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Le calcul en ligne au cycle 3
Introduction
La ressource le calcul aux cycles 2 et 3, explicite de façon synthétique les objectifs et stratégies
denseignement des différentes formes de calcul travaillées sur ces deux cycles. La présente ressource
apporte des éclairages plus précis sur le calcul en ligne dont la pratique est attendue aux cycles 2 et 3,
conformément aux programmes parus au bulletin officiel spécial n°11 du 26 novembre 2015.
Quest-ce que le calcul en ligne ?
Le calcul en ligne est une modalité de calcul écrit ou partiellement écrit.
Il se distingue à la fois :
 du calcul mental, en donnant la possibilité à chaque élève, sil en ressent le besoin, décrire des
étapes de calcul intermédiaires qui seraient trop lourdes à garder en mémoire ;
 du calcul posé, dans le sens où il ne consiste pas en la mise en œuvre dun algorithme
indépendant des nombres en jeu.
Lénoncé est donné par le professeur à loral ou à lécrit ; le résultat est donné par lélève à lécrit.
Le calcul mental et le calcul en ligne vivent indépendamment mais se nourrissent mutuellement :
 les habiletés développées en calcul mental sont au service du calcul en ligne, elles donnent
progressivement accès au traitement en ligne de calculs de plus en plus complexes ;
 le calcul en ligne peut aussi être vu comme une étape dans le développement du calcul mental ;
le fait décrire certaines étapes de calcul permet en effet de libérer la mémoire de travail,
favorisant ainsi lentrée dans le calcul mental pour tous les élèves. Le calcul en ligne ne se limite
toutefois pas à cette conception, certains calculs proposés en ligne ne peuvent en effet pas être
gérés de façon purement mentale.
Le calcul en ligne nest pas une autre manière décrire un calcul posé. Le calcul posé repose sur une
technique, un algorithme. Le calcul en ligne repose sur la compréhension de la notion de nombre, du
principe de la numération décimale de position et des propriétés des opérations.
Comme le calcul mental, le calcul en ligne permet à l'élève d'utiliser la richesse de ses connaissances sur
le nombre et sur les propriétés des opérations. L'élève est ainsi amené à « faire parler » les nombres,
c'est à dire à en envisager diverses écritures, des décompositions additives, multiplicatives ou utilisant les
unités de numération.
En calcul en ligne, les étapes écrites utiles pour lélève peuvent, dans un premier temps, se présenter
sous différentes formes : calculs séparés, arbres de calcul, écritures utilisant des mots ou des flèches, ou
tout autre écrit qui accompagne la démarche de lélève ; progressivement, en fin de cycle 3, ces étapes
sorganisent pour devenir un calcul écrit en ligne.
Quelques exemples de pratique du calcul en ligne
Ces exemples montrent un panel de stratégies mobilisées par les élèves qui pratiquent régulièrement le
calcul en ligne ; ils doivent être perçus comme des pistes de mise en œuvre, sans volonté dexhaustivité.
523 67 = ?
Un élève écrit : Lélève a choisi de soustraire 67 en deux temps : dabord 7 puis 60.
523 67 = 523 7 60 = 516 60 = 456
Un autre élève écrit : Il ajoute 3, puis 30 à chacun des deux nombres, le résultat ne change pas
523 67 = 526 70 = 556 100 = 456 (conservation des écarts : le résultat ne change pas lorsquon ajoute le même
nombre aux deux termes dune différence), mais la soustraction devient
beaucoup plus simple à effectuer.
La justification « complète » pourrait sécrire :
523 67 = (523 + 3) (67 + 3) = 526 70 = (526 + 30) (70 + 30)
= 556 100 = 456
Produire cette écriture en autonomie ne relève pas du cycle 3.
Un troisième élève écrit : Lélève a choisi de soustraire dabord 3 aux deux termes, puis de leur ajouter
523 67 = 520 64 = 520 + 36 100 le complément à 100 de 64 ; la justification de sa stratégie pourrait sécrire :
= 456 523 67 = (523 3) (67 3) = 520 64 = (520 + 36) (64 + 36)
= 556 100 = 456
Produire cette écriture en autonomie ne relève pas non plus du cycle 3.
Un quatrième élève écrit : Cet élève a une démarche correcte puisquil enlève successivement 20, 40, 3
523 20 = 503 40 = 463 3 = 460 4 puis 4 au nombre de départ, ce qui revient à enlever 67. Mais lécriture
= 456 mathématique avec une utilisation erronée du symbole « = » nest pas
correcte.
