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L'implication de la France au Cameroun Lac
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Tchad
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au paroxysme de la répression (1955-1962) GENÈVE 3
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Assassinat ciblé
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de Félix Moumié
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1. Le Cameroun... 2. ... de la répression politique de l'UPC ...
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Territoire du Cameroun (1961) Fondation de l'UPC (1948) PARIS
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Frontière de Cameroun sous tutelle Région de forte mobilisation upéciste : Gouvernement
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française puis de la République du activités militantes (jusqu'à l'interdiction de français, Services
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Cameroun jusqu'à la réunification juillet 1955), puis de maquis et de ‘guérilla’ de renseignement
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Limites de régions (1961) Principaux espaces de la répression
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politique de l'opposition (police,
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Limites de départements (1961) gendarmerie, garde camerounaise)
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Yaoundé, capitale du Cameroun : siège de Prisons accueillant de nombreux·ses
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l'administration coloniale puis du prisonnier·ères politiques
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gouvernement camerounais
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Présence des militant·es upécistes au
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Chef-lieu de région Cameroun sous tutelle britannique
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Exil des leaders upécistes à l'étranger
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3. ... à la guerre de décolonisation après leur expulsion (1957) Mokolo
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MAROUA
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Chaîne de commandement des autorités Stratégie de mobilisation internationale de
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françaises au Cameroun l'UPC à l'Onu et effets-retours
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Garnisons de l'armée française avant Diplomatie répressive visant à entraver
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1960 (forces organiques du Cameroun) les actions de l'UPC à l'Onu
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Renforts des troupes coloniales
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provenant de la Zone de Défense d'AEF-
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Cameroun ou des Zones d'outre-Mer
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Espaces de concentration des opérations Nigeria Tchad
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MUNGO militaires menées/dirigées par l'armée française
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GAROUA
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Principaux espaces de déplacements
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forcés des populations civiles vers les
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camps dits de "regroupement"
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Nombre minimal de combattant·es tué·es par l'armée française ou
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sous son commandement. Un carré représente dix personnes.
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Lieux d'assassinat des principaux leaders upécistes
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1. Isaac Nyobè Pandjock (17 juin 1958)
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2. Ruben Um Nyobè (13 septembre 1958)
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DAKAR 3. Félix-Roland Moumié (3 novembre 1960)
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4. Paul Momo (17 novembre 1960)
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5. Jérémie Ndéléné (24 novembre 1960)
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1960
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Soudan (1957)
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Egypte (1958) NGAOUNDÉRÉ
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République
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1961 Meiganga centrafricaine
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(ap. 1958)
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BAMENDA
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Koutaba
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(ap. 1956)
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5 BAFOUSSAM
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Armées française et camerounaise (GTN, 1960)
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puis armée camerounaise sous commandement 4 Yoko
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français et groupement de couverture (1961)
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1960 Nkongsamba
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1961
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AEF
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BERTOUA
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Armées française 1958
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et camerounaise BUÉA Armée française
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CAMEROUN
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(GTS, 1960) puis armée (Zopac, 1958)
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camerounaise sous
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commandement français (1961)
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DOUALA
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2
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YAOUNDÉ
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Eséka
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Edéa 1
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Ghana (1957)
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Guinée (1958)
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NEW YORK (Onu) EBOLOWA
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Congo
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Guinée Gabon BRAZZAVILLE
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Commandement militaire :
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Zone de défense d'AEF-Cameroun, 1955-1959
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300 km
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© ComCam puis Zone d'Outre Mer n° 2, 1960-1962
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© ComCam
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Mobilisations internationales de l'UPC, décolonisations et répressions (1946-1958)
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Stockholm, juillet 1958
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Moscou, juillet-août 1956
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Paris
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Onu New York Clermont-Ferrand
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Conseil de tutelle Beijing, août 1954
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1 Maroc, 1952-1956 Quatrième Commission
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2 Tunisie, 1952-1956 Assemblée générale 1 2
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Algérie Le Caire, janvier-février 1958
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3 Niger, 1954-1958 1954-1962
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50
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00
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0p
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ét i 3
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tio Khartoum, juillet 1957 Indochine
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ns
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1) Des décolonisations dans un nouveau contexte international après 1945 e t ci 1946-1954
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rcu
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la tion
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L'Onu et ses organes au coeur des enjeux du trusteeship s de
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pétiti Malaisie
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onnaire
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Mission de visite du Conseil de Tutelle en 1955 s 1948-1954 Conférence de Bandung
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Kenya 18-24 avril 1955
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Bloc de l'ouest dont fait partie la France Cote d'Ivoire 1952-1956
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1949-1950
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Bloc de l'est favorable au mouvement nationaliste camerounais
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Madagascar
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Empire colonial français et sa métropole
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1947-1948
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Conférence internationale faisant naître le groupe afro-asiatique
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2) Une diplomatie upéciste déployée hors des frontières de tutelle L'UPC en exil au Southern Cameroons
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mai 1955 - juillet 1957
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Recours à l'Onu par les militant-es upécistes
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Recours recours à d'autres organisations internationales (CICR et à l'OIT)
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Rencontres internationales auxquelles participent des responsables upécistes Northern
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Nigeria Cameroons
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Ville de mobilisation upéciste et étudiante
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3) Une répression au Cameroun connectée au reste du monde Cameroun sous
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Enugu Southern tutelle française
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Cameroons
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Principales répressions des mouvements nationalistes dans l'Empire colonial français d'Afrique Bamenda
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Principales guerres de décolonisation dans les Empires coloniaux français et britannique Mamfe
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Dschang
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Circulations de militaires et administrateurs coloniaux français
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Principaux lieux d'exil de l'UPC
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Tombel
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La délégation du HC à Paris, outil de surveillance en métropole et en Europe Kumba Circulations de militant·es de l’UPC et de biens
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Buea Réunion du comité directeur de l'UPC, février 1956
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Le lobbying français au Cameroun sous tutelle britannique
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Douala Réunion du comité directeur de l'UPC, juillet 1956
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Victoria Yaoundé
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Le Cameroun sous tutelle française face à des répressions polymorphes Incendie du siège de l’UPC, 4 août 1956
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Tiko Expulsion vers Lagos en mai 1957
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Section 1
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Chargée d’étudier le rôle et l’engagement de la France dans la lutte contre les mouvements indépendantistes et
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d’opposition au Cameroun de 1945 à 1971, le volet « Recherche » de la Commission franco-camerounaise livre
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ici une histoire globale d’une guerre de décolonisation encore trop méconnue. Suivant un fil chronologique, ses
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quatre sections permettent de retracer la genèse de l’affrontement entre les autorités coloniales et les oppositions
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indépendantistes au prisme du temps long de la situation coloniale (1945-1955), puis le glissement des répressions
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politique, diplomatique, policière et judiciaire vers la guerre menée par l’armée française (1955-1960), dont l’action
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se poursuit malgré la transition politique et l’indépendance du Cameroun (1960-1965) – et même au-delà, l’aide
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française se maintenant dans le cadre de la coopération entre les deux pays (1965-1971).
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Section 1
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Les premières stratégies de lutte contre les forces émancipatrices au Cameroun (1916-1955) :
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défense des intérêts français, contrôle de la vie politique et violences
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Cette section étudie les premières stratégies de lutte déployées par les autorités françaises contre les forces émanci-
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patrices au Cameroun de 1916 à 1955, en particulier à partir de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le mouvement
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indépendantiste s’affirme.
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En prologue, le rapport commence par l’étude, déjà bien renseignée par les historien·nes, de l’occupation colo-
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niale européenne de la fin du xixe siècle et la partition du Kamerun allemand en deux mandats de la Société des
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Nations (SDN) après la Première Guerre mondiale, mais en connectant ces deux épisodes à la question de la guerre
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du Cameroun.En effet, dès la fin du xixe siècle, la France et le Royaume-Uni convoitent ce territoire pour son
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potentiel économique et stratégique, ce qui explique la volonté de la France d’y préserver sa domination jusqu’à la
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fin de la période coloniale – et ensuite son influence bien au-delà. Pendant et après la Première Guerre mondiale,
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le gouvernement français exerce une pression diplomatique auprès des Alliés pour obtenir la création de mandats 837
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de la SDN satisfaisant ses ambitions territoriales et politiques. La France cherche, dès le début effectif du mandat,
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à exploiter le Cameroun comme l’une de ses colonies, outrepassant ainsi le fragile droit international que cherche à
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faire appliquer la SDN, considérée comme un frein à ses ambitions politiques et économiques en Afrique centrale.
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La Seconde Guerre mondiale confirme tout l’intérêt de ce territoire pour la puissance française.
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Au même titre que le Congo, l’Oubangui-Chari et le Tchad, le Cameroun rejoint dès la fin août 1940, l’Afrique
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française libre, qui permet à de Gaulle d’obtenir une assise territoriale et une légitimité politique pour poursuivre
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la guerre, au prix cependant d’un effort de guerre brutal exigé des populations camerounaises. Plus de 4 000 tirail-
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leurs camerounais s’engagent et se battent alors aux côtés des Forces françaises libres contre les troupes de l’Axe.
