sont mis au service de la
résolution de problèmes plus complexes dans lesquels ils prennent tout leur sens.
Progressivité des apprentissages
Les compétences de calcul numérique travaillées au cycle 3 sont à consolider tout au long du cycle 4.
Elles portent sur les nombres entiers et décimaux positifs et les quatre opérations, et concernent aussi
bien le calcul automatisé que réfléchi, effectué sous forme exacte ou approchée.
La pratique du calcul commence souvent sur des objets en cours de construction (par exemple, le
e e
calcul fractionnaire en 6 ou celui sur les nombres négatifs en 5 ). Le rôle du calcul est alors décisif
pour familiariser les élèves avec ces objets, leur manipulation étant un moyen den construire une
représentation efficace. Cest particulièrement vrai lorsque la définition de ces objets nest pas
étudiée, parce quinaccessible aux élèves, comme dans le cas de la construction des ensembles de
nombres. Le calcul permet alors de mettre en place de façon progressive et implicite les structures qui
les régissent.
Pour effectuer des calculs semblables à ceux qui ont été présentés supra en lien avec lassociativité et
la distributivité, le recours à la calculatrice, sil permet dobtenir les résultats, prive lélève dune
familiarisation avec les propriétés des nombres et des opérations Les modalités dutilisation de la
calculatrice supposent donc une véritable réflexion de la part des enseignants. Un paragraphe de ce
document est entièrement dédié au calcul instrumenté.
Concernant le calcul fractionnaire, les élèves ont appris au cycle 3 à additionner, soustraire et
comparer des fractions de même dénominateur, en référence à la notion de partage. Loral a pu jouer
un rôle déterminant dans lautomatisation de procédures telles que « 3 septièmes + 5 septièmes = 8
septièmes ». La poursuite, au cycle 4, de lapprentissage des fractions vise à les appréhender en tant
que quotients. Cette notion est sollicitée pour institutionnaliser la technique de laddition de deux
fractions de même dénominateur à partir dun exemple générique, pour effectuer le produit de
2 7
fractions simples, comme par exemple × ou pour rechercher linverse dune fraction simple. Ce
3 5
travail est un préalable indispensable à la bonne compréhension des calculs de portée générale sur
des fractions dont les numérateurs et dénominateurs sont des entiers relatifs.
Une bonne connaissance des fractions est une aide précieuse pour traiter les problèmes de
proportionnalité. La détermination dune quatrième proportionnelle peut reposer sur le cœfficient de
proportionnalité, des propriétés en lien avec la linéarité ou le produit en croix.
Le calcul algébrique constitue un nouvel espace où va se déployer le raisonnement, en permettant
notamment de démontrer en toute généralité des résultats constatés sur des exemples numériques
(par exemple les propriétés du calcul fractionnaire). Pour préparer lintroduction du calcul littéral, il
importe, dès le début du cycle 4, de renforcer le sens déjà connu du signe « égal » (par exemple dans
3
légalité = 0,75). Il va en effet être élargi à la fois à celui quil revêt dans une identité et dans une
4
équation.
La notion didentité correspond implicitement à la quantification universelle « pour tout », alors que
celle déquation correspond implicitement à une quantification existentielle (« existe-t-il une valeur de
la variable pour laquelle deux formules donnent le même résultat ? »).
En fin de cycle 4, lélève doit être capable de distinguer une identité du type 3(𝑥 + 2) = 3𝑥 + 6, valable
pour tout 𝑥, dune équation du type 3 𝑥 + 2 = 𝑥 + 7.
Une explicitation de « lenvironnement » de légalité (ne pas hésiter à écrire « légalité … est vraie
pour tout 𝑥 » ou « existe-t-il une valeur de 𝑥 pour laquelle légalité …est vraie ? ») est certainement le
meilleur levier pour faire comprendre aux élèves ces notions délicates.
Le travail sur le développement et la réduction dexpressions littérales (dans lesquelles on peut, au
début, se passer des nombres négatifs) est mené de front avec la consolidation de la maîtrise du
calcul sur les nombres relatifs, entiers ou décimaux.
Stratégies denseignement
Enseigner les stratégies calculatoires par petites touches
Un enseignement fréquent et régulier permet de donner à chaque élève la possibilité de sapproprier à
son rythme les stratégies de calcul. Ainsi est-il plus efficace et moins rébarbatif pour un élève, dêtre
e
sollicité de manière régulière à partir de la classe de 4 , sur un petit nombre dexercices de
e
développement ou de réduction dexpressions littérales (ou de calcul fractionnaire dès la 5 ), plutôt
que dy être confronté à haute dose sur un petit nombre de séances.
Pratiquer des activités de calcul mental
Ce que nous appelons « calcul mental » dépasse le cadre du calcul mental traditionnel, puisque nous
y englobons le calcul mental faisant appel au raisonnement, quil soit numérique ou littéral. Le calcul
mental est intéressant en soi, dabord parce quil permet dacquérir des procédures de calcul utiles
pour la vie quotidienne et dautomatiser des savoir-faire qui, une fois disponibles, libèrent la pensée
pour dautres tâches plus complexes. Lentraînement au calcul mental porte sur les techniques
opératoires sappliquant aux nombres relatifs (entiers et décimaux) et aux fractions, mais aussi sur le
calcul littéral. Il favorise lappropriation des nombres et de leurs propriétés et permet denrichir leur
appréhension dans différents registres.
1
Ainsi, 25 %, cest à la fois un quart, la fraction et le décimal 0,25 ; cet automatisme permet par
4
exemple le calcul immédiat de 24 × 0,25.
De bonnes compétences en calcul mental sont indispensables pour prévoir lordre de grandeur dun
résultat, pour permettre une utilisation raisonnée de la calculatrice, pour développer lesprit critique
face à un résultat obtenu autrement.
Le calcul mental aide à la résolution de problèmes, il permet dexpérimenter, de prendre des
initiatives, de développer des stratégies à partir dessais et de tâtonnements, de développer aisance
et rapidité dans la gestion de calculs plus complexes. Le calcul mental réfléchi (par exemple le calcul
de 998 + 1205 présenté supra) est quant à lui le support à de véritables raisonnements.
La pratique régulière du calcul mental favorise la progressivité des apprentissages. Avant la
formalisation dun nouveau savoir, elle permet danticiper, de préparer son étude. Pendant la phase
dapprentissage, elle facilite lappropriation des notions ou des propriétés travaillées. Après
lapprentissage, grâce à un réinvestissement régulier, elle permet lappropriation pérenne des savoirs
et développe la capacité à les mobiliser dans des situations inédites.
Le calcul mental fournit des supports dévaluation pertinents : cest une modalité efficace dévaluation
diagnostique. Sur le plan formatif, les temps de mise en commun permettent à la fois de dédramatiser
lerreur et de faciliter le débat participatif et argumenté. Les élèves qui réussissent en calcul mental
nétant pas toujours exactement les mêmes que ceux qui réussissent dans dautres activités
mathématiques, il importe de reconnaître leurs réussites en prévoyant des situations dévaluation
sommative de calcul mental. Les activités mentales régulières, allant jusquà être ritualisées, facilitent
la gestion de classe. Elles sont souvent des moments dintense activité de la part de lélève, car
motivantes et stimulant lattention.
Utiliser un exemple générique
En parallèle des écritures littérales, le recours à un exemple générique peut permettre de faire
comprendre une démonstration à des élèves qui pourraient être déroutés par une approche purement
formelle.
Ainsi, dans lexemple suivant qui détaille le cas du produit de deux quotients, les calculs numériques
menés dans la colonne de gauche peuvent être présentés plutôt que ceux de la colonne de droite, à
condition toutefois que le résultat soit énoncé dans sa généralité.
a, b, c et d sont quatre nombres quelconques ; b et d sont
différents de zéro.
2 a
est le nombre par lequel il faut multiplier 7 pour est le nombre par lequel il faut multiplier b pour obtenir
7 b
2 5 a c
obtenir 2 donc 7   2 . De même 3   5 adonc b   a . De même d   c
7 3 b d
2 5 a c
Si on multiplie  par 7  3 , on obtient en Si on multiplie  par b  d , on obtient en changeant
7 3 b d
changeant lordre des facteurs dans le produit : a c
2 5 lordre des facteurs dans le produit : b   d  soit,
7   3  soit, daprès ce qui précède : 2  5 b d
7 3 daprès ce qui précède : a  c .
On en déduit donc que 2  5 est le nombre par On en déduit donc que a  c est le nombre par lequel il
7 3 b d
lequel il faut multiplier 7  3 pour obtenir 2  5 . faut multiplier b  d pour obtenir a  c .
Donc 2  5  2  5 . Donc a  c  a  c .
7 3 73 b d bd
Anticiper et expliciter
Dès le début du cycle, le recours à une démarche par essais et ajustements et lutilisation dun tableur
pour tester des valeurs permettent dintroduire progressivement la notion de solution dune équation.
Les limites des méthodes par tâtonnement ou par « remontée » des programmes de calcul permettent
de justifier létude des techniques algébriques de résolution des équations du premier degré.
La part de raisonnement intrinsèque au calcul, lorsquil ne se réduit pas à un geste mécanique, mérite
dêtre explicitée dans lenseignement. Il importe par exemple dapprendre aux élèves à anticiper la
forme la plus pertinente sous laquelle il faut écrire un nombre (écriture décimale ou fractionnaire,
décomposition en somme ou en produit, etc.) ou une expression selon lusage que lon veut en faire. Il
revient au professeur de prendre en charge le développement de cette intelligence du calcul chez ses
élèves, par des moyens qui sont en partie communs et en partie propres à chaque type de calcul.
Parmi les moyens communs, signalons lorganisation des différentes étapes dun calcul complexe, le
choix des transformations à effectuer pour le simplifier, le contrôle (au moyen dordres de grandeur, de
considérations de signe ou dencadrement).
Trouver la juste place du calcul instrumenté
Sagissant de la calculatrice, du tableur ou de logiciels, la pertinence du calcul instrumenté dépend de
lusage que lon en fait.
Le calcul instrumenté peut être néfaste aux apprentissages lorsque son usage est mal pensé, trop
précoce ou exclusif. Dune part, les premiers pas dans lapprentissage dune notion calculatoire
requièrent souvent une pratique dans laquelle la gestion mentale ou écrite est une aide à sa
compréhension. Le recours systématique à la machine peut alors constituer un réel obstacle. Dautre
part, lapprentissage du calcul ne saurait se limiter à la production de résultats. Il comporte aussi tout
un travail autour de la réflexion stratégique quil engage sur la recherche du calcul le plus approprié,
son organisation et son contrôle à travers des allers retours permanents entre le résultat (même
lorsquil a été obtenu à laide dun instrument) et son interprétation.
Le calcul instrumenté facilite la résolution de problèmes, en permettant notamment aux élèves
daccéder à des sujets motivants sans être bloqués par des difficultés calculatoires. La possibilité
dutiliser des outils numériques (calculatrice, logiciels, etc.) a déplacé les équilibres entre exécution,
pilotage et contrôle du calcul, ce qui permet de mettre aujourdhui laccent sur les aspects liés à
lintelligence du calcul. Encore faut-il intégrer la technologie de façon adéquate dans lenseignement,
en construisant des situations où pilotage et contrôle sont nécessaires.
Par sa rapidité à effectuer des calculs complexes et les possibilités daccès à un grand nombre de
données, le calcul instrumenté facilite aussi lémission de conjectures dans des situations variées
(résolution déquations, comportement dune fonction). Par ailleurs, il permet des changements de
registres (numérique, symbolique, graphique) précieux pour lassimilation.
Le recours au calcul instrumenté nest pas dépourvu de raisonnement. Ainsi lexécution dun calcul sur
machine requiert une organisation réfléchie (assimilation des priorités de calcul, conception dun
algorithme).
Son bon usage réside donc souvent dans une utilisation hybride, combinée avec des calculs mentaux
ou réalisés à la main, notamment dans la résolution de problèmes.
Différenciation pédagogique
Le calcul mental favorise la différenciation pédagogique par la possibilité quil offre de faire vivre
différentes procédures, daccepter différentes réponses plus ou moins abouties. En évitant le passage
systématique à lécrit, il favorise lentrée de certains élèves dans les apprentissages mathématiques ;
il permet à chacun deux de développer et doptimiser le champ de ses procédures, et au professeur
de varier les consignes (résultats intermédiaires autorisés pour certains, avec lobjectif de sen libérer
petit à petit, temps variable accordé aux réponses, consignes écrites et/ou orales, forme des énoncés,
etc.).
Linstrumentation du calcul a, elle aussi, un rôle à jouer au niveau de la différenciation pédagogique.
En effet, pour certains élèves, un manque dassurance dans le calcul écrit constitue un véritable
handicap et une source de blocage. Or, de même quune orthographe incertaine ne saurait interdire
lécriture, le manque de dextérité calculatoire ne doit pas constituer un blocage à toute activité
mathématique. Dans ces conditions, y compris dans des cas que lon souhaiterait voir maîtrisés sans
recours à la machine, un calcul assisté peut permettre à certains élèves de sengager dans une
activité mathématique présentant un réel enjeu en termes de modélisation ou de raisonnement et
dentrer dans des apprentissages qui leur seraient inaccessibles sans cette assistance.
Afin de faire face à lhétérogénéité des élèves en termes de maîtrise calculatoire, la différenciation
peut porter sur les nombres engagés dans un problème si lon veut mettre laccent sur sa mise en
équation ou sa résolution plutôt que sur les techniques opératoires portant sur ces nombres. Par
exemple, proposer à certains élèves des agrandissements dans lesquels « le côté qui mesure 8 cm
devra mesurer 16 cm », à dautres « le côté qui mesure 8 cm devra mesurer 12 cm », à dautres
encore « le côté qui mesure 7 cm devra mesurer 12 cm », permet dadapter la situation à différents
niveaux de maîtrise de la notion de quotient sans nuire à lobjectif de formation sil est de faire
comprendre le caractère multiplicatif de la situation. De même, pour faire comprendre la notion de
solution dune équation, avant dautomatiser la méthode algébrique de résolution dune équation du
premier degré, on pourra traiter des équations à coefficients entiers dont la solution peut être
« devinée » sans peine, avant de passer à des équations dont la solution peut être trouvée ou
approchée à laide dun tableur.
Interdisciplinarité
Si le calcul est omniprésent dans lapprentissage des mathématiques, il est également au cœur des
interactions avec dautres disciplines.
Le calcul numérique sur les mesures de grandeurs se prête à des interactions avec de nombreuses
disciplines (physique, chimie, sciences de la vie et de la Terre, technologie, EPS, etc.). Le calcul
littéral est particulièrement sollicité à travers lexploitation des formules qui traduisent les lois
physiques (𝑃 = 𝑈𝐼, 𝑃 = 𝑚𝑔, relation liant l'énergie, la puissance électrique et la durée) au programme
de physique-chimie du cycle 4. Le calcul lié à la proportionnalité et aux statistiques permet délargir
ces interactions à une discipline comme la géographie et les nombres négatifs permettent de repérer
des températures, des profondeurs, des dates, des créances, autant de notions qui dépassent le
cadre de la seule discipline mathématique.

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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes:
les nombres décimaux
Objectifs
Au cycle 3, les nombres décimaux sont introduits à partir des fractions décimales. Lécriture à virgule
est ensuite présentée comme une convention décriture dune fraction décimale ou dune somme de
fractions décimales. Cette notation permet la mise en place des règles de comparaison et de calcul.
Les quatre opérations sur les décimaux sont étudiées, mais la division est limitée au cas où le diviseur
est un entier.
Même si les décimaux ont été introduits à partir des fractions décimales, beaucoup délèves, à lentrée
du cycle 4, associent encore la nature dun nombre à son écriture. Pour eux, un nombre sexprime
toujours par une suite de chiffres et les nombres décimaux se différencient des nombres entiers par la
5
présence de la virgule. Ils ne perçoivent pas, par exemple, 17 ou comme des nombres décimaux.
2
La poursuite, au cycle 4, du travail sur les nombres décimaux vise plusieurs objectifs :
 Amener tous les élèves à différencier la nature dun nombre (notamment décimal)
de son écriture et à passer de lune de ses désignations à une autre. Concevoir, par
35 7 1
exemple, 3,5 ; 3,50 ; ; ; 3 + comme des désignations différentes dun même
10 2 2
nombre ;
 Poursuivre le travail sur la comparaison des nombres décimaux. Il permet notamment
de faire prendre conscience aux élèves de la possibilité dintercaler un nombre
décimal entre deux nombres qui pourraient être perçus à tort comme des nombres
consécutifs (par exemple 7,24 et 7,25) ;
 Consolider les techniques opératoires étudiées au cycle 3 sur les nombres décimaux,
notamment la priorité de la multiplication sur laddition et la soustraction ;
 Introduire la division par un nombre décimal ;
 Utiliser les nombres décimaux pour exprimer des mesures de grandeurs et repérer
des points autres quentiers sur la droite graduée.
Le travail mené tout au long du cycle sur les nombres relatifs concerne non seulement les entiers,
mais aussi les décimaux et plus généralement les rationnels ; il viendra à ce titre compléter létude
des décimaux dont lintroduction au cycle 3 porte uniquement sur les décimaux positifs.
Liens avec les domaines du socle
La compréhension et lutilisation de différentes écritures dun nombre décimal, sa représentation sur la
droite graduée, les passages entre ses différents modes de représentation contribuent à lacquisition
du langage mathématique pour penser et communiquer (domaine 1).
La pratique du calcul (mental et écrit, exact et approché) engageant des nombres décimaux,
lutilisation de valeurs approchées décimales pour modéliser et résoudre des problèmes scientifiques
et dordres de grandeurs pour contrôler des résultats contribuent à létude des systèmes naturels et
des systèmes techniques (domaine 4).
Progressivité des apprentissages
e
La division par un nombre décimal est introduite dès la classe de 5 , parallèlement à la consolidation
des techniques opératoires déjà étudiées au cycle 3. La maîtrise de ces techniques, en lien avec la
compréhension des nombres et des opérations, est entretenue tout au long du cycle 4.
Le travail sur lécriture décimale, initié au cycle 3 et poursuivi tout au long du cycle 4, est un point
e
dappui pour létude des puissances de 10 qui est formalisée dès la classe de 4 .
Parallèlement à la maîtrise des techniques calculatoires sur les nombres décimaux, les élèves sont
amenés, tout au long du cycle, à résoudre des problèmes faisant intervenir des nombres décimaux.
Stratégies denseignement
e
Pour beaucoup délèves, à lentrée en 5 , la conception dun nombre décimal comme un objet
mathématique et non comme une écriture est encore en cours de construction, le sens des opérations
et les techniques opératoires sur les nombres décimaux sont encore en cours dacquisition. De plus,
certains élèves se sont forgé des représentations fausses qui, si elles peuvent savérer performantes
dans des situations particulières, constituent des obstacles pour la suite des apprentissages. Il est
donc indispensable que le professeur identifie les conceptions erronées afin de développer les
stratégies denseignement qui permettront de les déstabiliser.
Quelques conceptions erronées
 Assimilation de la virgule à un trait de fraction ; cest ainsi que, pour certains
14
élèves = 14,10.
10
 Difficulté à concevoir quun même nombre puisse avoir plusieurs désignations ;
4
ainsi, 1+ ; 1,4 ; 1,40 ne sont pas perçus comme différentes écritures dun même
10
nombre .
 Le « nombre à virgule » vu comme un « entier déguisé », comme si la virgule
nexistait pas. Ce rôle « fantôme» de la virgule conduit certains élèves à écrire
4,3 < 4,06 < 4,249 en le justifiant par le fait que 43 < 406 < 4249, ou à percevoir 2,47
comme « le » successeur de 2,46, au même titre que 247 est celui de 246 .
 Le « nombre à virgule » vu comme laccolement de deux entiers, la virgule
jouant le rôle de « frontière » entre les deux. Cela conduit par exemple à écrire :
4,3 < 4,06 < 4,249 (avec comme justification : « 3 est plus petit que 6, lui-même plus
petit que 249 ») ;ou encore : 2,6 × 3,4 = 6,24 ; 15,7 + 12,6 = 27,13 ou encore à
percevoir 5,100comme « le » successeur de 5,99.
 Une connaissance mal installée du système décimal peut conduire un élève, dans
le nombre 234,678, à percevoir le chiffre 7 comme le chiffre des dixièmes en raison de
la position supposée des dixièmes comme symétrique de celle des dizaines,
ou encore à écrire 4,249 < 4,16 < 4,1en justifiant que les millièmes sont « forcément»
plus petits que les centièmes, eux-mêmes plus petits que les dixièmes.
 Des techniques mal automatisées et non contrôlées peuvent aboutir à une
confusion sur la position de la virgule dans le résultat dune addition posée ou dune
multiplication posée comme dans la multiplication ci-dessous :
2,3
× 5,5
115
115
1 2 6,5
 Lapplication de règles au-delà de leur domaine de validité ; cest ainsi que
lextension aux décimaux de la règle du déplacement de la virgule ou de lajout de
zéros pour la multiplication des entiers par des puissances de 10 contribue à des
erreurs du type :
- 1,4×10 = 1,40 ; 1,4 : 0,1 = 0,14
12
- 12×0,5 > 12; < 12 (car « multiplier augmente un nombre et diviser
0,5
le diminue »).
 Lusage social des nombres décimaux à loral peut être à lorigine de
confusions, comme dans les exemples suivants : « un kilo cinq » sécrit en fait 1,5 kg
alors que « un euro cinq » sécrit en fait 1,05 €.
La pratique régulière du calcul réfléchi doit permettre de « déconstruire » ces représentations
erronées et parfois résistantes.