Il vaudrait mieux quil transcrive sa stratégie par des calculs séparés, par
exemple de la façon suivante :
523 20 = 503 ; 503 40 = 463 ; 463 3 = 460 ; 460 4 = 456
Un cinquième élève écrit : La démarche et lécriture sont ici correctes Il est cependant difficile dêtre
523 67 = 33 + 423 = 456 certain de la démarche suivi à partir de cette seule trace écrite.
Lélève a peut-être utilisé les compléments à 100.
33+67=100. Soustraire 67 revient donc à soustraire 100 et ajouter 33.
Il a peut-être utilisé le fait que la différence entre 523 et 67 est le nombre à
ajouter à 67 pour obtenir 523 et ce nombre est la somme du nombre à ajouter
à 67 pour obtenir 100 et du nombre à ajouter à 100 pour obtenir 523.
13 × 54 = ?
Un élève écrit : Lélève utilise la distributivité. La justification complète sécrit :
13 × 54 = 540 + 3 × 54 = 540 + 150 + 3 × 4 13 × 54 = (10 + 3) × 54 = 10 × 54 + 3 × 54 = 540 + 3 × (50 + 4)
= 690 + 12 = 702 = 540 + 3 × 50 + 3 × 4 = 540 + 150 + 12 = 690 + 12 = 702
Un autre élève écrit : Cet élève a mémorisé le résultat du produit 13 × 5.
13 × 54 = 13 × 50 + 13 × 4 = 650 + 40 + 12 Il décompose 54 pour faire apparaître 13 × 50 en utilisant la distributivité.
= 702
2 UNITES ET 57 CENTIÈMES + 5 UNITÉS ET 8 DIXIÈMES ?
Un élève écrit : Ces élèves écrivent les deux nombres décimaux dans les mêmes unités de
2 + 57 centièmes +5 + 8 dixièmes numération pour pouvoir les additionner.
=2 + 5 + 57 centièmes + 8 dixièmes = 7
+ 57 centièmes + 80 centièmes = 7
+ 137 centièmes
= 8 unités et 37 centièmes
Un autre élève écrit :
57 8 57 8
2+ +5 + = 2 + 5 + +
100 10 100 10
57 80 137 37 37
=7+ + =7+ = 7 + 1+ =8+
100 100 100 100 100
Un troisième élève écrit : Ces élèves utilisent lécriture à virgule quils manient avec aisance. Ils
2,57 + 5,8 = 7,57 + 0,8 = 8,37 décomposent 5,8 en la somme de sa partie entière 5 et de sa partie décimale
0,8.
Un quatrième élève écrit :
2,57 + 5,8 = 7,57 + 0,8 = 7,37 + 0,2 + 0,8
= 7,37 + 1 = 8,37
Un cinquième élève écrit : Cet élève utilise lécriture des nombres décimaux sous la forme de fractions
257 58 257 580 837 décimales ; il sait quil peut ajouter des décimaux écrits dans la même unité
+ = + =
100 10 100 100 100 de numération (ici les centièmes). Pour effectuer la somme de 257 et 580, il
décompose et recompose les deux nombres de façon à rendre laddition
facile à traiter.
Objectifs
Le calcul en ligne est une source importante dapprentissages mathématiques essentiels. Il permet,
comme le calcul posé, de produire le résultat dun calcul, mais bien au-delà de cet objectif, en articulation
avec le calcul mental, il participe :
 au développement des six « compétences travaillées » déclinées dans les programmes de
mathématiques et plus particulièrement à celui des compétences Calculer, Chercher, Représenter
et Raisonner (se référer au document « Le calcul aux cycles 2 et 3 » qui explicite en quoi le calcul
participe au développement de ces six compétences) ;
 à la compréhension de la notion de nombre entier, de fraction et de nombre décimal, ainsi que de
la numération de position (travailler les diverses décompositions possibles dun nombre favorise
laccès au sens du nombre et aux relations entre les nombres) ;
 à la compréhension des différentes écritures dun même nombre (écritures diverses dun nombre
décimal par exemple), en motivant leur utilisation ;
 à la compréhension progressive des propriétés des opérations en favorisant leur utilisation (il est
attendu des élèves quils manipulent ces propriétés en situation et quils les explicitent avec leurs
mots ; les dénominations données ci-dessous ne sont pas des objectifs dapprentissage pour les
élèves) :
- commutativité de laddition et de la multiplication (un élève peut dire, par exemple :
« dans une addition ou une multiplication, on peut changer lordre des termes ») :
5 + 7 = 7 + 5,
3×8=8×3;
- associativité de laddition et de la multiplication (un élève peut dire, par exemple :
« dans une addition ou une multiplication, on peut regrouper les termes comme