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Le Cameroun acquiert ainsi une dimension symbolique dans le récit de la libération de la France pour tous·tes les
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résistant·es qui y ont transité. Ce fait explique la manière dont les autorités françaises ont, de nouveau, cherché à
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intégrer le Cameroun à l’empire colonial français dès la fin du conflit, lors du processus de négociation diplomatique
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autour du devenir des territoires sous mandats. Malgré un important lobbying au sein de la nouvelle Organisation
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des Nations Unies (Onu), afin de maintenir sa domination sans contrôle international, des accords sont finalement
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signés en 1946 : l’ancien Cameroun sous mandat français devient un territoire sous sa tutelle qui doit, en théorie,
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rapidement évoluer vers l’autonomie et l’indépendance. Mais la volonté française de continuer à le diriger comme
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une « partie intégrante » de son empire perdure et conditionne la manière dont les différents gouvernements et les
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autorités coloniales, souvent composés d’anciens résistants, agissent pendant la guerre du Cameroun.
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Cette section met aussi particulièrement l’accent sur le dynamisme politique des Camerounais·es après 1944,
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que ce soit par le biais de la création de syndicats, d’associations ou de mouvements qui réclament désormais l’in-
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dépendance et la réunification avec la partie sous tutelle britannique. Notre étude se place à hauteur d’individus
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longtemps invisibilisés, des hommes et des femmes qui ont favorisé cette émancipation politique : les syndicalistes
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en poste au Cameroun, proches des futur·es membres de l’Union des populations du Cameroun (UPC) créée en
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1948, de l’Union démocratique des femmes camerounaises (Udefec) créée en 1952 et de la Jeunesse démocratique
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du Cameroun (JDC) créée en 1954. Ce travail porte de nouveaux regards sur la manière dont les Camerounais·es
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se sont emparé·es des idées nationalistes, guidé·es par les principaux dirigeants upécistes comme Ruben Um Nyobè,
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Félix-Roland Moumié, Abel Kingué et Ernest Ouandié, que ce soit au sud et à l’ouest du pays, déjà étudiées par
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de nombreux·euses historien·nes, mais aussi dans les régions moins connues du Mbam, du nord ou de Kribi. La
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Synthèse conclusive
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granularité de nos analyses permet de cerner pourquoi les autorités françaises n’arrivent pas à entraver, malgré leurs
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efforts constants, le succès croissant de l’UPC auprès des populations camerounaises, ce qui les incite à recourir à
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un ensemble de méthodes légales, illégales et violentes pour contrecarrer cette influence.
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La répression policière et judiciaire des militant·es nationalistes s’accompagne, par ailleurs, d’une tentative de
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contrôle de la vie politique. Les autorités coloniales créent des partis spécifiquement destinés à contrecarrer l’UPC :
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en faisait le choix de renommer ces partis, alors dits « administratifs », en « partis de collaboration », nous souhai-
|
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tions souligner que les autorités coloniales françaises corrompent et manipulent la vie politique camerounaise pour
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maintenir leurs positions en pleine période de décolonisation et de guerre froide.
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Grâce au croisement d’archives de la France d’Outre-mer et de celles de la justice militaire dévoilées à cette occa-
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sion, nous avons pu étudier avec minutie les événements violents de Douala de septembre 1945 requalifiés ainsi par
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la Commission, afin de s’affranchir du terme péjoratif « d’« émeutes » longtemps utilisé pour les décrire, et afin de
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mieux les inscrire dans la vague de répressions françaises qui se déroulent en Algérie, au Sénégal et à Madagascar après
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la Seconde Guerre mondiale. Le rapport souligne le rôle joué par une poignée de colons français dans l’intensification
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des violences et l’incapacité des autorités politiques à maîtriser celles-ci. Ces colons refusent toute réforme remettant
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en cause leur domination politique et économique et leurs privilèges sociaux. Ils s’organisent en « États-Généraux »
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pour dénoncer les réformes issues de la conférence de Brazzaville de 1944, pourtant encore bien timides à l’égard
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des Camerounais·es. On découvre la faiblesse du gouverneur Henri Nicolas face à ces colons agressifs et vindicatifs
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clairement identifiés, qui s’opposent aux manifestations des plus démuni·es de Douala, touché·es par le difficile
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contexte économique d’après-guerre. Débordé, le gouverneur accepte de leur fournir des armes, comme l’atteste
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un petit cahier retrouvé par la Commission dans les archives militaires. Ces colons et certains aviateurs français de
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l’escadrille Béthune, outrepassant leur mission, constituent les acteurs répressifs de cette première séquence violente,
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dont le bilan humain officiel (neuf tué·es) est largement sous-estimé. Les sanctions prises à l’issue des événements
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illustrent parfaitement le fonctionnement d’une justice coloniale racialisée : on compte des milliers d’arrestations
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parmi les manifestant·e·s et des centaines de condamnations à des peines de prison ou de travaux forcés. À l’inverse,
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seuls quelques colons sont mis en examen et inculpés pour « rébellion contre l’autorité ». Les aviateurs sont jugés
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par un Tribunal militaire créé pour l’occasion : tous sont mis aux arrêts pendant quelques semaines et leur capitaine
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838 se voit retirer son commandement. La culpabilité de certains administrateurs est reconnue, mais ceux-ci restent
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majoritairement en poste. Les événements violents de Douala de septembre 1945 deviennent dès lors un moment
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symbolique pour les nationalistes camerounais·es qui y voient la preuve que le réformisme colonial d’après-guerre est
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incapable de satisfaire leurs attentes, alors que les autorités de tutelle ne peuvent qu’opposer une réponse autoritaire
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et répressive à leurs aspirations.
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Soucieux de connecter les analyses portant sur le Cameroun sous tutelle française et le Cameroun sous tutelle
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britannique, notamment au sud avec le Southern Cameroons, cette section montre aussi comment la répression du
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mouvement indépendantiste camerounais transcende les frontières des deux Cameroun par le biais d’un système
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de surveillance de l’UPC dès le début des années 1950. Elle détaille ainsi les premiers échanges entre les principaux
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mouvements nationalistes dans les deux territoires, dont les protagonistes évoquent déjà une potentielle réunification
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crainte par les autorités coloniales françaises. Celles-ci demandent, à ce titre, à leurs homologues britanniques de
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contrôler les contacts entre ces nationalistes camerounais·es et de leur communiquer des renseignements sur leurs
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activités. Le rapport souligne également, dans cette perspective d’histoire globale et connectée, que l’Onu devient
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rapidement un lieu d’affrontements oratoires et idéologiques entre les membres de l’UPC et les autorités coloniales.
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Le gouvernement français, via ses diplomates, aidé par le gouvernement américain, notamment son consulat à Paris,
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se livre ainsi à une tactique d’obstruction systématique des acteurs nationalistes, visant à empêcher la diffusion et la
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circulation de leurs idées. Tous sapent ainsi régulièrement et délibérément l’autorité de l’Onu en les empêchant de
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se rendre à New York pour plaider leur cause lors des auditions devant la Quatrième Commission de l’Assemblée
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Générale. Rarement efficace, cette politique s’accompagne d’une mobilisation de sa délégation permanente et d’ac-
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teurs camerounais acquis à sa cause pour discréditer les propos des upécistes et défendre le statu quo politique, aidée
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par les puissances impériales alliées. De même, leurs pétitions envoyées au Conseil de Tutelle sont méthodiquement
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contredites par d’autres, écrites par les dirigeants de partis de collaboration. Dans la même veine, les premières
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missions des visites de l’Onu de 1949 et 1952 au Cameroun, censées évaluer les progrès vers l’autonomie politique,
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sont étroitement encadrées par les autorités coloniales. In fine, il s’avère que l’Onu, confrontée aux diverses formes
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de la répression diplomatique menée par les autorités françaises, est incapable de défendre les droits fondamentaux
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des Camerounais·es.
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Section 2
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Section 2
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Les répressions polymorphes, du moment 1955 à la guerre en Sanaga-Maritime
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La deuxième section de ce rapport s’ouvre sur le point de bascule que constitue le « moment 1955 » dans la lutte
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menée contre le mouvement indépendantiste et qui aboutit à sa disparition de la scène politique légale. Cette vaste
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séquence répressive, de janvier à juillet, est ici expliquée de manière détaillée, au plus près des acteur·rices impliqué·es.