La construction dautomatismes
Sil permet daller plus vite une fois quon a compris, un automatisme ne permet pas de comprendre
plus vite ; avant dêtre institutionnalisée puis automatisée, une « règle » (comme celle, déjà citée, du
déplacement de la virgule vers la droite ou vers la gauche) doit avoir été justifiée par le professeur et
comprise par les élèves pour ne pas être employée en dehors de son cadre de validité.
La pratique régulière du calcul réfléchi permet à la fois de comprendre lorigine des règles et dancrer
dans la durée la construction des mécanismes opératoires. Pratiqué en amont de la formalisation de
ces mécanismes, le calcul réfléchi peut être mis en œuvre sur des exemples génériques. Pratiqué
juste après linstitutionnalisation, sur des exemples assez proches de la situation dintroduction,
il permet lappropriation de la notion en cours détude. En aval, une pratique régulière, sur le long
terme, permet dautomatiser les procédures et les propriétés des nombres engagés dans le calcul et
savère nécessaire pour garantir la pérennité des acquisitions. Lanalyse collective, sous la conduite
du professeur, des différentes stratégies mises en œuvre et des éventuelles erreurs commises
contribue à donner du sens aux objets mathématiques mis en jeu et aux techniques à automatiser.
Dans le cadre de lapprentissage des nombres décimaux, on entretiendra de façon régulière les
automatismes liés à la somme, à la différence, au produit de nombres décimaux, au quotient dun
nombre décimal par un entier, notions abordées au cycle 3, sur des exemples présentant de véritables
enjeux. Lun de ces enjeux est de permettre didentifier une erreur liée à lincompréhension de
lécriture à virgule ; par exemple, un calcul du type 1,4 + 0,15 permet didentifier lerreur liée à la
conception de la virgule frontière par les élèves qui fournissent 1,19 comme réponse, alors que le
même calcul, posé sous la forme 1,40 + 0,15 ne permet pas de débusquer lerreur.
La compréhension de lerreur peut sappuyer sur différents registres dexpression : celui de la langue
naturelle (on ajoute 1 dixième plus 5 centièmes à 1 unité plus 4 dixièmes), mais aussi celui des
fractions décimales.
Lintroduction de la division dun décimal par un décimal pourra se faire dans le cadre de cette
pratique, sur une durée suffisamment longue, à petites doses et de manière progressive.
La consolidation des priorités opératoires
La consolidation des priorités opératoires introduites au cycle 3 est indispensable car ces priorités
sont à la base de la compréhension et de la production dexpressions, quelles soient numériques ou
littérales. Lécriture en ligne d'une succession de calculs simples engageant des nombres décimaux,
notamment prescrits par des programmes de calcul, est une stratégie denseignement possible.
EXEMPLE :
Prendre un nombre ;
lui ajouter 1,8 ;
multiplier le résultat par 3,2.
Écrire lexpression numérique traduisant ce programme en prenant 10 comme nombre de départ.
Il pourra savérer fructueux de comparer les résultats obtenus avec une calculatrice scientifique et
avec une calculette, ces deux outils ne respectant les mêmes règles de priorité entre opérations.
Le choix du nombre dinstructions dun programme de calcul et des nombres auquel il sapplique
permet une différenciation au sein de la classe.
Parallèlement au travail sur les programmes de calcul qui concernent laspect procédural dun calcul,
les élèves seront amenés à travailler sur sa forme structurale (somme, différence, produit, quotient).
Par exemple identifier 12,3 + 2,5 × 7,1 comme une somme: celle de 12,3 et du produit de 2,5 par 7,1.
Lutilisation de la droite graduée
Le recours à la droite graduée permet de travailler la compétence « représenter » décrite dans les
programmes des cycles 3 et 4 par les passages dans les deux sens quelle permet de réaliser entre
le registre symbolique de lécriture du nombre et le registre graphique de sa représentation.
Plusieurs situations denseignement se prêtent à lutilisation de la droite graduée.
 Mesurer des grandeurs et encadrer des mesures, notamment en variant les
unités. Effectuer des mesures « qui ne sexpriment pas en un nombre entier dunité »
permet de revenir à lutilité première des décimaux (résoudre des problèmes pour
lesquels les entiers sont défaillants) et de travailler lintercalation des décimaux.
 Repérer des points sur une droite graduée. Les activités de repérage peuvent être
très variées au niveau des situations et des questionnements proposés, mais aussi
des types de graduation et des outils utilisés (droite graduée, papier millimétré, sous
unités partiellement ou non représentées, présentation « en zoom ») et de la nature
de lécriture des nombres à repérer (désignation orale, écritures fractionnaires,
décimales, décompositions diverses, etc.). On pourra se reporter à lactivité
développée au paragraphe VI.
 Intercaler des décimaux. « Donner dix nombres entre 4,67 et 4,68 » est une situation
classique qui peut être enrichie par la question de savoir sil peut y en avoir 100,
1000, 10 000, etc.
Dans le cadre dune différenciation pédagogique, on pourra remplacer 4,67 et 4,68
par 4 et 4,01.
Lutilisation de valeurs approchées et le contrôle des résultats
La résolution de problèmes permet aux élèves de prendre conscience que les nombres décimaux ne
permettent souvent que dy apporter des réponses approchées.
Conformément à lécriture du domaine 4 du socle (paragraphe « démarches scientifiques »),
les ordres de grandeurs sont utilisés pour estimer et contrôler les résultats.
Points de vigilance
La rigueur et la précision de la dénomination orale des nombres décimaux contribuent à leur bonne
compréhension. Le professeur doit avoir conscience du caractère modélisant de sa propre pratique
et du fait que la dénomination dusage social du type « 3 virgule 08 » peut renforcer les fausses
représentations, notamment celle de la « virgule frontière ». Les échanges en classe offrent loccasion
de manipuler mentalement les changements de registres, ce que facilitent les formulations du type
« 308 centièmes » ou « 3 unités plus 8 centièmes ». Attendre cette rigueur de la part des élèves les
aide à établir les liens entre les différentes désignations et contribue à la compréhension des nombres
décimaux. La maîtrise, par tous les élèves, des techniques opératoires sur les nombres décimaux est
un objectif de fin de cycle. Un travail spiralé, mené sur toute la durée du cycle, sous forme de calcul
mental ou réfléchi doit permettre de latteindre. Mais la technique sacquiert aussi à travers la
résolution de problèmes et nombreux sont ceux qui sollicitent les nombres décimaux; leur résolution
contribue à consolider la compréhension de ces nombres. Ces problèmes peuvent relever de la vie
courante, dautres disciplines ou dautres champs des mathématiques : calculs de coûts, coefficients
de proportionnalité ou de linéarité, déchelles ou de moyennes, mesures de grandeurs, conversions
dunités, etc.
Différenciation
Pour les élèves qui nont pas encore acquis une compréhension automatisée des décimaux, il est
nécessaire de recourir à des outils de manipulation permettant de visualiser les rapports entre unité,
dixième, centième pour asseoir le sens des désignations. Parmi ces outils on peut citer la droite
graduée, mais aussi le carré ou le cube unité partagés en sous-unités, les tangrams, etc. On pourra
se reporter à lactivité développée au paragraphe VI.
Une bonne connaissance de faits numériques comme les multiples de 25 et leur relation avec 100, les
divisions par 10, 100, 1000, etc. est indispensable à la bonne compréhension des nombres décimaux.
Un travail routinier sur ces prérequis permet de dépasser certaines difficultés.
Pour certains élèves, un manque dassurance dans le calcul écrit constitue un véritable handicap
et une source de blocage. Or, de même quune orthographe incertaine ne saurait interdire lécriture,
le manque de dextérité calculatoire ne doit pas constituer un blocage à toute activité mathématique.
Il est donc indispensable de ne pas limiter lactivité des élèves les plus fragiles à des tâches purement
techniques et il est déconseillé dattendre systématiquement leur maîtrise avant de leur proposer des
problèmes à résoudre, ce qui peut dailleurs constituer un puissant levier pour motiver lacquisition des
techniques.
Dans le cadre dun approfondissement, létude de quelques cas de non décimalité pourra être traitée.
Exemples de situations dapprentissage
Contrôle de la vraisemblance du résultat dun calcul sur les nombres décimaux
Exemple de la division par un nombre décimal
0,6
On propose aux élèves de calculer . On peut sattendre à ce que certains proposent comme
0,2
résultat 0,3 ou 0,03. Ils effectuent en effet la division de 6 par 2 et mettent soit un chiffre après la
virgule en appliquant lalgorithme de laddition, soit deux chiffres après la virgule en appliquant
lalgorithme de la multiplication.
0,6
La référence au quotient permet didentifier comme étant le nombre par lequel il faut multiplier 0,2
0,2
pour obtenir 0,6. Linvalidation des résultats 0,3 et 0,03 repose alors sur les opérations 0,3 × 0,2 =
0,06 et 0,03 × 0,2 = 0,006.
Pour certains élèves, la compréhension de lerreur passe par la verbalisation de la notion de partage
en « Combien de fois 0,2 entre-t-il dans 0,6 ? » ou en sa formulation équivalente « Combien de fois 2
dixièmes entrent-ils dans 6 dixièmes ? ». Ces formulations permettent damener les élèves à prendre
0,6
conscience «quil y a plus dune fois 0,2 dans 0,6 », et donc que ne peut valoir ni 0,3 ni 0,03.
0,2
Il convient également dinsister sur le fait que le résultat de la division par un nombre décimal inférieur
à 1 est plus grand que ce nombre. Cela doit faire partie des automatismes de contrôle.
Utilisation de la droite graduée
Lactivité ci-dessous utilise des zooms à différentes échelles.
Source : académie de Rennes
1. Quel est le nombre indiqué par la flèche sur la droite graduée ci-dessous ?
2. On a représenté un agrandissement dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur l'agrandissement ?
3. On a représenté des agrandissements successifs dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur le dernier agrandissement ?
Cette activité peut être complétée par lexercice inverse, qui consiste par exemple à représenter
2,472 sur la droite graduée.
Mesure de grandeurs
La mesure de la surface des pièces dun Tangram permet de
faire le lien entre écritures décimales, fractions décimales et
fractions non décimales puisquon peut utiliser comme unité
daire soit le plus petit des triangles, dont laire est égale à un
seizième de laire totale, soit le centimètre carré, en utilisant le
quadrillage.
Autres exemples d'activités
 Des exemples de questions flash
 Un exemple de tâche intermédiaire : un problème de coûts
 Un exemple de tâche avec prise dinitiative : Épaisseur dune feuille de papier
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de nombre décimal avec les élèves :
 Le nombre au cycle 3 SCEREN - CRDP, septembre 2012
 Les nombres au collège
 Le calcul numérique au collège
 Découvrir de nouveaux nombres au collège - brochure IREM de Strasbourg 2012
 Des maths ensemble et pour chacun - Rouquès, J.-P. & Staïner, H.(2010) - Cinquième.
Nantes : CRDP des Pays de la Loire
 Comment les enseignants tirent-ils parti des recherches faites en didactique des
mathématiques ? Le cas de l'enseignement des décimaux à la charnière école-collège
BLOLON J. 1996, Identifiant BU : 96PA05H050
 Banque des exercices de Mathématiques sans Frontières Junior
 Enseigner et apprendre les nombres décimaux : dispositif dévaluation diagnostique Decival
sur le site du Centre de Recherche sur lEnseignement des Mathématiques de Louvain
(Belgique)
 La sixième entre fractions et décimaux - Brochure de lIREM de Lyon

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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes :
les nombres relatifs
Le statut et lusage des nombres évoluent au cours de la scolarité. Au cours du cycle 3, les nombres
positifs (entiers, décimaux ou rationnels) ont été principalement utilisés pour :
 compter des objets ;
 mesurer des grandeurs ;
 graduer une demi-droite ;
 jouer le rôle dopérateur (par exemple prendre le quart de, ou calculer 75 % de) ;
 effectuer des calculs et en donner les résultats sous forme exacte ou approchée.
Lélève a effectué sur ces nombres des opérations dont il a perçu implicitement certaines propriétés
(associativité, commutativité, élément neutre, distributivité).
Objectifs
Lintroduction au cycle 4 des nombres décimaux relatifs vise plusieurs objectifs :
 étendre lensemble des décimaux positifs à un ensemble plus vaste (celui des
décimaux positifs et négatifs), dans lequel toutes les soustractions sont possibles.
Cette extension est réalisée de manière à maintenir les propriétés des opérations
valables entre nombres décimaux positifs (principe de permanence) ;
 accorder le statut de nombres (en tant quobjets mathématiques sur lesquels on peut
effectuer des opérations et des comparaisons) à des réalités de la vie quotidienne
situées « au-dessous de zéro » (températures, profondeurs, dettes, etc.) ;
 disposer de ces nouveaux outils pour modéliser et résoudre des problèmes de la vie
courante ;
 étendre à la droite entière la graduation déjà connue de la demi-droite, repérer
et se repérer sur une droite.
Liens avec les domaines du socle
La compréhension des nombres négatifs en tant quobjets mathématiques sur lesquels on peut
effectuer des opérations et des comparaisons, la perception de lextension de lensemble des
décimaux positifs à celui des décimaux relatifs, la compréhension de lécriture des nombres négatifs
et de leur représentation sur la droite graduée contribuent à lacquisition du langage mathématique
pour penser et communiquer (domaine 1).
Lutilisation des nombres relatifs pour modéliser des grandeurs physiques (température, profondeur,
altitude) ou sociales (dates, gains et pertes) susceptibles de prendre des valeurs en dessous de zéro
contribue à létude des systèmes naturels et techniques (domaine 4) ainsi quaux représentations
du monde et de lactivité humaine (domaine 5).
PROGRESSIVITÉ DES APPRENTISSAGES
Anticipation
Quel que soit le procédé retenu pour lintroduction des nombres négatifs, celle-ci gagne à être
préparée en amont par une réactivation des propriétés des opérations sur les nombres décimaux
positifs et de la notion de différence, qui ont été étudiées au cycle 3.
De nombreux exemples de calcul mental permettront dans un premier temps de simplifier des
programmes de calcul du type « ajouter 𝑏 puis soustraire 𝑎 » en « ajouter 𝑏 𝑎 »lorsque 𝑏 > 𝑎 puis,
dans un deuxième temps daborder la même question lorsque 𝑏 < 𝑎.
e
De nombreux exemples de ce type sont présentés dans le document « Les nombres relatifs en 5 »,
Parcours dÉtude et de Recherche du groupe didactique de lIREM dAix-Marseille.
Un exemple dintroduction des nombres négatifs dans
un cadre mathématique
Une introduction des nombres négatifs (dabord entiers puis décimaux non entiers) sans référence
à des contextes concrets peut se faire à partir de léquivalence de programmes de calcul.
Léquivalence des programmes de calcul « ajouter 3 puis soustraire 5 », « ajouter 2 puis
soustraire 4 », « ajouter 1 puis soustraire +3 », « ajouter 0 puis soustraire 2 » permet décrire :
3 5 = 2 4 = 1 3 = 0 2. On convient alors de coder par (2) le résultat commun à toutes ces
soustractions (et à beaucoup dautres encore…).
En début dapprentissage, lutilisation de parenthèses englobant à la fois le signe « moins » et la
valeur absolue permet déviter la confusion du signe « moins » intervenant dans le codage dun
nombre négatif avec le signe opératoire de la soustraction.
Pour bien faire comprendre le plongement de lensemble des décimaux positifs dans celui des
décimaux relatifs et le fait que seuls les nombres négatifs sont nouveaux dans la construction, on
évitera les écritures du type (+3) pour coder les décimaux positifs déjà connus. Cela permet de
garder au signe + son seul statut opératoire et déviter des exercices de simplification décriture au
terme desquels les élèves ne savent plus reconnaître que (+2) + (+3), cest tout simplement 2 + 3.
Les élèves pourront ensuite être entraînés à résoudre des additions à trous (reformulées en : « quel
nombre faut-il ajouter à … pour obtenir … ? ») mettant en jeu dabord des nombres entiers, puis des
nombres décimaux non entiers. Les nombres négatifs apparaissent alors comme des outils permettant
de résoudre des équations à trou du type 𝑏 + ⋯ = 𝑎 lorsque 0 ≤ 𝑎 < 𝑏 , ce qui revient à rendre
possibles des soustractions du type 𝑎 𝑏 avec 0 < 𝑎 < 𝑏, 𝑎 et 𝑏 étant des décimaux.
Le repérage des nombres relatifs
Le lien peut ensuite être fait avec le repérage sur la droite graduée. La référence au placement des
nombres négatifs sur la droite graduée peut être basée sur un modèle concret (par exemple celui des
températures) ou sur linterprétation de la soustraction dun décimal positif comme un déplacement
vers la gauche.
Ainsi le nombre (2,7) = 0 2,7 repère le point situé à la distance 2,7 de lorigine, symétriquement
par rapport à lorigine au point repéré par le nombre 2,7. Il est défini comme étant son opposé.
Le nombre positif 2,7 est désigné comme étant la valeur absolue du nombre négatif (2,7).
0 2,7 = (2,7)
0 + 2,7 = 2,7
La définition de lopposé dun nombre permet de compléter le corpus dégalités à trous par des
égalités du type 7,1 + ⋯ = 0 ou (7,1) + ⋯ = 0.
Pour éviter les confusions, on peut convenir, en début dapprentissage, de noter op (7,1) lopposé
du nombre 7,1.
Cette notation sera, un peu plus tard, remplacée dabord par la notation (7,1), puis par 7,1 sans
négliger daborder avec les élèves les différentes significations que prend alors le signe « moins » :
 marqueur dun nombre négatif dans (7,1) ;
 signe de soustraction dans 0 7,1 ou dans 20 27,1 ;
 marqueur de lopposé, par exemple dans lécriture (7,1).
Le repérage des décimaux relatifs sur la droite graduée est un bon point dappui pour aborder la
question de leur classement. Un travail systématique de changement de registre (de lécriture du
nombre à sa représentation sur la droite et vice versa) permet de construire limage mentale de
lopposé, déviter les erreurs de classement et facilitera lintroduction ultérieure du repérage dans le
plan.
Si le classement des nombres relatifs ne pose pas de difficulté particulière lorsquils sont exprimés
sous forme chiffrée, la difficulté apparaît lorsquils sont désignés sous forme littérale, les élèves ayant
du mal à concevoir que 𝑎 puisse, sous certaines conditions, désigner un nombre positif.
Les opérations
Laddition et la soustraction sont introduites dès le début de cycle 4 ; il est nécessaire dentretenir leur
assimilation tout au long du cycle, tant par des exercices dentraînement technique (calcul mental ou
écrit) que par la résolution de problèmes les mettant en jeu. La multiplication est abordée une fois que
ces deux opérations sont bien en place, et après avoir réactivé la distributivité de la multiplication par
rapport à laddition dans le cadre des nombres positifs. Il est nécessaire que le sens et les propriétés
de la multiplication soient bien stabilisés avant daborder la division.
Laddition et la soustraction
Beaucoup de situations en lien avec la vie courante peuvent illustrer laddition de deux nombres
relatifs. Celle-ci permet en effet de modéliser soit le bilan de deux variations (gains et pertes, montées
et descentes dun ascenseur, déplacements vers la droite ou vers la gauche le long de la droite
graduée), soit lapplication dune variation (augmentation, diminution) à un état (température, altitude,
solde dun compte financier, score dun joueur). La variété des contextes utilisés évitera que la
prégnance dun modèle empêche la construction du statut de nombre.
Une pratique routinière, notamment sous forme de calcul mental, dadditions entre nombres relatifs
permettra lautomatisation progressive de la règle daddition, sans quil soit nécessaire de la
formaliser. Lélève pourra alors saffranchir du recours à un modèle concret ou à la droite graduée.
Lintroduction de la soustraction suppose que soient bien installées laddition et la notion dopposé,
𝑎 𝑏 étant défini comme égal à 𝑎 + op(𝑏). Il est alors possible dinterpréter le résultat dune addition
à trou comme la différence de deux nombres relatifs.
La simplification des calculs
Lélève dispose alors de tous les éléments permettant de justifier la simplification de calculs
enchaînant des additions et des soustractions sur des nombres relatifs, du type 2 + (5) + 4.
La simplification des expressions repose sur la définition de la soustraction dans D, puisque, sur
lexemple précédent, 2 + (5) = 2 5. Dans les expressions simplifiées, les seuls signes restants
sont des signes dopérations (additions et soustractions), sauf dans le cas où le premier terme de la
somme est un nombre négatif comme dans (2) + 3 5. Progressivement, lélève dégage des
méthodes efficaces pour effectuer une suite dadditions et de soustractions de nombres relatifs,
notamment la neutralisation des opposés et le regroupement des nombres de même signe.
Beaucoup de situations concrètes se prêtent à ce type de calculs : moyennes de températures,
mouvements dans les deux sens, bilans financiers de gains et de pertes, scores de jeu.
Le choix des nombres décimaux mis en jeu et le nombre dopérations à enchaîner constituent des
éléments de différenciation.
La multiplication
La multiplication des décimaux relatifs pourra être approchée en plusieurs étapes, conduites par le
professeur, sur des exemples génériques simples, une fois que la compréhension et lutilisation de
laddition et de la soustraction aura été stabilisée :
1. la multiplication dun entier naturel par un entier négatif sollicite le sens premier de la
multiplication comme addition itérée 2 × (3) = (3) + (3) = (6) (verbalisée en « deux
fois (3) ») ;
2. le principe de permanence permet détendre aux nombres relatifs une égalité du type
2 × 3 = 3 × 2 et de définir(3) × 2 comme étant égal à 2 × (3) ;
3. la justification de légalité (2) × (3) = 6 repose sur le fait que (2) × (3) + 2 × (3) =
((2) + 2) × (3) = 0 × (3) = 0, à condition dadmettre lextension aux nombres relatifs
de la distributivité de la multiplication par rapport à laddition, connue chez les décimaux
positifs, et le résultat de la multiplication par 0.