on veut »):
7 + 3 = 2 + 8 car (2 + 5) + 3 = 2 + (5 + 3),
24 × 5 = 12 × 10 car (12 × 2) × 5 = 12 × (2 × 5) ;
- distributivité de la multiplication sur laddition et la soustraction (un élève peut dire, par
exemple : « quand on multiplie une somme de deux nombres, cela revient à multiplier
chacun des termes ») :
8 × 13 = 8 × (10 + 3) = (8 × 10) + (8 × 3) = 80 + 24 = 104,
ou 8 × 13 = (10 2) × 13 = (10 × 13) (2 × 13) = 130 26 = 104 ;
- distributivité de la division sur laddition et la soustraction (un élève peut dire, par
exemple : « quand on divise une somme de deux nombres, cela revient à diviser chacun
des termes ») :
536 ÷ 8 = (480 + 56) ÷ 8 = (480 ÷ 8) + (56 ÷ 8) = 60 + 7 = 67,
536 ÷ 8 = (560 24) ÷ 8 = (560 ÷ 8) (24 ÷ 8) = 70 3 = 67 ;
Attention, contrairement à la distributivité de la multiplication, la distributivité de la division
nest vraie que dans un sens : 384 ÷ 12, par exemple, est égal à (360 ÷ 12) + (24 ÷ 12)
mais nest pas égal à (384 ÷ 10) + (384 ÷ 2) ; on ne peut décomposer que le nombre
quon divise (dividende) et non celui par lequel on divise (diviseur) ;
 à la connaissance de propriétés relatives aux opérations, pouvant faciliter le calcul mental
ou en ligne en permettant de créer des étapes intermédiaires :
- division par un produit :
diviser par 12, cest diviser par 2 puis encore par 2, puis par 3, car 2 × 2 × 3 = 12
504 ÷ 12 = [(504 ÷ 2) ÷ 2] ÷ 3 = (252 ÷ 2) ÷ 3 = 126 ÷ 3 = 42 ;
- conservation de lécart pour la soustraction :
234 83 = 231 80 = 251 100 = 151
ou 234 83 = (234 + 17) (83 + 17) = 251 100 = 151
13,4 0,56 = 13,44 0,6 = 13,84 1 = 12,84 ;
lécart entre les deux nombres (résultat de la soustraction) ne change pas quand on leur
ajoute ou soustrait le même nombre ;
- conservation du rapport pour la division (à envisager de façon très progressive en fin de
cycle 3 pour préparer lapprentissage du quotient des nombres décimaux et de légalité
des nombres rationnels au cycle 4) :
34 ÷ 5 = 68 ÷ 10 = 6,8
5,82 ÷ 0,2 = 582 ÷ 20 = 291 ÷ 10 = 29,1 ;
- le résultat de la division ne change pas quand on multiplie ou divise le dividende et le
diviseur par le même nombre ;
 à la compréhension progressive de la signification du signe « = », à concevoir comme
équivalence entre le membre écrit à gauche et le membre écrit à droite, et pas seulement pour
donner le résultat dun calcul ;
 à la compréhension progressive de la signification des parenthèses et de leur utilisation pour
écrire un calcul complexe ;
 à la mémorisation progressive de faits numériques et de stratégies de calcul qui seront ensuite
mis en œuvre pour traiter des situations plus complexes en calcul mental et en ligne ;
 au développement de compétences relatives au calcul dordre de grandeur ;
 au développement de l'agilité numérique mentale des élèves, de leurs habiletés calculatoires
et de lintelligence du calcul (anticiper, faire des choix, contrôler, …) ;
 au développement de laptitude à prendre des initiatives ;
 à la motivation des élèves en rendant le calcul à la fois stratégique et automatique.
Progressivité des apprentissages
Le calcul en ligne est présent explicitement dans les programmes de cycles 2 et 3, le travail effectué en
début de cycle 2 sappuie sur ce qui a été mené au cycle 1 dans le cadre de la découverte des nombres
et de leurs utilisations. De même, les compétences développées aux cycles 2 et 3 seront un point dappui
au cycle 4 pour effectuer des calculs avec des nombres décimaux et rationnels ou pour utiliser le calcul
littéral.
 Au cycle 1, lélève apprend à quantifier des collections jusquà dix au moins ; il les compose et
les décompose par manipulations effectives puis mentales. Il apprend à dire combien il faut
ajouter ou enlever pour obtenir des quantités ne dépassant pas dix et parle des nombres à laide
de leur décomposition. Ces premiers travaux de décomposition, nécessaires pour la construction
de la notion de nombre, sont aussi les premiers apprentissages du calcul.