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Un responsable civil y joue un rôle crucial : le nouveau Haut-Commissaire, Roland Pré. Anticommuniste notoire,
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distingué pour ses méthodes autoritaires en Afrique occidentale, il propose des réformes structurelles, tout en enga-
|
||
geant une politique répressive contre le mouvement nationaliste. Il est aidé en cela par certains fonctionnaires, l’Église
|
||
catholique et les partis de collaboration, et secondé par une magistrature et des forces de sécurité mises au service de la
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répression. Dans un contexte socio-économique et politique tendu depuis son arrivée en janvier 1955, de nouveaux
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événements violents se produisent du 15 au 29 mai dans le Mungo, la Sanaga-Maritime, la région Bamiléké – mais
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||
aussi, à Douala et Yaoundé – alors que Ruben Um Nyobè, secrétaire général de l’UPC revenu de l’Onu, poursuivi
|
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en justice, est déjà entré en clandestinité dans son village natal, près de Boumnyebel. L’engagement politique des
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||
femmes qui s’est structuré et développé dans la première moitié des années 1950 se poursuit avec la participation
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active aux actions de mai 1955 – elles sont présentes dans toutes les manifestations et les protestations au sein des
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villes et villages. Des rassemblements upécistes, très suivis par les populations, sont perturbés par l’intervention d’op-
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posant·es ou de « forces de l’ordre », ce qui entraîne des affrontements de rue, l’arrestation de militant·es, plusieurs
|
||
dizaines de blessé·es et officiellement, 26 tué·es. Si ce type de mesures antinationalistes est un modus operandi dans
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||
l’empire colonial français d’Afrique après 1944, le rapport montre la manière dont les autorités, au premier rang
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||
desquelles Roland Pré, militent via divers réseaux politiques au sein du gouvernement français d’Edgar Faure, et
|
||
notamment du ministre de la France d’Outre-mer, Pierre-Henri Teitgen, pour obtenir la dissolution de l’UPC, de
|
||
la JDC et de l’Udefec, sur le fondement d’une loi française de 1936 sur les groupes de combat et les milices armées.
|
||
Alors que la vague répressive a déjà débuté en mai 1955, le décret du 13 juillet 1955 officialise cette interdiction et
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||
ouvre une nouvelle séquence obligeant les militant·es à entrer en clandestinité, soit en se réfugiant dans les premiers 839
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||
maquis, soit en faisant le choix de l’exil vers le Southern Cameroons.
|
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Cette nouvelle séquence est marquée par une intensification des répressions via de multiples dispositifs de contrôle
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de la vie civile, politique et médiatique. Le rapport insiste, d’abord, sur le containment des idées nationalistes par
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||
la mobilisation de la bureaucratie et de divers acteurs profrançais (ou partisans de la France) au sein de la société
|
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coloniale (chefs, membres des partis de collaboration, des missions chrétiennes ou des mouvements associatifs). La
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nomination de Pierre Messmer comme Haut-Commissaire en avril 1956 intensifie cette politique qui vise, dès lors,
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||
à encadrer strictement le processus d’accession à l’autonomie du Cameroun après le vote de la loi-cadre du nouveau
|
||
ministre de la France d’Outre-mer, Gaston Defferre. Le nouvel État « sous tutelle », institué en mai 1957, laisse
|
||
toujours un rôle majeur aux autorités coloniales, malgré la nomination d’un gouvernement dirigé par le « premier »
|
||
Premier ministre camerounais, André-Marie Mbida, choisi pour son inclination pro-française et anti-upéciste. Pour
|
||
mettre un terme à l’affrontement politique né en mai 1955, des négociations avec l’UPC sont, un temps, envisagées,
|
||
mais rapidement freinées, notamment du fait du refus, partagé par plusieurs hommes politiques camerounais, de
|
||
voter une loi d’amnistie qui permettrait le retour des leaders upécistes sur la scène légale. Ainsi, le vote de cette loi
|
||
est retardé jusqu’en février 1958. Si une répression militaire a lieu simultanément dans le sud du Cameroun, les
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||
autorités se rallient pourtant progressivement à des solutions plus politiques, ce qui provoque une crise majeure entre
|
||
André-Marie Mbida, intransigeant avec les upécistes, et le nouveau Haut-Commissaire, Jean Ramadier, nommé
|
||
en février 1958, et favorable à la négociation. Les archives de ce dernier, confiées à la Commission, ont permis de
|
||
préciser le déroulé de ce « bras de fer » qui aboutit au renvoi de Mbida et au rappel de Ramadier sur Paris, désavoué et
|
||
démis de ses fonctions par le ministre de la France d’Outre-mer, Gérard Jaquet, du gouvernement de Félix Gaillard.
|
||
Cette section souligne également que cet épisode constitue un point de rupture dans l’histoire du Cameroun :
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||
désormais, les projets d’indépendance et de réunification, mis en avant depuis près d’une décennie par l’UPC,
|
||
sont portés et instrumentalisés par le nouveau Premier ministre, Ahmadou Ahidjo, et par Xavier Torré, le nouveau
|
||
Haut-Commissaire, alors qu’ils intensifient la répression militaire contre les combattant·es upécistes dans le sud
|
||
et l’ouest du Cameroun. En parallèle de ce contrôle politique, la répression administrative s’abat sur celles et ceux
|
||
qui portent les idées upécistes dans la société civile ou affichent leur sympathie à son égard : certains fonctionnaires
|
||
sont muté·es ou licencié·es ; les syndicalistes, progressivement muselés ; des chefs protestataires destitués et exilés ;
|
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et les militant·es, notamment étudiant·es, mobilisé·es en métropole sont soigneusement surveillé·es et censuré·es : la
|
||
Synthèse conclusive
|
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répression s’exporte ainsi hors des frontières de tutelle. La répression judiciaire, déjà massive lors du moment 1955,
|
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se poursuit, s’intensifie et se durcit.
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En 1956, face aux tentatives d’union entre l’UPC et d’autres hommes politiques camerounais, les premières
|
||
élections au suffrage universel de décembre sont étroitement contrôlées par les autorités coloniales, et ce d’autant
|
||
plus que le Comité national d’organisation (CNO), organisation paramilitaire de l’UPC, appelle à leur boycott
|
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ou à leur entrave par des actions armées. Notre étude porte de nouveaux regards sur le rôle des autorités coloniales
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dans la « bataille des opinions » lancée après mai 1955. Aidée par une presse de collaboration et une société française
|
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plutôt indifférente, sinon anti-upéciste, la propagande officielle, particulièrement active au Cameroun et à l’étranger,
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dresse le portrait biaisé d’une UPC perçue au seul prisme de ses actions armées, qualifiées de « terroristes », pour
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mieux délégitimer son projet politique. Elle se double de divers dispositifs de contrôle médiatique, via la radio, le
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cinéma, la littérature ou la censure postale, alors que l’UPC clandestine peine à diffuser son propre récit faute de
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moyens. La répression touche également la presse indépendante, victime de pratiques de censure et d’arrestations
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ciblées contre ses journalistes les plus protestataires, dont plusieurs, tel que Marcel Bebey Eyidi, sont condamnés à
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des peines de prison.
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Enfin, la Commission, toujours soucieuse de penser le mouvement indépendantiste dans son contexte global,
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insiste sur l’intensification de la répression hors des frontières de tutelle. D’abord au Southern Cameroons, où le
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lobbying français, timidement accueilli au début par les autorités britanniques, se solde par des actions policières
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conjointes et l’expulsion des leaders de l’UPC, contraints de s’exiler au Soudan en juillet 1957. À l’Onu, la diplomatie
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répressive française perdure contre ceux et celles qui essaient de porter la voix de l’indépendance à New York : de
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nouveau, on retrouve les mêmes stratégies de blocage administratif des auditions devant la Quatrième Commission,
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une politique d’alliances inter-impériales au Conseil de Tutelle et à l’Assemblée générale, une propagande anti-upé-
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ciste via l’intervention de sa délégation permanente et du chef du Service des relations extérieures, Xavier Deniau.
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Les impasses géopolitiques et organisationnelles de l’Onu, habilement exploitées par les autorités françaises, péren-
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nisent la stratégie de musellement des upécistes. L’immense quantité de pétitions de protestation, envoyées à New
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York, ne peut être réellement traitée par les instances onusiennes, alors que la mission de visite envoyée sur place en
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octobre-novembre 1955, présidée par le diplomate haïtien Max Dorsinville censé investiguer, mais sans pouvoir de
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840 contrainte, le respect des accords de tutelle, est pieds et mains liés aux volontés des autorités coloniales.
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Cette section, à l’aide d’archives des services de renseignement français et des documents déclassifiés, met aussi
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l’accent sur les pratiques de « maintien de l’ordre » dans la guerre menée contre les upécistes. Avant mai 1955, les
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autorités ont multiplié les initiatives sécuritaires, souvent de façon ad hoc et peu coordonnée, pour contenir les
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upécistes, via le renforcement des dispositifs de Sûreté, de la police, de la gendarmerie, d’une garde supplétive et de
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l’appareil judiciaire, tout en procédant à des opérations de surveillance à l’étranger.