La règle permettant de calculer le produit de deux nombres relatifs pourra alors être institutionnalisée,
notamment au niveau du signe du produit.
Si la métaphore des amis et des ennemis est une aide à la mémorisation de la règle des signes,
il importe dinsister sur le fait quelle nen constitue en aucune manière une justification.
Une pratique routinière (mentale et écrite) de multiplications sur les nombres relatifs permet de
découvrir, puis dutiliser, des propriétés mathématiques essentielles comme leffet de la multiplication
par (1), le signe dun produit de plusieurs facteurs, lassociativité de la multiplication, etc.
Enfin, on veillera à ne pas se limiter trop longtemps à des multiplications entre entiers relatifs car cela
risquerait de renforcer lobstacle dû à la seule conception de la multiplication comme addition itérée.
Le choix des nombres décimaux mis en jeu est encore un élément de différenciation
La division
Le quotient de deux nombres relatifs est introduit à partir dexemples de multiplications à trous et du
prolongement de la définition du quotient de a par b (le nombre par lequel il faut multiplier 𝑏 pour
obtenir𝑎), dans une démarche similaire à celle utilisée pour lintroduction de la soustraction.
La règle des signes pour un quotient est démontrée à partir de celle qui régit le signe dun produit.
4 4
À ce stade, on distingue , solution de la multiplication à trous 3 × … = 4 et , solution
3 3
de léquation à trous (3) × … = 4.
4 (3)×(4)
En admettant que (3) × = (extension de la propriété connue du produit dun entier positif
3 3
4 12
par une fraction), il vient (3) × = = 4 ; donc le nombre par lequel on multiplie (3) pour obtenir
3 3
4 4 4 4
4 est à la fois et , donc =
3 3 3 3
Enfin, en étendant la règle daddition de deux fractions de même dénominateur, il vient
4 4 (4 + 4) 0
+ = = =0
3 3 3 3
4 4 4
Ce qui permet de justifier que = = .
3 3 3
Lacquisition de ces notions délicates se fera dans la durée, et permettra daborder la distinction entre
opposé et inverse.
Les nombres rationnels négatifs
En cours de cycle, et parallèlement à la consolidation du calcul fractionnaire, les propriétés des
opérations entre décimaux relatifs seront étendues, toujours selon le principe de permanence, aux
nombres rationnels, positifs ou négatifs.
Stratégies denseignement
Lhistoire nous apprend quil a fallu du temps pour que les nombres négatifs simposent véritablement
en tant que nombres. Utilisés pour des besoins comptables (créances, dettes), ils ont longtemps servi
en mathématiques comme outils de calcul, voire comme intermédiaires de calcul dans la résolution
déquations. Il a fallu attendre les mathématiques modernes et la théorie des structures pour les définir
comme des classes déquivalence de couples dentiers naturels. La transposition didactique de cette
notion est délicate et explique les difficultés à appréhender en tant que nombres des objets définis
« en-dessous de 0 », alors même quils sont utilisés dans la vie courante où lon parle aussi bien dune
température de 7 °C ou dune profondeur de 35 m que dun bilan financier de 400 €.
Des grandeurs comme la température, la date ou laltitude peuvent être ordonnées et comparées ;
ce sont des grandeurs dites « repérables » ; elles peuvent servir de modèles pour introduire, comparer
et ordonner des nombres relatifs. En revanche, quand on mélange 100 g deau à la température de
50 °C et 100 g deau à la température de 10 °C, on obtient 200 g deau dont la température nest pas
60 °C (mais plutôt de lordre de 30 °C). On dit que la température est une grandeur non mesurable.
Linterprétation de laddition des relatifs dans des contextes concrets de grandeurs repérables mais
non mesurables (température, altitude, date) nécessite dattribuer aux deux nombres en jeu des
significations différentes. Ainsi, si on souhaite sappuyer sur le contexte des températures pour
introduire ou interpréter légalité 3 + (4) = (1), on peut, par exemple, attribuer aux nombres 3 et
(1) un statut détat (température initiale de 3 °C et température finale de 1 °C, alors que le nombre
(4) a le statut dune variation (diminution de 4 °C).
Sils constituent une aide indéniable pour la compréhension de laddition, le modèle « gain-perte »,
ou le modèle « montée-descente » peuvent constituer un réel obstacle à la compréhension de la
multiplication de deux nombres, notamment sils sont tous deux négatifs.
Les références à lenvironnement familier des élèves et leur place dans la progression des
apprentissages méritent donc dêtre interrogées. Le professeur doit être conscient quune approche
concrète, en référence à des grandeurs, peut engendrer des obstacles à plus ou moins long terme,
notamment parce quil nest pas possible de trouver un modèle concret permettant dillustrer la
multiplication. Par ailleurs, il faut savoir que certains élèves éprouvent des difficultés à saffranchir du
contexte dintroduction des nombres. Ceux-ci imposent en effet une image mentale dont il peut être
difficile de se départir, empêchant in fine dattribuer aux négatifs leur statut de nombre. Il importe donc
de ne pas recourir à un unique modèle, par exemple celui des températures. Seule une pratique
routinière de calculs additifs et soustractifs permet aux élèves de sémanciper progressivement des
contextes familiers, ce qui est un préalable à une bonne compréhension de la multiplication et de la
division, dont les définitions ne peuvent être justifiées quà lintérieur dun cadre interne aux
mathématiques.
Aucun mode dintroduction des nombres négatifs ne peut, à lui seul, permettre latteinte de tous les
objectifs visés et il y aura nécessairement des obstacles à franchir (par exemple les différents statuts
du signe « moins »). Il importe toutefois que lélève soit capable, en fin de cycle, dappréhender un
nombre négatif comme élément dun nouvel ensemble de nombres, structuré par des opérations qui
prolongent celles des décimaux positifs.
Enfin, lapprentissage du calcul sur ces nombres ne saurait se confiner à lapplication de règles
formelles imposées demblée à lélève sans aucune justification.
Différenciation
Pour certains élèves, la compréhension des nombres négatifs demande du temps et nécessite le
recours à des outils de représentation (contextes concrets, droite graduée) alors que dautres les
utilisent déjà de façon automatisée. Comme cela a déjà dit, ce sont les activités routinières de calcul
qui permettent à tous les élèves de saffranchir progressivement de ces contextes concrets pour
appréhender les relatifs comme des nombres. En termes de calcul, la différenciation seffectue au
niveau de lécriture et de la nature des nombres (entiers, décimaux non entiers, fractions) et du
nombre détapes. Lutilisation de parenthèses englobant les deux symboles décriture dun nombre
négatif et la représentation de lopposé sous la forme op() peuvent être maintenues plus longtemps
pour certains élèves que pour dautres.
Dans le cadre dun approfondissement, on peut proposer à certains élèves des activités de repérage
pour lesquelles le nombre 0 nest pas visible sur la partie proposée de la droite graduée, comme dans
les deux exemples suivants :
Trouver les nombres qui correspondent aux flèches, sachant quune graduation correspond à une
unité
20
Sur la droite graduée ci-dessous, une graduation correspond à une unité.
Placer les nombres 105, 81 et 78
100
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problème
 repérage de dates, calcul de durées sur une frise chronologique ;
 repérage de distances sur une droite graduée ;
 comparaison de températures, calcul de moyennes de températures ;
 bilans financiers ;
 lecture, interprétation et production de diagrammes et de graphiques faisant intervenir
des nombres relatifs ;
 repérage dans le plan et dans lespace.
Exemples dactivité
 Exemples de questions flash
 Exemples de tâches intermédiaires :
 Le jeu de Jungle math speed
 Le labyrinthe
 Exemple dactivité avec prise dinitiative : le jeu-concours
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de nombre relatif avec les élèves :
 Les nombres au collège
 Le calcul numérique au collège
 Enseigner les nombres relatifs au collège REPÈRES IREM.n°73
octobre 2008 (IREM dAquitaine)
e
Des maths ensemble et pour chacun 5 Jean-Philippe Rouquès et Hélène Staïner
Sceren CRDP Pays de Loire
e
Les nombres relatifs en 5 proposition de Parcours dÉtude et de Recherche.
Groupe didactique de lIREM dAix-Marseille.

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Informer et accompagner
les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
MATHÉMATIQUES
Nombres et calculs
Puissances
Objectifs
La notion de puissance nintervient pas au cycle 3. Il revient donc au cycle 4 dintroduire cette
cinquième opération. Lobjectif est dabord, à partir de situations numériques qui la motivent,
damener la notation exponentielle comme un raccourci décriture, puis de familiariser lélève
à sa compréhension et à son usage. Lélève peut découvrir les opérations sur les puissances
au gré des calculs, à partir des écritures développées qui en donnent une image mentale. Ces
propriétés peuvent être mises en évidence par le professeur, sur des exemples génériques,
mais leur formalisation nest pas un attendu de fin de cycle. Exemple : pour le calcul de 38 × 32,
il convient dinstaller limage mentale des facteurs (huit facteurs 3 dune part, deux de lautre)
pour visualiser le résultat sous forme de dix facteurs 3. Lapprentissage sur les puissances
se construit sur le sens, à partir de situations issues des mathématiques ou des domaines
scientifiques et technologiques. La calculatrice et le tableur, ainsi que les algorithmes de
calcul, enrichissent la compréhension tout en facilitant les calculs. Les activités mentales,
fréquentes et régulières, permettent à lélève de construire des automatismes.
Liens avec les domaines du socle
La notation dune multiplication itérée sous forme de puissance permet deffectuer de manière
efficace certains calculs en utilisant un langage mathématique adapté (domaine 1). Il en est de
même de la notation scientifique.
Par ailleurs, les puissances constituent un outil de modélisation permettant de résoudre
des problèmes qui relèvent notamment des systèmes naturels et des systèmes techniques
(domaine 4). Les puissances de dix fournissent une interprétation commode des ordres de
grandeur.
Progressivité des apprentissages
Le cas des puissances de dix dexposant entier naturel, prenant appui sur lécriture décimale
déjà envisagée au cycle 3, fait lobjet dune étude en soi dès la classe de 4e, en liaison avec les
problèmes scientifiques ou technologiques. Les exposants négatifs dune puissance de dix
sont introduits avec progressivité, en fin de 4e ou en début de 3e. La définition des exposants
1 et 0, ainsi que celle des exposants négatifs, sont amenées avec précaution, par exemple en
examinant pour le nombre 10n (n ≥ 2) leffet sur lexposant de divisions successives par 10.
Pour une base quelconque, les exposants positifs sont envisagés en classe de 4e ou de 3e,
en fonction de la progression retenue. La notation an peut être introduite avec les exposants
2 et 3 comme un raccourci décriture exprimant par exemple laire dun carré ou le volume
dun cube ; pour n entier relatif quelconque, on peut lamener si elle prend sens à travers une
situation donnée, mais sa maîtrise nest pas un objectif du collège.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Stratégies denseignement
Du cas particulier des puissances de dix au cas général
Le programme du cycle 4 autorise soit dinitier un travail spécifique sur les puissances de dix,
et de le prolonger aux puissances de base quelconque, soit dadopter la démarche inverse,
qui consiste à passer du cas général au cas particulier. La première démarche est toutefois
recommandée, car elle respecte davantage la possibilité dinstaurer une progression de cycle
différenciée. Avec cette démarche la notation an, pour un nombre a quelconque et n entier
naturel, peut être amenée soit en fin de 4e soit en 3e. Dautre part, il est important que lélève
soit familiarisé au plus tôt avec les puissances de dix afin dêtre mieux préparé à leur usage
dans les sciences appliquées et la technologie.
Introduire les puissances de dix
La notation 10… nest à aucun moment mentionnée dans le programme du cycle 3. Il est
cependant possible que des élèves laient côtoyée avant le cycle 4, avec lidée reçue selon
laquelle lexposant, quil soit positif ou négatif, est lié au nombre de zéros dans lécriture
décimale. Cette conception peut savérer utile dans la manipulation des puissances de dix en
écriture décimale, mais elle présente deux inconvénients :
lun est dordre mathématique, car le nombre « dix puissance n » doit être défini de façon
intrinsèque, cest-à-dire sans référence à une base décriture ;
lautre est didactique, car le fait de définir une puissance de dix en fonction du nombre de
zéros peut occasionner un obstacle important dans la compréhension des puissances dun
autre nombre.
Il est donc préférable de définir une puissance de dix dexposant supérieur ou égal à deux
à partir du produit itéré, quitte à remarquer par la suite le lien avec le nombre de zéros de
lécriture décimale.
Construire lapprentissage sur le sens des notions
Lapprentissage sur les puissances doit profitablement se fonder sur des situations qui la
motivent. Celui des puissances de dix peut prendre appui sur des grands nombres issus de
domaines scientifiques ou technologiques tels que lastronomie, les sciences physiques,
linformatique, le traitement de linformation, pour ce qui est des exposants positifs.
Les sciences de latome, la microbiologie, les sciences chimiques, les nanotechnologies
fournissent des situations propices à côtoyer les exposants négatifs. Le thème « Organisation
et transformations de la matière » du programme de physique-chimie se prête bien à une
articulation avec les mathématiques. Lapprentissage des puissances de base quelconque peut
être motivé par des situations mathématiques mettant en œuvre un produit itéré, comme le
comptage de situations répétitives, ou lobservation de situations fractales dans la nature, les
arts visuels, etc. Ces situations doivent motiver les apprentissages, mais aussi les nourrir en
permanence à travers des problèmes porteurs de sens.
Notation scientifique, ordre de grandeur
Tout nombre décimal non nul peut se noter sous la forme A × 10n, où A est un nombre déci-
mal vérifiant 1 ≤ A < 10 et n est un entier relatif. Cette écriture est la notation scientifique du
décimal, quil convient dintroduire sur des exemples numériques. Elle peut être rattachée à
ses nombreuses utilisations en physique-chimie, dans le domaine du calcul de grandeurs et
celui des conversions dunités.
Lélève doit apprendre à utiliser la syntaxe de sa calculatrice relativement à la notation
scientifique, pour la lecture et pour lécriture.
La notion dordre de grandeur peut être rattachée à la valeur de lexposant n dans la nota-
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
tion scientifique. Sagissant de certaines grandeurs, cette notion donne loccasion détablir
un lien avec les préfixes des unités multiples mentionnées dans le programme (kilo = 103,
méga, giga, ou milli, micro, nano), ou peut-être dautres (téra, pico …) sils interviennent
dans une situation donnée.
Introduction des exposants 0 et 1, des puissances négatives
La définition des exposants 0 et 1, de même que celle des exposants négatifs, demandent
certaines précautions car il ne sagit plus de produits itérés. Pour en faire accepter les
définitions, une possibilité consiste à faire observer sur un exemple numérique le fait que,
pour une puissance dexposant positif, une division par la base revient à diminuer lexposant
dune unité :
NOMBRE ÉCRITURE DÉVELOPPÉE EXPOSANT
104 10×10×10×10 4
÷10
103 10×10×10 3
÷10
102 10×10 2
En saffranchissant de lécriture développée, il est acceptable et même intéressant de
poursuivre la décrémentation de lexposant par des divisions successives. Cela permet de
définir successivement :
; etc.
Le développement précédent est un exemple générique au sens suivant : le procédé conduit
avec le nombre 10 serait analogue en substituant au nombre 10 une base a quelconque (a ≠ 0).
On pourra établir le lien entre la notation des puissances et les unités utilisées en physique-
chimie ou dans le thème grandeurs et mesures, telles que vitesse, volume, concentration,
masse volumique, débit, etc. : m.s-1, m3, kg.m-3, l.s-1, etc.
Utilisation des outils numériques et de lalgorithmique
Les calculatrices et logiciels ont une syntaxe permettant le calcul des puissances. Lélève doit
dans un premier temps se familiariser avec celle-ci. Un algorithme itératif de calcul peut être
intéressant à mettre en œuvre :
• avec un tableur, pour dresser la liste de puissances successives dun même nombre ;
• avec le logiciel Scratch, qui ne possède pas la touche dexposant.
Par ailleurs, certaines situations font intervenir des multiplications itérées et, de ce fait,
se prêtent bien à une activité algorithmique.
Exemple : la croissance dune population de bactéries (voir dans les exemples de tâche
intermédiaire).
Différenciation
Sur le thème des puissances, la différenciation peut sexercer à travers plusieurs pistes.
Elle relève dabord de lécriture exponentielle, qui peut demeurer au stade numérique pour
les élèves nayant pas la maturité suffisante pour comprendre une définition littérale. Cela
nempêche pas de leur proposer des situations qui se modélisent par des itérations de
multiplications. La différenciation peut également sexercer dans la formalisation de certaines
propriétés calculatoires, telle que 34 × 35 = 34+5, quil nest pas interdit de souligner dès lors
que lélève a lui-même remarqué ces propriétés à partir dune pratique visuelle des produits
développés, et sans pour autant que ces propriétés soient exigibles.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Nombres et calculs
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problèmes
• problèmes de nature scientifique et technologique ;
• calculs dordres de grandeur ;
• infiniment grand et infiniment petit ;
• multiples et sous-multiples de grandeurs usuelles ;
• situations multiplicatives simples de dénombrement ;
• situations fractales en géométrie.
Exemples dactivités
• Exemples de questions flash
• Exemples de tâches intermédiaires :
--Curiosités numériques
--Nombres de Mersenne et nombres parfaits
--Croissance dune population de bactéries
--Multiples de loctet
--Dilution en homéopathie
• Exemples dactivités avec prise dinitiative :
--Tous cousins
--Larbre fractal
Interdisciplinarité
La notion de puissance se prête bien à des activités interdisciplinaires et trouve toute sa place
dans le cadre des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaire). Par exemple :
Dans la thématique « Corps, santé, bien-être et sécurité » : les unités CH en homéopathie ;
• Dans la thématique « Culture et création artistiques » : les fractales ;
Dans la thématique « Information, communication et citoyenneté » : le stockage de données
numériques sur un support (disque dur, clé USB, …), la transmission dinformation ;
Dans la thématique « Sciences, technologie et société » : linfiniment grand et linfiniment
petit, la rapidité des processeurs ;
Dans lenseignement « Monde économique et professionnel » : la modélisation plane pour
traiter certains problèmes liés au monde économique et professionnel.
Ressources complémentaires
La ressource proposée ci-après constitue un complément et un approfondissement utiles pour
aborder la notion de puissance avec les élèves :
Laure Guérin, La démarche dinvestigation à travers un parcours détude et de recherche,
exemple des puissances en classe de 4e, IREM de Clermont-Ferrand.
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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes :
les fractions
Objectifs
Au cycle 3, lélève a découvert la notion de fraction en explorant progressivement différentes
conceptions possibles et différents contextes : partage de lunité, partage de grandeurs, repérage sur
une demi-droite graduée, encadrement entre deux entiers consécutifs, expression dune part dune
quantité, mesures (longueurs, aires). Il a été amené à donner du sens aux nombres décimaux à partir
de leur désignation sous forme de fractions décimales ou de somme de fractions décimales. Il a perçu
la fraction comme le quotient de deux nombres entiers. Il a utilisé la fraction pour résoudre des
problèmes.
𝑎
Au cycle 4, on s'intéresse au quotient de deux nombres 𝑎 et 𝑏, 𝑏 ≠ 0, quelconques, défini comme le
𝑏
nombre dont le produit par 𝑏 vaut 𝑎. Le professeur prendra conscience que cette définition nest pas
daccès facile, et pourra proposer aux élèves de chercher comment la reformuler.
La « vision-partage » de la fraction continue à être mobilisée. Le terme « vision-partage » est à
7
comprendre au sens où, par exemple, la fraction évoque ce qui est obtenu en partageant lunité en 4
4
7
parts égales et en reportant 7 de ces parts, ce qui correspond d'ailleurs à la lecture sept quarts ( cest
4
7 fois le quart de lunité).
Larticulation entre nombres décimaux et fractions est renforcée afin dassurer la maîtrise de lécriture
de position et des différentes désignations dun nombre. Progressivement, lélève est amené à
mobiliser la « vision-nombre » de la fraction pour résoudre des problèmes, en lien notamment avec la
proportionnalité, pour effectuer des calculs et des comparaisons sur les fractions et les quotients, pour
exprimer une fréquence ou une probabilité, pour donner un ordre de grandeur dun résultat.
7
Le terme « vision-nombre » est donc à comprendre au sens où, par exemple, le quotient est le
4
7 1
nombre dont le produit par 4 vaut 7 et peut être mobilisé, par exemple, pour prouver que = 7 × .
4 4
Le document « Le calcul numérique au collège » proposait, pages 11 et 12, de démontrer, dans le cas
général, la propriété relative à la somme de deux quotients de même dénominateur, à savoir
a b a+b
+ = , pour tous nombres 𝑎, 𝑏 et 𝑐, 𝑐 ≠ 0. Une telle démonstration ne peut être travaillée dans sa
c c c
forme générale quavec certaines classes ou certains groupes délèves, dans une perspective
dapprofondissement. Mais lélaboration dun raisonnement utilisant des exemples génériques peut
venir en appui dune remédiation.
La mise en place de techniques de calcul sappuie en permanence sur le sens et la résolution de
problèmes, notamment en liaison avec les autres disciplines scientifiques.
La définition dun nombre rationnel comme nombre pouvant sécrire comme quotient d'entiers permet
de travailler simultanément sur des entiers, des décimaux, des relatifs et des fractions, sans ordre
particulier entre eux, en construisant ainsi les attendus de fin de cycle 4 relatifs à la notion de
divisibilité et aux nombres rationnels.