 Au cycle 2, le calcul en ligne, travaillé de façon articulée avec le calcul mental, opère sur des
contextes numériques qui se complexifient progressivement et de façon différenciée, en fonction
des besoins identifiés des élèves, en jouant sur différentes variables : taille des nombres, variété
des décompositions accessibles, interrelations entre les nombres, connaissances de faits
numériques des élèves… Progressivement, une plus grande variété de procédures de calculs
élémentaires et de faits numériques est mobilisée.
 Au cycle 3, la complexification différenciée des contextes numériques se poursuit en calcul en
ligne et en calcul mental. La nature des nombres (nombres entiers plus grands, nombres
décimaux) et leurs différentes écritures (fraction décimale et diverses décompositions, écriture à
virgule) viennent compléter léventail des variables citées précédemment, jouant sur cette
complexification. En fin de cycle, on tend progressivement vers un calcul organisé en une seule
ligne, utilisant si nécessaire des parenthèses. La capacité à écrire de telles expressions
numériques prépare les attendus du cycle 4 liés à la production dexpressions littérales et à la
mise en équation de problèmes.
Dès le début du cycle 3, les activités de calcul en ligne portent sur les quatre opérations avec des
nombres entiers, pour effectuer des calculs, travailler les décompositions additives et
multiplicatives, les compléments à la centaine la plus proche et résoudre des problèmes variés.
Le travail initié en début de première année du cycle est ensuite progressivement étendu aux
calculs avec des fractions simples et des nombres décimaux. Ces derniers sont utilisés sous la
forme de fractions décimales ou avec des décompositions selon les unités de numération. Les
formulations oralisées seront privilégiées ; le travail sur les décompositions additives et
multiplicatives ainsi que sur les compléments se poursuit. Des calculs dans le contexte des
grandeurs seront aussi proposés.
Les problèmes proposés, par exemple sur la proportionnalité et les grandeurs, permettront de
pratiquer le calcul en ligne.
 Au cycle 4, le calcul en ligne napparait pas explicitement dans les programmes mais les élèves
continuent de mobiliser les compétences acquises aux cycles 2 et 3 pour des calculs avec des
fractions ou des nombres décimaux, ou encore pour du calcul littéral.
Par exemple :
4 15 4×15 15 5 5
× = = = = ;
9 28 9×28 9×7 3×7 21
2800  25000 = 2810  2510 = 2825  10 10 = 7425  10 = 7100  10
2 3 2 3 5 5
= 7  (10 10 ) = 7  10 = 70 000 000 ;
2 5 7
(𝑛 + 2)(𝑛 + 2)  𝑛2 = 𝑛2 + 2𝑛 + 2𝑛 + 4 𝑛2 = 4𝑛 + 4.
Stratégies denseignement
Comment pratiquer le calcul en ligne dans la classe ?
Comme pour le calcul mental, on peut considérer que les activités de calcul en ligne proposées dans la
classe se déclinent en quatre étapes quil importe de distinguer clairement :
 découverte de nouveaux savoirs, en particulier de nouvelles procédures de calcul, explicitation de
ces savoirs visant lélaboration dune trace écrite ;
 appropriation et entrainement régulier en vue de rendre les procédures disponibles pour lélève ;
 réinvestissement régulier ;
 évaluation.
Pour chacune des trois années du cycle 3, il est important détablir une programmation des
apprentissages en calcul mental et en ligne.
Lappropriation des nouveaux savoirs, lentrainement et le réinvestissement passent par des activités
quotidiennes de courte durée (environ quinze minutes) qui mêlent calcul mental et calcul en ligne ; pour
le calcul en ligne, il est nécessaire aussi de prévoir des séances dapprentissage de durée plus longue.
En variant la difficulté pour répondre aux besoins de chacun des élèves, les situations proposées portent
soit de façon massée sur lutilisation dune procédure dont on vise lappropriation, soit de façon filée sur
une variété de procédures pour en favoriser le réinvestissement. Ces activités relèvent de lapprentissage
et non de lévaluation ; elles donnent lieu le plus fréquemment possible à des temps de mise en commun
au cours desquelles les élèves peuvent donner à voir et expliciter oralement leurs démarches, quelles
soient correctes ou erronées, abouties ou non. Lors de ces temps de travail, le fait que les élèves écrivent
ou présentent eux-mêmes la trace de leurs raisonnements (par exemple à laide dun visualiseur) permet
de faire émerger toutes les erreurs et les difficultés. Dans le cas où lélève na pas écrit sa démarche,
lenseignant traduit par écrit ce que dit lélève, en veillant à ne pas interpréter. Cette façon de procéder
doit déboucher sur un consensus de compréhension des démarches et de la façon de les écrire.
Le repérage des erreurs est essentiel et doit se poursuivre par la recherche de leurs causes, avec laide
du professeur.
