Files

895 lines
61 KiB
Plaintext
Raw Permalink Blame History

This file contains invisible Unicode characters
This file contains invisible Unicode characters that are indistinguishable to humans but may be processed differently by a computer. If you think that this is intentional, you can safely ignore this warning. Use the Escape button to reveal them.
This file contains Unicode characters that might be confused with other characters. If you think that this is intentional, you can safely ignore this warning. Use the Escape button to reveal them.
Fractions et nombres décimaux au cycle 3
Pour que les élèves comprennent pleinement les données numériques exprimées avec des
fractions ou sous forme décimale, et puissent mobiliser ces nombres dans la résolution de
problèmes, leur première approche de ces notions est essentielle. Elle doit dabord sappuyer sur
des activités dans lesquelles le nombre entier montre ses limites ; les activités de calcul,
décrochées ou en situation, viennent ensuite appuyer cette construction qui se fait sur toute la
durée du cycle 3.
Introduction
Fractions
Lorsquon coupe une unité en un nombre entier de parts égales et quon prend un nombre entier de
ces parts, éventuellement supérieur au nombre de parts contenues dans cette unité, on obtient une
fraction.
2
La fraction (lire « deux tiers »), rend compte dun partage de lunité en trois parts égales puis de la
3
prise de deux de ces parts.
Lorsque le partage de lunité se fait en un petit nombre de parts (2, 3, 4, ...), et que lon prend un petit
1 2 5 3
nombre de telles parts, on parle de fraction simple : , , , etc.
3 4 10
Lorsque le partage de lunité se fait en un nombre de parts égal à une puissance de 10 (comme 10,
3 547 3
100, 1000, …), la fraction obtenue est appelée fraction décimale : , , , etc.2
10 100 1000
1
La notion de fraction « simple » nest pas définie de façon précise en mathématiques.
2 7
On rappelle que 1 est également une puissance de 10. En effet, 1 = 100. La fraction est donc également une fraction
1
décimale.
Exemples de fractions simples
AVEC DES MOTS AVEC DES SCHÉMAS FRACTION
Trois cinquièmes Lunité est la longueur dun segment.
On partage lunité en cinq
parts égales et on prend
trois parts. On obtient une Une unité partagée en
3
quantité égale à trois cinq parts égales 5
cinquièmes de lunité. Cette
quantité est plus petite que
lunité.
Quatre tiers Lunité est la longueur dune bande (ou son aire).
On partage lunité en
Une unité
trois parts égales et on
Une unité partagée en
prend quatre parts : on
trois parts égales
4
obtient une quantité
3
égale à quatre tiers de Un tiers dunité
lunité. Cette quantité
est plus grande que Quatre tiers dunité
lunité.
Deux tiers Lunité est laire dun disque.
On partage lunité en
trois parts égales et on
prend deux parts : on 2
obtient une quantité
égale à deux tiers de 3
lunité. Cette quantité Une unité Un tiers Deux
Une unité
est plus petite que partagée en dunité tiers
lunité. trois parts dunité
égales
Exemples de fractions décimales
AVEC DES MOTS AVEC DES SCHÉMAS FRACTION
Lunité est la longueur (ou laire) de la bande rectangulaire.
Une unité
Sept dixièmes est une 7
fraction décimale. Une unité partagée en dix parts égales 10
Un dixième dunité
Sept dixièmes dunité
AVEC DES MOTS AVEC DES SCHÉMAS FRACTION
Lunité est laire dun carré.
Une unité
Trois-cent-dix-huit centièmes Une unité partagée en cent parts 318
est une fraction décimale. égales centième dunité 100
Un centième dunité
Trois-cent-dix-huit centièmes dunité
Nombres décimaux
Au cycle 1, les nombres entiers sont liés aux objets quils ont servi à dénombrer, puis ils sen
détachent progressivement pour prendre pleinement leur statut de nombres, indépendants des
collections. De la même façon, les fractions sont tout dabord liées aux partages physiques dont elles
rendent compte, avant de sen détacher progressivement à travers des comparaisons, des
rangements, des repérages sur une demi-droite graduée, des calculs, pour prendre pleinement leur
statut de nombres. Les nombres que lon peut écrire sous la forme dune fraction sont appelés les
3 𝑎
nombres rationnels . En dernière année de cycle 3, la fraction , où a est un nombre entier et b est
𝑏
4
un nombre entier non nul, est définie comme le nombre qui, multiplié par b, donne a .
Un nombre décimal est un nombre qui peut sécrire sous la forme dune fraction décimale.
Très progressivement, sur la durée du cycle 3, lélève apprend ainsi que le nombre décimal qui sécrit
318
et se dit trois-cent-dix-huit centièmes est aussi trois unités et dix-huit centièmes ou encore trois
100
unités et un dixième et huit centièmes puis sécrit en respectant le principe de la numération décimale
de position : 3,18. Dans lécriture à virgule des nombres décimaux, la virgule permet de repérer le
chiffre des unités.
3
Lexpression « nombre rationnel » nest pas au programme du cycle 3. Les élèves sintéresseront aux nombres rationnels
dans toute leur généralité au cycle 4.
4
Si le numérateur ou le dénominateur ne sont pas des nombres entiers on ne parle plus de fraction, mais décriture
fractionnaire ; ainsi, 2,5/10 nest pas une fraction, mais est une écriture fractionnaire du nombre « 25 centièmes ».
Quelles sont les relations entre les différents types de
nombres5 ?
Il existe différents types ou familles de nombres ; les mathématiciens parlent densembles de
nombres. Lensemble de tous les nombres que lon peut placer sur une droite graduée sappelle
lensemble des nombres réels.
Lensemble des nombres réels se partage en deux sous-ensembles disjoints :
 lensemble des nombres rationnels, composé de tous les nombres qui peuvent sécrire
1 17 2
comme une fraction. Par exemple, 2, 3,18, et sont des nombres rationnels (2 = et
3 111 1
318
3,18 = ).
100
 lensemble des nombres irrationnels, composé de tous les nombres qui ne peuvent pas
sécrire comme une fraction. Par exemple, 𝜋 et √2 sont des nombres irrationnels.
Un nombre réel est donc soit un nombre rationnel soit un nombre irrationnel.
