Informer et accompagner les professionnels de l’éducation Cycles 2 3 4 Histoire-Géographie Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Se repérer dans l’espace : construire des repères géographiques Enjeux et finalités Les programmes d’histoire-géographie placent au premier rang des compétences travaillées celles liées à la construction de repères historiques et géographiques, au cycle 3 comme au cycle 4. Ces compétences « se repérer dans le temps » et « se repérer dans l’espace » relèvent du domaine 5 du socle « les représentations du monde et de l’activité humaine » et permettent dans ce domaine, « de développer une conscience de l’espace géographique et du temps historique ». Étymologiquement le mot repère [latin reperire] signifie retrouver. Emprunté aux mathématiques, le repère est « le système d’axes permettant de définir les coordonnées d’un point du plan ou de l’espace ». Le repère peut ainsi être considéré comme ce qui sert à retrouver un emplacement, un endroit avec précision, mais c’est aussi tout ce qui permet de reconnaître, de « retrouver une chose dans un ensemble »1. Cette richesse de sens indique que le repère, historique ou géographique, est à la fois moment ou lieu précis et partie d’un ensemble ou d’un tout, composante d’une culture historique et géographique que l’élève construit progressivement. Ces repères participent à la formation d’une culture commune. Ils sont issus d’un choix, celui d’une société pour laquelle ils font sens. Si certains repères géographiques sont immuables, notamment ceux qui relèvent d’une approche physique (comme les repères de latitude, les océans, les fleuves) ou dotés d’une certaine permanence, d’autres sont évolutifs, à l’instar de quelques métropoles mondiales ou des grandes puissances devenues des repères parce qu’elles jouent un rôle à différentes échelles, notamment à l’échelle mondiale. Les dynamiques contemporaines, comme l’urbanisation ou la mondialisation qui recomposent les hiérarchies entre les lieux ou les espaces font émerger de nouveaux repères. Il importe aux élèves de les connaître, en sachant les nommer, les localiser et les situer et de pouvoir en restituer quelques éléments de sens. En travaillant la compétence se repérer, l’élève développe une conscience de l’espace géographique et du temps historique. Il acquiert des connaissances et des compétences qu’il pourra mobiliser dans la suite de sa scolarité et dans sa vie personnelle, en tant qu’habitant et citoyen. L’acquisition de repères communs contribue ainsi au sentiment d’appartenance à la société. 1. Alain Rey, dans le Dictionnaire culturel de la langue française, cite le repère chronologique et donne comme synonyme le mot de « référence ». Il mentionne « le point de repère » (terme apparu en 1801) défini « comme objet ou endroit précis reconnu qui permet de se retrouver ». Edition Le Robert, 2005, volume 4, article Repère, p. 178. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 1 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Travailler la compétence « se repérer dans l’espace » Il est nécessaire de prendre en compte toute l’étendue de la compétence « se repérer dans l’espace », qui mobilise différentes composantes : nommer et localiser de grands repères géographiques, un lieu ou un espace, le situer, le caractériser. Deux opérations intellectuelles s’articulent dans la construction et l’acquisition de repères spatiaux : • Mémoriser des repères géographiques liés au programme, non pas en se contentant d’apprendre des listes : les élèves doivent être amenés à identifier ces repères et les caractériser, pour pouvoir leur donner du sens. C’est cette capacité à leur donner du sens, donc à en comprendre l’intérêt, qui facilite l’apprentissage de ces repères. • Mobiliser des repères dans différents contextes géographiques et lors de situations d’apprentissages variées contribue à leur mémorisation. Les programmes offrent d’ailleurs de nombreuses possibilités pour réinvestir les repères géographiques d’une année sur l’autre et d’un cycle à l’autre et ainsi qu’entre l’histoire et la géographie. Par ailleurs, l’acquisition de la compétence « se repérer » s’inscrit toujours en lien avec d’autres compétences, notamment celles, centrales en histoire et en géographie, que sont « pratiquer différents langages », et principalement le langage