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L’interdiction de l’UPC en juillet entraîne la mobilisation accrue d’administrateurs, de magistrats, de militaires et
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de policiers français. De façon quasi expérimentale, des actions sont menées par l’administrateur Maurice Delauney,
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aidé d’une équipe de fidèles collaborateurs, qui déploie, dès 1956, des dispositifs sécuritaires et répressifs poussés
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en région Bamiléké afin d’éviter une extension de la guerre à l’ouest. Les réseaux de renseignement restent, certes,
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dispersés et parfois concurrentiels, mais ils façonnent une « culture de la surveillance » qui imprègne la société, se
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densifie au Cameroun, et s’exporte même en métropole. La répression policière se généralise à l’ensemble de la
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société coloniale, alternant entre contrôles d’identité, ciblage d’espaces de rassemblement tels que les marchés ou des
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domiciles privés, et surveillance des passages aux frontières. Le rapport souligne les pratiques d’arrestation préventive,
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des « rafles » qui, en plus de témoigner de l’arbitraire colonial et du recours à des mesures extra-légales, mettent à
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jour le recours à la torture et des personnes portées disparues – autant de violences observées en particulier dans les
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grandes villes, à l’ouest et dans le sud du Cameroun.
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Enfin, la section propose, pour compenser un angle mort de la recherche sur cette guerre de décolonisation,
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de nouvelles analyses sur la répression judiciaire contre les militant·es upécistes. Instrumentalisée par les autorités,
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qui hésitent au départ entre clémence et intransigeance, cette justice biaisée se montre de plus en plus répressive
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jusqu’en 1958, dans l’espoir de faire taire les voix nationalistes et de les pousser à la reddition, tandis que la défense
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des upécistes, représentée par des avocat·es français·es, est régulièrement obstruée, voire refusée. Une étude spécifique
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a permis d’établir qu’une cinquantaine de femmes ont été jugées et condamnées entre 1956 et 1958, pour leurs
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activités politiques, après la dissolution des organisations politiques upécistes. Si elles subissent ici un sort similaire
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aux hommes qui militent, elles sont aussi exposées à des modes de répression spécifiques dans les structures de la
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police ou en prison avec des tortures distinctives dirigées contre elles. Ces violences systématiques, traversent la
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période étudiée par la Commission et sont abordées également dans la section 3.
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Section 2
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Par ailleurs, les magistrats qui affirment leur indépendance vis-à-vis des autorités politiques et qui maintiennent
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une attitude mesurée dans leur exercice de la justice sont désavoués et rappelés en métropole. Les prisons, dont les
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conditions de détention sont dénoncées à l’époque, se révèlent aussi être des espaces répressifs où les mauvais trai-
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tements et la torture se déploient, dissimulés à l’opinion publique qui y est d’ailleurs peu concernée, tant le débat
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public est alors polarisé par « la question » en Algérie. Les assignations à résidence et la création de certains camps
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d’internement, dont celui de Bangou ou de Mbanga, sont progressivement envisagées comme des solutions extra-ju-
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diciaires à la lutte anti-upéciste. In fine, la section révèle l’intensité des pratiques policières et judiciaires employées
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contre l’UPC durant la guerre de décolonisation au Cameroun.
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Parallèlement à ces répressions politique, policière et judiciaire, se déploie une répression plus spécifiquement
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militaire. Le rapport propose un panorama précis de l’histoire des combattant·es upécistes en distinguant ses deux
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principales organisations paramilitaires : le CNO dans le sud du pays et le Sinistre de Défense nationale du Cameroun
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(SDNK) dans l’ouest. Ces groupes n’ont au départ aucune expérience de la guerre et sont peu dotés en armes perfec-
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tionnées. Le CNO et le SDNK se structurent derrière des leaders, respectivement Gorgon Foe et Pierre Simo qui
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réussissent à mener des actions de ‘guérilla’. Progressivement ils deviennent plus efficaces, mieux entraînés et armés
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grâce aux circulations matérielles et humaines se développant entre les maquis des différentes régions.
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Notre travail analyse de façon précise les dispositifs militaires déployés pour lutter contre le développement
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des maquis en Sanaga-Maritime. Il dresse d’abord un état des lieux des « forces de l’ordre » en 1956, pour mieux
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souligner que celles-ci se renouvellent avec l’arrivée de nouveaux acteurs militaires ayant en partage, notamment,
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l’expérience de la guerre d’indépendance indochinoise. Outre les acteurs civils et les administrateurs, la section s’at-
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tarde sur les cadres militaires, qu’ils dirigent la Zone de défense d’AEF-Cameroun (les généraux Dio et Le Puloch)
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ou le Cameroun (les colonels Whitehouse et Crest de Villeneuve), ou qu’ils agissent au sein des unités locales. Les
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trajectoires du lieutenant-colonel Lamberton, de même que celles de ses principaux subordonnés (Paul Gambini,
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Gabriel Haulin, ou Georges Conan) ou des officiers des Affaires africaines employés spécifiquement à des fins
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de renseignement dans les territoires stratégiques, sont ici retracées grâce à l’exploitation inédite de leurs dossiers
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de carrière. Cette approche permet de restituer l’état d’esprit de ces acteurs qui, traumatisés par leur défaite face
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au Viêt-Minh, et s’estimant alors exposés à un même type de menace « subversive », plaident pour l’adoption de 841
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nouvelles techniques répressives, adaptées à la stratégie « irrégulière » de leur adversaire. Inspirés par les réflexions
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de Charles Lacheroy sur la « guerre révolutionnaire », leur pensée stratégique consacre dès lors la population civile
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comme enjeu et objet de l’affrontement armé.
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Le rapport montre que les élections de décembre 1956 constituent un point de bascule vers l’affrontement
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armé au Cameroun, suite aux actions menées par le CNO. Est retracé le récit historique précis des événements qui
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entraînent le détachement de renforts dans une première zone d’exception : la Zone opérationnelle d’Éséka, théâtre
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d’une répression particulièrement brutale où se multiplient les arrestations et les opérations militaires, et dont le
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bilan s’élève à près de 300 victimes.
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À ce sujet, la Commission documente de manière inédite le massacre d’Ékité du 31 décembre 1956, en croisant
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les archives militaires et les témoignages de proches des victimes pour déconstruire le récit officiel, qui présente
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cette violence collective comme une contre-attaque légitime, alors qu’elle relève d’un assaut à l’encontre de civil·es
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désarmé·es. Cette première phase de violences extrêmes se solde par l’enracinement de la guerre, alors que les auto-
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rités coloniales maintiennent une forte répression judiciaire et politique. Les maquis se reconstituent et le CNO
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reprend sa lutte, incitant le Haut-Commissaire à créer une nouvelle zone d’exception – la « Zone de pacification »
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(Zopac) de la Sanaga-Maritime, dont l’entrée en vigueur, à compter de novembre 1957, favorise l’intensification
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de la guerre, sous l’égide du délégué du Haut-Commissaire à Douala, Daniel Doustin, et de son chef militaire, le
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lieutenant-colonel Jean Lamberton.
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Le rapport détaille les procédés d’organisation et de contrôle social dont les populations de la Sanaga-Maritime
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sont victimes, en amont même des opérations militaires stricto sensu : il montre que le commandement vise, en
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appliquant la « doctrine de la guerre révolutionnaire » (DGR), à les encadrer pour mieux faciliter la guerre contre
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les maquis. Il revient d’abord sur sa politique de déplacements forcés des civil·es vers des camps dits de « regroupe-
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ment », inspirés des méthodes mises en œuvre par l’armée française au Cambodge. À l’aide des archives militaires de
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la Zopac, le rapport livre un récit précis de la pratique, pleinement assumée par les militaires comme un instrument
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‘contre-révolutionnaire’ destinée à couper les liens familiaux ou sociaux entre les civil·es et les combattant·es. Les
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populations y sont l’objet d’une propagande intense de la part de l’administration coloniale et de l’armée française,
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qui préfèrent cependant parler, en la matière, d’« action psychologique ». Les caractéristiques propres de son appli-
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cation au Cameroun sont ici décortiquées, notamment au prisme des archives tenues par son principal artisan, le
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Synthèse conclusive
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journaliste André Boyer, en partie conservées aux archives diplomatiques de Nantes. Cette propagande montre
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de manière inédite que cette « action psychologique » se concentre progressivement dans les camps de « regroupe-
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ment », où elle doit contribuer à persuader les populations déplacées du « bien-fondé » d’un maintien des nouveaux
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« villages » au-delà de la répression des maquis et souligne également la généralisation de la précarité économique
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résultant de leur déracinement.