On peut schématiser la situation de la façon suivante :
Nombres réels
Nombres rationnels Nombres irrationnels
1 17
2 3,18 𝜋 −𝜋 √2 √3
3 111
Les écritures décimales des nombres rationnels sont soit finies (limitées) (comme 2 ; 2,0 ; 2,00 ;
3,18 ou 3,180), soit illimitées et périodiques, cest-à-dire avec une suite des mêmes chiffres qui se
1
répète à linfini (comme 0,3333…, avec des « 3 » à linfini, qui est égal à , ou 0,153153153…, avec
3
17
« 153 » qui se répète à linfini, qui est égal à ).
111
Les écritures décimales des nombres irrationnels sont illimitées et non périodiques, comme 𝜋 qui
peut sécrire 3,14159265358979323846…, mais les points de suspension signifient ici seulement que
le développement continue à linfini ; il ny a pas de suite de chiffres qui se répètent à linfini.
Au cycle 3, les élèves ne rencontrent que des nombres rationnels, à lexception du nombre irrationnel
𝜋 utilisé en dernière année de cycle pour calculer la longueur dun cercle ou laire dun disque. Les
6
nombres rationnels, qui au cycle 3 restent des nombres positifs , sont classés dans différents
ensembles emboités :
 lensemble des nombres entiers : 0, 1, 3 ou 1524 sont des nombres entiers, nulle nécessité
de virgule ou de trait de fraction pour les écrire, même si on peut aussi les écrire avec des
3
virgules (3,00) ou avec des barres de fraction ( );
1
5
Ce paragraphe ne contient pas des éléments à enseigner, mais des connaissances pour lenseignant.
6
À lexception éventuellement de quelques nombres négatifs, rencontrés dans le cas de relevés de températures, mais ces
nombres ne font pas lobjet dun travail particulier.
 lensemble des nombres décimaux : cet ensemble comprend tous les nombres qui peuvent
sécrire sous la forme dune fraction dont le dénominateur est une puissance de 10. Ainsi 3,
3 30 318
qui peut sécrire ou , est un nombre décimal ; de même, 3,18 qui peut sécrire est
1 10 100
également un nombre décimal. Tous les nombres entiers sont des nombres décimaux.
 lensemble des nombres rationnels : cet ensemble comprend tous les nombres qui peuvent
sécrire sous forme dune fraction. Les nombres décimaux peuvent sécrire sous la forme
dune fraction décimale ce sont donc des nombres rationnels. Il existe aussi des nombres qui
peuvent sécrire sous forme de fraction mais qui ne sont pas des nombres décimaux, comme
1 17
ou .
3 111
On peut schématiser la situation de la façon suivante :
Nombres entiers
36
3,18 3
12
Nombres décimaux
19 5
100 4 Nombres rationnels
2
2 5 11
3 7
1 17
Les nombres non décimaux (rationnels ou non rationnels), comme𝜋, √2, ou , admettent une
3 111
unique écriture décimale ; elle est illimitée.
Les nombres décimaux admettent :
 une infinité décritures décimales finies obtenues en ajoutant des 0 après la dernière décimale
non nulle (2,0 ; 2,00 ; etc. 3,180 ; 3,1800 ; etc.) ;
 une écriture décimale illimitée avec des 0 à linfini (2,000… ou 3,18000…) et pour les nombres
décimaux non nuls une seconde écriture décimale illimitée avec des 9 à linfini (2 = 1,999… et
7
3,18 = 3,17999…) .
Lien avec les domaines du socle
Utiliser les principes du système décimal de numération et les différentes écritures dun nombre
décimal pour effectuer des calculs, utiliser une droite graduée et modéliser des situations contribuent
au développement des langages pour penser et communiquer (domaine 1).
De plus, lélève, en sengageant dans une démarche de résolution de problème nécessitant
lutilisation de fractions et/ou de nombres décimaux, en mettant à l'essai plusieurs solutions, en
mobilisant les connaissances nécessaires, en analysant et en exploitant les erreurs, développe des
méthodes et des outils pour apprendre (domaine 2). Lengagement dans un travail collectif lui permet
de développer, dans des situations concrètes, son aptitude à coopérer, à vivre ensemble et à faire
preuve de responsabilité (domaine 3).
7
Ces égalités peuvent être établies en posant, par exemple, x = 3,17999…
On a alors 10x = 31,7999… et 9x = 10x x = 31,7999… 3,17999… = 28,62, doù x = 28,62 ÷ 9 = 3,18.
On a donc bien 3,17999… = 3,18.
On peut aussi utiliser le théorème de convergence des séries géométriques :
9 1 𝑛 0,009
3,17999 … = 3,17 + ∑+∞
𝑛=3 = 3,17 + ∑+∞
𝑛=3 9 ( ) = 3,17 + 1 = 3,17 + 0,01 = 3,18.
10𝑛 10 110
La pratique du calcul (mental et en ligne, posé, exact et approché), lestimation dordres de grandeurs
avec des nombres décimaux contribuent à létude des systèmes naturels et des systèmes techniques
(domaine 4).
Progressivité des apprentissages
Le sens des nombres ne se limite pas à des connaissances académiques sur les nombres ; il se
construit et se manifeste dans la compréhension et lusage combiné de propriétés, de relations, de
désignations et par la pratique dopérations dans lesquelles un nombre intervient comme acteur ou
comme résultat. Compter, calculer, résoudre des problèmes, mesurer sont ainsi à la fois des mises en
application et des contributions à la construction de la « notion de nombre ».
La construction des différents types de nombres (ici : entiers, décimaux, rationnels) seffectue
progressivement du cycle 1 au cycle 4. La compréhension des concepts qui les sous-tendent est
complexe, et nécessite du temps.
Les nombres décimaux se construisent en continuité et en rupture par rapport aux nombres entiers.
 Au cycle 2, le système de numération que nous utilisons pour écrire en chiffres les nombres
entiers se construit progressivement. Ce système, qualifié de système décimal de position, est
fondé sur :
- le principe de position : 2 na pas la même valeur dans les nombres 233 et 323 ; sa
valeur dépend de sa position dans lécriture du nombre ;
- le principe du rapport de dix entre les différentes unités : la valeur d'un chiffre est dix
fois plus petite que celle du chiffre écrit immédiatement à sa gauche et dix fois plus
grande que celle du chiffre qui est écrit immédiatement à sa droite, ainsi dans 233, le 2
vaut 200, alors que dans 323, il vaut 20.