Les élèves acquièrent progressivement des stratégies de calcul grâce à ces activités quotidiennes ;
lautomatisation de ces stratégies na toutefois pas lieu dêtre visée au même moment pour tous. Pour
permettre à chacun deux de progresser dans la gestion mentale des calculs travaillés et rendre
disponibles les stratégies de calcul, il peut être pertinent de limiter le nombre détapes écrites pour les
élèves les plus à laise.
Les acquis des élèves en calcul mental et en ligne sont régulièrement évalués au travers dactivités
adaptées aux potentialités de chacun : la différenciation peut concerner la difficulté des calculs ou bien le
temps imparti pour les effectuer. Ce qui importe avant tout cest que les élèves puissent sévaluer et
constater leurs progrès, car le sentiment de progresser est un facteur essentiel de la motivation.
Les étapes de calcul écrites par les élèves
Les étapes de calcul écrites par les élèves doivent être conçues comme un support à la pensée, comme
des écrits transitoires qui peuvent ne pas respecter tous les codes de rédaction mathématique, en
particulier en ce qui concerne lutilisation du signe « = » et des parenthèses. Comme pour la production
décrits, un seuil de tolérance doit être accordé à tous les élèves. Pour distinguer ces étapes de calcul des
écrits institutionnels, le professeur pourra faire travailler les élèves sur un support dédié (cahier de
recherche, feuilles de couleur, …). Lexplicitation orale permettra ensuite aux élèves de montrer comment
ils comprennent ces étapes écrites ; le professeur pourra alors, si cela se révèle être le moment opportun,
aider les élèves à les faire évoluer pour quelles deviennent mathématiquement correctes, mais le respect
en autonomie des codes par les élèves nest pas un exigible du cycle 3.
Il est cependant essentiel que ces étapes de calcul, lorsquelles sont écrites par le professeur dans les
temps de travail collectif, de mise en commun ou de synthèse visant lélaboration de la trace écrite
institutionnelle, soient à la fois mathématiquement correctes et compréhensibles par les élèves. Cest
cette trace écrite finale que lon retrouvera dans les écrits de référence (cahiers de leçon ou affiches
référentes de la classe).
Statut du signe « = »
Dès le début du cycle 2, les élèves peuvent écrire 3 + 7 = 10 ou 10 = 2 + 8 ou encore 3 + 7 = 2 + 8
notamment dans le cadre de travaux de décompositions et de recompositions ; le signe « = » signifiant
léquivalence entre les deux membres.
Néanmoins pour les élèves, le signe « = » est souvent interprété comme le signe « = » de la calculatrice,
c'est-à-dire comme permettant laffichage du résultat après exécution dun calcul. D'un côté du signe « = »
(généralement à gauche) il y a le calcul à effectuer, de l'autre (à droite) il y a le résultat du calcul.
Le calcul en ligne et le travail sur les décompositions se fondent sur une signification du signe « = »
comme lien entre deux écritures distinctes dun même nombre, à lire dans les deux sens, de façon
3
symétrique, comme par exemple, 32 × 25 = 8 × 4 × 25 ou 37,3 = 37 + .
10
Un calcul écrit en ligne ne peut prendre sens que si le signe « = » est utilisé de façon correcte. Voici deux
exemples de calculs écrits en ligne pour la résolution du problème suivant :
« À la boulangerie j'achète 3 croissants à 1,10 €, 2 baguettes à 80 centimes et une brioche à 4,40 €. Quel
est le montant de mes achats ? »
3 × 1,10 = 3,30 + 2 × 0,80 = 3,30 + 1,60 = 4,90 + 4,40 = 9,30
3 × 1,10 + 2 × 0,80 + 4,40 = 3,30 +1,60 + 4,40 = (3 + 1 + 4) + (0,30 + 0,60 + 0,40) = 8 + 1,30 = 9,30.
Dans le premier calcul, le signe « = » ne lie pas des nombres égaux. Cette écriture du calcul est à
considérer comme un écrit transitoire. Elle ne doit pas être proposée au tableau, mais ne doit pas non
plus être sanctionnée ; la démarche de lélève est correcte, cest lutilisation du symbole de légalité qui ne
lest pas.
Le second calcul respecte les codes des écritures mathématiques, mais sa production exige de surmonter
une difficulté importante au cycle 3. Lorsquun élève produit un calcul comme le premier, il vaudrait mieux,
en conséquence, linviter à écrire des calculs séparés, par exemple comme ceci :
3 × 1,10 = 3,30
2 × 0,80 = 1,60
3,30 + 1,60 = 4,90
4,90 + 4,40 = 9,30.
Utilisation des parenthèses
La parenthèse est un symbole mathématique dont lapprentissage débute au cycle 3. Cet apprentissage
doit être très progressif car lutilisation des parenthèses complexifie de fait les écritures mathématiques.
