Informer et accompagner les professionnels de l’éducation Cycles 2 3 4 Histoire-Géographie Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Analyser et comprendre un document Enjeux et finalités L’étude des documents se situe au cœur de la pratique quotidienne de la classe en histoire- géographie ; elle est aussi l’une des formes d’évaluation les plus fréquentes. La présente fiche considère le document d’histoire dans une acception large, incluant les sources archéologiques, les objets et les œuvres, les témoignages, y compris oraux. On peut par ailleurs, avec le cinéma ou d’autres œuvres relevant des arts, se saisir de ressources qui traitent d’une période historique sans être pour autant contemporaines de celle-ci. En géographie, on inclut l’ensemble des supports permettant d’observer l’inscription des sociétés dans l’espace et d’en saisir les logiques. Travailler sur la compréhension d’un document croise aussi des finalités de formation plus généralistes. La société et l’institution attendent des professeurs qu’ils aient donné à leurs élèves, au terme de la scolarité obligatoire, des outils de compréhension de toutes les formes de documents car se documenter, c’est apprendre à observer, s’instruire pour comprendre le monde et y agir. Or, le premier obstacle aux apprentissages est l’incapacité à lire, à comprendre et à donner du sens à un support documentaire, ce qui entraîne l’incapacité à construire et à s’approprier des connaissances, ainsi qu’à les communiquer. En histoire et en géographie, l’élève apprend à lire un support à partir de questionnements, de raisonnements, d’un lexique propres à ces disciplines. Il peut, au-delà de l’histoire et de la géographie, enrichir le sens d’un document par des approches croisées de différentes disciplines. La compétence « Analyser et comprendre un document » peut ainsi être travaillée conjointement par plusieurs disciplines, chacune mobilisant ses outils et ses démarches propres pour contribuer à la construction de la première compétence identifiée dans le domaine 1 du socle commun « Les langages pour penser et communiquer » : « Comprendre, s’exprimer, en utilisant la langue française à l’oral et à l’écrit ». Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 1 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Travailler la compétence « Analyser et comprendre un document » Les élèves se familiarisent avec la lecture globale d’un document en repérant différents indices pour donner un sens à ce qu’ils lisent. Dans un texte, ils peuvent repérer les paragraphes, les thèmes abordés, la progression, l’enchaînement des idées par exemple. En classe, ils communiquent ce qu’ils ont compris de leur lecture pour qu’elle soit enrichie par les autres et validée par le professeur. Cette activité de compréhension littérale est commune à l’ensemble des disciplines ; cependant comprendre et analyser un document en histoire- géographie repose sur des démarches spécifiques. Comprendre le sens général d’un document Pour comprendre le sens général d’un document, il faut s’appuyer sur des axes de lecture le plus souvent implicites, évidents pour les experts mais qui ne le sont pas pour un élève qui s’initie aux pratiques de ces disciplines. L’élève doit donc être entraîné à une lecture active qui consiste à repérer comment, en histoire, les hommes et les femmes ont vécu, pensé, agi. Plusieurs types de questionnement peuvent guider le travail : les questions amenant à repérer un auteur, à discriminer la nature du document, son usage et la destination sont essentielles dans les deux disciplines. En histoire les questions sur le sens « Quand », « Pourquoi à ce moment-là et pas un autre moment ? » sont également indispensables à la recherche du sens. En géographie, ce sont plutôt les interrogations sur le « où ? », « pourquoi là et pas ailleurs ? » qui sont mobilisées. Cette première lecture générale permet un repérage du ou des grands thèmes contenus dans le document ; pour en élaborer le sens historique ou géographique, l’élève doit passer par différentes étapes. Identifier le document et savoir pourquoi il doit être identifié L’élève s’entraîne à identifier un document en le rattachant à une typologie qui lui donne déjà des informations sur son contenu. Il apprend ainsi qu’une source mythologique relève de récits qui nous informent sur les croyances des civilisations du passé, qu’une carte est toujours une représentation de l’espace induite par son titre et codifiée par sa légende. L’enjeu est aussi de faire comprendre que la fonction originelle de la source ou du document est différente de l’utilisation que l’historien ou le géographe en font. Plus généralement, il apprend à distinguer une source primaire d’une reconstitution a