cartographique avec la carte, mais aussi « analyser un document » ou encore « raisonner, justifier une démarche et les choix effectués ». La mobilisation des repères se réalise dans des situations d’apprentissage qui explicitent la localisation et la situation géographique dans un espace donné en prenant en compte la pluralité des échelles géographiques. Localiser C’est le premier travail du géographe, en impliquant de répondre à la question où ? Localiser exprime un état de fait « C’est ici » en même temps qu’une observation. Localiser, c’est exercer sa capacité à se repérer (moi, où suis-je ?) ou à repérer un lieu, à indiquer sa position (absolue), par ses coordonnées géographiques (l’abscisse/latitude, l’ordonnée/la longitude, la cote/l’altitude), ou un itinéraire, sur mer ou sur terre, sur une carte, un globe, ou par les outils de géolocalisation comme le GPS. Situer Cette opération introduit une valeur relative par rapport à la question où ? Situer, c’est placer un lieu à un endroit par rapport à autre chose, à d’autres lieux, d’autres repères, et répondre à la question « par rapport à quoi ? ». La situation géographique exprime ainsi une position relative par rapport à d’autres lieux (elle est donc évolutive et variable). Elle implique de prendre en compte deux éléments fondamentaux : • L’échelle/les échelles d’observation qui permettent d’analyser et de comprendre les lieux. Ainsi la position géographique de certaines régions françaises, à proximité des frontières, peut être vue comme périphérique, si on les situe à l’échelle du territoire national, mais elle devient plus centrale dès lors que l’observation est réalisée dans le contexte européen. Ce changement de perspective ne prend sens qu’à condition de dépasser un seul niveau d’échelle, pour aborder les lieux ou les espaces à différentes échelles, au moyen de cartes, en changeant les focales et les cadrages. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 2 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle • La distance ou l’espacement, pour situer un lieu par rapport à d’autres, distinguer l’ici et l’ailleurs, le proche et le lointain. Il y a d’ailleurs plusieurs manières de les mesurer et d’autres variables et mesures de distances (distance-temps, distance coût) s’ajoutent à la traditionnelle distance kilomètre, afin d’intégrer les modes de communication et de déplacement, qui rapprochent ou éloignent. Localiser et situer sont complémentaires et font appel aux outils de l’orientation, à la carte et mobilisent des repères géographiques (les points cardinaux, les lignes imaginaires, mais également les frontières des États, l’emplacement d’une ville dans un réseau urbain, …). La géographie contemporaine adopte une représentation relative des localisations ; elle ajoute à la question « où ? » les questions « pourquoi ici ? », « pourquoi ici et pas ailleurs ? » qui permettent la mise en œuvre du raisonnement géographique et la formulation d’hypothèses. L’acquisition de la compétence « se repérer dans l’espace » est pour l’élève une étape nécessaire dans la construction d’une grille de lecture du monde qui l’entoure. Nommer, caractériser C’est identifier et mettre en relief les traits dominants et les éléments distinctifs d’un espace qui permet de le singulariser, de le différencier. Le fait d’identifier et de s’approprier ces éléments caractéristiques est indissociable de la formation aux hypothèses et au raisonnement géographique. Du cycle 2 au cycle 4 : une approche progressive de la compétence Les repères de progressivité ci-dessous donnent des indications de complexification croissante du travail sur la compétence, ils ne visent pas à figer ce qui est attendu à tel ou tel niveau, mais à identifier des dynamiques dans les apprentissages. Les approches abordées en cycle 3 sont reprises et enrichies de nouvelles situations au cycle 4. Au cycle 2 Dans le prolongement de la maternelle, le cycle 2 permet la construction des premiers repères spatiaux, en approfondissant la capacité de décentration. L’élève passe ainsi progressivement d’un espace centré sur lui-même à un espace perçu. Durant le cycle 2, l’élève ne considère plus seulement les objets par eux-mêmes, mais il est capable de les situer les uns par rapport aux autres et de saisir progressivement la notion d’espace organisé. Les premières