En début dapprentissage les parenthèses sont utilisées dans les calculs comportant plusieurs opérations
pour faire apparaître lordre dans lequel celles-ci doivent être effectuées. En fin de cycle 3 et au cycle 4,
les conventions décritures liées aux priorités des calculs multiplicatifs sur les calculs additifs permettent
de nécrire que les parenthèses montrant quune addition ou une soustraction doit être effectuée avant
une multiplication ou une division.
Résumer en un seul calcul, écrit en ligne, les calculs séparés permettant la résolution dun problème
nécessite la maîtrise de lutilisation des parenthèses ; ceci est une étape importante de lapprentissage,
préparatoire à la production décritures algébriques, objectif essentiel du cycle 4. Ainsi, pour écrire en
ligne le calcul correspondant aux deux étapes suivantes « 5 + 8 = 13 ; 13 × 7 = 91 », le recours aux
parenthèses est nécessaire : au cycle 3, ce calcul sécrira : (5 + 8) × 7. Au cycle 4, la connaissance des
priorités opératoires pourra permettre de ne plus mettre certaines parenthèses inutiles, par exemple, pour
le calcul 3 + (2 × 6), il sera inutile de mettre 2 × 6 entre parenthèses puisque la propriété donnant la
priorité de la multiplication sur laddition sera disponible.
Dans le calcul, lécriture des parenthèses peut ou non être évitée. Pour calculer 15 × 6, par exemple :
 si on écrit : « 15 × 6 = (3 × 5) × 6 = 3 × (5 × 6) = 3 × 30 = 90 », les parenthèses apparaissent
comme des boites qui indiquent les transformations effectuées lors du calcul, leur présence sert
à communiquer, à rendre plus visible ce qui est fait; sur le plan de la correction mathématique,
les parenthèses pourraient être retirées ;
 si on écrit « 15 × 6 = (10 + 5) × 6 = 60 + 30 = 90 », les parenthèses qui servent à mettre en
lumière la transformation de 15 en 10 + 5 sont cette fois mathématiquement indispensables. En
effet, si on les retire on obtient le calcul 10 + 5 × 6, où la multiplication 5 × 6 est prioritaire et le
calcul ne vaut plus 90 mais 40.
Quelques points de vigilance concernant lutilisation de parenthèses
 Dans un calcul, lécriture symbolique de la distributivité de la multiplication par rapport à laddition
nécessite lusage de parenthèses pour être mathématiquement rigoureuse. Des formulations, à
loral, ou à lécrit, avec des mots, permettent de se passer des parenthèses et de donner accès au
sens de la distributivité. Par exemple, pour effectuer 6 × 15, on peut dire : « quinze, cest dix plus
cinq, donc six fois quinze, cest six fois dix plus six fois cinq ».
 Le calcul « 6 × 10 + 6 × 5 » ne nécessite pas de parenthèses dès lors que les règles de priorité
sont connues ; on pourra toutefois préférer écrire « (6 × 10) + (6 × 5) » pour bien spécifier les
calculs à faire en premier.
 La présence dun signe « » ou dun signe « + » avant une parenthèse, comme dans
29 (9 + 12), doit conduire à effectuer en premier le calcul à lintérieur des parenthèses, on
trouve ici 29 21, et non pas à effectuer une transformation sur les nombres à lintérieur des
parenthèses, qui donnerait ici 29 9 12 ; cette transformation relève du cycle 4.
Textes de savoir
Différents types décrits doivent permettre à lélève de garder trace de ce quil a appris en calcul en ligne :
 ses productions, et en regard une correction assortie de quelques mots dexplication de lerreur
dans le cas où elles sont erronées ; ces traces sont accessibles dans un cahier ;
 un écrit produit par lélève ou par un groupe délèves explicitant une stratégie de calcul à retenir ;
la formulation de ce type de texte peut-être provisoire et évolutive ;
 un texte construit dans la classe de façon collaborative, ou éventuellement un écrit proposé par le
professeur, en synthèse dun temps de travail.
Pour être accessibles à lélève, ces deux derniers types décrits sont répertoriés dans un document
dédié ; ils peuvent aussi faire lobjet daffichages dans la classe. Idéalement, les textes de synthèse
restent accessibles dans un cahier que lélève conserve et complète tout au long du cycle.
Lutilisation dexemples génériques, où les nombres peuvent être remplacés par dautres pour traiter
dautres calculs, a toute sa place dans les écrits de synthèse et peut être plus claire quune longue phrase
explicative pour certains élèves.
Quelques exemples décrits pour garder la trace des apprentissages
 523 67 (exemples de productions délèves donnés dans lintroduction de ce document)
- Écrit dun élève sur son cahier de recherche :
523 67  jajoute 33  556 100 = 456.