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Notre étude détaille également les enjeux, les modalités et les conséquences des opérations militaires menées
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dans la Zopac. Elle met ainsi en lumière le rôle crucial joué par la recherche du renseignement, objet de toute
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l’attention des militaires. Tout en décrivant ses processus de recherche, le rapport déconstruit l’argumentaire du
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lieutenant-colonel Lamberton, qui affirme privilégier alors la manipulation psychologique des prisonnier·ères pour
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mieux se dédouaner des violences commises sous ses ordres : bien que rares, des sources écrites ou orales permettent
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de rendre compte des pratiques de torture. Elles sont au fondement de la chaîne d’actions qui rend possible les
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opérations spécifiques menées dans le cadre de la ‘guerre contre-révolutionnaire’ : actions de « surveillance » et
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opérations de terrain pratiquées en petites unités par le biais, parfois, de « ratissages » massifs. Passées au crible
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d’un discours critique de leur sémantique, les archives des journaux de marches et des opérations d’unités, laissent
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entrevoir les violences alors exercées arbitrairement contre les combattant·es, mais également contre les civil·es,
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comme le meurtre des « fuyard·es abattu·es », un terme qui fait ici écho aux violences de la guerre d’indépendance
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algérienne. L’objectif des militaires est de détruire les maquis en visant plus spécifiquement leurs chefs, tel que le
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chef de l’état-major du CNO, Isaac Nyobè Pandjock, tué par une patrouille française le 17 juin 1958, et surtout le
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principal leader de l’UPC, Ruben Um Nyobè.
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Le rapport consacre une approche complète de la traque qui conduit à son assassinat, le 13 septembre 1958,
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en croisant les archives disponibles et les témoignages oraux, dont il souligne les divergences et leurs poids sur la
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mémoire du conflit. Sa mort est l’occasion de saisir ses documents, parmi lesquels se seraient trouvés ses célèbres
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carnets personnels, constitués, notamment, de descriptions oniriques. Les recherches de la Commission ont montré
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qu’ils ne sont pas aujourd’hui conservés dans les archives françaises et que la seule retranscription publiée par le
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journaliste Georges Chaffard, dont les archives ont été confiés par sa famille à la Commission, n’est, en fait, que la
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transposition d’un bloc-notes écrit et fourni par le lieutenant-colonel Lamberton lui-même, invitant l’historien·ne
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842 à se montrer prudent·e sur son origine.
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Pour finir, la section tente d’esquisser un bilan de cette répression après la dissolution de la Zopac, deux mois
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après la mort du Mpodol. Déconstruisant le discours sur les « ralliements » des upécistes qui sont autant de redditions
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déguisées en pseudo-actes d’allégeance, elle souligne aussi l’importante mortalité (de 355 à 400 morts) de ces « opéra-
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tions de maintien de l’ordre », très largement en deçà de la réalité que ses protagonistes assument comme une guerre.
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Section 3
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Les autorités françaises au cœur du processus de transition camerounaise (1958-1964) : un tournant ?
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La réflexion engagée, dans cette section, sur le « moment 1960 », durant lequel est discuté la fin officielle de la
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tutelle sur le Cameroun, montre que l’indépendance formelle ne constitue absolument pas une rupture nette avec
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la période coloniale. Celle-ci marque au contraire l’entrée dans un processus de transition politique, qui s’étend
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de février 1958 à avril 1965, une période loin de mettre un terme à l’implication des autorités françaises dans la
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répression des mouvements désormais d’opposition – ce que la nouvelle situation institutionnelle du Cameroun
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aurait dû faire cesser au nom de l’indépendance et du principe de souveraineté.
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Sont examinés les tenants et les aboutissants d’un débat important visant à qualifier au plus juste les nouvelles
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relations issues de cette transition qui, bien qu’étant asymétriques, reposent sur une forme de collaboration dont
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s’emparent certain·es acteur·rices du pays. Au premier chef, Ahmadou Ahidjo, outsider du jeu politique camerounais,
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originaire du nord, qui occupe un rôle central dans cette période de transition largement pilotée par la puissance
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tutélaire : il devient « l’homme des Français ». Sa nomination comme Premier ministre (février 1958), précède de
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peu la crise de mai 1958, qui, en favorisant le retour du général de Gaulle au pouvoir, consacre un nouveau président
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favorable à la préservation de l’influence de la France en Afrique subsaharienne et a fortiori, au Cameroun. Alors qu’un
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statut transitoire est adopté pour accompagner le processus d’indépendance, le rapport met en lumière le rôle joué par
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la mission de visite du Conseil de Tutelle de l’Onu qui se rend, en octobre 1958 dans un Cameroun aux allures de
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Section 3
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village « Potemkine » tant son enquête, dans un contexte de fortes tensions, est une fois de plus limitée et contrôlée.
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Les conclusions de la mission, acquise à la rhétorique anti-upéciste, l’amènent in fine à soutenir sans concession le
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gouvernement camerounais, qui obtient la fin de la tutelle de l’Onu en mars 1959, tout en confisquant la parole
|
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de ses citoyen·nes sur les formes du régime à venir. Le rapport insiste alors sur la manière dont Ahidjo, président
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du nouvel État en avril 1960, son gouvernement et quelques responsables politiques camerounais, construisent un
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régime autocratique et autoritaire avec le soutien des autorités françaises, représentées par des conseillers et des admi-
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nistrateurs qui accordent leur blanc-seing aux mesures répressives alors adoptées. Le travail de la Commission montre
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que certains acteurs français accompagnent aussi la rédaction de la Constitution du Cameroun, dont Michel Debré,
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alors garde des Sceaux, qui est promulguée en mars 1960 et modifiée en 1961 avec la création d’une République
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fédérale. Celle-ci installe un régime présidentiel fort qui, malgré la levée de l’interdiction de l’UPC en février 1960,
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continue à réprimer ses militant·es et ses leaders – qui, à la différence de la plupart des acteurs du champ politique
|
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camerounais, refusent de se « rallier » au parti « unifié », puis « unique », qu’Ahidjo leur impose alors.
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Soucieuse de caractériser la transition politique camerounaise contrôlée par les autorités françaises, cette section
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offre aussi une étude minutieuse de l’ensemble des accords dits de « coopération » marqué par un processus de
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négociation déséquilibré entre acteurs camerounais et français. Celui-ci s’échelonne de 1958 à 1961 et se traduit par
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l’adoption de textes provisoires puis par leur officialisation sous la forme de traités bilatéraux, dont certains restent
|
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secrets au bénéfice des intérêts français. Au-delà des secteurs économiques, culturels et judiciaires, le volet militaire
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de ces textes, les accords de Défense, envisage la poursuite de la participation de l’armée française au « maintien
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de l’ordre ». Le rapport montre ainsi à quel point l’accord trouvé entre les deux gouvernements est le fruit d’une
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conjonction d’intérêts, qui souligne leur interdépendance naissante : pour le gouvernement camerounais, il s’agit
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d’assurer sa stabilité et des moyens militaires conséquents dans un contexte où l’action armée de l’Armée de Libération
|
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Nationale du Kamerun (ALNK), nouvelle organisation militaire de l’UPC, tend à s’intensifier ; pour le gouver-
|
||
nement français, il s’agit d’œuvrer, au-delà du bon déroulement d’une décolonisation scrutée à l’international, au
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||
maintien d’un chef d’État sur lequel il a parié pour garantir la pérennité de son influence en Afrique. Légitimant
|
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ainsi le maintien, et même le renforcement des troupes françaises au Cameroun, ces textes créent les conditions
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d’une continuité postcoloniale de la participation de la France à la répression de mouvements d’opposition – dans
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||
un pays pourtant, en théorie, désormais « indépendant ». 843
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Notre étude souligne également comment le gouvernement français, via son ambassade, son réseau consulaire
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et ses coopérant·es, s'adaptent au nouveau régime autoritaire pour préserver leur influence dans un jeu de realpo-
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litik jusqu’ici peu étudié, mais déterminant dans l’évolution des logiques répressives. Ce positionnement français
|
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s’incarne à travers l’installation du premier ambassadeur, Jean-Pierre Bénard, dont le parcours est très précisément
|
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retracé. Le rôle de cet ambassadeur est de relayer à Paris « la température » des relations avec le régime. Le rapport
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montre que, longtemps présenté comme une éminence grise, son rôle de conseil auprès du président Ahidjo est
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||
plus complexe : l’exploitation des fonds archivistiques de l’ambassade souligne l’évolution des rapports entre ces
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deux acteurs, rapidement unis dans une communauté d’intérêts qui les amène à se soutenir mutuellement, mais qui
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révèle que Jean-Pierre Bénard doit de plus en plus composer avec un président et un certain nombre de responsables
|
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camerounais qui souhaitent agir de manière autonome. La coopération française est aussi particulièrement marquée
|
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au sein de la justice. La mise en place d’un « état d’urgence » au Cameroun s’inspire des mesures existant en France
|
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au début de la Ve République, probablement à cause de la présence de spécialistes du droit dans la coopération. De
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leur côté, les magistrats s’insèrent dans les rouages d’un appareil judiciaire camerounais tourné vers la répression de
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||
l’opposition politique, ce qui crée des tensions avec leur ministère de tutelle. Le rapport montre que la position des
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||
autorités françaises consiste alors à soutenir le régime d’Ahidjo en évitant la compromission de coopérants français
|
||
dans les procès politiques, tels ceux d'André-Marie Mbida, Charles Okala, Marcel Bebey-Eyidi et Théodore Mayi
|
||
Matip en 1962. Cela n’empêche pas les magistrats de jouer un rôle majeur dans l’évolution autoritaire, mais la section
|
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démontre que leur influence régresse au fur et à mesure de la camerounisation de l’État, à l’exemple du magistrat
|
||
Francis Clair, conseiller juridique du ministre des Forces armées, Sadou Daoudou. Si son influence est déterminante
|
||
sur la recomposition de la législation pénale, elle se heurte, lors de la réforme de la justice militaire d’octobre 1963,
|
||
à la détermination des décisionnaires camerounais.