La compréhension et lappropriation de ce système de position se travaillent à laide de
décompositions et recompositions, en sappuyant notamment sur la manipulation (plaques,
barres, petits cubes « unités »), le dessin, la verbalisation, en privilégiant loral avant lécrit.
Par exemple, 235 cest « 2 centaines, 3 dizaines et 5 unités » ou « 235 unités » ou « 23
dizaines et 5 unités » ou « 2 centaines et 35 unités ». Ces différentes écritures nécessitent de
concevoir une centaine non seulement comme cent unités, mais aussi comme 10 dizaines
dunités. Ces conversions décritures en différentes unités de numération sont à associer aux
conversions dunités de mesures de longueur, de masse ou de contenance.
Il est particulièrement important dinstaller le principe de position et le principe du rapport de
dix entre des unités de numération consécutives avec les nombres entiers au cycle 2 et au
cycle 3, car lécriture à virgule des nombres décimaux résulte de leur prolongement. En effet,
dans lécriture à virgule dun nombre décimal, la valeur dun chiffre dépend de sa position
dans lécriture du nombre, et il y a un rapport de dix entre deux unités consécutives.
 Au cycle 3, on fait évoluer le statut du nombre pour exprimer des quantités et des mesures
de grandeurs qui ne sont plus égales à un nombre entier dunités. Létude des fractions, initiée
dès le début du cycle, se poursuit en différents temps sur plusieurs mois. Les formulations
orales (du type « trois quarts » ou « vingt-sept dixièmes ») sont privilégiées dans un premier
3 27
temps ; les écritures symboliques ( ou ) apparaissent ensuite très progressivement, avant
4 10
que lécriture dun nombre décimal sous la forme dune écriture à virgule nintervienne.
Lintroduction de lécriture à virgule, en première année du cycle, ne remplace pas les
écritures utilisant des fractions décimales, ces deux types décritures coexistent tout au long
du cycle, pour renforcer la compréhension du codage que constitue lécriture à virgule dun
nombre décimal. Ces travaux sont loccasion de nouvelles manipulations où cette fois, si une
plaque représente lunité, une barre représentera un dixième et un petit carré ou cube un
centième, comme dans le tableau de lintroduction pour trois-cent-dix-huit centièmes.
 Une fois introduites, les différentes formulations et écritures cohabitent ; lintroduction de
lécriture à virgule nentraine pas la disparition des fractions décimales ; au contraire
lutilisation des fractions décimales contribue à donner du sens aux calculs effectués avec les
écritures à virgule. Le calcul en ligne permet de faire travailler la variété des écritures et des
décompositions dun nombre. Par exemple : 3,4 + 12,8 cest « 3 unités et 12 unités plus 4
dixièmes et 8 dixièmes… » ou « 34 dixièmes plus 128 dixièmes… ».
𝑎
En dernière année de cycle 3, la fraction où a est un nombre entier et b est un nombre entier
𝑏
non nul est définie comme étant le nombre qui multiplié par b donne a ; il sagit du quotient de
a par b. En poursuivant le travail sur les différentes représentations dun même nombre, on
1 6
amène les élèves à distinguer un nombre de lune de ses écritures (par exemple, , 0,25,
4 24
sont plusieurs représentations du même nombre). Les nouveaux nombres rencontrés au cycle 3
sont utilisés pour résoudre des problèmes.
 Au cycle 4, on manipule les nombres rationnels en amenant progressivement les élèves à
comparer, ajouter, soustraire, multiplier et diviser des fractions. On continue à utiliser les
nombres décimaux lors de la résolution de problèmes, même si on rencontre principalement
des problèmes nécessitant des calculs avec des nombres rationnels non nécessairement
décimaux.
Stratégies denseignement : des fractions simples aux
nombres décimaux
À lentrée au cycle 3, les élèves ont déjà rencontré des écritures à virgule à travers lusage social,
dans le contexte des grandeurs (prix, taille, masse, etc.). Les formulations utilisées à loral dans la vie
courante pour les exprimer, comme « trois euros vingt-cinq » pour 3,25 €, ou « trois mètres vingt-
cinq » pour 3,25 m laissent entendre que ces nombres sont conçus comme la juxtaposition de deux
entiers plutôt que comme un nombre décimal. En effet, on dit « trois euros vingt-cinq » ou « trois
mètres vingt-cinq » tout comme on dit « trois heures vingt-cinq », montrant bien quil sagit là dune
juxtaposition des euros et des centimes deuros, ou des mètres et des centimètres, comme sont
juxtaposées les heures et les minutes. Démarrer lapprentissage des nombres décimaux en
sappuyant sur cet usage ne favorise de ce fait sans doute pas leur compréhension et risque au
contraire dencourager les élèves à concevoir lécriture à virgule dun nombre comme étant composée
de deux nombres entiers, juxtaposés et séparés par une virgule.
Les ruptures et continuités énoncées dans le paragraphe précédent expliquent le choix indiqué dans
les programmes, de construire les décimaux à partir des fractions décimales, dès le début du cycle 3.
Cette construction est un processus progressif qui nécessite du temps et sorganise de façon
graduelle selon les étapes déclinées ci-dessous ; il est essentiel que les nouveaux éléments introduits
soient explicitement mis en lien avec les éléments préexistants, et que ces derniers continuent de
vivre en articulation avec les nouvelles notions.
Pour chacune de ces étapes, le recours à loral est privilégié et les écritures symboliques utilisant le
trait de fraction et la virgule ne sont introduites quune fois le sens construit et non a priori ; le
repérage sur une demi-droite graduée est une forme de représentation qui participe à la
compréhension des différentes notions travaillées.
Découverte des fractions, en commençant par des fractions simples
La notion dunité est abordée dès le cycle 1, lors de la construction du nombre, dès que lélève
dénombre des collections. Au cours du cycle 2, le nombre acquiert un statut indépendant des objets
des collections qui leur ont donné naissance. Très progressivement se construit lunité, 1, qui
correspond à nimporte lequel de ces objets de référence. Cette unité fait office détalon pour compter,
mesurer, comparer, etc., sans faire référence à un objet singulier.
