Informer et accompagner les professionnels de l’éducation Cycles 2 3 4 Histoire - Géographie S’approprier les différents thèmes du programme Géographie / classe de 6ème Thème 4 - Le monde habité • La répartition de la population mondiale et ses dynamiques • La variété des formes d’occupation spatiale dans le monde Extrait du programme du cycle de consolidation, BOEN n°11 du 26 novembre 2015 Pourquoi enseigner « Le monde habite » en classe de Sixième ? Ce thème invite à explorer une thématique majeure de la géographie, le peuplement, qu’il s’agit d’étudier dans sa distribution contemporaine en montrant les inégalités de répartition à l’échelle mondiale, la permanence des grands foyers de peuplement dans le temps long ainsi que la variété des formes d’occupation de l’espace terrestre, à partir de quelques exemples, à grande échelle. Le thème permet de montrer que les hommes habitent la quasi-totalité de la planète ; celle-ci est en effet intégralement explorée, parcourue, imaginée, appropriée par les sociétés humaines et les hommes partout présents, sous des formes d’habitat permanent ou temporaire, y compris sur les mers et les océans. Problématiques • Comment est répartie la population mondiale, et pourquoi l’est-elle de façon si inégale ? • Quels facteurs ont présidé à l’installation privilégiée des groupes humains ici, plutôt qu’ailleurs ? • Quelles sont les grandes dynamiques de répartition de la population et les formes de peuplement ? On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève : • qu’il y a des espaces très densément peuplés et d’autres relativement vides d’hommes ; • que cette répartition est souvent le fruit d’héritages historiques et qu’elle relève de plusieurs types de facteurs explicatifs ; • que les humains habitent le monde selon des formes d’occupation variées. Ce thème est l’occasion de travailler plusieurs compétences du programme et d’investir particulièrement celles qui concernent la pratique des différents langages spécifiques de la discipline, dont le langage de la carte. C’est également l’occasion de travailler la compétence se repérer dans l’espace, en mobilisant des échelles différentes. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 1 CYCLE 3 I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme Géographie / classe de 6ème Quelle est la place du thème dans la scolarité ? • Lors des deux premières années du cycle 3, les élèves ont pu découvrir différentes dimensions de la notion d’habiter, le plus souvent à partir de leur espace de proximité. • En classe de 6e, les élèves découvrent des modes d’habiter dans des espaces et des contextes différents ; ils sont amenés, par les études de cas liées aux différents thèmes, à faire un tour du monde de la planète habitée. Ce dernier thème met en perspective les différents espaces étudiés, les confrontant à la répartition de la population sur la terre, les amenant à identifier les concentrations et les « vides », et à les replacer dans le temps long. • Les savoirs construits au cycle 3 sont repris et approfondis au cycle 4. En classe de 5e, « la question démographique et l’inégal développement » s’appuie sur les acquis du thème « le monde habité » de la 6e. En classe de 4e, il s’agit de comprendre que la mondialisation s’est appuyée sur des espaces privilégiés, que sont les littoraux peuplés et les villes, qui concentrent la majeure partie de la population mondiale. • Au lycée général, technologique et professionnel, les élèves auront l’occasion d’approfondir l’étude de la variété des modes d’habiter le monde. Quels sont les points forts du thème pour l’enseignant ? Ce thème permet d’aborder des questions majeures parmi les suivantes, dans des termes qui ne sont évidemment pas ceux dans lesquels on les posera en classe. Le peuplement, processus d’occupation de l’espace par les hommes, est l’une des problématiques centrales de la géographie. Avec le thème du « monde habité », le programme invite à examiner les caractéristiques et à fournir quelques explications de cette répartition à l’échelle mondiale, à en identifier les principales dynamiques ainsi que la variété des formes de peuplement. L’observation de la répartition de la population dans le monde montre à cette échelle une faible densité moyenne (51 hab./km²) et de grands contrastes de répartition des hommes. Les trois quarts de l’humanité se distribuent en trois principaux foyers de peuplement : Asie orientale, monde indien et Méditerranée-Europe, incluant leurs marges immédiates (péninsules et archipels asiatiques, Maghreb-Machrek) et les espaces qui les relient (Iran, Croissant fertile). Le dernier quart de l’humanité se distribue dans le reste du monde en plusieurs foyers secondaires (Amérique : la façade atlantique nord-orientale avec la mégalopole, l’estuaire du Saint Laurent et la région des grands lacs, Sud-est brésilien ; Afrique subsaharienne : golfe de Guinée et Nigéria) ainsi qu’en quelques noyaux de peuplement, dispersés au sein d’espaces relativement vides. Pour expliquer les inégalités de cette distribution, la confrontation avec la carte des milieux physiques peut apporter quelques éléments de réponse mais elle trouve cependant assez vite ses limites, en l’absence de corrélation systématique entre densités humaines et milieux aux conditions a priori favorables. Par ailleurs, les « vides humains » n’excluent pas ponctuellement une forte présence des hommes à grande échelle (oasis, villes, fronts pionniers). Force est donc de rechercher des clés d’explication du peuplement du côté des facteurs historiques. C’est en ce sens qu’il faut comprendre la référence du programme à la géohistoire, indispensable pour souligner la permanence des grands foyers de population et replacer les évolutions dans la longue durée, en plusieurs moments majeurs : • la diffusion des hommes sur la Terre dans les débuts de l’humanité, depuis la « sortie Retrouvez Éduscol sur d’Afrique » vers - 100 000 ans ; eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 2 CYCLE 3 I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme Géographie / classe de 6ème • la mise en place des principaux foyers de peuplement dès le