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METTRE EN ŒUVRE LES PROGRAMMES À
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TRAVERS LE CAS DES INCORPORÉS DE FORCE
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ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA
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SECONDE GUERRE MONDIALE
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Le destin des « malgré nous1 » constitue un épisode singulier de l’histoire de la France
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durant la Seconde Guerre mondiale, qui permet de rendre compte des conséquences
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lourdes de la défaite et de l’armistice de juin 1940, ainsi que de la complexité des
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parcours individuels en temps de guerre.
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POINTS D’ENTRÉE POSSIBLES DANS LES PROGRAMMES
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• En classe de 3e, les incorporés de force peuvent être abordés dans le cadre du
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thème consacré à « L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) »,
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et plus précisément dans l’objet d’enseignement « La France défaite et occupée.
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Régime de Vichy, collaboration, Résistance ».
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• En CAP, l’évocation de la défaite de 1940 permet également aux enseignants
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d’aborder la question des « malgré nous ».
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• En première professionnelle, l’étude des deux guerres mondiales inclue le sort de la
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France.
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• En terminales générale ou technologique, les enseignants peuvent traiter du sort
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des incorporés de force dans le cadre d’un cours sur la France dans la guerre ou
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d’un autre sur le front de l’est.
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• Dans le cadre du programme de terminale de l’enseignement de spécialité HGGSP,
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il est possible de travailler sur les incorporés de force, notamment pour mettre en
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évidence les enjeux historiographiques et mémoriels.
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MISE AU POINT HISTORIQUE
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ANNEXION, GERMANISATION, NAZIFICATION DE L’ALSACE ET DE LA MOSELLE2
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Alors même que les conditions de l’armistice signé à Rethondes le 22 juin 1940 ne le
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prévoient pas, les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle sont
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annexés de fait par l’Allemagne nazie : deux Gauleiter sont nommés (Joseph Bürckel en
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Lorraine, Robert Wagner en Alsace) pour administrer ces territoires.
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1. Cette expression date de la Première Guerre mondiale : elle désigne alors d’abord les soldats
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de Moselle ayant servi sous la contrainte dans l’armée allemande ; une première association d’an-
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ciens combattants « Malgré-nous » est instituée en 1920.
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2. Sur ces aspects, on peut consulter Pierre RIGOULOT, L’Alsace-Lorraine pendant la guerre 1939-
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1945, Paris (PUF), 1997.
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 1
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S’ensuit une politique de germanisation des populations, qui s’accompagne
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notamment de déportations, d’expulsions vers la France ou d’interdictions de
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retour (les zones frontalières ont été évacuées durant la « drôle de guerre »). Outre
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l’interdiction (et la criminalisation) de l’usage du français, de nombreuses mesures
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symboliques manifestent cette volonté politique : nouvelle dénomination des voies et
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espaces publics, interdiction du port du béret, etc.
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Enfin, l’Alsace et la Moselle connaissent un processus de nazification marqué
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notamment par l’expulsion des Juifs et des autodafés de la littérature dénoncée
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car marxiste ou juive. De nombreuses organisations nazies sont implantées dans
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les territoires annexés : ce sont dans un premier temps des organisations satellites
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(Deutsche Volksgemeinschaft en Moselle, Opferring en Alsace), puis des branches
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locales du NSDAP. Les adhésions sont plus ou moins volontaires (obligatoires pour les
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fonctionnaires). Les organisations de jeunesse (Jeunesse hitlérienne, Ligue des jeunes
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filles allemande) et de travail (Front allemand du travail) s’implantent également et
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deviennent obligatoires.
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L’INCORPORATION DES JEUNES AU SERVICE DE L’ALLEMAGNE NAZIE
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À l’été 1942, les autorités allemandes cherchent à pallier les pertes subies par leur
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armée sur le front de l’Est. Un service obligatoire dans l’armée allemande est alors
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imposé aux jeunes alsaciens et mosellans, après que l’appel aux volontaires s’est révélé
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un échec. L’instauration du service militaire obligatoire nécessite l’attribution par
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décrets de la nationalité allemande aux habitants de ces territoires dont au moins deux
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grands-parents sont nés en Alsace-Lorraine, au Luxembourg ou en Allemagne.
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Au total, 100 000 Alsaciens et 30 000 Mosellans, nés entre 1908 et 1927 (toutes les
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classes ne sont pas mobilisées), sont incorporés dans la Wehrmacht ou la Waffen-SS.