|
||
Cette section montre également la part active jouée par les coopérants français, dans la transmission d’un appareil
|
||
sécuritaire au Cameroun indépendant, en particulier dans la création d’une Sûreté fédérale et d’une police politique, le
|
||
Service des études et de la documentation (Sedoc), au service de la répression des opposant·es. Le coopérant Maurice
|
||
Odent en est l’architecte majeur, avant de céder la place au policier camerounais Jean Fochivé. Les « réseaux » de
|
||
Jacques Foccart, le Secrétaire général aux Affaires africaines et malgaches, conseiller du président Charles de Gaulle,
|
||
sont aussi au cœur des contributions françaises au « maintien de l’ordre » dans le Cameroun indépendant : d’abord
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||
Synthèse conclusive
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via des actions de surveillance organisées par les services de renseignement français, en particulier le Service de la
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documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), mais aussi à l’aide de coopérants qui participent, au
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||
Cameroun et en France, à la formation de policiers. À l’aide d’archives françaises déclassifiées, le rapport met aussi
|
||
en avant le rôle de coopérants français dans des unités de recherche de renseignement, les Brigades mixtes mobiles,
|
||
qui déploient, au nom de la lutte anti-upéciste, de nombreuses violences. Ainsi, les trajectoires des principaux prota-
|
||
gonistes comme Georges Conan, André Gerolami, Ernest Charoy ou Henri Grattarola sont retracées afin d’identifier
|
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leur rôle exact jusqu’en 1962. À l’aide de témoignages oraux, et à rebours des non-dits des archives écrites, le rapport
|
||
éclaire en particulier le recours à la torture lors d’interrogatoires menés par ces unités sous commandement de policiers
|
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français. Ces pratiques de renseignement et de « maintien de l’ordre », réappropriées par les autorités camerounaises
|
||
après le départ des coopérants, montrent le legs colonial que constitue la routinisation de la violence politique.
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Pour pleinement saisir la dimension globale et connectée de la répression, cette section reconstitue aussi l’influence
|
||
française dans le processus de réunification avec les zones administrées jusqu’alors par le Royaume-Uni. Celle-ci
|
||
passe, d’abord, par une collaboration étroite avec les autorités britanniques afin de faire disparaître l’UPC du Southern
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||
Cameroons par le recours à des arrestations ciblées et des expulsions vers la zone sous administration française. Elle
|
||
pousse les Britanniques à mener une guerre avec leurs propres troupes d’octobre 1960 à septembre 1961, période
|
||
pendant laquelle le Southern Cameroons n’est plus administré par le Nigeria, mais directement par Londres. Cette
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collaboration se caractérise également à partir de 1958, par un soutien actif à la réunification, une des revendications
|
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de l’UPC, désormais instrumentalisée par les autorités françaises. Après l’indépendance du Cameroun sous tutelle
|
||
française, elles poursuivent leur action de lobbying auprès des différents acteurs camerounais, lors du référendum
|
||
favorable de février 1961 et à l’occasion de la conférence de Foumban, en juillet 1961. Si le Northern Cameroons
|
||
obtient son indépendance en intégrant le Nigeria, le Southern Cameroons devient indépendant en rejoignant la
|
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République du Cameroun en octobre, à la faveur d’un interventionnisme français pensé au nom de la stabilité du
|
||
régime d’Ahidjo. Cette action hors des frontières de l’ancienne tutelle est doublée d’interventions, parfois violentes,
|
||
contre les upécistes installé·es à l’étranger. Elles concernent d’abord les étudiant·es vivant en France, dont certains
|
||
sont expulsé·es sur demande du gouvernement camerounais : si les autorités françaises consentent à faire interdire
|
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844 la section en France de l’UPC en 1963, le rapport signale aussi leur progressive réticence à procéder à ces mesures
|
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répressives sur le territoire métropolitain, pour des raisons de droit et par désintérêt progressif pour ce type d’action.
|
||
Celles-ci sont toutefois conscientes de la nécessité de surveiller étroitement les leaders upécistes en exil, d’abord au
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Caire où ils et elles se sont réfugié·es en septembre 1957, puis dans d’autres États alliés à leur cause, au Ghana, en
|
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Guinée et dans certains pays de l’est. Toutefois, cette surveillance a une efficacité de plus en plus limitée. Les échecs
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des actions upécistes à l’Onu, leurs divisions internes et la politique étrangère du Cameroun affaiblissent la stratégie
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diplomatique du mouvement à l’international, alors incarnée par son principal leader, Félix-Roland Moumié.
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Sa morte porte d’ailleurs un coup d’arrêt presque total à cette stratégie. Son décès par empoisonnement le 3
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novembre 1960 révèle les stratégies françaises déployées pour mettre fin, notamment, au projet de gouvernement
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révolutionnaire provisoire kamerunais pensé par le président de l’UPC en Guinée. À partir d’archives suisses et
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françaises déclassifiées, le rapport offre d’importantes précisions sur la trajectoire de l’assassin de Moumié, William
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Bechtel, agent dormant expérimenté, déjà sollicité pour des covert actions au service du Sdece. Notre récit reconstitue,
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||
heure par heure, le scénario de cet empoisonnement perpétré dans un restaurant genevois, alors que Bechtel a réussi
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à approcher le leader upéciste en se faisant passer pour un journaliste. Sous mandat d’arrêt, Bechtel, protégé par
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divers soutiens militaire et politique, n’est arrêté que quinze ans plus tard : jugé en Suisse en 1980, il bénéficie d’un
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non-lieu. Le rapport caractérise la chaîne de décisions à l’origine de cet assassinat, par essence secret, mais discuté
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par plusieurs acteurs, impliquant notamment des autorités françaises souhaitant protéger la viabilité du régime
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d’Ahidjo sur le long terme. Le rapport montre qu’il s’agit d’un assassinat politique impliquant la responsabilité du
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gouvernement français.
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Insérées dans le contexte politique et diplomatique posé, les années 1958-1964 constituent aussi un tournant
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sur le plan militaire. Le rapport s’est en grande partie appuyé sur des archives militaires, notamment les dossiers de
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carrière des hommes au cœur du dispositif, sur les archives privées du général Max Briand mises à la disposition de
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la Commission ainsi que sur de nombreux témoignages, pour offrir une analyse précise du réinvestissement massif
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des troupes françaises dans la répression des mouvements d’opposition et notamment du « bras armé » de l’UPC,
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l’ALNK après janvier 1960.
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Les violences atteignent leur paroxysme lors du premier semestre de l’année 1960, du fait de l’impératif fixé à
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l’armée française de réduire au maximum, avant les élections législatives d’avril 1960, la capacité d’action de l’ALNK
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Section 3
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sur le terrain. Les archives militaires ont permis de dresser un historique précis des maquis, soulignant les dépla-
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cements sur le terrain des groupes de combattant·es comme les rivalités croissantes entre leurs chefs. Les stratégies
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et tactiques des chefs au sommet du dispositif de l’ALNK ont pu être clarifiées, notamment les rôles de Martin
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Singap à partir de 1959 et d’Ernest Ouandié qui lui succède en 1961. L’originalité du rapport consiste à montrer
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que ces maquis ne se réduisent pas à l’ouest du Cameroun, mais qu’ils persistent aussi en Sanaga-Maritime et dans
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le Nkam. Les groupes de combattant·es sont généralement dirigés par différents leaders entre lesquels les rivalités
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s’exacerbent : Martin Singap et Paul Momo dans l’ouest, Étienne Bapia et Makanda Pouth en Sanaga-Maritime.
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Ces actions armées s’étendent jusque dans les villes camerounaises, en particulier Douala qui voit se développer des
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stratégies de ‘guérilla’ urbaine, jusqu’ici moins bien étudiées : la Commission a pu éclairer le déroulé de plusieurs
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attaques menées contre des lieux où vivent les Européen·nes, la nuit du 27 juin 1959, le 30 décembre 1959 et en
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avril 1960 – des stratégies poursuivies jusqu’en 1961.