Les fractions simples
Les fractions simples sont introduites en début de cycle 3, comme outils pour traiter des problèmes
que les nombres entiers ne permettent pas de résoudre et pour lesquels un fractionnement de lunité
répond à un besoin. Par exemple, un morceau de ficelle est donné aux élèves, la longueur du
morceau de ficelle est choisie comme unité. Avec ce morceau de ficelle, il sagit de mesurer différents
objets de la salle de classe (la longueur dune table, la hauteur dune porte, les dimensions de lécran
de lordinateur…). Les élèves se rendent compte quun nombre entier dunités ne suffit pas à exprimer
ces longueurs : ils peuvent proposer des formulations telles que « 2 unités plus la moitié dune unité »
(en pliant en deux la ficelle), ou bien « entre le quart et la moitié de lunité ». On voit ici que cette
première rencontre avec les fractions ne se fait pas sous la forme de 5 demi-unités, mais la longueur
est exprimée sous la forme dun nombre entier dunités et dune fraction de lunité.
Lors de lintroduction de la fraction, le concept dunité nest pas nécessairement encore stabilisé. Il est
donc important de continuer à matérialiser une unité que lélève puisse manipuler, se représenter et
répliquer : un segment, une bande, un rectangle, un disque, etc. Dans le cas où un partage de bandes
8
ou de segments en 3, 5 ou 6… est à effectuer, un guide-âne peut être utilisé ; il permet dobtenir
immédiatement des fractions de dénominateur 3, 5, 6… Varier les supports utilisés pour travailler les
fractions contribue ainsi à asseoir la compréhension de la notion abstraite dunité.
Afin de ne pas induire lidée quune fraction est nécessairement inférieure à 1 et préparer la
décomposition des fractions décimales menant à lécriture à virgule, il est souhaitable de côtoyer dès
5 1
le début du cycle 3 des fractions supérieures à 1. Le lien entre unités et 2 + unités mentionné
2 2
précédemment, doit donc être établi et travaillé régulièrement ; la demi-droite graduée permet dêtre
confronté régulièrement à ces différentes écritures de nombres.
Lorsquon fractionne lunité, on définit implicitement une nouvelle « unité de comptage » des quantités.
On définit une fraction en prenant un certain nombre de fois cette « unité de comptage ». Par
exemple, pour prendre quatre tiers de lunité, on partage lunité en trois tiers : le tiers devient la
nouvelle « unité de comptage ». Quatre tiers est donc défini par « quatre fois un tiers » ou « un tiers +
un tiers + un tiers + un tiers » (on revient au sens de la multiplication, construite comme une itération
dadditions) donc « une unité + un tiers ». Parmi les différentes décompositions de quatre tiers, « une
unité + un tiers » est particulièrement adaptée pour encadrer quatre tiers entre deux entiers
consécutifs.
Lécriture fractionnaire
Le passage du mot à son écriture fractionnaire est une rupture, il doit être géré de manière très
graduelle. Jusque-là, pour un élève, un nombre sécrit avec des chiffres en utilisant le système de
numération positionnelle, de gauche à droite. Lécriture dun nombre sous forme dune fraction est une
nouvelle convention décriture dans laquelle les nombres de part et dautre du trait de fraction ont une
signification quil convient dexpliciter.
Le « nombre du dessous » appelé dénominateur (étymologiquement « celui qui nomme ») détermine
le nombre de parts en lequel on partage lunité. Cest celui qui permet de définir la nouvelle unité de
comptage. Le « nombre du dessus » appelé numérateur (étymologiquement « celui qui compte »)
détermine le nombre dunités de comptage que lon considère.
4
Lécriture symbolique, par exemple , nécessite un effort dinterprétation pour être pensée « 4 fois un
3
tiers » et lue « quatre tiers », le nombre du dessus se lit directement 4 alors que le nombre du
dessous ne se lit pas 3 mais sinterprète « tiers ». La lecture « quatre sur trois » na à ce stade pas de
sens et est potentiellement source derreurs ; elle prendra sens en dernière année de cycle et
deviendra plus tard la seule formulation possible lorsquil sagira de quotients dexpressions littérales
8
Voir lannexe sur le guide-âne.
3𝑥 2
(exemple : ). La verbalisation « quatre tiers » joue donc un rôle essentiel dans la construction du
4𝑥+1
concept de fraction, elle doit être préalable à lintroduction de la notation symbolique et vivre tout au
long du cycle 3.
Les fractions simples comme opérateurs
Déterminer des fractions dune quantité ou dune mesure donnée permet de renforcer le sens des
fractions pour rendre compte dun partage. Les séances de calcul mental permettent de faire vivre le
travail sur les fractions tout au long des trois années du cycle. On peut par exemple demander aux
élèves dexprimer sans utiliser de fraction ce que sont « deux tiers de douze œufs » : un tiers de
douze œufs cest quatre œufs, donc deux tiers de douze œufs cest huit œufs, ou encore « trois
quarts de cent euros », « trois cinquièmes de cinquante mètres », « sept quarts dheure », « vingt-
quatre dixièmes de mètre », etc.
Repérage sur une demi-droite-graduée
Les nombres exprimés sous forme de fractions simples, permettent aussi de repérer un point sur une
demi-droite graduée. Pour cela, on partage lunité en parts égales correspondant au dénominateur de
la fraction que lon cherche à placer sur la droite graduée, on peut effectuer cela par pliage ou en
utilisant un guide-âne. On reporte ensuite la fraction autant de fois que nécessaire. Lécriture dune
fraction comme somme dun entier et dune fraction comprise entre 0 et 1 est particulièrement utile
pour placer une fraction sur une droite graduée et donne du sens au travail mené pour passer dune
écriture à lautre.
4
Le point repéré par 3 est celui qui est situé à trois unités de lorigine ; le point repéré par est celui qui
3
4 4 1
est situé à dunité de lorigine, que lon peut repérer en utilisant légalité =1+ .