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La loyauté de ces troupes fait toutefois l’objet de suspicions de la part des autorités
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allemandes, qui veillent à ce qu’elles ne représentent pas plus de 5 % des effectifs
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d’une même unité et qu’elles ne soient pas affectées dans des services stratégiques
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(reconnaissance, renseignements, aviation, navires de guerre). Surtout, il est décidé
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de ne pas affecter les incorporés alsaciens et mosellans en France, en Belgique ou au
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Luxembourg : 80 à 90 % d’entre eux sont envoyés se battre en URSS, les autres servent
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ailleurs dans l’Europe occupée3.
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Dans le même temps, 15 000 femmes sont astreintes au Reichsarbeitsdienst (Service du
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travail du Reich) et au Kriegshilfsdienst (Service auxiliaire de guerre).
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L’incorporation de force s’accompagne de formes diverses d’insoumission ou de
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résistance : fuites (notamment vers la Suisse), refus de signer le livret d’engagement,
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automutilation, etc. Les autorités allemandes réagissent avec une grande fermeté :
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certaines familles de ceux qui résistent sont transplantées en Allemagne ; les
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récalcitrants sont envoyés au camp de rééducation de Schirmeck ; la peine capitale est
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également mise en œuvre.
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3. Pierre Rigoulot, op. cit., estime la proportion à 80 % ; Gaël Moullec donne le chiffre de 90 %
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dans les deux articles qu’il a consacrés à la question : Gaël MOULLEC, « De la Wermacht aux
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camps soviétiques : la tragédie des malgré-nous », L’Histoire n° 255 (juin 2001) ; Id., « Alliés ou en-
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nemis ? Le GUPVI-NKVD, le Komintern et les « Malgré-nous ». Le destin des prisonniers de guerre
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français en URSS (1942-1955) », Cahiers du monde russe, n° 42/2-4 (2001), en ligne.
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 2
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DE L’EXPÉRIENCE DU FRONT AU RETOUR AU PAYS
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Si le gouvernement de Vichy n’adresse que des protestations officieuses, la France libre
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critique publiquement et énergiquement l’enrôlement de force ainsi que le silence de
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Pétain et Laval. Ces protestations n’empêchent pas le déploiement des incorporés de
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force sur les terrains d’affrontement.
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La très grande majorité des incorporés servent sur le front de l’Est, mais l’on trouve
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également des Alsaciens et Mosellans servant dans l’armée allemande en Albanie, en
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Yougoslavie, en Italie, en Scandinavie et même en France.
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En URSS, 22 000 incorporés de force trouvent la mort sur les champs de bataille. Un
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nombre à peu près équivalent (plus de 20 000 selon Gaël Moullec) sont prisonniers
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de guerre dans les camps soviétiques, qu’ils aient été capturés ou qu’ils se soient
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rendus volontairement à l’ennemi. Leur désertion est notamment encouragée par la
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propagande de la France libre4.
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Toutefois, la reconnaissance des malgré-nous par les Soviétiques prend du temps :
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alertée par le chef de la délégation de la France libre à Moscou dès l’été 1942, puis par
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le communiste français André Marty, l’URSS reconnaît officiellement en juillet 1943
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la spécificité des Français incorporés de force dans l’armée allemande. Les Français (à
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l’exception des membres de la Légion des Volontaires Français) sont alors regroupés
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dans certains camps, notamment celui de Tambov, qui regroupe 11 000 Alsaciens
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et Mosellans en 1945. Si la mortalité des captifs français est inférieure à celle des
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Allemands ou des Italiens5, les conditions de vie sont toutefois très éprouvantes : les
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épidémies sont nombreuses (typhus, tuberculose, dysenterie) et le poids moyen à la
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sortie est de seulement 42 kg.
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Dès la fin 1943, ces prisonniers deviennent un enjeu dans les négociations
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diplomatiques entre France et URSS pour préparer l’après-guerre. Après le
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débarquement de Normandie, 1500 soldats quittent le camp de Tambov pour
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rejoindre l’Afrique du Nord et combattre aux côtés de la France : c’est le seul convoi de
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ce type durant les conflits ; les autres restent en URSS. Ce n’est qu’à la fin de la guerre,
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entre 1945 et 1947, que la très grande majorité des malgré-nous est libérée ; le dernier
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détenu rejoint la France en 1955.
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Au total, entre 90 et 95 000 incorporés de force rentrent en France (dont plus de 20 000
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après une captivité en URSS) et 22 000 sont morts au combat. Les historiens évaluent le
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nombre de disparus entre 11 000 et 18 000 : il est probable qu’ils soient morts dans des
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camps de transit, avant d’être internés ou recensés.