représentations de l’espace permettent de l’initier à l’utilisation d’outils géographiques (le plan, la maquette) en même temps qu’elles permettent de repérer et de situer des lieux dans l’environnement proche. Le lien avec la compétence « maîtriser les langages » est ici déterminant, l’élève étant progressivement initié à la précision du vocabulaire lié à la latéralisation et aux déplacements. Aux cycles 3 et 4 L’élève poursuit cet apprentissage et dépasse progressivement l’espace vécu pour comprendre la pratique d’un espace social avec des repères qui lui sont propres. Au cours du cycle 3 et du cycle 4, il est progressivement amené à nommer et caractériser des espaces et des lieux, à les localiser et les situer, à différentes échelles. Il est confronté à des cartes et des images variées. Il est amené à construire des repères et à les situer en lien avec les outils numériques, Géoportail, Google Maps, SIG. Au cycle 4, il caractérise des espaces Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 3 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle plus complexes en utilisant différents types de représentations et images, des cartes selon différents modes de projection (des cartes « européocentrées », des planisphères de projection « classique » ou d’autres centrés sur l’Atlantique ou encore le pôle Sud…), des planisphères centrés sur d’autres lieux, afin de montrer comment d’autres sociétés voient le monde (le monde vu d’Australie, de Chine ou d’Argentine…). Schéma récapitulatif Les composantes de la compétence au cycle 3 sont reprises et complétées au cycle 4. L’ordre d’exposition des composantes n’a pas de caractère imposé et le travail en classe mobilise et combine plusieurs d’entre elles. Nommer et localiser des grands repères géographiques Cycle 3 Nommer les grands repères Cycle 4 géographiques en répondant Nommer et localiser les grands à la question «comment repères géographiques sur des s’appelle...». représentations de l’espace à Localiser en répondant à la différentes échelles et projections. question «où se trouve..» en mobilisant les grands repères géographiques. Nommer et localiser à partir de cartes et plans. Nommer, localiser et caractériser des espaces Cycle 3 Se localiser à l’aide des outils Cycle 4 de géolocalisation. Repérer un lieu et le localiser Nommer et localiser un lieu, en mobilisant les repères de une région, un État, un océan l’orientation (points cardinaux, ou un continent en mobilisant lignes imaginaires) et leurs outils les repères de l’orientation (rose des vents, boussole). (points cardinaux, lignes Repérer un lieu et le localiser sur imaginaires) et leurs outils des cartes à différentes échelles. (rose des vents, boussole). Caractériser un espace plus Caractériser un lieu : décrire complexe. ses éléments distinctifs. Situer des lieux et des espaces les uns par rapport aux autres Cycle 3 Mobiliser le vocabulaire : Cycle 4 proche de .. éloigné de... Nuancer éloignement et proximité Mobiliser les repères de en fonction du contexte (par l’orientation (points cardinaux, exemple proche en distance mais lignes imaginaires) et leurs éloigné en temps...). outils (rose des vents, Mobiliser d’autres repères boussole). construits pour situer (frontières, Retrouvez Éduscol sur réseau urbain, réseau de transport...). eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 4 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Appréhender la notion d’échelle et utiliser des représentations de l’espace Cycle 3 Utiliser différents types de Cycle 4 représentation de l’espace: Lire des cartes à différentes globe, cartes, plans en échelles et de projections comprenant la notion différentes. d’échelles différentes. Lire une carte et en comprendre le Utiliser la notion d’échelle sens général. pour produire une représentation de l’espace. Utiliser des outils numériques de géolocalisation. Établir un itinéraire. Mémoriser les repères géographiques liés au programme et savoir les mobiliser dans différents contextes Cycle 3 Mettre du sens dans les Cycle 4 repères mobilisés. Mettre en relation des lieux et des Mobiliser les repères pour espaces à partir de différentes relier un document à son représentations et supports contexte géographique. documentaires . Des exemples de mise en œuvre et d’évaluation au cycle 3 et au cycle 4 La manipulation régulière des repères