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La section souligne également la réaction des autorités françaises à cette recomposition de la lutte armée, en
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analysant les nouveaux dispositifs pensés à l’approche de l’indépendance et qui constituent le cadre militaire dans
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lequel est menée la répression sur le terrain. L’un des principaux apports de la Commission est ici de proposer une
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chronologie institutionnelle des dispositifs, mais aussi un récit non linéaire de l’implication militaire française,
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marquée par des hésitations entre 1958 et 1961 dont la manifestation la plus emblématique reste la succession de ces
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dispositifs d’exception. Le rapport montre ainsi que la période de novembre 1958 à avril 1959 marque un premier
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reflux de l’armée française dans l’ouest du pays : les nouveaux enjeux du « maintien de l’ordre » à l’approche de
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l’autonomie réfrènent l’administration et le gouvernement camerounais, qui se refusent à autoriser la reproduction
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des moyens militaires utilisés en Sanaga-Maritime par crainte qu’ils leur aliènent les élites et les populations locales
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en prévision de l’indépendance et des élections législatives qui doivent s’ensuivre. La situation mécontente les
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militaires français qui accélèrent leur repli dans les garnisons, mais la multiplication des actions armées de l’ALNK
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alimente la crainte d’une perturbation du processus de transition. Les deux gouvernements s’accordent alors sur
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un réinvestissement de l’armée française dans l’ouest du Cameroun, où se déploient, à partir de janvier 1960, de
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nouveaux responsables militaires – dont les principaux sont le général Briand et les lieutenants-colonels Gribelin et
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Laurière entre février 1960 et janvier 1961. Leurs parcours sont l’objet d’une présentation inédite, qui souligne leur
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expérience partagée de l’Indochine, mais aussi et surtout de la guerre d’indépendance algérienne. Sous commande- 845
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ment français, mais sous l’autorité du gouvernement camerounais, les opérations militaires s’intensifient alors, au
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prix de milliers de vies humaines et d’un bouleversement global de la société rurale locale. Elles sont d’autant plus
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massives et brutales, qu’elles doivent permettre un désengagement rapide des nombreuses troupes françaises investies
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dans un pays désormais indépendant.
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Notre travail propose également une approche inédite du rôle de la Mission militaire française (MMF) chargée
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d’organiser la création, la formation et l’encadrement de l’armée camerounaise. Tissant un historique précis de ce
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processus, elle souligne qu’il suscite des tensions entre Paris et Yaoundé, et surtout entre le général Briand et le
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général Sizaire, commandant de la Zone d’Outre-mer (ZOM) n°2, dont les archives, jusqu’ici peu étudiées, sont
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ici largement exploitées. Intervenant directement auprès du Premier ministre Debré, le premier s’évertue à ralentir
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le désengagement des troupes de la Zom n°2, puis à maintenir des unités dans l’ouest du Cameroun où elles conti-
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nuent à participer aux opérations militaires jusqu’en janvier 1962. Le massacre de Tombel, en août 1961, dont le
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rapport révèle l’importance, amorce la fin de cet ultime investissement militaire français : ne restent plus, dès lors,
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que les coopérants de la MMF, le colonel Blanc, chef de l’armée camerounaise jusqu’en 1966, et les commandants
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Le Gales et Dumas, chargés d’encadrer les bataillons camerounais. Le rapport montre que leur influence est cepen-
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dant progressivement mise à mal par la camerounisation de l’appareil militaire, soulignant la capacité croissante des
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cadres camerounais à agir en fonction de leurs propres intérêts, loin de l’image d’acteurs dominés unilatéralement
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par les coopérants français.
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Après 1960, on observe une intensification des opérations conduites sur le terrain, mais aussi dans les déplace-
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ments forcés de civil·es, : l’analyse de leur histoire, et donc de celle des camps de « regroupement » dans l’ouest du
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Cameroun, est l’un des apports majeurs de la Commission. La troisième section déconstruit d’abord la rhétorique
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militaire qui les présente comme autant de « retours à la légalité » : bien loin d’être « volontaires », les populations
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sont contraintes de se « regrouper » dans des camps surveillés par l’armée, appuyée par l’administration locale.
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Cette partie dresse un historique précis de la pratique : elle en souligne ainsi les principales dynamiques, nomme les
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groupes sociaux concernés, propose un état des lieux du bouleversement introduit dans la répartition spatiale de la
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population – tout en soulignant que l’armée camerounaise s’en approprie progressivement la pratique, opérant des
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« regroupements » en Sanaga-Maritime et dans le Nkam.
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Synthèse conclusive
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Par ailleurs, le rapport revient en détail sur les stratégies d’encadrement des populations civiles, notamment la
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mise en œuvre d’une politique d’« autodéfense » : là encore, la section propose d’approfondir un récit chronologique
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jusqu’alors ténu, des premières expériences menées dans l’arrondissement de Mbouda, à leur généralisation dans les
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camps de « regroupement » de la région Bamiléké. Les « autodéfenses » jouent un rôle crucial dans la structuration
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et la surveillance de ces derniers, objet d’une sous-partie inédite dans le rapport de la Commission, qui pointe le rôle
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des militaires français grâce à de nouveaux témoignages recueillis par l’Institut national des études démographiques
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(Ined) auprès des populations déplacées. Ce texte rappelle aussi que l’élite des « autodéfenses » est enrôlée dans des
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unités supplétives – les commandos de la « garde civique », impliqués dans les opérations militaires. Leur histoire
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est mise en valeur pour mieux souligner le rôle crucial des officiers français, du capitaine Plissonneau, chargé de
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leur instruction, à l’administrateur Maurice Quezel-Colomb qui en encadre la formation « civique », en passant
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par les nombreux officiers de gendarmerie les dirigeant sur le terrain, même après 1961. Le rapport montre que
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les « gardes » sont des acteurs majeurs de la guerre : ils développent des pratiques souvent arbitraires à l’égard des
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civil·es, notamment dans les camps de « regroupement » où leurs violences ont laissé une trace indélébile dans les
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mémoires collectives.
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La Commission détaille enfin les violences commises au cours ou en marge des opérations militaires, contre
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les combattant·es et les civil·es, en soulignant notamment le mitraillage et le bombardement aérien d’habitations,
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particulièrement importants dans l’ouest du pays. L’étude des rapports émanant de l’armée de l’Air permettent de
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confirmer que le napalm n’a pas été utilisé au Cameroun, mais que des cartouches incendiaires, particulièrement
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dévastatrices, ont été commandées par le général Briand et utilisées, notamment en avril-mai 1960. Elles provoquent
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des destructions et incendies de cases, sans qu’il soit possible de fixer un bilan exact du nombre de victimes.
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Néanmoins, la Commission tient à rappeler que la mortalité de ces opérations reste conséquente : si le cumul des
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estimations militaires officielles permet d’évaluer le nombre de « combattant·es tué·es entre 1956 et 1962, période
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de plus forte implication des troupes françaises, à quelques 7500 individus, la prise en compte des victimes totales
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s’élève plus probablement à plusieurs dizaines de milliers de Camerounai·ses.
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Dans ces violences, le rapport s’est intéressé à la traque des leaders les plus importants de l’ALNK comme Paul
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Momo et Jérémie Ndéléné qui sont tués tous les deux en novembre 1960. L’étude des archives militaires françaises
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846 et celle de la sous-préfecture de Mbouda ont permis de retracer que le premier est tué lors d’une opération menée à
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Bahouan par l’adjudant-chef français Raymond Bechet. Le second, Jérémie Ndéléné, est lui tué à Bamendjo dans une
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opération menée par le capitaine Plissonneau, deux opérations conduites sur le terrain par des cadres français et des
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auxiliaires camerounais. Malgré nos recherches actives, il a été toutefois difficile d’approfondir certains événements
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sur lesquels la Commission avait à cœur de progresser, comme l’incendie du quartier Congo, à Douala le 24 avril
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1960 : aucune nouvelle source n’a permis de confirmer la présence de militaires français, ni d’actions menées à leur
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demande. La répression française est également associée à des lieux traumatiques comme les chutes de la Metche,
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dans l’ouest, près de Bafoussam. L’étude du dossier de carrière du gendarme André Houtarde, retrouvé par la
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Commission, les témoignages de la famille de l’écrivain Jacob Fossi, ceux du chef Soukoudjou (roi des Bamendjou)
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et de Michel Clerget (fils du gendarme Jean Clerget commandant la brigade de Bafoussam) confirment néanmoins
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le fait que des prisonnier·ères, dont l’identité n’est pas précisée, y ont été jeté·es par des unités sous commandement
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français et qu’une opération de cette nature a eu lieu en septembre 1959.
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À la vue de l’intense répression déployée sur le terrain, entre 1958 et 1965, et des traumatismes toujours présents
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dans les mémoires locales, la Commission s’est interrogée sur l’emploi du mot « génocide » en confrontant sa défi-
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nition et sa jurisprudence aux arguments développés par des acteurs de l’époque et des ouvrages contemporains,
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pour qualifier cette période de la répression militaire. Si la Commission ne dispose d’aucune compétence juridique
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pour qualifier de ces pratiques de « génocidaires », il est indéniable que ces violences ont bien été extrêmes car elles
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ont transgressé les droits humains et le droit de la guerre.