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LES ENJEUX MÉMORIELS : DU PROCÈS DE BORDEAUX À NOS JOURS
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La question des « malgré-nous » ne s’achève pas avec la Seconde Guerre mondiale, ni
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même avec le retour des incorporés de force détenus en URSS. Sur ce dernier point,
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les demandes sont encore importantes : ainsi, en 1960, le général de Gaulle accepte à
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la demande des associations, de porter la question des détenus français à l’agenda des
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discussions diplomatiques avec Nikita Khrouchtchev.
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4. Les archives de l’Armée rouge montrent notamment que certains incorporés ont entendu à la
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« radio anglaise » les appels à « passer chez les Russes » pour rejoindre « les troupes de De Gaulle
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et de Giraud » : voir Gaël Moullec, op. cit.
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5. D’après Gaël Moullec, la mortalité des prisonniers français (5,7 %) est comparable à celle des
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autres ressortissants d’Europe occidentale (4,2 % pour les Hollandais, 8,8 % pour les Belges), bien
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inférieure à celle des Allemands (15 %), Roumains (29 %) et Italiens (56 %).
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 3
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En 1953, la question des incorporés de force fait l’actualité en France : lors d’un procès
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contre les auteurs du massacre d’Oradour-sur-Glane (624 personnes assassinées le
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10 juin 1944), treize incorporés de force figurent parmi les accusés. Le 10 février, le
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commissaire du gouvernement réclame des peines sévères contre ces soldats en
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expliquant notamment que « volontaires ou non, ils ont du sang sur les mains6 ! »
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Trois jours plus tard, le verdict condamne les incorporés de force à des peines de
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prison allant de 5 à 7 ans ou à des travaux forcés. Les protestations en Alsace sont
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nombreuses et vigoureuses, moindres en Moselle (des réfugiés mosellans figurent
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parmi les victimes du massacre). Très rapidement, une loi d’amnistie est votée et les
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condamnés sont libérés dès le 21 février. Si cela apaise le débat public, le sentiment
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d’incompréhension et d’injustice reste fort.
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La question mémorielle demeure complexe et sensible : les productions audiovisuelles
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donnent lieu à des polémiques (en 1994-1995, et à nouveau en 2015) ; un monument
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à la mémoire des malgré-nous est inauguré à Tambov en 1998. Ce n’est qu’en 2009-
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2010 que le président de la République reconnait dans des discours officiels le destin
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douloureux des incorporés de force alsaciens et mosellans.
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PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES
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Les propositions pédagogiques visent à illustrer la manière dont le sort des incorporés
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de force alsaciens et mosellans peut permettre aux professeurs de traiter certains
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points des programmes d’histoire au lycée, ainsi qu’en enseignement de spécialité
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HGGSP en terminale générale.
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JEUNES ALSACIENS ET MOSELLANS SOUS L’ORDRE NAZI
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Cette proposition vise à présenter les incorporés de force dans la Seconde Guerre
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mondiale : elle peut être mise en œuvre dans le cadre du programme de première
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professionnelle ou en classe terminale des voies générale et technologique.
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À partir d’un reportage d’actualités télévisées de 1999, centré sur le cas mosellan
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et disponible sur le site de l’INA, il est possible de resituer Alsace et Moselle dans le
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contexte de la Seconde Guerre mondiale, d’évoquer les politiques de germanisation et
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nazification, avant d’entrer dans le destin des incorporés de force.
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On peut s’appuyer sur le témoignage d’Eugène Sainte-Eve pour réfléchir au caractère
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ordinaire ou exceptionnel de son destin.
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L’enjeu peut également être de montrer la diversité des expériences de l’incorporation
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de force : tentatives de fuite ou de résistance, pressions des autorités nazies sur les
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familles, diversité des unités d’incorporation et des expériences de guerre, diversité des
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modalités de sortie (reddition à l’ennemi, capture, etc.)
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NÉGOCIER AVEC L’URSS : DE GAULLE, STALINE ET LES MALGRÉ-NOUS
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Cette entrée peut être incluse dans le point de passage et d’ouverture du programme
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de terminale générale, ou bien dans le sujet d’étude de terminale technologique « De
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Gaulle et la France libre ».
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6. Le Monde, 11 février 1953. https://www.lemonde.fr/archives/article/1953/02/11/declare-le-com-
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missaire-du-gouvernement_1972523_1819218.html L’article permet de montrer que le journaliste
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ne souscrit pas pleinement au réquisitoire du représentant du ministère public.