posteriori ; à distinguer, parmi les ressources à sa disposition, celles qui relèvent de l’imaginaire et de la fiction. Les œuvres artistiques, par ce qu’elles nous racontent du moment historique de leur production, sont aussi des sources pour l’historien, en ce qu’elles laissent découvrir un univers symbolique propre à la période étudiée. Le professeur exerce l’élève à mettre en relation l’auteur, le moment où il s’exprime, le public auquel il s’adresse avec le contenu même du message. Pour comprendre les prises de position opposées du Maréchal Pétain ou du Général de Gaulle, il convient ainsi de maîtriser (notamment) le contexte de la défaite militaire française de 1940. Une affiche de promotion des atouts d’une métropole ne prend sens que si les élèves comprennent qu’elle émane de collectivités qui cherchent à attirer des investisseurs dans le cadre de la compétition entre les grandes métropoles. Le professeur initie et entraîne sa classe à cette opération complexe de « contextualisation » sans laquelle un support historique ou géographique ne peut pas prendre sens. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 2 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Extraire des informations pertinentes pour répondre à une question La compréhension du contenu d’un document par l’élève passe par sa capacité à extraire des informations pertinentes en lien avec un questionnement. Plus celui-ci est large, mieux il permet une appréhension globale du document. Progressivement, l’élève apprend à hiérarchiser les informations et à les classer dans différentes catégories, indiquées par l’enseignant, qu’il doit aussi apprendre à identifier. Pour mener ces différentes opérations intellectuelles, l’élève peut s’appuyer sur les indices disponibles dans le support, mais il doit le plus souvent faire appel à ce qu’il peut connaître par ailleurs du sujet étudié, connaissances qui peuvent se trouver dans d’autres documents, dans son cours ou bien encore qui peuvent être fournies par son professeur. C’est en utilisant ses connaissances qu’il est en mesure d’éclairer le sens du document. Savoir que le document exprime un point de vue, identifier et questionner le sens implicite d’un document C’est en confrontant le document au contenu de ses connaissances et aux informations du contexte à sa disposition que l’élève apprend à repérer ce que l’auteur peut accentuer ou à l’inverse ce qu’il ne dit pas ; soit parce qu’il sait que son auditoire partage les mêmes implicites, soit parce qu’il obère ou amplifie volontairement tel ou tel aspect de la réalité. Travailler en histoire et en géographie sur l’implicite consiste pour l’élève à se mettre à distance du contenu même du message en se posant les questions suivantes : « Quelles sont les intentions de l’auteur ? Dans quel contexte s’exprime-t-il ? Pour quelles raisons omet-il ou souligne-t-il telle ou telle information ? » Dans le cas très particulier de supports patrimoniaux, il apprend aussi à s’interroger sur la portée symbolique et/ou historique de leur postérité. C’est en s’initiant à des questionnements de cette nature, tôt dans sa scolarité, que l’élève apprend que tout document est un point de vue sur le réel, toujours partiel et parfois partial et qu’il s’initie à l’exercice de l’esprit critique. Cette opération complexe se construit tout au long de la scolarité. En phase d’apprentissage, certains supports se prêtent plus aisément à l’exercice ; c’est le cas, par exemple, de supports de propagande en histoire ou encore, en géographie, de la confrontation de cartes avec des modes de projection différents. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 3 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Du cycle 2 au cycle 4 : une approche progressive de la compétence Les repères de progressivité ci-dessous donnent des indications de complexification croissante des raisonnements, ils ne visent pas à figer ce qui est attendu à tel ou tel niveau, mais à identifier des dynamiques dans les apprentissages. Au cycle 2 Dans une quête de sens permanente, l’élève mobilise ses compétences de lecteur en s’exerçant à extraire des éléments d’information à partir de questions. Cette activité lui permet de se préparer à l’analyse et à la justification de réponses. Au cycle 3 L’élève découvre les supports usuels mobilisés en histoire et en géographie, il apprend ainsi à distinguer différents types de documents, à sélectionner des informations pour dégager le sens général d’un support. Il est initié aux différentes démarches décrites ci-dessus sans pour autant que leur maîtrise soit exigible en fin de cycle. Au cycle 4 C’est au cours de ce cycle que l’élève entre pleinement dans l’analyse du document et qu’il apprend à développer les capacités décrites ci-dessus. Schéma récapitulatif Les composantes de la compétence au cycle 3 sont reprises et complétées au cycle 4. L’ordre d’exposition des composantes n’a pas de caractère imposé et le travail en classe mobilise et combine plusieurs d’entre elles. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 4 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Comprendre le sens général d’un document Cycle 3 Repérer des indices qui Cycle 4 permettent à l’élève Apprendre à énoncer le sens d’appréhender le thème du global d’un document en utilisant support. un vocabulaire adapté en le situant dans un contexte. Identifier le document et savoir pourquoi il doit être identifié Cycle 3 Identifier des documents de Cycle 4 nature différente. Opérer le lien entre la nature du Distinguer les documents support, des éléments de sens et sources de reconstitutions a sa vocation à être communiqué, posteriori. donc mener l’exercice de contextualisation. Extraire des informations pertinentes pour répondre à une question Cycle 3 Prélever des informations à Cycle 4 partir de questions simples. Repérer dans des supports Combiner ces informations différents, des informations de pour donner un sens global même nature, complémentaires au document ou contradictoires. Classer des informations en fonction des critères thématiques, temporels et spatiaux. Identifier les informations les plus importantes. Savoir que le document exprime un point de vue, identifier et questionner le sens implicite d’un document Cycle 3 Identifier l’auteur des Cycle 4 éléments de contexte et ses Confronter un document à ce que destinataires. l’on peut connaître par ailleurs du Confronter deux points de sujet étudié pour éclairer le sens vue différents et simples pour du document. apprendre à les identifier Exercer son esprit critique en repérant les implicites, les oublis du support et en confrontant des points de vue contradictoires. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 5 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Des exemples de mise en œuvre et d’évaluation au cycle 3 et au cycle 4 Au cycle 3 Au CM1, en géographie, lors de l’étude du thème 3 « Consommer en France », les élèves sont amenés à comprendre la lecture d’une carte pour découvrir les lieux de productions des différents aliments composant un repas. La carte permet de s’interroger sur les distances entre les lieux de production et le domicile. Au-delà du constat des écarts de distances, ils sont initiés à la compréhension d’enjeux plus complexes : la mondialisation des échanges, les réseaux de distribution, les effets sur l’environnement. En CM2, le thème 1 en histoire, consacré au « temps de la République », donne l’opportunité de questionner des photographies anciennes de lieux emblématiques dans la commune de résidence des élèves. Le cas des mairies-écoles favorise la compréhension du fonctionnement de l’école à l’époque de Jules Ferry, en particulier à travers l’étude de la présence des symboles de la République, de la non-mixité des élèves, de la proximité de l’école et de la mairie partageant le même bâtiment, etc. En classe de 6e, les élèves découvrent le récit légendaire de la fondation de Rome. Voici l’exemple d’un questionnement sous la forme d’une « enquête » fondée sur un questionnement large, leur permettant de reformuler ce récit. L’enseignant s’appuie également sur cette activité pour développer la pratique réflexive des élèves en leur proposant, dans le cadre de l’AP (accompagnement personnalisé) par exemple, d’identifier les critères de réussite associés à cet exercice (ressource à venir). Au cycle 4 Un exemple qui permet de mettre en évidence les représentations partielles de la réalité que portent différentes sources et ainsi de faire travailler les élèves sur la notion de « point de vue » : ils sont ici confrontés à deux récits de la prise de Jérusalem par les croisés (les contacts en Méditerranée entre les chrétiens et les musulmans, classe de 5e, ressource à venir). Un exemple de situation d’apprentissage au cours de laquelle les documents sont mobilisés à des fins informatives, ils sont questionnés de telle manière à identifier des contenus, les classer, les croiser pour caractériser des situations historiques ou géographiques spécifiques. Voici un exemple de ce type de démarche en géographie en classe de 4e qui croise des textes et la réalisation d’une carte pour comprendre les phénomènes migratoires (ressource à venir). Un exemple de situation d’apprentissage plaçant les élèves en autonomie par rapport à la compréhension d’un support à partir de l’étude de la crise des années 1930 en classe de 3e (ressource à venir). Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 6