3 3 3
De la fraction simple à la fraction décimale
Le travail sur les fractions simples conduit à rencontrer des fractions ayant un dénominateur égal à 10.
Il prépare lintroduction des fractions décimales, définies comme des fractions particulières
correspondant à un partage de lunité en 10, 100, 1 000, etc. À ce stade, la fraction décimale rend
compte dun partage, elle nest pas conçue par les élèves comme un quotient.
Liens entre les différentes unités de numération, manipulation de diverses écritures de
nombres décimaux utilisant les fractions décimales, décompositions diverses
9
Le fait que 10 centièmes est égal à 1 dixième doit être explicité , par exemple de la manière
suivante.
Partageons chaque dixième en 10 parts égales. En prenant 10 dixièmes, on obtient donc cent de ces
parts. Or, 10 dixièmes sont égaux à une unité. Les cent parts égales valent donc aussi une unité. Une
seule de ces parts est donc égale à un centième de lunité.
9
La propriété « lorsquon divise ou lorsquon multiplie le numérateur et le dénominateur dune fraction par un même nombre, on
obtient une fraction égale » nest pas encore disponible pour valider ce passage.
Comme 10 parts égales valaient un dixième, et que chaque part vaut un centième, alors 10 de ces
parts, donc dix centièmes, valent un dixième. Un tel raisonnement nest envisageable au cycle 3 que
par des manipulations avec du matériel (plaques, barres, cubes, carrés, etc.) ou encore avec une
demi-droite graduée ayant une unité suffisamment longue pour être partagée en 100 parts dégale
longueur.
La manipulation de matériel, où un grand carré divisé en 100 petits carrés représente une unité, est
indispensable pour faciliter la compréhension de cette égalité en considérant une des dix lignes du
grand carré, correspondant donc à un dixième dunité, ligne composée de 10 petits carrés,
correspondant donc aussi à dix centièmes dunités.
Il y a donc plusieurs façons de voir le centième : lunité partagée en 100, le dixième partagé en dix,
etc. Il est important de travailler à plusieurs reprises avec les élèves les relations entre les différentes
unités de numérations, et pas seulement la relation par rapport à lunité.
Le travail sur les relations entre les différentes unités de numération permet de faire le lien entre
différentes écriture dun même nombre décimal :
6157 6100 57 57 6100 50 7 50 7 5 7
= + = 61 + = + + = 61 + + = 61 + +
100 100 100 100 100 100 100 100 100 10 100
Parmi ces différentes écritures, deux seront particulièrement mises en avant :
 Lécriture comme somme dun entier et dune fraction décimale comprise entre 0 et 1 :
57
61 + .
100
Cette écriture correspond à la décomposition du nombre décimal en la somme de sa partie
entière (ici 61) et de sa partie décimale (ici 57 centièmes).
Cette décomposition savérera efficace pour conduire des calculs mentaux ou en ligne,
comparer des nombres, produire des encadrements, repérer un point sur un droite graduée,
etc. Il est important que le professeur et lélève puissent garder la trace de cette construction
pour pouvoir y faire référence tout au long du cycle (trace écrite dans les cahiers, affichage en
classe, etc.).
 Lécriture comme somme dun entier et de fractions décimales de dénominateurs tous
différents et de numérateurs inférieurs à 10 :
5 7
61 + + .
10 100
Cette écriture prépare lintroduction de lécriture à virgule des nombres décimaux.
Comparaisons de nombres décimaux et demi-droite graduée
En réinvestissant le travail mené sur les fractions simples, et en sappuyant sur la manipulation ou le
placement sur une demi-droite graduée, on travaille des relations telles que « 10 dixièmes = 1 unité »,
« 1 dixième est dix fois plus petit quune unité », « 20 dixièmes = 10 dixièmes + 10 dixièmes = 1 unité
+ 1 unité = 2 unités », « 13 dixièmes = 10 dixièmes + 3 dixièmes = 1 unité + 3 dixièmes » ou « 500
centièmes, cest 5 fois 100 centièmes, donc 5 unités »
Sur une demi-droite, le partage de lunité en 10 ou en 100 permet de donner du sens aux mots
dixième et centième.
0 1 2 3
10 1
Placer des fractions décimales sur une droite graduée permet de travailler les égalités = ;
100 10
100 10 100
= = 1, = 10 unités, etc. en décomposant des écritures fractionnaires :
100 10 10
237 200 30 7 3 7
100
= 100 + 100 + 100 = 2 + 10 + 100.
Ces travaux ne sont pas à concevoir comme des exercices procéduraux dans lesquels lélève peut
réussir par mimétisme, mais comme des situations permettant de travailler la flexibilité entre les
différentes écritures, en développant la compétence « Représenter ».
Des activités mentales régulières, du type « Donne une autre écriture de 60 dixièmes », « Combien y
a-t-il dunités dans 70 dixièmes ? », « Quel est le nombre dunités dans 4 dizaines et 40 dixièmes ? »,
328
« Y a-t-il un nombre entier compris entre et 43 dixièmes ? », « Combien y a-t-il de dixièmes dans 3
100
536
unités et 5 dixièmes », « Encadre entre deux nombres entiers qui se suivent » contribuent à
100
travailler laspect décimal de la numération.
569 216
En revanche, un élève peut réussir par mimétisme un exercice procédural du type « Écrire et
100 100
sous la forme de la somme dun nombre entier et dune fraction comprise entre 0 et 1 comme dans
328 28
lexemple suivant =3+ » sans que cet exercice lui permette de construire le sens des
100 100
écritures manipulées.
Les exercices de comparaison de nombres donnés sous des formes différentes favorisent le passage
7 512
dune écriture à une autre : « Compare 3 + et 35 dixièmes » ; « Compare et 5 unités 12
10 100
dixièmes », etc.
Calculs avec des fractions décimales
Il est important de conduire un travail de longue durée sur des calculs mobilisant des fractions
décimales. Ce travail permet de renforcer la compréhension du lien entre les unités, les dixièmes et
les centièmes. Il permet également de donner du sens aux procédures qui seront utilisées
ultérieurement pour effectuer des calculs avec des nombres décimaux écrits sous forme de nombres à
virgule.
8 9
Par exemple : « Calcule la somme de 3 + et 12 + ».