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 4
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Le travail peut s’appuyer sur un reportage d’actualité de 1944 intitulé « Des prisonniers
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qui reviennent de loin » et qui évoque le sort des 1500 incorporés de force libérés
|
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par les Soviétiques cette même année : https://fresques.ina.fr/panorama-grand-est/
|
||
fiche-media/GRDEST00193/echange-de-prisonniers-entre-la-france-et-l-urss-en-1944.
|
||
html#eclairage
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||
Il s’agit de mettre en évidence la façon dont le reportage illustre l’union franco-
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soviétique, qui participe à la reconnaissance internationale du Gouvernement
|
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provisoire de la République française. Le symbole de la France libre, la croix de Lorraine,
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est notamment bien visible pour signifier l’adhésion des captifs libérés à la France libre.
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On peut également développer sur la persistance de la question des malgré-nous, du
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fait notamment de l’action des associations d’anciens combattants, comme l’illustre la
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||
brève du Monde reproduite ci-dessous.
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La persistance de la question des malgré-nous
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L’Association des évadés, incorporés de force, anciens combattants et victimes de guerre
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du Bas-Rhin a remercié le général de Gaulle d’avoir mis à l’ordre du jour de ses entretiens
|
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avec M. Khrouchtchev le problème des Alsaciens et des Lorrains incorporés de force dans la
|
||
Wehrmacht et encore prisonniers en U.R.S.S., les « malgré nous ». À la demande du ministère
|
||
des affaires étrangères, l’Association a établi la liste de ceux d’entre eux qui ont donné signe
|
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de vie au cours de ces dernières années.
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Source : Le Monde, 17 mars 1960
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ENJEUX MÉMORIELS ET HISTOIRE DE LA MÉMOIRE DES « MALGRÉ-
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NOUS »
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Dans le cadre du thème « Histoire et mémoires » de terminale HGGSP, les enseignants
|
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peuvent inciter leurs élèves à travailler, en parallèle des jalons du programme, sur le cas
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de la mémoire des incorporés de force d’Alsace-Lorraine.
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En travaillant la compétence « Se documenter » les élèves peuvent tout d’abord
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||
présenter un rapide historique de l’incorporation de force des jeunes alsaciens et
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lorrains. Il est ensuite possible de se concentrer sur le procès de Bordeaux (qui permet
|
||
notamment de lier la question des mémoires à celle de la justice, y compris des lois
|
||
spécifiques ad hoc) ou bien de travailler sur la reconnaissance politique accordée
|
||
aux incorporés de force (discours du président de la République Nicolas Sarkozy le 11
|
||
novembre 2009 et surtout le 8 mai 2010), ou encore les lieux de mémoire (par exemple
|
||
à partir de l’article de Jean-Noël Grandhomme cité ci-dessous).
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Ce travail peut permettre de chercher à comprendre le sentiment d’incompréhension
|
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et les revendications des malgré-nous, mais il doit également être attentif à restituer le
|
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point de vue des historiens et historiennes travaillant sur cette question dans un souci
|
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d’objectivité.
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 5
|
||
Le regard critique d’un historien sur la reconnaissance mémorielle des « malgré-
|
||
nous »
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« Mal connus, les incorporés de force l’étaient sans aucun doute en 1945, mais ce n’est plus
|
||
le cas depuis longtemps. Des articles sur l’incorporation de force sont parus dans les revues
|
||
de vulgarisation historique à grand tirage : Historia et L’Histoire. Sur la période de 1998
|
||
à 2003, Pierre Rigoulot a recensé une quinzaine d’articles sur le sujet dans Le Figaro, une
|
||
douzaine dans Libération, une demi-douzaine dans Le Monde, quatre ou cinq dans La Croix
|
||
et deux ou trois dans L’Humanité. Bien d’autres ont paru par la suite.
|
||
|
||
La question des manuels scolaires, qui revenait continuellement dans la bouche de nombre
|
||
d’anciens Malgré-nous, est une illustration du décalage persistant entre la réalité et la
|
||
perception. «Que de fois – écrit Marcel Spisser – n’ai-je pas entendu des lamentations, des
|
||
reproches, des interpellations véhémentes à propos de nos manuels scolaires d’histoire !
|
||
Comment ? Pas un mot sur l’Alsace-Moselle pendant la Seconde Guerre mondiale ! Le silence
|
||
complet sur nos provinces annexées, humiliées, martyrisées et enfin calomniées.»