- Écrit proposé par un groupe délèves :
523 67, cest comme 500 44 en enlevant 23 aux deux nombres ou comme 556 100
en ajoutant 33 aux deux nombres.
- Écrit de synthèse collaborative (éventuellement proposé par lenseignant) : « Pour rendre
une soustraction plus simple, on peut ajouter ou soustraire la même quantité aux deux
nombres. Par exemple : 523 67 = 556 100 = 456, ou 523 67 = 500 46 = 456 ».
 13 × 54 (exemples de productions délèves donnés dans lintroduction de ce document)
- Écrit dun élève sur son cahier de recherche :
13 × 9 × 6 cest 13 × 10 13 et après × 6, cest trop difficile,
cest mieux de faire 10 × 54 + 3 × 54.
- Écrit proposé par un groupe délèves :
13 × 54 = 10 × 54 + 3 × 54 = 540 + 3 × 50 + 3 × 4 = 540 + 150 + 12 = 702.
- Écrit de synthèse collaborative : « Pour effectuer une multiplication, on peut décomposer
un des nombres, pour faire apparaître des nombres faciles à multiplier.
Par exemple : pour calculer 13 × 54, prendre 13 fois un nombre, cest le prendre 10 fois
et encore 3 fois ; prendre 3 fois 54, cest prendre 3 fois 50 et encore 3 fois 4 :
13 × 54 = 10 × 54 + 3 × 54 = 10 × 54 + 3 × 50 + 3 × 4 = 540 + 150 + 12 = 702. ».
Exemples de situations dapprentissage
Ci-dessous sont donnés quelques exemples de calculs pouvant être proposés à des élèves de cycle 3.
Ces exemples montrent un panel de stratégies mobilisées par les élèves qui pratiquent régulièrement le
calcul en ligne. Ils doivent être perçus comme des pistes de mise en œuvre, sans volonté dexhaustivité
(voir aussi les exemples proposés dans lintroduction de ce document).
293 × 18 = ?
Un élève écrit : Cet élève utilise la distributivité en écrivant dabord 18 sous la
293 × 18 = 293 × 20 293 × 2 = 5860 586 = 5874 forme 20 2, puis effectue ensuite la soustraction en utilisant la
600 = 5274 propriété de conservation des écarts.
Écrire 420, de plusieurs façons différentes, sous la forme dun produit de plusieurs nombres.
Un élève écrit : Lélève utilise ses connaissances sur les nombres quil a lhabitude
420 = 42 × 10 = 21 × 2 × 2 × 5 de « faire parler ».
420 = 3 × 7 × 20 = 3 × 14 × 10 Ce type de situation peut être proposé de façon collective, sous la
420 = 84 × 5 = 3 × 140 forme dun défi.
Quotient et reste de la division euclidienne de 471 par 12 ?
Un élève écrit : Lélève a appris à « faire parler les nombres », il fait apparaître 360
471 = 360 + 111 = 3 × 12 × 10 + 60 + 48 + 3 quil connaît comme un multiple de 12 ; il décompose ensuite 111
= 12 × 30 + 12 × 5 + 12 × 4 + 3 = 12 × 39 + 3 sous la forme de la somme de multiples de 12 et dun nombre
Quotient : 39 ; reste : 3 inférieur à 12.
Il poursuit la décomposition de 471 pour faire apparaître lécriture
du type :
Dividende = diviseur × quotient + reste (avec reste plus petit que
diviseur), montrant ainsi quil maîtrise le sens de la division
euclidienne.
Un autre élève écrit : Lélève a en immédiatement accessible le fait que 12 × 4 = 48
471 = 480 9 = 40 × 12 9 = 39 × 12 + 12 9
= 39 × 12 + 3
Quotient : 39 ; reste : 3
Un troisième élève écrit : Lélève ajoute mentalement des multiples de 12 jusquà ce que ça
471 = 120 + 120 + 120 + 60 + 24 + 24 + 3 ne soit plus possible pour rester inférieur à 471, il commence par
= (10 + 10 + 10 + 5 + 2 + 2) × 12 + 3 = 39 × 12 + 3 des dizaines, puis continue en fonction de ces connaissances
Quotient : 39 ; reste : 3 (12 × 5 = 60 et 12 × 2 = 24). À la ligne suivante il note le nombre de
fois 12 auquel correspond chaque terme de sa somme, il ne lui
reste plus quà faire la somme des facteurs trouvés
Calculer la mesure de laire en cm² dun rectangle de longueur 15,4 cm et de largeur 7 cm.