Liens avec les domaines du socle
La production et lutilisation de différentes représentations dune fraction (décompositions additives,
multiplicatives, cas des fractions décimales, repérage sur une droite graduée) permettent de conduire
intelligemment un calcul mental, posé ou instrumenté (domaine 1). Lexplication dun tel calcul, à loral
ou à lécrit, pour valider la démarche qui lui correspond ou montrer son efficacité conduit à argumenter
pour convaincre (domaine 3).
La résolution de problèmes issus des sciences et techniques mettant en jeu des fractions
(reconnaissance dune situation de proportionnalité, évaluation dune proportion, dun pourcentage,
traitement de données statistiques, contrôle de la vraisemblance de résultats) favorisent la
compréhension du monde (domaines 4 et 5).
Progressivité des apprentissages
Tout au long du cycle 4, on entretient la « vision-partage » de la fraction. La « vision-nombre » de la
fraction est progressivement construite et mobilisée :
 dès le début du cycle, lélève calcule et compare des proportions, des fréquences ;
 dès le début du cycle, lélève est entraîné à reconnaître des fractions égales, à raisonner pour
justifier que des quotients sont égaux, quun quotient est un nombre rationnel ou non, quune
fraction est décimale ou non ;
 dès le début du cycle, lélève est conduit à additionner, soustraire et multiplier par un entier
des fractions de signe quelconque ;
 progressivement, lélève est conduit à additionner, soustraire, multiplier et diviser des
quotients ; à identifier, exprimer sous différentes formes et/ou justifier quun nombre est
linverse dun autre ; la progressivité repose principalement sur la nature des nombres mis en
jeu ;
 en classe de troisième, lélève aborde la notion de fraction irréductible.
Stratégies d'enseignement
Les « activités mentales » (calcul mental, autres types de questions flash) contribuent à la
construction du sens (« vision-partage » et « vision-nombre » de la fraction) et des automatismes sur
les opérations et les comparaisons. Ainsi, il convient, tout au long du cycle 4, de :
 développer la capacité à comparer des nombres sans recourir à une technique chaque fois
quune comparaison raisonnée peut être réalisée : positionnement des fractions par rapport à
des entiers, ordre de grandeur, simplification des fractions pour les rendre facilement
comparables ;
 mettre en place la technique de comparaison liée à la réduction au même dénominateur ;
 faire prendre conscience du fait quil est possible dintercaler une infinité de nombres
rationnels entre deux nombres rationnels donnés.
Sur la durée du cycle, les activités mentales permettent aussi de réactiver des savoirs et savoir-faire ;
elles peuvent concourir à une évaluation diagnostique.
Ainsi, par exemple, dès le début du cycle, avant la première séquence sur les fractions, un « Vrai ou
Faux » du type suivant permet de réactiver les attendus de fin de cycle 3 :
3 8
 + =1;
11 11
2 8
 + <1;
9 9
 il existe plus de 100 quotients, compris entre 1 et 2, ayant 6 comme dénominateur ;
1 2 7
 sept segments de longueurs respectives ; ; ... ; alignés bout à bout forment un
7 7 7
segment de longueur 4.
Un tel exercice, à vocation diagnostique, peut utilement être intégré dans une « stratégie »
dévaluation et exploité au service de la formation de tous les élèves, par exemple selon le
« schéma » suivant :
1. passation du « vrai ou faux » ;
2. collecte des réponses des élèves (en classe ou « hors du temps de classe » au collège via
lENT en utilisant un loutil « formulaire », par exemple) ;
3. traitement statistique des réponses et identification des erreurs ;
4. remédiation différenciée ;
5. nouveau temps dévaluation diagnostique (on répète les étapes1. à 3., le 1. pouvant prendre
une forme différente : calcul mental, autre type de question flash) ;
6. test dans le devoir bilan suivant, entre autres, de ce qui a fait lobjet de lévaluation
diagnostique puis dune remédiation ;
7. réactivation, au long de lannée, en fonction des besoins des élèves.
Le travail sur l'erreur s'appuie sur un retour au sens, en lien avec la définition du quotient, les ordres
de grandeur, la production dexemples et de contre-exemples et lapprentissage du raisonnement.
Loral constitue une aide à la compréhension et participe du traitement de l'erreur (verbalisation de
décompositions additives ; mise en œuvre de la définition du quotient ; identification, explication puis
rectification dune erreur).
Ainsi, par exemple, à loccasion de la résolution dun problème de partage, quelques élèves ont écrit :
1 2 3
« + = ». Un travail sur lerreur doit alors être conduit et porter sur le sens. Il peut consister en :
2 5 7
 un contrôle du résultat
modalité pédagogique : question/relance (doute, usage de la calculatrice) du professeur lors
de la production écrite ;
1 3
 un questionnement sur la vraisemblance du résultat (comparaison de et puis question :
2 7
1 3
« en ajoutant un nombre positif à , est-il raisonnable de trouver ? »)
2 7
modalité pédagogique : débat en classe ;
1 2 3
 lélaboration de la preuve du fait que + ≠ (mise en œuvre de la définition du quotient de
2 5 7
deux nombres, par exemple en faisant calculer le produit de lun et lautre des deux membres
de légalité par 70 lien avec larithmétique)
modalité pédagogique : production écrite individuelle hors du temps de classe ;
a 1 a 1+a
 un approfondissement : « peut-on trouver une fraction telle que + = ? » (production
b 2 b 2+b
dexemples)
modalité pédagogique : en classe, réflexion individuelle, travail en groupes, à loral :
présentation des résultats du groupe par un rapporteur.
Différenciation
Dans ce thème, la différenciation peut notamment consister en :
 un accompagnement spécifique que ce soit pour des travaux en classe ou hors la classe ;
 une action sur les variables didactiques dans le cadre de la résolution de problèmes
(exemple : sil sagit de calculer le complément à 1 de la somme de deux fractions, selon que
1 1 1 1 1 2
lon choisisse + ou + ou encore + , le degré de technicité varie ce qui peut conduire à
3 3 3 6 3 7
proposer tel ou tel cas à différents élèves en fonction de leurs besoins) ;
 lélaboration de la preuve dun résultat général, propriété (somme, produit ou quotient de deux
fractions, par exemple) ou solution dun problème (voir la tâche intermédiaire « Vitesse
moyenne lors dun aller-retour », par exemple), à laide dun exemple générique ; la
démonstration dans le cas général pouvant faire lobjet dun prolongement proposé à certains
élèves.
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problèmes
 Activités mentales
 Programmes de calcul
 Problèmes de partage, de repérage
 Calcul sur les mesures de grandeurs (longueurs, aires, volumes, angles, durée, vitesse,
masse)
 Problèmes de construction
 Reconnaissance de situations de proportionnalité
Exemples dactivités
 Exemples de questions flash :
 Exemple 1 : « Vision-partage » de la fraction
 Exemple 2 : Calcul avec les fractions
 Exemple 3 : sens du quotient
 Exemple 4 : travail sur lerreur
 Exemple de tâche intermédiaire : Vitesse moyenne lors dun aller-retour
 Exemple dactivité avec prise dinitiative : Âge moyen
Interdisciplinarité
Linterdisciplinarité donne du sens et constitue un levier pour lapprentissage.
Lemploi des fractions dans les modèles de proportionnalité, le traitement statistiques de données, le
calcul de probabilités et le champ des grandeurs et mesures doit conduire à placer les élèves devant
des problèmes relevant de ces champs et issus des disciplines scientifiques ainsi que du monde
économique et de la vie quotidienne.
Des EPI portant sur les thématiques « Monde économique et professionnel », « Transition écologique
et développement durable », « Sciences, technologie et société » et « Corps, santé, bien-être et
sécurité » seront loccasion de construire lattendu de fin de cycle « Utiliser les nombres pour
comparer, calculer et résoudre des problèmes ».
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de fraction avec les élèves. Certains de ces documents ont été produits dans le
cadre de l'accompagnement de programmes de mathématiques antérieurs. À ce titre, ces ressources
s'inscrivent dans un contexte pédagogique désormais ancien. Néanmoins, elles proposent des
éléments toujours pertinents pour aborder le thème des fractions.
 Le calcul numérique au collège
 Les nombres au collège
 Raisonnement et démonstration
 Le calcul sous toutes ses formes au collège et au lycée
 Quotients, proportionnalité, grandeurs , André Pressiat, (décembre 2002).

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Informer et accompagner
les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
MATHÉMATIQUES
Ressources transversales
La différenciation pédagogique
Le premier article du décret 2015-544 du 19 mai 2015 remplace larticle D332-2 du code de
léducation par les dispositions suivantes : « Le collège dispense à chaque élève, sans distinction,
une formation générale qui lui permet dacquérir, au meilleur niveau de maîtrise possible, le socle
commun de connaissances, de compétences et de culture défini en application de larticle L. 122-1-1
et dont lacquisition a commencé dès le début de la scolarité obligatoire. »
Lenseignement au collège est ainsi organisé autour de la prise en compte du parcours
personnel de formation de chaque élève, dans lobjectif dune acquisition du socle commun au
meilleur niveau de maîtrise possible, qui peut varier dun élève à lautre. Pour autant, le cadre
du collège ne doit pas être remis en cause, et la création de filières doit être évitée, comme le
rappelle lannexe de la loi du 8 juillet 2013 : « Il convient de remettre en cause tout dispositif […]
qui détournerait les élèves de lobjectif de maîtrise du socle et les enfermerait trop tôt dans une
filière. »
Le rapport « Pour un collège démocratique » de Louis Legrand, en 1982, affirmait déjà :
« admettre au collège tous les élèves de 11-12 ans, cest obligatoirement créer une hétérogénéité
de population scolaire qui ne saurait être traitée uniformément sans dommage. Léchec relatif des
collèges — et de lécole élémentaire — vient précisément de cette absence de différenciation. »
1. On reprend ici des La différenciation pédagogique consiste1 à mettre en œuvre un ensemble diversifié de moyens
éléments de la définition et de procédures denseignement et dapprentissage pour permettre à des élèves daptitudes
du Conseil supérieur de
et de besoins différents datteindre par des voies différentes des objectifs communs.
léducation du Québec.
Deux remarques simposent :
la différenciation pédagogique ne répond pas à la seule question de la difficulté scolaire et
ne doit pas être réduite à la remédiation. Accompagner chaque élève dans son apprentissage
pour acquérir le socle commun au meilleur niveau de maîtrise possible, cest également
accompagner lélève qui est en réussite ;
la différenciation pédagogique ne saurait être limitée aux temps dédiés à laccompagnement
personnalisé.
Diversifier pour différencier
Les sciences de léducation ont coutume de distinguer la différenciation successive et la
différenciation simultanée.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
La différenciation successive
Elle porte sur lutilisation, les uns après les autres et dans le déroulement même du cours,
de situations dapprentissage, dinteractions, doutils, de supports, suffisamment variés pour
que chaque élève puisse trouver la manière de travailler qui lui convient le mieux. Pour décrire
cette variété, on peut citer comme exemples :
• le recours au texte, à limage, au son ;
le tâtonnement expérimental, lexplication magistrale, la recherche individuelle, par petits
groupes, en plénière.
Ce type de différenciation est compatible avec le fonctionnement dune leçon collective.
La différenciation simultanée
Au sein de la classe, les élèves, individuellement ou au sein de groupes, travaillent en
même temps sur des tâches différentes adaptées à leurs besoins du moment. Ce mode de
différenciation suppose que lenseignant ait auparavant identifié ces besoins (soit à laide
dévaluations diagnostiques, soit à lissue de lobservation fine de ses élèves au travail) et
ait conçu les situations dapprentissage et les organisations de classe les mieux adaptées à
la réussite individuelle de chaque élève (plans de travail personnalisés, ateliers tournants,
groupes dentraide ou de besoin).
Pour ne pas marginaliser les élèves les plus fragiles et ne pas encore accroître les écarts,
il convient de proposer majoritairement à tous les élèves des situations dapprentissage
visant les mêmes objectifs de formation, clairement identifiés par le professeur. En jouant
sur certains paramètres didactiques et pédagogiques, il pourra concevoir différents
cheminements dapprentissage tenant compte de la variété des aptitudes et des besoins
de ses élèves. Dans un souci de faisabilité et de réalisme, il importe que le nombre de ces
cheminements reste limité.
Parmi les paramètres sur lesquels on peut jouer pour réaliser la différenciation, citons, de
façon non exhaustive :
les variables didactiques : par exemple la nature et lécriture des nombres engagés, le degré
de complexité dune figure géométrique, le nombre détapes dun raisonnement ;
• les supports (textes, images, vidéos, etc.) ;
les modalités dorganisation de la tâche à réaliser, en évaluation comme en formation.
Celles-ci varient en fonction des outils mis à disposition, des aides apportées par lensei-
gnant ou par les pairs, de la nature des consignes, du temps dont dispose lélève, etc.
les processus mis en œuvre pour réaliser la tâche (raisonnement par tâtonnement, par es-
sai-erreur, par déduction logique) ;
les productions attendues (écrites ou orales, individuelles ou par groupes, complètes ou
partielles).
Les variables didactiques
La situation de référence et lobjectif visé sont les mêmes pour tous, mais lactivité varie
selon les valeurs données à certaines variables de la situation : les ressources disponibles
(utilisation doutils, guidage du professeur…) ; les contraintes imposées (un temps dexécution
variable, un support utilisé différent selon le niveau de lélève, une demande de résultat écrit
pour certains élèves quand pour dautres cest le professeur qui sert de secrétaire).
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
À titre dexemple, prenons comme situation de référence le célèbre puzzle de Brousseau (ou
sa variante proposée par R. Charnay).
Lobjectif de cette situation dapprentissage est de faire identifier aux élèves quagrandir
chacune des pièces du puzzle ne revient pas à ajouter le même nombre à toutes les mesures,
mais à multiplier toutes les mesures par un même nombre.
Afin de faire face à lhétérogénéité des élèves en termes de maîtrise calculatoire, la
différenciation peut porter sur les nombres engagés dans le problème.
Ainsi, proposer à certains élèves des agrandissements du type « le côté qui mesure 8 cm devra
mesurer 16 cm sur le puzzle agrandi », à dautres « le côté qui mesure 8 cm devra mesurer
12 cm sur le puzzle agrandi », à dautres encore « le côté qui mesure 7 cm devra mesurer
12 cm sur le puzzle agrandi », permet dadapter la situation à différents niveaux de maîtrise
des nombres. Le fait que, pour les uns le coefficient dagrandissement soit un entier, pour
dautres un nombre décimal non entier, et pour dautres enfin un rationnel non décimal, ne
nuit pas à lobjectif principal de formation (le caractère multiplicatif de la situation), tout en
tenant compte du degré de maîtrise de la notion de quotient.
Notons que la différenciation peut aussi reposer sur la forme et le nombre des pièces du
puzzle.
Les supports
Pour tenir compte des difficultés de lecture ou dexpression écrite de certains élèves, il
importe de ne pas faire reposer tous les apprentissages sur la maîtrise du langage écrit
(en compréhension comme en production), mais de jouer sur la multiplicité des supports
dinformation et de communication : images ou dessins, schémas, énoncés oraux, vidéos,
écoute ou production denregistrements audio. Dans chaque cas, une explicitation des énoncés
et des consignes et une vérification de leur bonne compréhension sont indispensables, surtout
pour les élèves fragiles.
Les procédures de résolution
On parle parfois de différenciation par les procédures.
Il sagit de concevoir des activités permettant à chacun dapporter sa propre solution, en
faisant appel à ses propres procédures. Par exemple, pour la résolution dune équation du
premier degré, certains élèves peuvent trouver une solution approchée par essai-erreur, avec
ou sans usage dun tableur ou dune calculatrice, tandis que dautres mettent en œuvre la
procédure algébrique de résolution. La mise en commun et la confrontation des différentes
solutions, les échanges et les débats quelles ne manqueront pas de susciter se substituent
alors à une correction qui consisterait à valider la solution experte.
Pour permettre de diversifier les procédures mises en œuvre, le problème proposé ne doit
pas induire a priori la réponse experte, mais permettre la coexistence de plusieurs niveaux
ou plusieurs formes de réponses. Cette différenciation par les procédures ne demande pas
de protocole ou de préparation très compliqués puisque tous les élèves travaillent au même
moment sur la même tâche. Il sagit simplement douvrir le questionnement pour que chacun
Retrouvez Éduscol sur soit capable, dune manière ou dune autre, de répondre aux questions posées avec ses
méthodes propres, mais aussi de les confronter à celles utilisées par ses camarades.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Il convient toutefois de prévoir des protocoles permettant de gérer la diversité des états
davancement dans la réalisation de la tâche. Si la recherche sinscrit dans une certaine
durée, la variété des démarches de résolution (et du temps nécessaire à leur mise en place)
peut en effet générer des problèmes de gestion de classe quil est préférable danticiper : il
importe que tous les élèves simpliquent dans la recherche et disposent dun temps suffisant
pour mettre en œuvre leur propre démarche ; il faut veiller à la fois à ce que les élèves les
plus rapides ne soient pas freinés dans leur activité et à ce que leurs réponses ne retirent
pas prématurément tout intérêt pour la tâche à leurs camarades plus lents. Enfin, lors de
la confrontation des différentes procédures lors dune plénière de synthèse, le professeur
doit mettre en avant lefficacité de la démarche experte sans stigmatiser les procédures
personnelles moins performantes.
On peut par exemple, dans un premier temps, éviter de donner le problème dans sa généralité.
Si lactivité proposée commence par létude dun cas particulier, les élèves plus rapides
risquent moins de bousculer les autres. En outre, il est bienvenu de permettre aux élèves de
poser eux-mêmes la question de la généralité du résultat obtenu sur un cas particulier.
Les modalités dorganisation du travail
Différentes organisations du travail en groupes peuvent être envisagées.
Le groupe détaché au sein du groupe classe
Les élèves ont à réaliser le même travail, sur le même support, avec les mêmes consignes.
Ce qui varie est la modalité de début de séance : les élèves en difficulté sont regroupés autour
de lenseignant qui, par exemple, réactive des prérequis ou vérifie la bonne compréhension de
lénoncé et des consignes, tandis que les autres démarrent lactivité en autonomie.
Les groupes de besoin
Ces groupes sont constitués ponctuellement en fonction des difficultés momentanées
rencontrées ou des nécessités dapprofondissement. Il sagit donc de groupes homogènes,
changeants : il est important que leur constitution ne soit pas fixée tout au long de lannée.
Le groupe de besoin peut bénéficier dune aide apportée par le professeur ou travailler
en autonomie. Lactivité qui lui est proposée doit lui permettre de progresser. Au sein du
groupe, les élèves ont la même tâche à réaliser, mais ne travaillent pas nécessairement en
coopération.
Les groupes constitués des élèves les plus rapides pourront se voir proposer des questions
« défi » qui ne donnent pas lieu à une mise en commun.
Les groupes hétérogènes
La répartition des élèves en groupes hétérogènes permet de différencier les rôles au sein du
groupe afin que chacun puisse apporter sa part personnelle au travail collectif (par exemple :
le rôle de « rapporteur » du groupe ou le rôle de « celui qui va montrer comment faire », etc.).
Les compétences développées variant selon les rôles, on répartira les élèves en tenant compte
des besoins dapprentissage de chacun.
La régulation au sein du groupe est un objectif relevant des compétences sociales à
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développer chez les élèves, mais elle incombe avant tout à lenseignant qui doit gérer la
nature des interactions entre pairs. La répartition entre concepteurs, exécutants et inactifs
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
nétant jamais exclue, il doit éviter deux risques de dérive : linactivité des plus faibles ou le
confinement de leur activité à des tâches techniques ou « dintendance » sans plus-value
intellectuelle (par exemple le recopiage de la solution trouvée par les autres).
Laide des pairs
À certains moments, un groupe hétérogène peut fonctionner sur le mode de lentraide, un
élève du groupe pouvant solliciter un ou plusieurs autres pour une suggestion, un avis, le
contrôle de certains résultats. Cette aide est mise en œuvre par lélève aidant soit avec laccord
de lenseignant, soit à sa demande. Elle se base sur un double volontariat : le désir daider et
celui dêtre aidé. Elle nécessite donc un accord réciproque entre les deux élèves concernés.
Elle se situe en général en fin dactivité dentraînement, lorsquun élève a terminé et quun
autre se trouve en difficulté légère.
Si certains élèves jouent ce rôle de « camarade aidant » avec plaisir et efficacité, dautres
peuvent trouver pesant de soccuper dun élève moins à laise queux. Le professeur doit
accompagner ces « camarades-ressources » dans cet apprentissage de compétences sociales
et de communication qui ne peut avoir que des répercussions positives sur leurs propres
apprentissages. Il importe aussi que lentraide par un pair ne sapplique que pour résoudre
une difficulté légère et bien ciblée de lélève « aidé » et quelle ne se substitue en aucun cas au
rôle du professeur, seul expert pour identifier les difficultés de compréhension et déconstruire
les conceptions erronées.
Le traitement de lerreur
Parties intégrantes de la différenciation pédagogique, le repérage, lidentification et le
traitement des blocages et des erreurs constituent à la fois pour lélève un levier pour
progresser dans ses apprentissages et pour le professeur un appui pour réguler son
enseignement. Latteinte de ce double objectif est cependant conditionnée par la perception du
statut que lun et lautre (élève et professeur) accordent à lerreur.
Si elle est perçue comme une faute, le professeur pourra être tenté de la rejeter sur lélève (qui
aura mal écouté, mal retenu, ou mal appliqué ce qui lui a été enseigné) et de la corriger au plus
vite, pour quelle cède la place à « la » réponse exacte. Quant à lélève, il sera dautant plus disposé
à admettre la correction quelle lui permettra de ne pas sappesantir sur un échec personnel.