10 10
Voici diverses procédures délèves pour la réalisation de cette tâche :
 En calcul en ligne :
8 9 17
- 3 + + 12 + = 15 +
10 10 10
8 9 30 8 120 9 167
- 3+ + 12 + = + + + =
10 10 10 10 10 10 10
8 9 17 10 7 7 7
- 3+ + 12 + = 15 + = 15 + + = 15 + 1 + = 16 +
10 10 10 10 10 10 10
 À loral :
 « 3 unités 8 dixièmes plus 12 unités 9 dixièmes » égale « 15 unités 17 dixièmes » égale
« 15 unités 10 dixièmes plus 7 dixièmes » égale « 15 unités et 1 unité 7 dixièmes » égale
« 16 unités 7 dixièmes »
 « 3 unités 8 dixièmes plus 12 unités 9 dixièmes » égale « 4 unités plus 12 unités 7
dixièmes » égale « 16 unités 7 dixièmes »
 « 3 unités 8 dixièmes plus 12 unités 9 dixièmes » égale « 38 dixièmes plus 129
dixièmes » égale « 167 dixièmes »
Avant dintroduire lécriture à virgule, il est nécessaire de faire travailler les élèves sur des situations
variées mobilisant des fractions décimales, en veillant à ne pas se limiter à des exercices répétitifs
uniquement techniques convoquant la reproduction plutôt que la compréhension.
Introduction de lécriture à virgule
Lécriture à virgule est une convention qui permet décrire les nombres décimaux en prolongeant le
système décimal de position utilisé pour écrire les nombres entiers :
 la virgule sert à repérer le chiffre des unités, elle est placée immédiatement à droite de celui-
ci ;
 le chiffre qui est immédiatement à droite de lunité a une valeur dix fois plus petite que celle de
lunité : cest donc le chiffre des dixièmes ; le chiffre qui vient immédiatement à droite du
chiffre des dixièmes a une valeur dix fois plus petite que le chiffre des dixièmes, cest donc le
chiffre des centièmes car 10 centièmes = 1 dixième, etc.
24 dixièmes c'est 20 dixièmes et 4 dixièmes donc 2 unités et 4 dixièmes que l'on va, par convention,
écrire 2,4.
358 300 50 8 5 8 358
= + + = 3 + + . Ainsi, est égal à 3 unités, 5 dixièmes et 8 centièmes, soit, par
100 100 100 100 10 100 100
convention 3,58.
La bonne compréhension de la notation à virgule sera travaillée tout au long du cycle, notamment
avec des nombres dont lécriture contient des zéros, nécessitant de bien comprendre ce que
représente chaque chiffre dans lécriture à virgule. Par exemple, les élèves peuvent être invités à
donner lécriture à virgule de nombres décimaux comme : 3 unités et 5 centièmes ; 6 dizaines et 5
5 7
centièmes ; 8 + ; ; 5 dixièmes ; etc.
100 100
Il convient dêtre vigilant dans la construction simultanée du sens (compréhension de laspect
positionnel et décimal de notre numération) et de la technique lors des travaux dédiés aux
changements décriture dun même nombre : un élève pourrait donner lillusion de maitriser les
transformations décritures alors quil nagit que par mimétisme, notamment sil utilise un tableau de
numération.
Par exemple, un élève pourrait réussir un exercice procédural du type « Décompose comme dans
5 8
lexemple suivant : 3,58 = 3 + + les nombres 7,59 et 6,17 » sans avoir compris la numération
10 100
décimale de position.
En revanche une tâche plus ouverte du type « Donne différentes écritures de 12,8 » ou « Donne
128
différentes écritures de », laisse davantage dinitiatives aux élèves et offre la possibilité de
10
recueillir un grand nombre de réponses différentes, y compris incorrectes, ce qui permet de travailler
les liens entre les diverses écritures et de concevoir les erreurs comme des étapes nécessaires à la
bonne appropriation de la notion de nombre décimal.
358
Loral est un terrain privilégié pour travailler légalité entre différentes écritures. Ainsi, légalité =
100
300 50 8
+ + sénoncera naturellement « 358 centièmes, cest 300 centièmes auxquels on ajoute 50
100 100 100
centièmes, puis 8 centièmes ».
Le travail de décomposition déjà réalisé avec les entiers doit être poursuivi avec les nombres
décimaux et leur écriture à virgule.
Exemples : 43,6 cest « 4 dizaines, 3 unités et 6 dixièmes » ou « 43 unités et 6 dixièmes » ou « 436
dixièmes » ou « 4 360 centièmes », etc.
Lutilisation régulière de la demi-droite graduée, avec déventuels zooms successifs, permet de
travailler lintercalation entre deux décimaux et de déterminer la position dun nombre sur la demi-
droite graduée avec de plus en plus de précision. Cela contribuera également à aider les élèves à ne
pas voir un nombre décimal comme deux entiers séparés par une virgule, mais bien comme un
nombre à part entière. Les élèves peuvent placer des nombres décimaux sur une demi-droite
graduée, mais aussi lire des nombres placés sur une demi-droite graduée, comme dans lexercice ci-
dessous où lélève doit lire 339,16 grâce aux zooms successifs.
« Écrire le nombre qui convient dans le rectangle. »
300 400
Le passage dune écriture sous forme de fraction décimale à une écriture à virgule nécessite du temps
pour que la signification en soit maîtrisée. L'usage de l'oral est primordial et doit être sans cesse repris
à l'école comme au collège : 2,4 se lira « deux et quatre dixièmes » plutôt que systématiquement « 2
virgule 4 » ; cette dernière formulation contribue en effet à ce que lélève conçoive le nombre décimal
comme la juxtaposition de deux entiers et son emploi trop souvent exclusif génère de nombreuses
erreurs dans les diverses utilisations (comparaison, opérations) des écritures à virgule. Il est de ce fait
absolument nécessaire, sur toute la durée du cycle 3, de varier les formulations et de faire vivre
différentes manières de désigner les nombres décimaux, cette flexibilité à passer dune formulation à
lautre, ou dune représentation à lautre, est essentielle pour accéder à la compréhension des
nombres décimaux.