|
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Or, depuis longtemps déjà, les ouvrages destinés aux lycéens accordent une place que
|
||
l’on peut objectivement juger suffisante – voire importante – au cas de l’Alsace-Moselle.
|
||
Le manuel Hachette de 1re (2007) dédie ainsi une pleine double page à « La Tragédie des
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||
“malgré-nous” ». Manifestement, les faits n’intéressent plus un certain nombre d’incorporés
|
||
de force, figés dans un discours victimaire et revendicatif ne varietur.
|
||
|
||
Source : Jean-Noël Grandhomme, « Le Mémorial de l’Alsace-Moselle et le «Mur des noms»
|
||
ou de la difficulté à créer une mémoire « consensuelle », Guerres mondiales et conflits
|
||
contemporains, vol. 276, n° 4, 2019, p. 11-23.
|
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|
||
Jean-Noël Grandhomme est professeur des universités en histoire contemporaine à
|
||
l’université de Nancy.
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||
On peut envisager de demander aux élèves de vérifier quelle place leur propre manuel
|
||
d’histoire accorde à l’Alsace-Moselle.
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BIBLIOGRAPHIE ET RESSOURCES
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||
PUBLICATIONS UNIVERSITAIRES
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||
• EICHENLAUB Jean-Luc et GRANDHOMME Jean-Noël (dir.), Août 1942,
|
||
l’incorporation de force des Alsaciens et des Mosellans dans les armées allemandes,
|
||
Colmar (Archives départementales du Haut-Rhin), 2003.
|
||
• FERRO Marc, « De la difficulté d’«être» en Alsace-Lorraine », Les individus face aux
|
||
crises du XXe siècle. L’Histoire anonyme, Paris (Odile Jacob), 2005, p. 253-259.
|
||
• GRANDHOMME Jean-Noël, « Le Mémorial de l’Alsace-Moselle et le «Mur des noms»
|
||
ou de la difficulté à créer une mémoire « consensuelle », Guerres mondiales et
|
||
conflits contemporains, vol. 276, n° 4, 2019, p. 11-23.
|
||
• MOULLEC Gaël, « Alliés ou ennemis ? Le GUPVI-NKVD, le Komintern et les «Malgré-
|
||
nous». Le destin des prisonniers de guerre français en URSS (1942-1955) », Cahiers
|
||
du monde russe, n° 42/2-4 (2001), en ligne.
|
||
• MOULLEC Gaël, « De la Wermacht aux camps soviétiques : la tragédie des malgré-
|
||
nous », L’Histoire n° 255 (juin 2001).
|
||
• RIGOULOT Pierre, L’Alsace-Lorraine pendant la guerre 1939-1945, Paris (PUF), 1997.
|
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 6
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RESSOURCES EN LIGNE
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|
||
Le site Lumni enseignement propose un reportage de 1981 diffusé dans un journal
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||
régional alsacien, avec présentation du contexte historique et éclairage média:
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||
https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000001000
|
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|
||
Le réseau Canopé de l’académie de Strasbourg met à disposition, dans la Base
|
||
numérique du patrimoine d’Alsace, un ensemble de ressources – notamment de
|
||
nombreux documents d’archives – sur l’histoire de l’Alsace durant la Seconde Guerre
|
||
mondiale :
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||
• En 1939-1940 http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/alsace-39-45a/
|
||
• Pendant l’annexion : http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/alsace-39-45b/
|
||
• La libération et l’après-guerre : http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/alsace-
|
||
39-45c/
|
||
|
||
Le site Mémoires des hommes propose une base de données nominatives :
|
||
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.
|
||
php?larub=287&titre=alsaciens-mosellans-incorpores-de-force-dans-l-armee-allemande
|
||
|
||
Le site Chemins de mémoire propose un article de Jean-Noël Grandhomme
|
||
qui évoque la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en Alsace-Moselle, en
|
||
l’inscrivant dans le temps plus long des conflits de 1870 et de 1914-1918 : https://www.
|
||
cheminsdememoire.gouv.fr/fr/un-enjeu-specifique-franco-allemand-la-memoire-des-
|
||
conflits-contemporains-en-alsace-moselle
|
||
|
||
Le discours de Nicolas Sarkozy à Colmar le 8 mai 2010 est disponible sur le site vie-
|
||
publique.fr : https://www.vie-publique.fr/discours/178920-declaration-de-m-nicolas-
|
||
sarkozy-president-de-la-republique-en-hommag
|
||
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||
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LES INCORPORÉS DE FORCE ALSACIENS ET MOSELLANS DURANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE 7
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