Au contraire, si le blocage ou lerreur est perçu comme inhérent à lapprentissage, le professeur
fera de son repérage, de son identification et de son traitement des enjeux de son enseignement
et développera des stratégies permettant den faire un véritable levier de progrès.
Ces stratégies doivent sadapter au type derreur ou de blocage quil sagit dabord de repérer
puis de traiter. Rares sont les cas où leur origine peut être identifiée à partir des seules traces
écrites laissées par lélève. Leur interprétation gagne à sappuyer sur un questionnement oral
effectué par le professeur. Lorsquelle est possible, lexplicitation par lélève du cheminement
qui la amené à produire une erreur permet à lenseignant de comprendre son fonctionnement
mental, mais aussi les conceptions erronées qui font obstacle à sa compréhension.
On propose ici une typologie (non exhaustive) de certaines erreurs, et des pistes pédagogiques
pour une prise en compte profitable, en nous inspirant de louvrage Lerreur, un outil pour
Retrouvez Éduscol sur enseigner, de Jean-Pierre Astolfi, 1997, ESF éditeur (collection « Pratiques et enjeux
pédagogiques »).
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Erreurs ou blocages relatifs à la situation
Exemples de problèmes rencontrés :
La situation paraît nouvelle à lélève, il ne la reconnaît pas. Le langage utilisé, inhabituel, fait
obstacle à la compréhension du travail qui lui est demandé ; la présentation de lexercice est
inédite ; le support est nouveau ; la tâche à effectuer est différente de celles quil a rencon-
trées auparavant…
La situation est connue de lélève (par exemple un problème de proportionnalité), mais elle
privilégie un type de réflexion ou de raisonnement que lélève maîtrise mal (les rapports
dhomogénéité et le coefficient de proportionnalité sont des nombres rationnels non déci-
maux). Lélève construit alors une représentation erronée de la tâche à effectuer.
La situation est connue de lélève, mais elle impose des contraintes plus importantes, par
exemple parce quil sagit dun travail en temps limité ; parce quil y a un plus grand nombre
dexercices à traiter ; parce que la tâche est dun degré de complexité supérieur ; ou encore
parce que les exercices se réfèrent à des apprentissages relatifs à des thèmes différents.
Pistes pour une prise en compte de ce type derreur :
prendre lhabitude de varier les représentations, les supports tant en formation quen éva-
luation ;
• éviter de faire appel à des situations trop éloignées du quotidien des élèves ;
aider les élèves à rattacher une situation à une classe de problèmes (par exemple un pro-
blème de proportionnalité) et à identifier les principaux outils permettant de les résoudre
(propriété de linéarité, coefficient de proportionnalité, tableaux) en indiquant dans quels cas
certains outils sont plus efficaces que dautres.
Erreurs ou blocages relatifs à la consigne
Exemples de problèmes rencontrés :
• la consigne est formulée de façon ambiguë ou contient trop dimplicite ;
• la consigne renferme des difficultés dordre lexical ou syntaxique ;
lélève ne comprend pas la consigne : il ajoute, enlève, remplace des éléments dans la
consigne, il recrée la consigne ;
lélève manque dautonomie face à la consigne ; il anticipe trop ou trop peu ; il oublie la
consigne ;
lélève décode mal les règles du contrat didactique : il sait que le professeur attend une
réponse, mais ne comprend pas vraiment ce qui est attendu.
Pistes pour une prise en compte de ce type derreur :
• procéder systématiquement à la reformulation de la consigne par les élèves fragiles ;
aider les élèves à sinterroger sur le sens de la consigne, à identifier les mots importants, à
repérer des analogies avec des problèmes déjà traités ;
• aider les élèves à se représenter mentalement le travail à effectuer ;
inciter les élèves à vérifier leur production en cours de tâche. Exemples : contrôler la vrai-
semblance des calculs à laide dordres de grandeur, tester une formule sur des valeurs
numériques.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Erreurs ou blocages relatifs aux opérations intellectuelles
Exemples de problèmes rencontrés :
lélève a des difficultés à reconnaître les connaissances et les méthodes utiles à la résolution
de la tâche ;
lélève a des difficultés pour transférer des connaissances et des compétences acquises
dans un domaine mathématique à un autre domaine ;
lélève a des difficultés à extraire de lensemble de ses acquis les éléments particuliers
adaptés à la résolution de la tâche proposée ;
lélève a des difficultés à transférer sa connaissance dune situation dapprentissage à une
situation partiellement ou entièrement nouvelle.
Pistes pour une prise en compte de ce type derreur :
aider les élèves à semparer de la situation, par exemple en la représentant par un dessin,
un schéma ;
amener lélève à établir des liens entre les connaissances nouvelles et ses acquis anté-
rieurs, mais aussi entre les différents champs disciplinaires. Forger une image mentale des
connaissances à acquérir ;
inciter lélève au transfert de ses acquis grâce à un travail plus transversal, interdisciplinaire ;
• freiner limpulsivité, favoriser la réflexion, la concentration, le questionnement intérieur ;
consolider les connaissances de base grâce à des activités ritualisées dentrainement (por-
tant aussi sur des connaissances et des méthodes étudiées dans les classes antérieures) ;
• inciter les élèves à rendre explicites leurs démarches ;
favoriser les activités développant tous les types de mémoire (visuelle, auditive, kinesthésique).
Erreurs ou blocages relatifs à lacquis antérieur
Exemples de problèmes rencontrés :
• acquis antérieurs partiels, insuffisamment consolidés et/ou incorrects ;
• non-acquisition du savoir.
Pistes pour une prise en compte de ce type derreur :
identifier les prérequis, vérifier leur stabilité et ne pas hésiter à différer un nouvel apprentis-
sage ; par exemple, travailler sur la différence entre nombres positifs avant lintroduction des
nombres négatifs ; consolider la multiplication entre relatifs avant dintroduire la division ;
reprendre un apprentissage mal acquis en modifiant les situations, le contexte ;
aider lélève à faire émerger ses représentations initiales pour quil puisse lui-même les
rejeter sil les reconnaît comme étant erronées ou inefficaces ;
aider lélève à surmonter progressivement ses difficultés, en lui proposant des exercices de
complexité croissante ;
aider lélève à hiérarchiser et à structurer ses connaissances, par exemple en utilisant des
cartes mentales, en rédigeant des fiches de synthèse, en identifiant les exemples embléma-
tiques, etc.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Pédagogie inversée
Cette modalité denseignement consiste à mettre à disposition des élèves des documents
quils consultent avant de venir en cours. Grâce au développement des technologies, ces
documents sont souvent aujourdhui des capsules vidéo (souvent conçues par lenseignant lui-
même). Les élèves ont alors, en amont de la séance, la possibilité découter et de visualiser
autant de fois que nécessaire une définition ou lexplication dune procédure (de calcul ou de
construction géométrique, par exemple). Ils arrivent en classe en étant déjà familiarisés avec
les notions qui sont alors mises en pratique sur des exercices en présence de leur professeur.
Celui-ci peut compléter la vidéo par un questionnaire (souvent en ligne) à remplir par les
élèves après le visionnage de la capsule et qui permet au professeur dapprécier en amont de
la séance le degré de compréhension de ses différents élèves. Fort de cette information, il peut
alors concevoir des exercices adaptés à chacun et surtout consacrer un temps de réexplication
auprès des élèves dont il a perçu les difficultés.
Lintérêt majeur de cette modalité pédagogique réside dans lutilisation des ressources du
numérique afin de dégager du temps en classe pour une réelle mise en activité des élèves et
permettre à lenseignant de laccompagner.
Elle a aussi ses limites : dabord, renvoyer à la maison ou au CDI toute la part de découverte,
avec le danger évident de renforcer les inégalités en matière dappropriation des savoirs.
Ensuite, il faut signaler le risque de « sanctuariser » des présentations vidéos conçues a
priori, sans avoir été articulées aux interrogations élaborées avec les élèves ; il ne faudrait
pas non plus que laspect séduisant dun clip vidéo ne prime sur son caractère fonctionnel et
fasse oublier lobjectif majeur de différenciation. Enfin, la classe inversée peut amener à sous-
estimer le rôle pédagogique essentiel de la parole du professeur devant la classe ; cest bien
cette parole qui, par sa précision, sa justesse, sa rigueur, sa capacité à sadapter à son public,
non seulement « institue le savoir », mais crée un véritable « rapport au savoir » auquel ne
peut pas se substituer un ensemble de consignes et de gestes intégrés dans une vidéo, aussi
utiles et pertinents quils puissent être.
On peut dégager de cette analyse quelques principes pour faire un bon usage de la classe
inversée.
Premièrement, il faut conserver en classe des « interventions magistrales » : en effet, celles-
ci sont indispensables pour former chaque élève à lécoute attentive (en posant, par exemple,
des questions préalables pour favoriser lattention, la collecte intelligente des informations et
la formalisation des acquis).
Deuxièmement, la différenciation consécutive suppose larticulation, dans les pratiques
quotidiennes de la classe, de temps de « construction des questions », de temps dexposés
— dont certains peuvent être effectivement « externalisés » — et des temps de retour réflexif
sur ces exposés — quintroduit légitimement la classe inversée — mais aussi des temps
dentraînement personnel, des temps de synthèse collective, des temps de restitution, des
temps pour le transfert, etc. : chacun de ces temps doit être précisément identifié par les
élèves, tant en termes dobjectifs poursuivis, de dispositifs mis en œuvre (travail individuel, par
petits groupes ou en classe entière), de consignes à appliquer, de ressources à mobiliser, etc.
La référence à une « pédagogie de lactivité des élèves » ne peut en effet exonérer lenseignant
dun travail préalable sur la cohérence des séquences dapprentissage proposées, le choix des
situations et des outils utilisés, les opérations mentales suscitées, etc., toutes choses qui sont
facilitées, de toute évidence, par le travail en équipe avec ses collègues.
Retrouvez Éduscol sur
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Informer et accompagner
les professionnels de léducation Cycles 2 3 4
Mathématiques
Compétences travaillées en mathématiques
Modéliser
La compétence « Modéliser », si on la prend dans son acception la plus large, renvoie pour
le mathématicien au fait dutiliser un ensemble de concepts, de méthodes, de théories
mathématiques qui vont permettre de décrire, comprendre et prévoir lévolution de
phénomènes externes aux mathématiques.
Les mathématiques et le monde réel, une longue histoire
La compétence « Modéliser » est, parmi les compétences travaillées, celle qui aborde de
front le lien des mathématiques avec un extérieur à la discipline. Définir précisément cet
extérieur nest pas chose aisée, car il nest pas certain quon puisse simplement lenvisager ou
le nommer sans disposer déjà dun minimum de concepts, de théories, de modèles déjà plus
ou moins liés aux mathématiques. Ceci étant, quel que soit le terme utilisé (monde naturel,
monde empirique, réalité extérieure, monde réel, référence, contexte), la modélisation fait
intervenir un élément non mathématique au début et à la fin du processus. On peut en effet
décrire de manière schématique le processus de modélisation en distinguant trois temps : la
mise au point dun modèle à partir du réel, le fonctionnement du modèle lui-même à lintérieur
des mathématiques, et la confrontation des résultats du modèle au réel1.
Ainsi décrite, on peut remarquer que cette compétence de modélisation nest pas développée
quà partir du cycle 4. Dès le cycle 2, la simple reconnaissance des formes géométriques dans
les objets réels ressortit à la première étape de la modélisation (« le rectangle modélise le
terrain sur lequel on veut construire une maison »). Reproduire et transformer les figures
obtenues relève alors de la deuxième étape. Quant à la troisième étape, elle est également
présente, même si les situations modélisées restent modestes. Cest véritablement aux
cycles 3 et 4 que les trois phases de la modélisation vont pouvoir progressivement gagner
en ampleur. La première phase devient lobjet dun véritable choix pour lélève, qui dispose
de différents modèles parmi lesquels il lui revient de déterminer quel est le plus pertinent
(« sagit-il ou non dune situation où le modèle proportionnel sapplique ? »). Ce qui change
est donc en premier lieu la diversité des modèles disponibles que lélève peut convoquer pour
décrire une situation, au travers par exemple de lapparition des modèles probabilistes et
fonctionnels. Mais cest aussi et surtout la complexification de ces modèles qui va permettre
à la deuxième phase de gagner en ampleur. Le rectangle qui modélise le terrain est toujours
aussi pertinent, mais le modèle dans lequel il sinsère sest profondément transformé entre le
cycle 2 et le cycle 4. Ce rectangle est à présent lié à des propriétés de figures, à de nouvelles
possibilités de calculs (par exemple la longueur de la diagonale par le théorème de Pythagore),
à des concepts comme laire ou le périmètre qui ouvrent de nouveaux champs de questions,
1. Dans une version plus élaborée, cette dernière phase boucle sur la première, en construisant une version améliorée
Retrouvez Éduscol sur du modèle.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
à une possibilité de faire évoluer le modèle suivant des contraintes par le biais de lalgèbre,
puis du langage fonctionnel (« un côté doit être le double de lautre, laire doit être fixée… »).
Cette complexification des modèles utilisés rend nécessaire de faire travailler les élèves,
dans un premier temps, sur des exercices internes au modèle en tant que tel (exercices de
probabilités, exercices sur les fonctions) pour en comprendre la logique interne et en maitriser
lusage avant de lutiliser comme outil de traitement dun problème externe.
Lapparent paradoxe du cycle 4 est ainsi que le développement de la compétence
« Modéliser » fait passer une compréhension plus fine du réel par un progrès dans les
capacités dabstraction des élèves. Ainsi, cest par une conceptualisation et une formalisation
de la notion naturelle de « chance » en termes de probabilités que lon parvient à modéliser
les situations dépendant du hasard. Paradoxe apparent qui est au cœur du progrès du savoir
mathématique, la plus grande abstraction allant de pair avec la plus grande capacité de
rendre compte de la complexité du réel. Pour des élèves à qui on demande un effort
dabstraction et de manipulation de concepts, il est important de connaitre et déprouver
régulièrement lefficacité des outils quils apprennent à maitriser, au travers en particulier
de cette troisième phase de confrontation des résultats du modèle avec la réalité empirique.
Entretenir la compétence « Modéliser », cest aussi entretenir la confiance que les élèves
ont dans lenseignement qui leur est proposé : découvrir quun modèle géométrique permet
de donner une bonne approximation du rayon de la Terre fait partie de ces expériences
qui contribuent à façonner auprès de lélève de collège une image positive et utile des
mathématiques.
Lire le grand livre de lUnivers : mathématiques
et sciences
Parce quelle a trait au réel, la compétence « Modéliser » rencontre naturellement les
disciplines dont le principe même est la compréhension du monde naturel : les sciences,
quelles soient physiques, technologiques ou sciences du vivant. Mais quont à dire de
spécifique les mathématiques dans une affaire où elles peuvent napparaitre que comme
un outil ? Il faut ici relire la phrase célèbre de Galilée2 :
La philosophie est écrite dans ce livre gigantesque qui est continuellement ouvert à nos yeux
(je parle de lUnivers), mais on ne peut le comprendre si dabord on napprend pas à comprendre
la langue et à connaître les caractères dans lesquels il est écrit. Il est écrit en langage mathé-
matique, et les caractères sont des triangles, des cercles, et dautres figures géométriques, sans
lesquelles il est impossible dy comprendre un mot. Dépourvu de ces moyens, on erre vainement
dans un labyrinthe obscur.
Amener les élèves à comprendre et parler ce langage, voilà lune des contributions des
mathématiques au développement de la pensée scientifique des élèves de collège. Ce langage
est dabord composé de nombres et de figures, présents dès le cycle 2 : « comprendre le
système de numération », « reconnaitre des formes dans les objets réels » sont des objectifs
du programme de mathématiques. Mais il senrichit au cycle 4 des symboles et de la syntaxe
algébriques. Cest bien par la part prise par le calcul littéral que le cycle 4 marque une
nouvelle étape dans lapprentissage de la lecture de lunivers. Et avant le calcul lui-même,
lutilisation de lécriture littérale constitue lun des enjeux, « Comprendre lintérêt dune
écriture littérale en produisant et employant des formules liées aux grandeurs mesurables »
indique le programme, qui invite à multiplier les références aux sciences. Quant au calcul
2. Galileo Galilei (1623). Il Saggiatore traduction française de Christiane Chauviré, LEssayeur, Les Belles-Lettres,
Retrouvez Éduscol sur Paris, 1980.
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 2
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
algébrique, cest lun des objectifs du cycle 4 que de permettre aux élèves den découvrir
progressivement la puissance en termes dabstraction, de généralisation et dautomatisation
des calculs, en particulier au travers de problèmes du premier degré.
De la quatrième proportionnelle aux fonctions linéaires
Le modèle proportionnel, déjà présent au cycle 3, évolue au cycle 4 dans le sens dune
plus grande abstraction. Les situations à modéliser diffèrent peu, mais cest le traitement
mathématique de la modélisation qui évolue. Au travers dun plus grand nombre de registres
(graphiques, tableaux, coefficient multiplicateur, formule) et au travers dune utilisation plus
fine des propriétés de linéarité sous-jacentes à la situation de proportionnalité, pour aboutir
enfin à la notion complètement décontextualisée de fonction linéaire où dans la formule
f(x) = ax, ni a ni x ne renvoient nécessairement à un élément du monde réel. Dans ce parcours,
cest véritablement lactivité intra mathématique de création de concepts qui est à lœuvre,
permettant de faire naitre un objet, la fonction linéaire, dont le caractère dégagé de tout
lien avec un contexte donné multiplie la puissance de modélisation (ne serait-ce que par la
capacité dautomatiser les calculs). Faire percevoir aux élèves le gain réalisé au prix de leffort
dabstraction doit être là encore une préoccupation de lenseignant face à lélève qui peut
demander pourquoi on ne se contente pas des tableaux qui ont fait leurs preuves.
Probabilités
« Aborder les questions relatives au hasard à laide de problèmes simples » est un des
objectifs du programme de cycle 4. Pour autant, la simplicité des problèmes ne doit pas
cacher la complexité du modèle proposé. Il convient de ne pas précipiter le passage au
modèle probabiliste et aux calculs à lintérieur de ce modèle, et il convient surtout de ne pas
prendre les calculs menés à lintérieur du modèle pour des preuves ou des démonstrations
de phénomènes réels. On ne prouve pas que « le dé est truqué », ou qu « il vaut mieux miser
sur lobtention dun 7 comme somme de deux dés que sur lobtention dun 2 », mais on
effectue des calculs à lintérieur du modèle mathématique qui aboutissent à une conclusion
mathématique rigoureuse. Les conclusions que lon peut en tirer quant aux dés réels ou
aux paris réels ne relèvent pas des mathématiques et doivent être considérées avec recul et
prudence. Pour reprendre la phrase radicale dEinstein, « Pour autant que les propositions de
la mathématique se rapportent à la réalité, elles ne sont pas certaines, et pour autant quelles sont
certaines, elles ne se rapportent pas à la réalité ». Lutilisation du modèle probabiliste est une
grille de lecture de la réalité, et son rapport avec le réel nest pas le même que celui dune
théorie physique. Laffirmation « une pièce équilibrée a autant de chances de tomber sur
pile ou sur face » nest pas de même nature que « leau bout à 100 degrés » ou « il se forme
un précipité rouge en présence de cuivre ». Une conséquence pratique de cette distinction
tient dans la nécessité pour les enseignants de bien marquer la différence entre ce qui tient
de lobservation (statistique) et ce qui tient de la modélisation théorique en privilégiant un
vocabulaire du type « on décide que », « on modélise par » plutôt que « on voit que ». Parce
quil rend compte de lactivité humaine, parce quil peut appuyer des décisions collectives
ou des choix politiques, le modèle probabiliste doit plus que dautres faire lobjet dune
sensibilisation des élèves à la prudence méthodologique.
Que nul nentre ici sil nest géomètre !
La géométrie des figures, déjà évoquée, gagne elle aussi en abstraction au cycle 4 en
séloignant de lexpérience sensible. Ce sont des triangles quon tenait auparavant dans la
main après les avoir découpés et qui tiennent à présent tout entier dans les trois lettres ABC.
Ce sont des solides quon va pouvoir décrire par des vues de coupes, des représentations en
perspective sans les avoir matériellement sous les yeux. Ce travail progressif dabstraction,
Retrouvez Éduscol sur
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
qui ne peut senvisager au cycle 4 sans aller-retour avec la matérialité des solides concrets,
ouvre non seulement la voie vers le raisonnement déductif, mais aussi vers la modélisation
géométrique de lespace. Cette modélisation de lespace se manifeste au cycle 4 en particulier
dans le repérage sur la sphère terrestre mais aussi au travers des calculs que cette
modélisation permet (estimation du rayon de la terre et de la distance de la terre à la lune).
Mais cette géométrie de lespace marque également profondément lart, depuis les proportions
des temples grecs jusquaux architectures contemporaines en passant par la révolution
cézanienne : « Permettez-moi de vous répéter ce que je vous disais ici : traitez la nature par le
cylindre, la sphère, le cône […] »3 et au-delà. Cest peut-être au cœur du plaisir esthétique, des
notions dharmonie et de symétrie, que le passage progressif à une géométrie des propriétés
et des rapports trouve une de ses récompenses les plus précieuses : au travers de quelques
tracés sur une toile de Leonard de Vinci, ou par limposition de transformations bien choisies
sur une frise du palais de lAlhambra, les mathématiques apportent leur concours à la
compréhension des règles de lart.