Comparer, ranger, encadrer et intercaler des nombres décimaux
Des activités pour comparer, ranger et encadrer des nombres décimaux ou encore intercaler un
nombre décimal entre deux nombres décimaux ont déjà été menées avec des nombres décimaux
écrits en utilisant des fractions décimales. Les élèves doivent apprendre à mener ces mêmes activités
avec des nombres décimaux écrits avec des virgules. Comparer des nombres comme 31,7 et 31,28
se heurte aux règles établies au cycle 2 sur les nombres entiers (puisque 7<28, il pourrait sembler
naturel que 31,7<31,28) et nécessite, dans un premier temps, de revenir au sens du codage de
lécriture à virgule en sappuyant sur les travaux menés avec les fractions décimales. Ces activités de
comparaison vont donc contribuer à retravailler les aspects positionnel et décimal de la numération
écrite chiffrée des nombres décimaux.
Le choix des nombres dans les activités proposées doit sappuyer sur les difficultés des élèves et les
obstacles repérés par la recherche pour sassurer quils sont bien surmontés par tous. Un certain
nombre de ces obstacles sont rappelés dans le point 7 de cette partie du document.
Par exemple, pour comparer deux nombres décimaux ayant la même partie entière, plusieurs
conceptions erronées sont assez fréquentes :
 Conception 1 : « Comme pour les entiers, le nombre le plus long est le plus grand », qui
conduit à écrire que 17,3<17,12.
 Conception 2 : « Les nombres décimaux sont deux entiers séparés par une virgule ; si le
nombre avant la virgule est le même, je compare les nombres après la virgule », qui conduit à
écrire que 17,3<17,12 car 3<12 et que 17,2<17,07 car 2<7.
 Conception 3 : « Les nombres décimaux sont deux entiers séparés par une virgule ; si le
nombre avant la virgule est le même, je compare les nombres après la virgule, sauf sil y a un
zéro juste après la virgule, car le zéro rend le nombre plus petit », qui conduit à écrire que
17,3<17,12 car 3<12, tout en donnant la bonne réponse pour 17,07<17,2.
 Conception 4 : « Les dixièmes sont plus grands que les centièmes », qui conduit à penser que
5 dixièmes est plus grand que 72 centièmes et donc 17,72<17,5.
Pour repérer ces conceptions erronées, il sera nécessaire de faire verbaliser lélève, de lui faire
expliciter précisément comment il procède pour comparer deux nombres donnés. À lécrit, il sera
nécessaire de poser suffisamment de questions, mais surtout des questions construites
spécifiquement pour déceler les conceptions erronées que lon cherche à repérer. Les temps de
recherche individuelle en classe doivent permettre à lenseignant, en circulant dans les rangs,
dassurer ce repérage, danalyser précisément les raisons de ces erreurs et dapporter à lélève
concerné les compléments appropriés.
Les comparaisons et les changements décriture de nombres décimaux doivent conduire à des
réussites parfaitement stabilisées. De nombreuses réussites pouvant être le résultat de conception
erronées (« 3,4<3,62 car 4<62 », « 3,4<3,62 car 3,62 est plus long », etc.), la moindre erreur pourra
être révélatrice dune mauvaise conception importante et nécessitera donc une investigation
approfondie de lenseignant pour quil puisse apporter laide appropriée.
Calculer avec des nombres décimaux
Le calcul sur les nombres décimaux ne se limite pas au calcul posé ; le calcul mental et le calcul en
ligne menés en classe portent fréquemment sur les nombres décimaux, les mises en commun de
procédures de calcul mental ou en ligne sont loccasion de fréquents allers-retours entre les
différentes écritures dun même nombre décimal.
Les calculs effectués sappuient sur le sens des écritures sous forme de fractions décimales ou
décritures à virgule et contribuent dans le même temps à comprendre lintérêt de passer de lune à
lautre ainsi que la signification de ces écritures.
Les documents ressources Le calcul aux cycles 2 et 3 et Le calcul en ligne au cycle 3 fournissent un
certain nombre de pistes de travail concernant le calcul avec des nombres décimaux.
La fraction pour exprimer un quotient
Cette partie concerne la dernière année du cycle 3. Le guide-âne est utilisé ici comme simple outil, la
justification de son fonctionnement relève de la fin du cycle 4.
La recherche du nombre qui, multiplié par 5, donne 13 unités (autrement dit la solution de la
multiplication à trou 5 × … = 13) aboutit à la recherche du résultat de la division 13 ÷ 5. En calcul en
ligne, lélève a appris que « 13 divisé par 5 », cest « 10 divisé par 5 plus 3 divisé par 5 », donc « 2
unités + 3 divisé par 5 ». « 3 divisé par 5 », cest aussi « 30 dixièmes divisé par 5 », cest-à-dire « 6
dixièmes ». On obtient ainsi que « 13 divisé par 5 est égal à 2 unités et 6 dixièmes, cest-à-dire 2,6 ».
Le nombre qui, multiplié par 5, donne 13 sappelle le quotient de 13 par 5, et ce quotient est 2,6.
13
Lécriture , dans la conception partage travaillée au cours moyen, représente « 13 cinquièmes de
5
lunité ». Or, un cinquième de lunité, cest lunité partagée en 5 ; une unité est égale à dix dixièmes,
10
un cinquième de lunité est donc égal à 2 dixièmes de lunité ; on montre ainsi que « 13 cinquièmes
de lunité » est égal à 13 fois 2 dixièmes de lunité, soit 26 dixièmes, ou 2,6. Ce raisonnement permet
13
de valider le fait que lécriture , sera aussi utilisée pour noter le quotient de 13 par 5 ; on parlera
5
13
cette fois de la conception quotient de la fraction .
5
Ces différentes explicitations doivent sappuyer sur des supports visuels : expressions en jeu, figures,
manipulations dobjets, etc.
Au cycle 4, on privilégiera la division et la conception de la fraction en tant que quotient.
La recherche du nombre qui, multiplié par 3, donne 7 (autrement dit la solution de la multiplication à
trou 3 × ... = 7) aboutit au fait quaucun nombre décimal ne peut convenir : on peut seulement
approcher la solution en divisant 7 par 3.