Néolithique ; ils correspondent aux espaces de sédentarisation en lien avec une augmentation de la production liée à la naissance de l’agriculture qui a permis la croissance et l’accumulation démographiques dans les mêmes foyers : Asie orientale, monde indien, Méditerranée- Europe ; • les migrations de masse qui se sont enclenchées au XIXe quand les Européens se sont déplacés vers des colonies de peuplement secondaires, en Amérique, en Australie, en Afrique du Sud. Les logiques de stabilité et d’accumulation dans les foyers principaux l’emportent sur la diffusion, même si les processus mondiaux actuels la font un peu évoluer. Parmi les dynamiques récentes du peuplement figurent deux phénomènes majeurs, généralisés à l’ensemble de la planète : l’urbanisation, dont le rythme s’est accéléré et la littoralisation du peuplement, comme phénomène majeur et généralisé qui affecte toutes les régions peuplées. On peut considérer le peuplement du monde comme irrégulier, constitué d’une alternance d’espaces peuplés, lieux de concentration d’hommes et d’activités, de nœuds, de réseaux et des espaces de vides relatifs, moins accessibles, contraignants pour les communications et les mobilités. Comment mettre en œuvre le thème en classe ? La liberté est laissée au professeur de choisir la place de ce thème du programme au sein de sa progression. Cependant ce thème est très fortement articulé aux trois autres thèmes du programme de géographie de la classe de 6e, ce qui invite à adopter une approche filée tout au long de l’année, qui intègre « le monde habité » à chacun des trois thèmes. Cette démarche fournit ainsi des possibilités pour des éclairages et des mises en perspectives à l’échelle du monde. Les différents thèmes consacrés à habiter permettent d’aborder la répartition et les grandes dynamiques contemporaines du peuplement. La carte de la répartition de la population à l’échelle mondiale est ainsi régulièrement convoquée et analysée au cours de l’année. • Le thème « Habiter une métropole » conduit à situer les métropoles au sein des grands foyers de population. Cette approche permet d’établir une corrélation entre le fort peuplement et les grandes villes et d’esquisser le mouvement d’urbanisation comme l’une des dynamiques contemporaines du peuplement. • Le thème « Habiter les littoraux » renvoie aux dynamiques d’attraction qu’exercent les rivages. • Le thème « Habiter un espace de faible densité » invite à repérer et à situer les espaces très peu peuplés, souvent localisés aux marges de l’écoumène, à identifier des modes de peuplement et d’organisation spatiale spécifiques. Les différents thèmes offrent ainsi des exemples concrets des formes d’occupation spatiales diversifiées à des échelles plus fines. Cette démarche d’ensemble se prête, à un moment de l’année, à la conduite d’une approche géohistorique, en confrontant la carte de la répartition de la population actuelle avec d’autres planisphères à d’autres époques. La démarche comparative permet de souligner la permanence des concentrations et d’identifier quelques dynamiques. On s’appuiera sur la Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 3 CYCLE 3 I Histoire - Géographie I S’approprier les différents thèmes du programme Géographie / classe de 6ème carte des migrations d’Homo sapiens en lien avec le thème 1 du programme d’histoire qui a mis en évidence la diffusion du peuplement sur la terre. • La carte du peuplement au Néolithique permet l’identification des foyers appropriés et valorisés par les hommes à l’aube de notre ère, qui ne seront plus abandonnés par la suite. • Le planisphère du peuplement à l’époque moderne peut souligner ces permanences. La comparaison de chaque carte avec un planisphère de la répartition actuelle du peuplement montre bien cette permanence, mais aussi l’accélération de l’accumulation des hommes, et l’émergence de foyers secondaires. Les foyers de peuplement apparaissent ainsi comme le résultat de processus démographiques cumulatifs sur un temps très long. Par ailleurs, la carte des milieux bio-climatiques, ainsi que celle des grands ensembles de relief offrent, dans d’autres domaines, quelques éléments explicatifs de la répartition, en même temps qu’elles permettent de fixer quelques repères indispensables dans le cadre de la scolarité obligatoire. Les lieux étudiés au cours de l’année, à travers les études de cas, sont progressivement localisés sur la carte de la répartition de la population. Ils permettent au fil de l’année d’identifier à l’aide d’images, la grande variété des modes d’habiter la terre, en ville ou à la campagne, avec des gradients de densité et d’adaptation aux contraintes, les formes de peuplement (continu/discontinu, dispersé/groupé), les contraintes d’accessibilité ou d’éloignement. Principaux repères spatiaux à construire • Les principaux foyers de peuplement (majeurs et secondaires). • Les « vides » humains. • Une dizaine de très grandes villes sur plusieurs continents. Quelles sont les contributions du thème aux parcours? Ce thème peut apporter une contribution au Parcours citoyen par la question de l’altérité abordée par le biais de la diversité des modes d’habiter la terre. Une contribution au Parcours d’éducation artistique et culturelle peut se conduire à travers l’étude de documents graphiques et d’images des représentations du monde, de l’ailleurs et de la diversité culturelle. Quels sont les écueils à éviter ? • C’est le peuplement qu’il s’agit de traiter et non la population et ses évolutions. • Survaloriser les facteurs explicatifs climatiques et morphologiques. • Céder aux idées reçues et aux stéréotypes sur le surpeuplement. En dépit des perspectives de forte croissance de la population mondiale, le monde reste dans son ensemble faiblement peuplé. Si l’on mettait les 9 milliards d’habitants prévus avant la fin du siècle dans le territoire des États-Unis, la densité de la population serait celle de l’Ile de France. • Renforcer l’idée d’espaces totalement vides, alors que l’ensemble du monde est habité. Retrouvez Éduscol sur eduscol.education.fr/ressources-2016 - Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche - Mars 2016 4