La modélisation au risque du projet
La modélisation, si on souhaite permettre aux élèves den comprendre les enjeux, nécessite
dans lidéal de partir dun problème extra-mathématique, de construire un modèle, de le
faire fonctionner et de pouvoir confronter ses résultats à la situation modélisée. Deux écueils
apparaissent immédiatement :
le temps nécessaire pour laisser les élèves réfléchir, émettre et confronter des hypothèses
peut dépasser le cadre de la séance ;
les modèles mathématiques permettant de rendre compte de situations réelles peuvent
apparaitre comme hors de portée des élèves de collège.
Face à ces deux difficultés, deux possibilités soffrent, quil convient de combiner car elles ont
chacune leurs avantages et leurs inconvénients.
La première piste consiste pour lenseignant à prendre en charge une partie de la modélisation
en présentant une situation déjà simplifiée, voire en partie modélisée. Cette possibilité a
lavantage de diminuer fortement le temps nécessaire pour appréhender la situation et de
proposer un cadre où lon sait que lélève a les moyens deffectuer un travail de modélisation.
Elle peut toutefois conduire à des situations tellement artificielles et caricaturales quelles
finissent par ne plus rien modéliser. Il est donc important de présenter aux élèves les raisons
qui ont présidé au choix du modèle, de les amener à le critiquer de manière argumentée, et
dévoquer lorsque cela est possible des outils et des concepts quils rencontreront plus tard
et qui permettront daméliorer le modèle.
La deuxième piste consiste à garder lidée de la confrontation à la complexité du réel en
pariant sur le temps long du projet, que ce soit au sein du cours de mathématiques ou dans
le cadre dun EPI. Si cette modalité constitue pour le développement de la compétence
« modéliser » un terrain a priori idéal, il faut cependant garder à lesprit les risques inhérents
à la conduite des projets, que nous rappelle un chercheur comme Jean-Yves Rochex4 :
3. Paul Cézanne, Lettre à Émile Bernard, 15 avril 1904.
4. Extrait de laudition au CSE du 6 janvier 2015, reprise dans le rapport de lInspection générale Grande pauvreté
Retrouvez Éduscol sur et réussite éducative (J.P. Delahaye, mai 2015)
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 4
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
[…] la question nest pas simplement de savoir si nous sommes en mesure de proposer des
projets et des activités attractives pour les élèves, mais aussi de savoir si ces activités sont
productrices dapprentissages et de dispositions durables, qui restent une fois le projet accom-
pli, une fois le spectacle donné […].Comment veiller à ce que la réalisation dun projet collectif
ne se concrétise pas par une division sociale du travail entre élèves, qui spécialise les élèves les
plus faibles dans les tâches les moins intéressantes sur le plan intellectuel, les élèves les plus
performants dans les tâches les plus intéressantes ?
Ces points de vigilance étant posés, il apparait indispensable de demander aux élèves un
retour réflexif régulier sur les mathématiques rencontrées (quelles notions mathématiques,
connues ou inconnues ai-je rencontrées ?) et au moins en fin de projet, de garder un temps
de reprise et dinstitutionnalisation par lenseignant des concepts mathématiques à lœuvre,
afin que, pour tous les élèves, les éléments de savoir mathématique qui sous-tendent la
modélisation apparaissent clairement, dégagés de la multiplicité dexpériences, de souvenirs,
de sensations qui constituent pour eux la trace sensible du projet.
Décrire le monde : un enjeu au carrefour des domaines
du socle
La compétence « Modéliser » constitue pour lélève de cycle 4 un enjeu qui rencontre les 5
domaines du socle : elle illustre la puissance du langage mathématique dans sa capacité de
mise en ordre et de description du monde, elle constitue une mise en œuvre des méthodes
mathématiques de raisonnement hypothético-déductif, elle participe à la formation dun
citoyen éclairé, elle constitue le langage des grands systèmes scientifiques, et elle représente,
notamment au travers de la géométrie et des probabilités, un outil indispensable de
compréhension de lactivité humaine.
Cette omniprésence ne rend pas pour autant facile pour les élèves la maitrise de cette
compétence, qui peut être cachée dans la diversité des activités mathématiques. Il revient
à lenseignant, au-delà des projets, des EPI, des exercices quotidiens, de mettre au jour les
modalités, la puissance et les limites de la modélisation mathématique.
Bibliographie et sitographie
De la modélisation du monde au monde des modèles (1) et (2) : Le délicat rapport
« mathématique-réalité » et Des statistiques aux probabilités - DUPERRET,J.-C. (2012).
Bulletins verts de lAMPEP 484 et 486.
Site du Projet européen Lema (Learning and Education in and through Modelling and
Applications).
Interdisciplinarité et modélisation, un atout et un défi pour lenseignement des mathéma-
tiques - ARTIGUE, M. (2016), séminaire de lIREM Paris 7.
Retrouvez Éduscol sur
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Utiliser le calcul littéral
Objectifs
Au cycle 3, lélève a fait fonctionner de manière implicite les propriétés des opérations dans le champ
des nombres, mais sans les avoir formalisées en tant que propriétés générales. Il a rencontré des
formules littérales dans le cadre des apprentissages liés aux mesures de grandeurs ; la lettre y avait
essentiellement valeur dabréviation ; ainsi, la formule 𝐴 = 𝐿 × 𝑙, est une abréviation de lexpression
« aire du rectangle = longueur fois largeur » utilisée par lélève pour effectuer directement le produit
des nombres donnés pour la longueur et la largeur, sans identification explicite du processus de
substitution des lettres par des valeurs numériques. Lélève a aussi appris à compléter des égalités à
trou, notamment à loccasion du travail sur les notions de différence et de quotient. Il a résolu des
problèmes du premier degré sans avoir recours à la résolution déquations, mais en agissant par
tâtonnements, en ayant recours à des étapes intermédiaires avec ou sans laide doutils numériques
(tableur, calculatrice).
Au titre de lentrée dans lalgèbre, lenseignement du calcul littéral au cycle 4 vise les objectifs
suivants:
 traduire le résultat de la suite des opérations dun programme de calcul sous la forme
dune expression littérale et établir le lien entre laspect « procédural » et laspect
« structural » de cette expression : ainsi, le résultat du programme de calcul
« multiplier un nombre par 2 et ajouter 3 au résultat » se traduit par lexpression
2𝑥 + 3 dont la structure est celle de la somme de 3 et du double de 𝑥 ;
 décrire une propriété générale de nombres (par exemple « être la somme de deux
entiers consécutifs » ou « être un multiple de 3 ») ;
 démontrer quune propriété est vraie dans un cadre général (par exemple les règles
du calcul fractionnaire) ;
 modéliser et résoudre des problèmes à laide déquations ou dinéquations du premier
degré ;
 introduire les concepts de variable et de fonction.
Liens avec les domaines du socle
Le langage algébrique permet de formuler des propriétés mathématiques et de résoudre des
problèmes. À travers la pratique du calcul littéral, son apprentissage contribue donc de façon
essentielle à lobjectif « comprendre, sexprimer en utilisant les langages mathématiques, scientifiques
et informatiques » du domaine 1 du socle.
Les outils algébriques (lettres, fonctions) sont également utilisés pour représenter des systèmes
naturels et techniques et fournir des preuves aux problèmes quils engagent. Leur utilisation participe
à la mise en œuvre de la démarche scientifique, en complément de lobservation, la manipulation et
lexpérimentation. Le calcul littéral contribue donc fortement à latteinte des objectifs du domaine 4 du
socle.
Progressivité des apprentissages
Ces repères de progressivité sont explicités ci-dessous selon les principaux enjeux dapprentissage
du calcul littéral au cycle 4.
Formules et expressions littérales pour généraliser, modéliser ou
démontrer
e
Le travail initié au cycle 3 sur la production et lutilisation de formules devient, en classe de 5 , un
objectif de formation. Une formule (expression dune relation entre des variables) ou une expression
littérale (résultat dun programme de calcul) permettent de décrire une situation générale, le recours à
la lettre étant un moyen de sabstraire de valeurs numériques particulières.
La résolution de problèmes issus de contextes variés permet de motiver la production de formules. On
pourra se référer avec profit aux exemples figurant dans le document « Du numérique au
littéral » publié sur Éduscol : carrés bordés, somme de multiples de 7, etc. Parallèlement à la
production et à lutilisation de formules, la familiarisation précoce avec la notion de fonction (sans faire
appel à son formalisme) permet de modéliser la dépendance dune grandeur en fonction dune autre.
e
La notation symbolique dune fonction nest introduite quen 3 . Elle est accompagnée de la
présentation des différents registres de représentation (symbolique, numérique, graphique) et des
passages de lun à lautre.
Transformation dexpressions littérales
Dès le début du cycle 4, la distributivité de la multiplication par rapport à laddition est implicitement
mobilisée lors de calculs sur des nombres, en particulier en calcul mental, par exemple pour calculer
29 × 21.
Lintérêt, apparu à travers la résolution de problèmes, de transformer une expression numérique pour
la simplifier ou lécrire sous une forme adaptée motive dinstitutionnaliser la distributivité simple sous
forme littérale. Celle-ci peut sappuyer sur limage mentale de laire dun rectangle de longueur 𝑎 + 𝑏
et de largeur 𝑘 décomposé en deux rectangles de largeur 𝑘 et de longueurs respectives 𝑎 et 𝑏.
Le recours à la distributivité permet ensuite de valider la réduction dune expression littérale.
Avant dêtre automatisées, les stratégies de transformation sont explicitées (par exemple 𝑥 = 1 × 𝑥 ;
𝑥 = (1) × 𝑥), pour aboutir progressivement à des calculs du type :
𝑥 2,7 𝑥 = 1 × 𝑥 + (2,7) × 𝑥 = (1 + (2,7)) × 𝑥 = (1,7) × 𝑥 = 1,7𝑥.
La transformation dexpressions littérales (dune somme en produit ou vice versa) seffectue dans le
même esprit, à partir de la distributivité simple de la multiplication par rapport à laddition.
Le travail technique de développement ou de factorisation est accompagné dune réflexion sur le
choix de la forme de lexpression (somme ou produit) la mieux appropriée au problème à résoudre.
De manière générale, les tâches dexécution (développement, factorisation, réduction) sont articulées
avec des activités qui développent lintelligence des stratégies de calcul comme lanticipation,
lorganisation, le contrôle. Les stratégies de contrôle peuvent sappuyer sur des arguments de signe,
dhomogénéité, des tests sur des valeurs numériques adéquates, etc.
Résolution dun problème du premier degré
Pour anticiper la notion déquation, lélève apprend, dès le début du cycle 4, à tester une égalité à la
main ou à laide dun outil numérique (tableur, calculatrice), en attribuant des valeurs numériques au
nombre désigné par une lettre qui figure dans légalité. Il apprend à compléter des opérations à trou. Il
est initié aux programmes de calcul à partir de programmes dont les opérations sont réversibles et
permettent de « remonter » le programme en commençant par la dernière opération. Cest le cas dans
lexemple suivant, extrait du document Du numérique au littéral publié sur Éduscol :
Je pense à un nombre, je le multiplie par 3. Si je retranche 12 au résultat obtenu, jobtiens 7,5.
A quel nombre ai-je pensé ?
Progressivement, la recherche defficacité face à des problèmes plus résistants (correspondant par
exemple à des programmes de calcul non réversibles), linsuffisance de la démarche numérique face
à des problèmes du type 𝑎𝑥 + 𝑏 = 𝑐𝑥 + 𝑑, avec 𝑎 𝑐 non nul et des valeurs des paramètres 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑
conduisant à des solutions non entières, ou encore la nécessité dobtenir les valeurs exactes des
solutions de certaines équations motivent lintroduction de la lettre et la modélisation dune situation
par une équation ou une inéquation.
On pourra se référer à la situation « Alice et Bertrand » empruntée à Gérard Combier, Jean-Claude
Guillaume et André Pressiat, (« Les débuts de lalgèbre au collège » publication de lINRP) et
proposée comme tâche intermédiaire.
La méthode algébrique de résolution des équations et inéquations du premier degré est explicitée en
e
classe de 3 , en sappuyant sur les propriétés de légalité ou de linégalité, par exemple linvariance
des solutions dune équation par lajout dune même expression à chacun de ses membres.
Lutilisation du tableur et la programmation dalgorithmes permettent la résolution, au moins
approchée, déquations dautres types.
Calcul littéral pour démontrer
Dès le début du cycle, le travail mené sur les nombres conduit à émettre des conjectures, notamment
sur les propriétés des opérations entre nombres rationnels. Celles-ci peuvent être démontrées dès la
e
classe de 5 à partir dexemples génériques, dans des situations simples. On rappelle quun exemple
est dit « générique » lorsquune propriété quil permet de mettre en évidence peut être étendue au cas
2 5 7
général ; ainsi, on passe de lexemple générique + = traité dès le cycle 3 à sa généralisation
3 3 3
𝑎 𝑐 𝑎+𝑐
littérale + = qui consiste à substituer une lettre à une valeur numérique.
𝑏 𝑏 𝑏
𝑎 𝑐 𝑎+𝑐
Dans le cadre de la différenciation, la démonstration de lidentité + = , qui mobilise la notion de
𝑏 𝑏 𝑏
quotient, pourra être présentée aux élèves les plus à laise (ou en demande de justification).
Pour lapproche et la démonstration dautres propriétés des opérations, on consultera avec profit les
pages 10 à 20 du document Le calcul numérique au collège publié sur Éduscol.
Progressivement, lélève perçoit les limites du calcul numérique et la nécessité de passer au calcul
littéral pour prouver quune propriété est vraie pour toutes les valeurs de la variable (par exemple, que
la somme de trois entiers consécutifs est toujours un multiple de 3).
Stratégies denseignement
Le passage du numérique au littéral constitue pour lélève une rupture importante : dune part les
symboles du calcul littéral (lettres, signe égal et ses différents statuts, signes opératoires, etc.)
diffèrent de ceux du langage des nombres ; dautre part, les types de problèmes que lalgèbre permet
de résoudre sont différents de ceux résolus jusque-là. Pour résoudre un problème de ce type, lélève
avait lhabitude de progresser pas à pas depuis les données connues jusquà la quantité à trouver. En
algèbre, il sagit au contraire détablir des relations entre des données connues et un résultat à trouver
(linconnue), puis de traiter ces relations jusquà obtenir le résultat cherché. Il y a là un véritable
renversement de pensée qui, pour être compris et assimilé par lélève, suppose de la part de
lenseignant une vigilance particulière. Celle-ci peut notamment sexercer à travers la vérification que
la solution trouvée convient bien.
Pour motiver le recours au calcul littéral et aider les élèves à accepter une approche autre que
numérique, il est essentiel quils soient confrontés à des situations révélant les limites des procédures
dont ils disposent déjà, basées sur des tâtonnements, des essais-erreurs ou lutilisation dun tableur.
Ils doivent aussi prendre conscience de lintérêt de désigner des quantités ou des grandeurs par les
lettres qui leur sont traditionnellement attribuées (n pour une quantité discrète, x pour une longueur, V
pour un volume) plutôt que par leur nom complet.
Les programmes de calcul constituent à la fois un moyen pertinent pour introduire la notion
dexpression littérale puis déquation, et un intermédiaire entre le volet procédural et le volet structural
du calcul littéral.
Le tableur, qui permet le passage du nombre à la cellule, peut constituer un intermédiaire pertinent
pour introduire la lettre et pour appréhender les notions de variable et de fonction, tout en précisant
que les usages sont différents. Lalgorithmique et la programmation offrent également des
opportunités didactiques intéressantes.
La seule application de « règles » techniques ne permet pas de comprendre lorigine des propriétés
qui les sous-tendent. La compréhension dune formule littérale sacquiert dautant plus facilement
quelle aura été anticipée sur des exemples numériques ou prendra appui sur des images mentales,
par exemple celle de laire de deux rectangles accolés ayant une dimension en commun pour illustrer
la distributivité de la multiplication par rapport à laddition. Le nombre de « règles » calculatoires
formalisées exigibles des élèves doit rester limité. Parmi elles, la distributivité simple de la
multiplication par rapport à laddition est utilisée dans les deux sens de lecture et invoquée aussi bien
pour le développement que la factorisation dexpressions algébriques. La double distributivité, qui
permet par exemple de développer une expression du type (2𝑥 + 3) × (4𝑥 7), est abordée dans des
situations simples en mobilisant deux fois la distributivité, et les résultats sur les puissances ; cette
initiation ne vise pas le développement dautomatismes.
Si certaines stratégies peuvent se révéler opérantes, il convient dêtre conscient des obstacles
quelles peuvent provoquer. Il en est ainsi de la règle des signes « moins par moins donne plus » qui
confond le sens opérationnel de la soustraction et la notion dopposé. Elle peut aussi engendrer des
conceptions erronées (par exemple que (𝑥) est toujours un nombre positif). A contrario, la
formulation explicite des propriétés utilisées (par exemple « soustraire un nombre revient à ajouter son
opposé ») permet aux élèves de comprendre les manipulations quils effectuent sur des expressions
littérales.
Il ne suffit pas quune stratégie calculatoire ait été comprise pour quelle soit installée et mobilisable.
Pour passer de la compréhension dune propriété à la construction dun automatisme, il est
indispensable que la stratégie ait été régulièrement entretenue, par petites touches, à travers un rite
dactivités rapides (questions flash, activités mentales) menées en classe dans la durée, en respectant
une gradation progressive de la difficulté (qui pourra être arrêtée collectivement au sein dun collège),
et en développant des démarches de contrôle (arguments de signe, dhomogénéité, recherche de
contre-exemples, etc.).
Les exerciseurs et banques dexercices en ligne peuvent être utilisés par les élèves en classe ou hors
de la classe, de manière différenciée. Favorisant le réinvestissement et lautomatisation, ces outils
peuvent aider les élèves à élaborer des stratégies mentales efficaces, à condition quils permettent un
traitement intelligent des erreurs, et que leur utilisation entre dans le cadre dune planification et dun
suivi régulier par le professeur. Si des activités à prise dinitiative sont essentielles pour aider lélève à
comprendre la puissance du langage algébrique et les opportunités quil offre pour résoudre des
problèmes dun type nouveau, elles ne permettent pas à elles seules de construire lhabileté
calculatoire attendue en fin de cycle 4. On veillera donc à maintenir un équilibre entre la construction
dautomatismes (à travers un entraînement fréquent et régulier en classe ou hors de la classe) et la
résolution de problèmes conduisant à mobiliser des stratégies et des techniques de calcul littéral.
Retour sur quelques obstacles
Le passage à lalgèbre correspond à un accès à labstraction dont on ne doit pas minimiser la
difficulté. Lapprentissage du calcul littéral se heurte de façon naturelle à un certain nombre
dobstacles. Les professeurs aideront dautant mieux leurs élèves à les surmonter quils en auront une
connaissance fine.
Les différentes significations du signe « égal »
Les élèves rencontrent le signe « = » très tôt dans leur scolarité, mais à lécole élémentaire le signe
« = » est lannonce dun résultat. Ainsi, dans légalité 8 + 5 = 13, le signe « = » est lu comme « cela
donne » ou « cela fait ». Il est alors orienté de la gauche vers la droite et nest pas perçu comme le
symbole dune relation symétrique et transitive. Cette signification correspond à celle de la touche
« ENTER » des calculatrices. Dès le cycle 2, à travers des activités de calcul mental ou en ligne, les
élèves sont amenés à utiliser le signe « = » dans lautre sens, par exemple 5 × 36 = 5 × 2 × 18 ou
21 = 4 × 5 + 1. Les décompositions additives ou multiplicatives sont choisies en fonction de leur
intérêt pour résoudre une classe spécifique de problèmes. Ainsi, la décomposition additive du nombre
42 sous la forme 42 = 30 + 12 facilite le calcul de 42 12 + 3, alors que sa décomposition
multiplicative 42 = 3 × 2 × 7 permet de factoriser lexpression littérale 3𝑎 + 42. Lincapacité de certains
élèves à factoriser cette dernière expression peut provenir, non pas dune méconnaissance du
processus de la factorisation, mais dun manque dhabitude à écrire des décompositions numériques.
À travers la pratique du calcul littéral, le signe « = » acquiert trois autres significations :
 il est utilisé pour rendre compte de luniversalité dune égalité, traduisant que, quelles
que soient les valeurs attribuées aux lettres, les valeurs retournées par les
expressions figurant de part et dautre du signe « = » sont égales. On parle alors
didentité ;
 il est utilisé comme symbole daffectation, comme en informatique, lorsquon se
propose de calculer lexpression (𝑎 + 2𝑏)2 pour 𝑎 = 1 et 𝑏 = 0,5 ;
 en rupture avec chacune de ces significations qui sous-entendent quune certaine
propriété est vraie (même si cest dans des conditions différentes), le signe « = »
acquiert un statut tout autre dans lécriture dune équation. Au lieu dêtre utilisé pour
écrire des égalités vraies, le signe « = » apparaît alors dans des énoncés dans
lesquels, en remplaçant la lettre par un nombre, on obtient une égalité qui, selon la
valeur de ce nombre, est soit vraie, soit fausse. Le but de la résolution est de trouver
toutes les valeurs (et rien quelles) qui, substituées à linconnue, rendent légalité
vraie.
Les différents statuts de la lettre
Au cycle 3, la lettre est utilisée pour différentes finalités :
 symboliser une unité (m, g, h, s, etc.) ;
 désigner un objet mathématique (le point A, le nombre 𝜋) ;
 désigner dans une formule la mesure dune grandeur (𝐴 = 𝐿 × 𝑙 ; 𝑃 = 2𝜋 𝑅).