en classe, dans des situations d’apprentissages, à côté d’évaluations-repères peuvent permettre à l’élève de mémoriser durablement de grands repères que les fiches ressources accompagnant les points de programme ont identifiés. L’acquisition de la compétence passe par un travail régulier, sur le temps de la classe, de remobilisation et de pratique de ces repères en situations, à partir de documents divers ou de raisonnements, en lien avec des problématiques et des contextes variés. Au cours du cycle, l’élève doit être capable : • d’acquérir de nouveaux repères propres à chaque thème du programme ; • de construire des repères dans le cadre des démarches propres à la géographie : étude de documents, étude de cas, élaboration de croquis, de schémas ; • de remobiliser les acquis dans une logique spiralaire, à l’intérieur du cycle et d’un cycle à l’autre ; • plus spécifiquement au cycle 4, de mobiliser les repères dans l’utilisation des différentes cartes ou images, analogiques et numériques et différents modes de projection. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 5 CYCLEs 3 4 I Histoire-Géographie I Travailler les compétences et évaluer la maîtrise du socle Au cycle 3 Les élèves localisent et situent l’espace proche (photographiés, par exemple à l’occasion d’une sortie sur le terrain) sur un plan, une carte, dans un atlas. En classe de CM1, le thème 1 « Découvrir le(s) lieu(x) où j’habite » offre une première approche de la réalité complexe du territoire quotidien des élèves à travers les pratiques des habitants. En lien avec leurs représentations, les élèves sont conduits à découvrir les espaces vécus et à identifier des repères géographiques. La séquence proposée permet, à partir d’une visite sur le terrain, de tracer des itinéraires, d’identifier différents lieux familiers ou non et leurs fonctions, et de les situer au regard des axes de communication. Ce dispositif pédagogique repose sur une démarche inductive, qui mobilise l’usage de différents outils du géographe pour se repérer : la carte, le schéma, mais aussi les outils numériques de géolocalisation. En classe de sixième, le thème 4 « Le monde habité » pose d’entrée de jeu la question « Où sont les femmes et les hommes sur la Terre ? ». Y répondre signifie être capable de « mettre en relation le lieu étudié avec d’autres lieux et avec le monde », et ainsi de « continuer le travail sur les grands repères géographiques » (Programme du cycle 3.) La séquence proposée (consulter le scénario pédagogique et le diaporama de présentation) amène les élèves à construire de façon collective une carte et une fiche de synthèse qui répondent à la question de départ. Ce faisant, ils construisent un repère complexe en l’articulant à la question « pourquoi ? », donc à la compétence « raisonner », et pratiquent différents langages. Au cycle 4 En classe de 4ème la thématique « un monde de migrants » qui figure dans le thème « les mobilités humaines transnationales » permet de travailler particulièrement la compétence « se repérer dans l’espace ». En lien avec « analyser et comprendre un document », la séquence présentée mobilise des outils numériques. Elle invite des élèves répartis en binômes à suivre et comprendre le parcours d’un migrant à partir d’un document, pour le restituer ensuite sous forme numérique, à l’aide de cartes. Ce faisant les élèves localisent, situent, travaillent la notion de distance en lien avec un raisonnement géographique. (Ressource à venir). En classe de 3ème, la thématique « Aménager pour répondre aux inégalités croissantes entre territoires français, à toutes les échelles », incluse dans le thème 2 du programme, favorise des situations d’apprentissage variées qui mettent en jeu la compétence « Se repérer ». Les situations proposées, centrées sur des choix d’aménagement (le tracé du contournement d’une petite ville et la création d’une LGV), permettent d’appréhender les jeux d’échelles, la réflexion sur la distance, la décentration par le sens différencié des repères géographiques selon les acteurs concernés. Ainsi les élèves sont amenés à faire des choix en réalisant un tracé (pour un contournement urbain ou une LGV) qu’ils doivent argumenter, répondant aux questions « pourquoi ici ? » et « pourquoi ici et pas ailleurs ? ». Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale - Mai 2017 6