Un élève écrit : Lélève utilise la formule de laire dun rectangle, puis la
L × l = 7 cm × 15,4 cm = 7 × 15,4 cm2 décomposition de 15,4 en la somme de sa partie entière 15 et de
= 7 × 15 + 7 × 0,4 = 105 + 5 × 0,4 + 2 × 0,4 sa partie décimale 0,4.
= 105 + 10 × 0,2 + 0,8 = 105 + 2 + 0,8 = 107,8 cm2 Le produit 5 × 0,4 lui pose problème, il utilise le fait que multiplier
un nombre par 5 revient à multiplier la moitié de ce nombre par 10
Un autre élève écrit : Il reconnaît que ce rectangle peut être décomposé en 7 bandes
On peut faire 7 bandes de 15,4 cm², dun cm de large et de 15,4 cm de long, correspondant chacune à
ça fait : 15,4 cm² (la formule daire du rectangle nest pas encore
7 × 15,4 cm2 = 7 × 10 + 7 × 5 + 7 × 4 dixièmes disponible).
= 70 + 35 + 28 dixièmes Il effectue ensuite 7 × 15,4 en décomposant 15,4 en dizaines,
= 105 + 2 unités et 8 dixièmes unités et dixièmes.
= 107,8 cm2 Le fait de poser cette question en calcul en ligne est au service de
la construction de la notion daire
Calculer la différence 13,54 8,7, entre treize unités et cinquante-quatre centièmes, et, huit unités et sept
dixièmes
Un élève écrit : Lélève utilise la décomposition de 8,7 en la somme de sa partie
13,54 8,7 = 5,54 0,7 = 5,54 (0,54 + 0,16) entière 8 et de sa partie décimale 0,7 pour soustraire
= 5 0,16 = 4,84 successivement chacune de ces parties à 13,54.
Un autre élève écrit : Lélève traite globalement les deux nombres en les écrivant dans la
54 7 1354 87 1354 870 même unité de numération.
(13 + ) (8 + ) = =
100 10 100 10 100 100 Il effectue ensuite la soustraction en travaillant sur les nombres de
En centièmes, ça fait : centièmes obtenus ; pour soustraire 870, il ajoute successivement
1354 870 = 1384 900 = 1484 1000 = 484 30 puis 100 aux deux nombres qui composent lopération
Résultat : 484 centièmes (conservation des écarts).
Calculer le produit de 15 par 0,32
Un élève écrit : Lélève décompose 15 sous la forme 10 + 5, il écrit en premier le
15 × 0,32 = 3,2 + 1,6 = 4,8 produit de 10 et 0,32, il sait que le produit de 5 et 0,32 est la moitié
du produit précédent, il ne lui reste ensuite quà faire la somme des
deux nombres trouvés.
Un autre élève écrit : Lélève ramène le produit dun entier et dun nombre décimal à un
15 × 32 centièmes = (15 × 32) centièmes produit de deux nombres entiers.
15 × 32 cest 10 × 32 + la moitié Il effectue ensuite le produit des nombres entiers.
320 + 160 = 480
15 × 0,32 = 480 centièmes = 4,8
Calculer 0,54 ÷ 4
Un élève écrit : Lélève gère le calcul en travaillant sur les centièmes.
0,54 ÷ 4 = 0,54 ÷ 2 ÷ 2 = 0,27 ÷ 2 Pour diviser par 4, il cherche la moitié de la moitié. Pour trouver la
= 0,26 ÷ 2 + 0,01 ÷ 2 = 0,13 + 0,005 = 0,135 moitié de 54, il décompose ce nombre en 50 + 4 ; pour trouver la
moitié de 27, il décompose ce nombre en 26 + 1.
Il écrit ensuite le nombre de centièmes obtenu sous la forme dun
nombre à virgule.
Polo achète un poulet dun kilo deux cent cinquante grammes à 9,40 € le kilo. Aura-t-il assez dargent
avec 15€ ?
Un élève écrit : Lélève mobilise la proportionnalité.
1 kg  9,40 € Il traite le problème en utilisant les propriétés de linéarité pour
250 g  9,40 ÷ 4 = 4,70 ÷ 2 = 2,35 € laddition et pour la multiplication par un nombre.
9,40 + 2, 35 = 11,75
1kg250  11,75 €
Un autre élève écrit : Lélève utilise, en remplaçant 9,40 € par 10 €, une procédure de
Cest moins de 10 € le kilo ; calcul approché par excès qui lui permet de répondre correctement.
Pour 10 € le prix est 10 € + 10 € ÷ 4 = 10 € + 2 € 50
= 12 € 50. Au total, ça coute moins de 15 €.
Ressources complémentaires
 Le calcul en ligne au cycle 2
 Le calcul aux cycles 2 et 3