Au cycle 4, la lettre acquiert de nouveaux statuts quil convient de bien différencier :
 le statut de variable, qui apparaît à la fois dans les formules (ainsi, dans légalité
𝑃 = 2𝜋 𝑅, la valeur du périmètre 𝑃 dépend des valeurs attribuées à la variable 𝑅) et
dans lexpression symbolique 𝑥𝑓(𝑥) dune fonction. Lutilisation du tableur peut
faciliter la compréhension de la notion de variable dans la mesure où, dans lédition
dune formule, ce sont les adresses des cellules (et non leur contenu) qui sont prises
en compte. La modification du contenu dune cellule désignée dans une formule
modifie le contenu de la cellule où est implantée la formule, ce qui permet
dappréhender les notions de variable et de fonction ;
 le statut dindéterminée, qui apparaît dans des identités où la lettre représente des
nombres quelconques. Il importe que la valeur duniversalité de ces identités
apparaisse dans lenvironnement de légalité, sous une forme accessible aux élèves,
par exemple, en écrivant : « Pour toutes valeurs des nombres 𝑘, 𝑎, 𝑏 légalité
𝑘(𝑎 + 𝑏) = 𝑘𝑎 + 𝑘𝑏 est vraie » ;
 le statut dinconnue, qui heurte lhabitude de penser quune égalité est « toujours »
vraie. La compréhension de ce quest une solution dune équation nécessite de
recourir à des tests de la valeur de vérité de légalité en affectant à linconnue
différente valeur numériques. Dès le début du cycle, le recours à une démarche par
essais et ajustements et lutilisation dun tableur pour tester des valeurs permettent
dintroduire progressivement la notion de solution dune équation. Les limites des
méthodes par tâtonnement ou par « remontée » des programmes de calcul
permettent de justifier létude des techniques de résolution des équations du premier
degré ;
 le statut de paramètre, qui conserve une valeur fixe, mais de portée générale. Cest
par exemple le rôle de la lettre a lorsquelle représente le coefficient de la fonction
linéaire x ↦ ax. De même en physique, pour exprimer à partir de la formule P = UI la
puissance P en fonction de lintensité I pour une tension U donnée, la lettre U a le
statut de paramètre alors que la lettre I a celui de variable.
Il convient donc dattirer régulièrement lattention des élèves sur le statut du signe « = » ou des lettres
utilisées, selon la situation considérée.
Les parenthèses
Les parenthèses sont des séparateurs de blocs de calcul qui jouent un rôle essentiel dans la
construction dexpressions numériques ou littérales. Des parenthèses redondantes, par exemple dans
une expression du type (2x + 1) + (3 × (x)), peuvent aider lélève à comprendre la structure de
lexpression et lordre dans lequel les opérations sont à effectuer. La maîtrise des règles de priorité
e
des opérations lui permettra progressivement de sen affranchir. En 3 sajoute un nouveau rôle des
parenthèses, dans lécriture symbolique dune fonction.
Rôle des logiciels
Lutilisation de logiciels, dans le cadre de la résolution de problèmes, favorise la construction
progressive des notions de variable et de paramètre. Ainsi, la référence absolue ou non à une cellule
dans lécriture dune formule sur le tableur permet de distinguer ce qui varie de ce qui est fixé ; les
variables utilisées dans les algorithmes, en particulier dans les boucles, participent du même objectif,
de même que lutilisation dun curseur en géométrie dynamique.
Lutilisation raisonnée dun logiciel de calcul formel peut aider à mettre en évidence le rôle des
parenthèses dans lexpression dune fonction.
Enfin, lutilisation de logiciels, en classe ou en dehors de la classe, est un levier majeur pour la
recherche et lémission de conjectures que le calcul littéral permettra ensuite de démontrer.
La résolution algébrique dun problème est souvent articulée selon trois phases : une phase de
recherche et de modélisation de la situation, une phase de traitement formel (transformation,
résolution) sans lien avec le contexte initial, une phase de communication pour restituer la solution et
la vérifier. Assumer successivement les deux premières phases constitue une charge de travail
importante pour un débutant. Lutilisation dun logiciel de calcul formel par les élèves nayant pas une
habileté technique suffisante, peut leur permettre de différer le travail technique, si lobjectif est de
mettre laccent sur lusage de lalgèbre comme outil de mathématisation de lénoncé.
Rôle de loral
Lécriture mathématique est très condensée et contient souvent des procédures implicites que seule la
formulation orale, véritable « dépliement de la pensée », permet de mettre en évidence.
Illustrons cette affirmation sur lexercice suivant, qui consiste à développer et réduire lexpression
3𝑥(2𝑥 1) (𝑥 2 7).
Le traitement, qui pourrait être écrit dans un cahier délève, tient en quelques lignes :
3𝑥(2𝑥 1) (𝑥 2 7) = 6𝑥 2 3𝑥 (𝑥 2 7) = 6𝑥 2 3𝑥 𝑥 2 + 7 = 5𝑥 2 3𝑥 + 7.
Or, pour aboutir au résultat, il est nécessaire :
- de comprendre la structure de lexpression initiale ;
- de savoir que 3𝑥(2𝑥 1) = 3𝑥 × (2𝑥 1) ;
- de reconnaître les blocs de calcul intermédiaires ;
- dappliquer la distributivité de la multiplication par rapport à la soustraction ;
- de savoir que 3𝑥 × 2𝑥 = 3 × 𝑥 × 2 × 𝑥 = 3 × 2 × 𝑥 × 𝑥 ;
- que 𝑥 × 𝑥 = 𝑥 2 ;
- de connaître la distributivité de la multiplication par rapport à la soustraction ;
- la priorité des opérations
- de comprendre pourquoi on ne peut pas réduire davantage 5x 2 3𝑥 + 7 , etc.
On mesure sur cet exemple tout le profit quil pourrait y avoir à compléter la trace écrite par une trace
orale, par exemple sous forme denregistrements audio mis à la disposition des élèves.
De même, la résolution dune équation du type 2𝑥 = 6 sera plus accessible pour un élève fragile si
elle est formulée en langage naturel (« trouver une quantité dont le double vaut 6 »).
Différenciation
Permettre à tous les élèves daccéder à la fin du cycle 4 aux connaissances et aux compétences
fixées par le programme est une exigence du socle commun. Les apprentissages liés au calcul littéral
requièrent de ce point de vue une attention particulière. En effet, laccès au formalisme et à
labstraction constitue une marche particulièrement élevée pour les élèves fragiles. Cependant, leur
activité algébrique ne saurait se résumer à lacquisition de techniques calculatoires. Il importe quils
soient confrontés à la résolution de problèmes, même sils ne maîtrisent pas toutes les techniques
intervenant dans leur résolution. La différenciation pourra alors reposer sur des choix particuliers de
variables didactiques (solutions entières, décimales ou fractionnaires, programmes de calcul
réversibles ou pas, attribution de valeurs numériques à certains paramètres, etc.). Lacquisition des
techniques calculatoires et leur automatisation seront dautant plus efficaces quelles seront adossées
à des représentations porteuses de sens, souvent issues de la résolution de problèmes.
Il convient aussi de laisser vivre, de façon différenciée et aussi longtemps que nécessaire pour
certains élèves, des procédures de tâtonnement ou faisant appel à la manipulation, lexpérimentation,
la schématisation ainsi que les formulations intermédiaires, même maladroites ou peu rigoureuses,
tout en indiquant les limites de ces formulations.
Pour permettre laccès de tous les élèves à labstraction de la démarche algébrique, il est essentiel de
les amener à exprimer ce quils ont compris et de repérer ce qui les met en difficulté. La déstabilisation
des conceptions erronées se fait en cherchant des contre-exemples. La reconstruction des
connaissances visées passe ensuite par lexplicitation orale des procédures mises en œuvre, leur
comparaison, lanalyse des erreurs, etc.).
Symétriquement, et toujours dans le cadre dune différenciation pédagogique, les élèves les plus
habiles peuvent être confrontés à des problèmes qui ne sont pas du premier degré, mais qui sy
ramènent, par exemple en factorisant des équations produits à laide didentités remarquables.
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problèmes
 modélisation de situations dorigine arithmétique ou géométrique ;
 modélisation de situations faisant intervenir des grandeurs physiques ;
 résolution de problèmes se ramenant à des équations ou des inéquations du premier
degré ;
 généralisation de propriétés des nombres rationnels ;
 démonstration de propriétés générales portant sur les nombres rationnels ;
 programmes de calcul.
Exemples dactivités
 Exemples de questions flash : Activités mentales
 Exemples de tâches intermédiaires :
— Le nombre d'Alice et Bertrand
— Le magicien
 Exemples dactivités avec prise dinitiative
— Les carrés bordés
— Le calendrier
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder le calcul littéral avec les élèves. Certains de ces documents ont été produits dans le
cadre de l'accompagnement de programmes de mathématiques antérieurs. À ce titre, ces ressources
s'inscrivent dans un contexte pédagogique désormais ancien. Néanmoins, elles proposent des
éléments toujours pertinents sur le calcul littéral.
 Rapport détape sur le calcul - commission de réflexion sur lenseignement des
mathématiques
 Du numérique au littéral
 Le calcul numérique au collège
 Le calcul sous toutes ses formes au collège et au lycée
 Les débuts de lalgèbre au collège, par Gérard Combier, Jean-Claude Guillaume et
André Pressiat, publication de lINRP
 Sur la place de loral en mathématiques

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Informer et accompagner
les professionnels de léducation Cycles 2 3 4
mathématiques
Compétences travaillées en mathématiques
Raisonner
Le programme de mathématiques du cycle 4 offre une place de choix à la compétence
« raisonner » dans laquelle il regroupe les démarches suivantes :
résoudre des problèmes impliquant des grandeurs variées (géométriques, physiques, écono-
miques) : mobiliser les connaissances nécessaires, analyser et exploiter ses erreurs, mettre
à lessai plusieurs solutions ;
mener collectivement une investigation en sachant prendre en compte le point de vue dautrui ;
démontrer : utiliser un raisonnement logique et des règles établies (propriétés, théorèmes,
formules) pour parvenir à une conclusion ;
fonder et défendre ses jugements en sappuyant sur des résultats établis et sur sa maîtrise
de largumentation.
Chacune des étapes de résolution dun problème (compréhension de lénoncé et de la
consigne, recherche, production et rédaction dune solution) fait appel au raisonnement,
processus mental permettant deffectuer des inférences. Rappelons quune inférence est une
opération mentale par laquelle on accepte quune proposition soit vraie en vertu de sa liaison
avec dautres propositions. Les phases de recherche, de production et de rédaction de preuve
font appel à des raisonnements de différentes natures.
Les raisonnements inductifs et abductifs, essentiellement mis en œuvre dans la phase de
recherche, permettent daboutir à lémission de conjectures quil sagira ensuite de valider ou
dinvalider. Si la production dun contre-exemple suffit à invalider une conjecture, sa validation
repose sur une démonstration, moyen mathématique daccès à la vérité. On rappelle que
« démontrer », cest « donner à voir » les différentes étapes dune preuve par la présentation,
rédigée sous forme déductive, des liens logiques qui la sous-tendent.
Le raisonnement inductif consiste à généraliser une propriété observée sur des cas
particuliers. Il fonctionne selon le schéma suivant : constatant sur des exemples que, lorsque
A est vraie, alors B est vraie, on émet la conjecture que (A implique B) est vraie.
Le raisonnement abductif consiste à présumer une cause plausible dun résultat observé. Il
fonctionne selon le schéma suivant : pour démontrer que B est vraie, sachant que (A implique
B) est vraie, on va démontrer que A est vraie. Le raisonnement abductif est notamment utilisé
sous forme dune analyse remontante, encore appelé chaînage arrière, qui consiste, à partir du
résultat que lon veut démontrer, à repérer une ou plusieurs propriétés (conditions suffisantes)
qui, si elle(s) étaient établie(s), permettrai(en)t datteindre le résultat par application dun
théorème identifié. On substitue alors momentanément au problème de départ un (ou
plusieurs) nouveau(x) problème(s) consistant à établir ces conditions intermédiaires.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Exemple : ABC est un triangle rectangle en C. On veut démontrer que C appartient au cercle de
diamètre [AB].
On note O le milieu de [AB] et on remplace la proposition à démontrer par légalité OA=OB=OC ;
pour atteindre ce résultat, on construit le symétrique C de C par rapport à O. Selon le principe
du chaînage arrière, il suffit alors de montrer que ACBC est un rectangle.
Par la diversité et la multiplicité des situations particulières quelle permet dobserver,
lutilisation doutils logiciels (de géométrie, de calcul, de simulation, de programmation) est
un support aux raisonnements inductifs et abductifs et favorise la formulation de conjectures.
Il est important de faire comprendre aux élèves le caractère incertain de toute conjecture et la
nécessité, soit de linvalider par la production dun contre-exemple, soit de prouver sa vérité
par une démonstration.
Celle-ci fait appel au raisonnement déductif qui (entre autres) sappuie sur :
la déduction proprement dite (ou règle de détachement ou modus ponens), qui fonctionne
selon le schéma suivant : sachant que (A implique B) est vraie et que A est vraie, on conclut
que B est vraie. Le premier pas dune déduction consiste à reconnaître une situation de réfé-
rence A (une configuration géométrique, une situation de proportionnalité, une propriété de
nombres, etc.) ; le second consiste à appliquer le théorème qui stipule que (A implique B) ;
la disjonction de cas, qui fonctionne selon le schéma suivant : pour montrer que (A implique
B), on sépare lhypothèse A de départ en différents cas recouvrant toutes les possibilités et
on montre que limplication est vraie dans chacun des cas ;
Le raisonnement par labsurde (reductio ad absurbum) qui fonctionne selon le schéma sui-
vant : pour montrer que A est vraie, on suppose quelle est fausse et par déduction on aboutit
à une absurdité.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Afin de convaincre les élèves du rôle de la démonstration en mathématiques comme moyen
daccès à la vérité, il importe de leur apprendre à distinguer une propriété conjecturée
ou vérifiée sur des exemples dune propriété démontrée. Pour ce faire, le terme de
« démonstration » ne doit pas être galvaudé et la seule illustration dun raisonnement
ne saurait être désignée comme telle. Par exemple, si lillustration présentée ci-dessous
constitue une image mentale pertinente de légalité entre laire du carré construit sur
lhypoténuse et la somme des aires des carrés construits sur les côtés de langle droit, elle ne
saurait être présentée comme une démonstration du théorème de Pythagore.
En revanche, certains théorèmes, énoncés de manière générale peuvent être démontrés
uniquement sur des exemples choisis parce quils donnent une bonne idée du cas général (on
dit alors quils sont « génériques »). Cela peut être par exemple le cas pour la démonstration
des propriétés des opérations sur les fractions.
De même, il convient de systématiquement qualifier les énoncés mathématiques selon leur
statut, en distinguant définitions, théorèmes admis et théorèmes démontrés. Les théorèmes
traduisant une propriété caractéristique pourront être formulés en distinguant dans leur
énoncé le sens direct et le sens réciproque.
Les notions mathématiques qui figurent au programme du cycle 4 offrent toutes des
possibilités de raisonnement, soit dans laccès à la preuve dun énoncé, soit dans son
utilisation. Il nest pas question de démontrer tous les théorèmes ou propriétés figurant
au programme, mais de déterminer en équipe pédagogique les démonstrations qui
seront retenues sur toute la durée du cycle en raison de leur caractère formateur, de leur
accessibilité aux élèves et de lintérêt quelles présentent pour faciliter laccès au sens des
notions mises en jeu.
Lapprentissage du raisonnement et de la démonstration est un processus long et délicat
qui doit se faire de manière progressive, dans la durée, et tenir compte des deux contraintes
suivantes :
tout dabord, la nécessité de séparer les tâches de résolution du problème (recherche et
obtention de la preuve) de celle de la rédaction dun texte qui traduit lorganisation de la
démonstration ;
ensuite, lapprentissage de la rédaction se fait notamment lorsque lélève est confronté à
lexpérience de la communication de sa solution. Lenvie de se faire comprendre associée à
la critique de ses pairs est, pour un élève, un levier de progrès certainement plus puissant
que la fourniture, par le professeur, dun modèle de rédaction. Si, pour être communicable et
compréhensible, une démonstration mathématique doit respecter des règles syntaxiques, il
Retrouvez Éduscol sur faut reconnaître que celles-ci ne sont pas naturelles pour les élèves. Des exigences exces-
sives et prématurées dun modèle de rédaction standardisée peuvent induire de leur part
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 3
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
des comportements relevant de limitation plus que de la compréhension. En accordant une
place disproportionnée aux activités purement formelles de nature rhétorique (« je sais
que… or… donc »), on risque déloigner les élèves du raisonnement lui-même et du plaisir
de chercher. Afin de ne pas détourner de la résolution de problèmes les élèves ayant des
difficultés à entrer dans les codes de rédaction dune démonstration, il importe de valoriser
les productions spontanées, écrites ou orales, issues des phases de recherche et dexpé-
rimentation (calculs seuls, croquis destinés à comprendre lexercice, idées de preuve, plan
de preuve, etc.). Souvent imparfaites et inabouties, elles constituent de véritables objets
détude pour la classe au cours dun débat permettant de faire émerger progressivement
les critères dune rédaction performante, sans pour autant modéliser le travail. Progres-
sivement, la phase de rédaction, entamée ou non en classe, sera dévolue aux élèves, en
classe ou en dehors de la classe, en veillant à différencier les exigences de formalisme selon
lobjectif dapprentissage (le raisonnement ou la communication) et la capacité des élèves à
entrer dans les codes de la démonstration. En particulier, il est tout à fait possible dexpri-
mer dans le langage naturel un raisonnement mathématique tout en respectant parfaite-
ment les règles logiques dinférence. De même, si lon peut faire apparaître, dans certains
cas, lintérêt dune mise en forme de la démonstration sous forme déductive (en mettant la
conclusion à la fin de la démonstration), il est cependant admis de la placer au début, suivie
de « car…, parce que… et que… ».
Il importe également de ne pas cantonner la démarche de raisonnement à sa seule
forme déductive et de ne pas la limiter à un thème particulier des mathématiques
(traditionnellement celui de géométrie), mais bien de la placer au cœur de toute activité
mathématique.
Les situations proposées doivent donc ménager à la fois des temps de recherche et
dexpérimentation permettant de formuler des conjectures, des temps de mise en commun
et dargumentation permettant de produire une preuve et des temps de mise en forme
(démonstrations rédigées). Pour solliciter la curiosité de lélève, susciter chez lui lenvie
de relever un défi intellectuel et motiver sa recherche, il est souhaitable que lénoncé du
problème soit assez bref et facile à comprendre et quil ninduise ni une solution ni même
une méthode de résolution ; un moyen de laisser à chaque élève linitiative de sa démarche
consiste à limiter les questions intermédiaires ou celles dont lénoncé mentionne ce quil sagit
de trouver (« démontrer que… »). Cette attention particulière devrait permettre à chaque élève
de démarrer sa recherche par des tâtonnements, des dessins, des essais numériques, avec ou
sans laide de logiciels. Les problèmes dont la solution est accessible par plusieurs modes de
raisonnement (algébrique, géométrique, etc.) sont particulièrement intéressants.
Exemples de problèmes
Ci-dessous quelques exemples de problèmes sont proposés, rattachés à différents thèmes du
programme, et mettant en œuvre des raisonnements de types varié
Ecriture décimale [5e]
Exemple de problème
Dans les écritures décimales de deux nombres entiers, le chiffre des dizaines est 7 et celui des
unités est 6. Quels sont les deux derniers chiffres de lécriture décimale de leur produit ?
Commentaire
Retrouvez Éduscol sur Raisonnement déductif à travers lutilisation de lécriture décimale.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Multiples et diviseurs
Exemple de problème
La somme des chiffres de 42 est un multiple de 6 et 42 est un multiple de 6 (idem pour 84).
Peut-on affirmer que, si la somme des chiffres dun nombre entier est un multiple de 6, alors
ce nombre est un multiple de 6 ?
Commentaire
Infirmation par production dun contre-exemple.
Proportionnalité
Exemple de problème
On augmente la longueur dun rectangle de 10 % et on diminue sa largeur de 10 %. Comment
varie son aire ?
Commentaire
Lélève peut raisonner de manière inductive en fixant des valeurs numériques pour la longueur
et la largeur et faire varier ces valeurs
Raisonnement déductif par application dun pourcentage.
Nombres décimaux
Exemple de problème
Existe-t-il un nombre décimal dont le carré est égal à 2 ?
Commentaire
Une démarche inductive basée sur des essais (à la main puis à la calculatrice) permet
démettre la conjecture quil nexiste pas de nombre décimal dont le carré est égal à 2.
Cette conjecture est ensuite démontrée à laide dun raisonnement par labsurde et
disjonction de cas.
On montre dabord quil nexiste aucun nombre entier dont le carré est égal à 2.
Puis, en distinguant les différentes valeurs quaurait sa dernière décimale, on montre quil
nexiste aucun nombre décimal non entier dont le carré est égal à 2.
Retrouvez Éduscol sur
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Utilisation des aires
Exemple de problème
Où positionner le point M à lintérieur du triangle ABC pour que les triangles AMB et AMC aient
la même aire ?
Commentaire
Lutilisation dun logiciel de géométrie dynamique permet de conjecturer une condition
suffisante : lappartenance de M à la médiane [AA].
Démonstration par les aires (lemme du chevron).
Démonstration de la condition nécessaire par un raisonnement par labsurde : on suppose que
N nappartient pas à la médiane [AA] (en étant par exemple à lintérieur du triangle ABA), on
note M le point dintersection de (BN) et (AA) et on compare les aires des triangles ANB, AMB,
AMC, ANC.