7
 est le nombre par lequel il faut multiplier 3 pour obtenir 7, ce nest pas un nombre décimal.
3
7
 est le quotient de 7 par 3 : il n'est pas conçu ici comme « sept tiers de l'unité », mais comme
3
« le tiers de sept ».
10
La propriété « lorsquon multiplie le numérateur et le dénominateur dune fraction par un même nombre, on obtient une
fraction égale » nest pas encore disponible pour valider ce passage.
Comme précédemment, il faut concilier ces deux approches : sept tiers c'est 1 partagé en 3 pris 7 fois
ou encore 7 fois le tiers de 1 (fraction partage), et c'est la même chose que 7 partagé en 3, ou encore
le tiers de 7 (fraction quotient).
Le guide-âne (réseau de droites parallèles) permet de montrer légalité des longueurs dun segment
qui mesure sept tiers de lunité et dun segment mesurant le tiers de sept unités :
Sept tiers de lunité
À laide dun réseau de droites parallèles, on partage un segment dune unité de longueur en trois
parties égales. Sur la droite portant ce segment, on trace un segment dont la longueur correspond à
sept fois le tiers de lunité.
On trace ensuite un segment de longueur 7 unités.
À laide dun réseau de droites parallèles, on partage ce segment en trois parts égales ; chaque part
mesure donc le tiers de sept unités. On constate alors, en comparant par juxtaposition les longueurs
des deux segments obtenus, que « sept tiers de lunité » correspond au « tiers de sept unités ».
Le tiers de
sept unités
Les validations explicitées ci-dessus pour concilier les deux conceptions de la fraction (partage et
quotient) ne peuvent être menées et comprises en autonomie par les élèves. Il est important que le
professeur explicite ce passage, de façon à ce que les élèves comprennent que les deux conceptions
de la fraction représentent en réalité le même nombre.
Dans la suite des apprentissages, les différentes conceptions de la fraction cohabitent. On fait le lien
avec la division à quotient décimal et on met en place les procédures de comparaison et de calcul,
très progressivement au cours du cycle 4. On approche les fractions par des nombres décimaux, en
distinguant la valeur exacte, larrondi et des valeurs approchées. Dans certaines situations concrètes,
les décimaux permettent d'approcher ou d'encadrer des fractions avec la précision voulue.
Erreurs et obstacles fréquents
La familiarité que les élèves ont acquise à travers lusage social des écritures à virgule des nombres
décimaux ne garantit pas quils en maitrisent le sens. Le fait dappréhender 32,50 € comme 32 € et 50
centimes induit une représentation du nombre décimal comme juxtaposition de deux entiers et nest
pas entendu comme une partition de lunité.
Cette juxtaposition génère des obstacles, comme le traitement indépendant de la partie entière du
nombre formé par les chiffres écrits à droite de la virgule lors des opérations, comme 1,7 + 3,12 =
4,19 au lieu de 4,82. Par ailleurs, cet usage courant privilégie une seule des écritures possibles du
nombre. La même remarque peut être faite avec le système métrique : si des liens sont à établir,
3
comme par exemple 3 cm = 3 centièmes de mètre = m = 0,03 m, une introduction de lécriture à
100
virgule sappuyant uniquement sur les unités de longueurs risque de contribuer à développer des
conceptions erronées des écritures à virgule des nombres décimaux chez les élèves.
Lenseignant doit avoir conscience des ruptures qui existent entre les nombres entiers et les
nombres décimaux ; en effet, certaines connaissances, valides pour les nombres entiers, ne le sont
plus pour les nombres décimaux :
 les nombres décimaux sétendent au-delà des nombres entiers qui servent à dénombrer des
collections dobjets ;
 lunité devient une entité que lon peut partager ;
 on ne peut pas parler du successeur dun nombre décimal, par exemple : quel nombre
viendrait après 7,3 ? ;
 lorsquon compare deux nombres décimaux, celui dont lécriture à virgule sécrit avec le plus
de chiffres nest pas nécessairement le plus grand ;
 entre deux nombres décimaux on peut intercaler une infinité dautres nombres décimaux ;
 la multiplication dun nombre décimal par un nombre décimal ne peut plus être conçue comme
une addition itérée ;
 lorsquon multiplie un nombre par un nombre décimal on nobtient pas toujours un nombre
plus grand que le nombre de départ (4 x 0,7 = 2,8 et 2,8 est inférieur à 4)…
Ces ruptures constituent des points de vigilance à expliciter et à travailler, et sont souvent sources
dobstacles pour les élèves. Il est ainsi nécessaire, comme le montre le tableau ci-dessous, que les
apprentissages liés aux nombres entiers au cycle 2 soient pensés pour ne pas générer dobstacles
lorsquon introduira les nombres décimaux au cycle 3.
Voir des exemples d'erreurs observées en annexe.
Exemples de situations dapprentissage
Les trois annexes ci-dessous proposent différentes situations qui ont été mises en œuvre dans des
classes du cycle 3. Si certaines situations sont clairement destinées aux élèves en dernières années
de cycle 3, aucune nest « réservée » aux élèves de première ou deuxième année de cycle 3. En
effet, les fractions simples et les fractions décimales sont rencontrées tout au long du cycle et
lintroduction de lécriture à virgule pour les nombres décimaux nentraîne pas la disparition des
écritures impliquant des fractions décimales. De plus, des retours peuvent être régulièrement
nécessaires pour la classe toute entière ou pour quelques élèves rencontrant des difficultés avec ces
nouveaux outils.
 annexe 1 : Découverte des fractions, en commençant par les fractions simples ;
 annexe 2 : De la fraction simple à la fraction décimale ;
 annexe 3 : Introduction de lécriture à virgule.
Le document suivant propose un outil pouvant être utile tout au long du cycle 3, voire avant, pour
éviter que les élèves construisent des automatismes erronés, éloignés du sens, pour les
multiplications ou divisions dun nombre, entier ou décimal, par 10, 100 ou 1000.
 annexe 4 : La glissière à nombres.
La dernière annexe concerne plus particulièrement la dernière année du cycle 3, où lutilisation dun
guide-âne peut se montrer utile pour diviser un segment en un nombre de parties qui nest pas une
puissance de 2.
 annexe 5 : Le guide-âne.