Fractions, aire du disque
Exemple de problème
A quelle fraction du grand disque correspondent les six petits disques ? A quelle fraction du
grand disque correspond la surface hachurée ?
Commentaire
Analyse de figure.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Vitesse
Exemple de problème
Un funiculaire monte du pied dune colline à son sommet à la vitesse moyenne de 14 km/h.
Le conducteur peut-il régler la vitesse lors de la descente pour que la vitesse moyenne sur
lensemble du parcours soit de 28 km/h ?
Géométrie dans lespace
Exemple de problème
Sur un cube, on a tracé deux diagonales, comme indiqué sur le dessin ci-dessous. Quelle est
la mesure de langle formé par ces deux diagonales ?
Commentaire
Identification dune figure plane à lintérieur dune configuration de lespace.
Géométrie, Équations
Exemple de problème
Deux tours, hautes de 30 et 40 mètres sont distantes lune de lautre de 50 mètres. Un puits
est situé entre les deux tours. Deux oiseaux senvolent en même temps du sommet de chaque
tour et volent à la même vitesse en ligne droite avant de se rejoindre au sol. En quel point se
rejoignent-ils ?
Commentaire
Modélisation de la situation.
Raisonnement déductif à travers lutilisation du théorème de Pythagore.
Résolution dune équation.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Géométrie plane
Exemple de problème
A, B, C sont trois points non alignés, I est le milieu de [BC] et D est le point tel que ABID est un
parallélogramme. Pourquoi le milieu M de [ID] est-il également le milieu de [AC] ?
Commentaire
Raisonnement déductif utilisant des propriétés du parallélogramme.
Approche de la notion de fonction
Exemple de problème
Un maître-nageur dispose dune corde de 160 m de long pour délimiter une zone de baignade
surveillée rectangulaire. Où doit-il placer les bouées A et B pour que laire de la zone de
baignade soit maximale ?
Commentaire
Utilisation dun tableur ou dune calculatrice pour une approche numérique.
Modélisation algébrique.
Calcul littéral
Exemple de problème
Peut-on écrire 2016 comme somme de quatre entiers consécutifs ? Et 2018 ? Et ton année de
naissance ?
Quels sont les nombres qui peuvent sécrire comme somme de quatre entiers consécutifs ?
Commentaire
Raisonnement inductif basé sur des essais. Emission de conjectures.
Retrouvez Éduscol sur Utilisation du calcul littéral comme outil de démonstration.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Bibliographie
Raisonnement et démonstration
Site de lacadémie de Bordeaux : Initiation au raisonnement
IREM de Rennes : Lenseignement de la démonstration
« Initiation au raisonnement déductif au collège » Gilbert Arsac, Gisèle Chapiron,
Alain Colonna, Gilles Germain, Yves Guichard, Michel Mante - Presses universitaires de Lyon,
IREM de Lyon
« Des mathématiques ensemble et pour chacun, 5ème » Jean-Philippe Rouquès, Hélène
Staïner - CRDP Pays de la Loire
« Des mathématiques ensemble et pour chacun, 4ème » Jean-Philippe Rouquès, Hélène
Staïner - CRDP Pays de la Loire
Retrouvez Éduscol sur
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Informer et accompagner
les professionnels de léducation Cycles 2 3 4
Mathématiques
Compétences travaillées en mathématiques
Représenter
Donner à voir les objets mathématiques
« Représenter », cest donner à voir, ou au moins rendre perceptible à la vue et à lesprit.
Cette définition relativement simple recouvre cependant des réalités bien distinctes.
« Représenter » des objets, des visages ou en tout cas des formes ou des solides est un
premier niveau de représentation commun entre autres aux mathématiques, à la géographie,
aux sciences et aux arts. Mais on peut aussi « Représenter » des relations entre les objets,
que ce soit par un croquis de géographie, un codage en géométrie ou un schéma en électricité.
Et il arrive enfin quon doive « représenter » des entités abstraites, qui nont pas dautre mode
dexistence que cette représentation : des nombres décimaux, des fractions, des fonctions,
en un mot des objets mathématiques. Leur point commun est de ne pas être accessible par
la vue, louïe ou quelque autre sens : on ne peut pas montrer dans le monde extérieur une
fonction, pas plus quon ne peut en fait montrer un cube, ou un cercle. Pour autant, lexistence
de ces objets ne fait de doute pour aucun utilisateur des mathématiques, même occasionnel.
Ces objets ne sont pas accessibles en eux-mêmes, seulement par leurs représentations,
qui sont comme des chemins vers un objet auquel on ne pourrait pas avoir directement
accès. Ces représentations diverses peuvent alors appartenir à différents registres : registre
graphique, registre du langage naturel (« un parallélépipède à 6 faces »), registre numérique,
registre de lécriture symbolique, etc.
Le développement de la compétence « Représenter » au cycle 4 doit à la fois permettre à
lélève de progresser dans la vision du réel et dans lappréhension des objets mathématiques
abstraits. Comprendre ce quest un triangle, ce quest une fonction, ce quest une fraction,
cest savoir « représenter » ces objets, cest-à-dire trouver un registre de représentation
adéquat, mais aussi savoir varier les représentations et les registres de représentation.
Un élève capable de convoquer dans un exercice mettant en jeu une fonction un graphique,
un tableau de nombres, une écriture symbolique, est en train de sapproprier la notion
de fonction. Dans cet exercice, on voit que la représentation est aussi pensée de manière
dynamique, dans sa capacité à engendrer dautres représentations, à lintérieur dun même
registre ou dans un autre registre.
« Mais surtout, lactivité mathématique de recherche et de preuve consiste à transformer des
représentations […], données dans le contexte dun problème posé, en dautres représenta-
tions sémiotiques. Et, de ce point de vue, une représentation […] nest intéressante que dans la
mesure où elle peut se transformer en une autre représentation, et non pas en fonction de lobjet
quelle représente ».1
1. Idées directrices pour analyser les problèmes de compréhension dans lapprentissage des mathématiques
Retrouvez Éduscol sur Raymond Duval - 2011.
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 1
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Si on poursuit lanalyse, on peut remarquer que les différentes représentations de la fonction
traitée dans cet exercice ne la concernent pas en tant quobjet spécifique (la fonction f de
lexercice), mais sappliquent à une catégorie plus vaste à laquelle elle est rattachée (ici la
catégorie des fonctions)2.
Par ailleurs, si pour cerner un objet mathématique, il est nécessaire de varier les registres,
pour résoudre un problème, il est souvent pertinent de se placer dans un domaine
mathématique qui nest pas nécessairement celui de lénoncé : on parlera alors de
changement de cadre. Ainsi, le problème du maximum de laire dun triangle isocèle de
côté 6, posé dans le cadre géométrique à partir dune figure, pourra être traité dans ce cadre
géométrique (en considérant un cercle bien choisi), ou dans un cadre fonctionnel, lui-même
pouvant être associé à un registre numérique (des valeurs approchées de laire étant obtenues
à laide dun logiciel de géométrie dynamique ou dun tableur) ou plus tard, au lycée au registre
des écritures symboliques.
Le signe et la pensée
Le premier des modes de représentation, avant même la figure est le signe : lettre,
symbole, chiffre, cette mise en forme des idées mathématiques est aussi essentielle aux
mathématiques que les pièces du jeu le sont aux échecs. Mais ces formes, ces lettres qui
constituent la langue des idées ont elles-mêmes une forme, parfois un sens comme le
rappelle le logicien Frege3 :
« En offrant au regard le signe dune représentation, elle-même appelée à la conscience par une
perception, on crée un foyer stable autour duquel sassemblent dautres représentations. Parmi
celles-ci, on en pourra de nouveau choisir une et offrir au regard son signe. Ainsi pénétrons-
nous pas à pas dans le monde intérieur des représentations, et y évoluons nous à notre gré,
usant du sensible nous-mêmes pour nous libérer de sa contrainte ».
Le philosophe pointe ici la force et le risque du signe : il est utile par les images quil convoque
et les actions quil permet, mais il peut engendrer aussi de fausses images : le nombre a qui
2. Parmi les grandes catégories dobjets mathématiques utilisés au cycle 4, on peut citer les nombres rationnels, les
fonctions, les figures géométriques du plan ou de lespace, les symboles littéraux. Ces grandes catégories sont reliées
aux classes de problèmes quelles permettent de résoudre (proportionnalité, dépendance dune grandeur en fonction
dune autre, modélisation géométrique, résolution déquations, etc.).
Retrouvez Éduscol sur 3. Que la science justifie un recours à lidéographie, 1882, in Ecrits logiques et philosophiques, trad. C. Imbert, Seuil, 1971.
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 2
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
ne peut être que positif, le nombre n qui ne peut être quentier, la bande numérique où un
nombre est toujours plus petit que celui qui est à sa droite. Une représentation peut posséder
pour lélève une logique qui diffère de celle que lenseignant lui associe. Que lon pense à ce
dialogue imaginaire de L. Wittgenstein4 :
« Il me suffit simplement de regarder la figure pour voir que 2+2=4 »
« Alors il me suffit simplement de regarder la figure pour voir que 2+2+2=4 »
Un autre problème apparait ici, plus large que celui de la nécessaire variation des
représentations, cest la question de la bonne compréhension de la représentation par lélève :
comment savoir que lélève a bien compris lusage de la représentation, par exemple quil
distingue bien les objets visés par les deux représentations 1,4 et ¼. Une réponse possible
consiste à faire verbaliser par lélève sa perception de la représentation, en passant donc
dans le registre du langage naturel : la verbalisation peut alors se faire sous la forme :
« 1,4 représente une unité et quatre dixièmes, ou quatorze dixièmes ; on peut également la
représenter par 1+ 4/10, ou 14/10 ; ¼ représente le quart de lunité ». La stabilisation de la
compréhension de lobjet mathématique sous-jacent passe par lutilisation de ses différentes
représentations dans des contextes différents, pour résoudre des problèmes variés, et le
passage dun registre de représentation à un autre en précisant lintérêt de chacun dans la
situation proposée (représenter le nombre 1,4 sur une droite graduée, partager un segment
en quatre, poser léquation à trou … x 4 = 1).
Changements de registre : lapport des outils numériques
Lusage des outils numériques facilite la mise en œuvre concrète des changements de registre
de représentation, que ce soit grâce aux tableurs ou aux logiciels de géométrie dynamique :
définir une fonction par une formule déclenche aussitôt le tracé des graphiques, ou lapparition
dun tableau de valeurs. À linverse, un tableau de valeurs permet de placer des points, de
proposer une interpolation, une ou plusieurs formules.
4. Remarques sur les fondements des mathématiques, Paris, Gallimard, coll. Bibliothèque de philosophie.
Retrouvez Éduscol sur
eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de lÉducation nationale, de lEnseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 3
CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Ce changement de registre se trouve dautant facilité quil seffectue immédiatement et sans
effort. Mais cette simultanéité ne doit pas conduire à penser que la conversion est limpide pour
les élèves. Si les outils numériques permettent dautomatiser des processus mentaux, ceux-ci
doivent avoir été auparavant compris et dune certaine manière éprouvés par les élèves (par le
calcul mental ou posé, par le dessin à laide dinstruments de géométrie, etc.).
Nombres
Les nombres constituent un des points les plus délicats et les moins immédiatement visibles
de lapplication des changements de registre. Cest au cycle 4 que ce qui était représenté
par des parts de gâteau, un point sur la demi-droite graduée, le résultat dune opération de
division doit pouvoir pour lélève renvoyer à un même objet : un nombre. Cette possibilité de
changement de registre doit être mise en œuvre régulièrement car elle ne revêt pas la même
facilité selon quil sagit de 2, de 0,5, de 3/4, de 2/3, de 5/3 (la représentation des parts de
gâteau peut être un obstacle à la conception dune fraction supérieure à 1). La compréhension
dun nombre décimal, plus tard dun nombre rationnel positif ou négatif ne peut senvisager
sans changement de registre, dautant que tous les registres ne seront pas aussi pertinents
pour un élève : envisager 2/3 comme représentation de deux parts dun tout partagé en trois
est une chose naturelle pour lélève depuis le cycle 3, mais le cycle 4 va fournir de nouveaux
outils permettant de le voir comme un point de la droite graduée. Des calculs de rapports et
de proportions, la résolution de lopération à trou 2 x … = 3, puis celle de léquation 2x = 3, le
théorème de Thalès viendront progressivement conforter cette réalité. Les activités de calcul
mental, les activités de calcul dans un contexte géométrique ou dans un contexte arithmétique
constituent autant doccasions de rappeler et de consolider la variété de ces représentations
du nombre. Comprendre que la notion de nombre rationnel étend celle de nombre décimal,
qui elle-même étend celle de nombre entier fait partie des objectifs du cycle 4. Les écritures
et les représentations des nombres doivent être revues et mises en jeu tout au long du cycle.
Organisation et gestion de données et fonction
La représentation joue dans lorganisation et la gestion de données un rôle particulier.
Il sagit de représenter des séries de nombres, objets abstraits pour lesquels toutes les
représentations sont mathématiquement équivalentes. Mais du fait que ces séries de
nombres ont un lien fort avec le monde réel, ces représentations ne sont pas du tout
équivalentes dans leffet quelles produisent. Le choix dune représentation (diagramme
en barres ou camembert), comme celui dune échelle peuvent majorer un minorer un
phénomène, exagérer ou minorer un écart, éclairer une décision ou tromper un lecteur.
Le nécessaire travail sur les registres prend ici un relief particulier, en ce quil rencontre la
formation du citoyen et accompagne le développement de lesprit critique. Dans cet esprit,
tout travail engagé sur des données réelles, notamment dans le cadre dun EPI, permet de
mettre en lumière les enjeux des choix de représentation. La notion de fonction, qui nait
véritablement pour les élèves au cycle 4, continuera à se mettre en place au lycée et même
au-delà. Les fonctions font en effet partie de ces objets mathématiques que les élèves vont
être amenés à manier pendant longtemps sans en avoir une définition formelle rigoureuse.
Le changement de registre de représentations est donc ici nécessaire pour cerner lobjet
fonction. On ne peut pas dire ce quest une fonction, mais on peut dire, grâce à cette formule,
jai défini une fonction, que je pourrais aussi définir par une courbe.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Représenter en géométrie
La compétence « Représenter » reste bien entendu centrale dans létude de la géométrie.
Le thème « Espace et géométrie » propose sous le titre Représenter lespace une série
de contenus dont la maitrise permet à lélève de collège de continuer à progresser dans
la compréhension des objets quil a sous les yeux, au travers de la perspective, mais aussi
dobjets quil ne peut embrasser du regard : cest tout lenjeu de la représentation de la Terre,
du repérage sur la sphère, dans lespace ou dans le plan. La circulation entre les différents
registres (maquettes, vues de dessus et de profil, croquis, patrons, modélisations 3D issues
de logiciels de géométrie, objets conçus à laide dune imprimante 3D) doit être travaillée tout
au long du cycle.
La représentation en géométrie ne se cantonne pas à ce lien avec le réel, mais accompagne
la maitrise de labstraction et les débuts de la démonstration au travers des figures et de
leurs codages, et des transformations. On retrouve cet « Art de raisonner juste sur des figures
fausses » pour reprendre la formule de Descartes. Un triangle isocèle peut être représenté
par une figure représentant un triangle isocèle ou un triangle quelconque bien codé, par
lexpression Soit ABC un triangle isocèle. Cette possibilité peut être source de difficulté pour
des élèves à qui parallèlement on demande de travailler sur la vérité et la justesse des
représentations au travers de représentations en perspectives ou à léchelle. La notion de
schéma constitue pour les élèves un pas important à bien marquer, où on sattache à montrer
que la force du schéma réside dans sa capacité à condenser les éléments nécessaires à la
démonstration.
Bibliographie
Idées directrices pour analyser les problèmes de compréhension dans lapprentissage des
mathématiques - DUVAL R. (2011).
Rationnels et proportionnalité, complexité et enseignement au début du collège - ADJIAGE
R. (2007). Revue Petit x 74 IREM Grenoble
Le rôle dun processus de visualisation géométrique complémentaire du registre numérique
- BARRERA R. (2011). Revue Petit x 85 IREM Grenoble
Représentation des fractions et des nombres décimaux chez les élèves de CM2 et du collège
- PERRIN-GLORIAN (1986). Revue Petit x 10 IREM Grenoble
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les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
MATHÉMATIQUES
Ressources transversales
Types de tâches
Les exemples fournis dans les ressources thématiques sont classés selon trois types dactivités :
questions « flash », activités avec prise dinitiative et exercices dapplication ou de réinvestisse-
ment. Les situations proposées ne sauraient être considérées comme des outils prêts à lemploi.
Leur mise en œuvre suppose une véritable appropriation par les équipes de professeurs,
notamment à travers une réflexion collective sur différents scenarios pédagogiques possibles, sur
les productions délèves attendues ou encore sur lintégration dans la progression pédagogique.
Questions « flash »
La pratique de questions « flash » vise à renforcer la mémorisation de connaissances et
lautomatisation de procédures afin de faciliter un travail intellectuel ultérieur par leur mise à
disposition immédiate.
Une tâche de ce type relève dune activité mentale attendue sur un temps court (quelques
minutes). Elle peut mobiliser une connaissance, un savoir-faire, un traitement automatique
ou réfléchi. Pour être efficaces, les questions flash doivent être proposées de façon régulière,
tout au long du cycle, et sinscrire dans une stratégie denseignement qui articule de
façon cohérente entraînement, évaluation, remédiation et consolidation. Elles se prêtent à
lutilisation de supports variés : papier, diaporama, enregistrement oral.
Activités avec prise dinitiative
Les activités exigeant une prise dinitiative sollicitent lautonomie et limagination des élèves.
Elles peuvent conduire à modéliser une situation et consistent toujours à résoudre un
problème. La résolution de ce problème peut être utilisée dans des situations denseignement
variées :
la découverte dune notion nouvelle, à travers lidentification dun obstacle quelle permet de
franchir ;
• le réinvestissement de notions antérieurement installées.
Grâce à un questionnement suffisamment ouvert, la réalisation dune activité de ce type
favorise la mise en œuvre de plusieurs stratégies, dexpertise mathématique de différents
niveaux (on peut parler à ce titre de « procédures personnelles », distinctes de la procédure
experte). Une telle activité se prête donc à la différenciation pédagogique. Il importe que tous
les élèves, y compris les plus fragiles, puissent sengager dans la réalisation de la tâche.
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CYCLE 4 I MATHÉMATIQUES I Ressources transversales
Le contexte dune activité avec prise dinitiative peut être interne aux mathématiques, issu de
la vie courante, dune ou plusieurs autres disciplines. Elle peut être proposée individuellement
ou en groupes, en classe ou en dehors de la classe, à condition dans ce cas que les élèves
aient été auparavant initiés à ce type dactivités sous la conduite du professeur.
Par la liberté de cheminement quelle laisse aux élèves, une activité avec prise dinitiative,
contrairement à une activité guidée, doit donner lieu à des démarches et des productions
variées ; les élèves doivent être incités à garder trace de leurs recherches, même
infructueuses ou inabouties, afin de permettre le développement et lévaluation de la
compétence « chercher ». Pour ne pas être bloqué dans sa recherche, un élève ou un groupe
délèves peut, à un moment jugé opportun par le professeur, bénéficier daides ciblées (aides à
la démarche de réalisation ou de résolution, apport de savoir-faire, par exemple sous la forme
dune procédure de réalisation, apport de connaissances, etc.).
Une activité avec prise dinitiative peut aider lélève à comprendre que ses difficultés dans
la résolution peuvent être imputées à une maîtrise insuffisante de connaissances ou de
techniques. Lactivité pourra alors donner aux yeux de lélève une réelle légitimité pour
un entraînement technique indispensable (calcul numérique ou littéral, reconnaissance
de configurations géométriques, apprentissage du cours, questions flash, etc.). Il est tout
à fait envisageable dinterrompre la réalisation dune activité avec prise dinitiative pour y
revenir après avoir effectué lentraînement technique nécessaire à son accomplissement. La
motivation des élèves pour cet entraînement pourra alors se trouver accrue par lenvie de
revenir rapidement à la résolution du problème initial.
Afin de ne pas déconnecter les activités à prise dinitiative des contenus du programme, les
savoirs mathématiques (notions, méthodes ou stratégies) sollicités dans chaque activité
de ce type doivent être formalisés au cours dune phase dexplicitation, de structuration ou
dinstitutionnalisation.
Parmi les activités à prise dinitiative figurent aussi bien des problèmes dune durée limitée
(pouvant par exemple être traités sur une partie de séance, ou proposés dans le cadre dun
travail en dehors de la classe) et des tâches plus complexes, interdisciplinaires ou relevant
de la vie courante. Celles-ci pourront alors trouver naturellement leur place dans les projets
dEnseignements Pratiques Interdisciplinaires.
Tâches intermédiaires
Intermédiaires entre les questions flash et les activités avec prise dinitiative, les tâches
intermédiaires visent à stabiliser et à consolider les savoirs acquis. Selon le moment auquel
elles apparaissent dans le processus dapprentissage, elles peuvent prendre la forme
dexercices dapplication ou de réinvestissement.
Les exercices dapplication permettent à lélève de mettre en œuvre, dans un contexte
voisin de la situation dapprentissage, des notions récemment acquises. Les exercices de
réinvestissement permettent de consolider des connaissances, des procédures ou des
stratégies antérieurement acquises, dans un contexte éventuellement différent du contexte
dapprentissage (on parle alors de transfert ou de recontextualisation). Ils trouvent une place
naturelle dans une progression spiralaire conçue sur la totalité du cycle. Sans être une tâche
isolée, une tâche intermédiaire nécessite au maximum deux ou trois étapes de raisonnement,
et est posée sous une forme explicite.
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