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Section 4
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Section 4
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Entre interdépendance et émancipation : quelles influences françaises dans la répression
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des mouvements d’opposition au Cameroun entre 1965 et 1971 ?
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La quatrième et dernière section insiste sur la reconfiguration, entre 1965 et 1971, des relations d’interdépen-
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dance entre la France et le Cameroun, ici perçues au prisme des enjeux politiques, diplomatiques et militaires liés à
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la continuité de la répression des mouvements dits d’opposition au régime du président Ahidjo. S’il a été impossible
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de mobiliser la plupart des archives camerounaises postérieures à 1964, les recherches menées par la Commission
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ont permis de réunir, en quantité et en valeur suffisamment conséquentes, d’autres sources alternatives, dont les
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écrits de coopérants militaires ou les archives privées de l’ambassadeur Francis Huré, pour aborder empiriquement
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cette vaste question encore largement méconnue. Cela a permis de restituer la complexité de cette interdépendance,
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pour souligner autant la capacité d’influence de la France au Cameroun que ses limites croissantes.
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Cette section se concentre d’abord sur l’évolution de la coopération militaire, qui conduit à la création de l’As-
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sistance militaire technique (AMT) en 1965. Elle étudie le parcours de ses principaux acteurs afin de situer leur
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influence réelle au sein de l’armée camerounaise : de celle du colonel Blanc, que le président Ahidjo s’emploie à
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conserver comme conseiller alors qu’il est rappelé en France dans un moment de rupture, à celles de coopérants moins
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connus. Ainsi, le rapport pointe le rôle essentiel du colonel Desgratoulet auprès du ministre des Forces armées, ou
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des colonels Renan et Varney, conseillers de l’ambassadeur de France, dont l’action permet notamment d’assurer
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l’équipement matériel des unités camerounaises. Le rapport quantifie cette aide et les voies qu’elle emprunte pour
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alimenter l’effort de guerre camerounais. Il montre ainsi que la fourniture d’équipement militaire dépend à la fois
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d’une procédure « normale » fixée par les accords de 1960, mais aussi de cessions plus exceptionnelles, assurées par
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l’entremise des réseaux d’acteurs reliant Ahidjo à Jacques Foccart via l’ambassade – et ce, au détriment des positions
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du ministère de la Défense nationale, Pierre Messmer. L’installation du « second front » de l’ALNK sur la frontière
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congolaise, épisode encore peu connu que cette section vient éclairer, en souligne tous les enjeux : des combattant·es
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upécistes s’installent à l’arrière de la frontière sud, sous l’impulsion de Castor Osendé Afana et avec l’appui potentiel 847
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du régime d’Alphonse Massamba-Débat à Brazzaville, à compter de 1965.
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Si, pour Ahidjo, ce soutien français est nécessaire à la répression de l’opposition, le gouvernement français entend,
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en retour, favoriser ce partenaire africain afin d’assurer ses débouchés commerciaux et industriels ou de lui imposer
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un certain conformisme diplomatique à l’égard de ses propres positions à l’Onu. Si la contrainte française pèse sur
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la latitude d’action du président camerounais, cette partie souligne aussi la capacité de ce dernier à instrumentaliser
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l’interdépendance pour obtenir le matériel dont son armée a besoin, mettant à profit un contexte postcolonial qui
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l’a consacré au sommet de l’État ; il n’hésite pas à faire planer sur l’influence française, la menace des effets délétères
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que pourraient avoir la fragilisation de son pouvoir personnel. S’il obtient souvent satisfaction, notre récit montre
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l’issue fluctuante de ses tentatives à l’égard d’un partenaire qui n’est pas toujours à même de lui fournir l’aide militaire
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souhaitée, ni d’ailleurs enclin à le faire, ce qui favorise la recherche d’autres fournisseurs. Cette dimension stratégique
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des acteurs camerounais, dont la section souligne qu’elle s’accentue à tous les échelons avec la camerounisation de
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l’appareil militaire, réduit in fine l’influence française – sans jamais la faire disparaître.
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Néanmoins, le rôle et la responsabilité française dans la répression des mouvements d’opposition perdure après
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1965. Outre le fait que des coopérants militaires soient maintenus, à la demande d’Ahidjo, à des fonctions de
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commandement au sein de la marine et de l’aviation, le personnel de l’AMT joue un rôle crucial en assurant direc-
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tement la formation des cadres subalternes et supérieurs dans les écoles militaires du Cameroun, puis en organisant
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leur perfectionnement par des stages en France. Le rapport souligne le rôle de ces réseaux d’enseignement sur les
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représentations des officiers et hauts-fonctionnaires camerounais, pour qui la DGR constitue un incontestable legs
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colonial. Enracinée dans la pensée stratégique de l’armée nationale au moment où celle-ci se construit, elle en vient à
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constituer l’un des fondements doctrinaux du régime d’Ahidjo. Chiffres à l’appui, il démontre la routinisation d’une
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répression envers la société : l’encadrement des civil·es constitue un enjeu constant pour le pouvoir camerounais, qui
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recourt aux déplacements forcés, ou à des campagnes d’« action psychologique » à destination des populations déjà
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« regroupées ». Cette section montre que ce legs s'accompagne aussi d'une réappropriation et d'une adaptation par
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le régime Ahidjo menant des « campagnes antiterroristes » qui, si elles s’inspirent des précédents français, ont aussi
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un caractère original et une ampleur inédite. Les témoignages rassemblés par la Commission permettent par ailleurs
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de souligner la violence de cette répression, que l’ambassade de France relève, tout en soutenant le renforcement
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du régime autoritaire d’Ahidjo. Elle a bien conscience que la guerre contre l’UPC constitue désormais un prétexte
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Synthèse conclusive
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sécuritaire employé par un régime allié pour se maintenir : l’essentiel reste de maintenir les conditions d’une inter-
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dépendance garantissant l’influence française. Le gouvernement français en approuvant, soutenant et conseillant
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un État autoritaire s’est placé en contradiction avec ses valeurs républicaines, démocratiques et de respect du droit
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humanitaire.
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Ainsi, les opérations militaires ont durablement bouleversé le peuplement rural camerounais. Les lieux vers
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lesquels l’armée française a déplacé de force, entre 1958 et 1961, des centaines de milliers de Camerounais·es, en
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Sanaga-Maritime et en région Bamiléké, ne disparaissent pas avec le départ des troupes militaires. Leur maintien
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constitue un problème économique et social pour le gouvernement camerounais qui privilégie, dans les faits, la
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« lutte antiterroriste » au développement économique et social. Notre recherche a permis d’esquisser le quotidien
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des camps de « regroupement », qui pour la plupart se maintiennent jusqu’à la fin de la répression des maquis au
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début des années 1970. Ils imposent alors aux civil·es des conditions d’existence particulièrement précaires : « déra-
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cinement », perte des moyens de production, insuffisance des ressources vivrières, misère et précarité, promiscuité
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et insalubrité – surmortalité et introduisent également une transformation plus durable du peuplement rural.
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Enfin, cette quatrième section traite de l’ultime épisode de la guerre contre l’UPC, au prisme d’une approche
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novatrice des procès de Yaoundé et particulièrement de ceux d’Ernest Ouandié et Albert Ndongmo en janvier 1971.
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Elle repose sur l’utilisation approfondie de sources originales, provenant notamment du « fonds Foccart » et des
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archives du Comité international de défense d’Ernest Ouandié (Cideo), ou des témoignages d’acteurs de premier
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plan – notamment Mathieu Njassep – mettant en valeur l’intrication des procédures judiciaires, des tractations
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diplomatiques et des mobilisations internationales. A contrario des accusations évoquant « la main de la France »
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derrière cette affaire, le récit précis des événements permet de souligner l’absence de responsabilités françaises dans
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l’arrestation, le procès et l’exécution du dernier grand leader de l’ALNK. La Commission offre même une analyse
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circonstanciée des luttes d’influence auxquelles se livrent les différents services français, alors divisés en deux blocs.
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D’un côté, le ministère de la Justice, René Pleven, le ministre des Affaires étrangères, Maurice Schumann et la prési-
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dence de la République française, sont favorables à l’organisation d’un procès équitable permettant de respecter les
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droits de la défense et à l’abandon des exécutions capitales. De l’autre, la direction des Affaires africaines et malgaches
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et l’ambassade de France à Yaoundé se retranchent derrière le respect de la souveraineté camerounaise et le principe
|
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848 de non-intervention. L’analyse des négociations et des tractations souligne l’influence prépondérante de ce second
|
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bloc autour du président Ahidjo, auprès de qui l’ambassadeur, Philippe Rebeyrol, joue les porte-voix en particulier
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autour de la question des avocats de la défense, soumis à des pressions de la part du régime camerounais : tous sont
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commis d’office par peur d’être associés à l’affaire pour laquelle ils plaident. Une affaire, dont cette quatrième section
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souligne également l’écho international, tant du fait de la mobilisation pour un procès juste et équitable, ainsi que
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son instrumentalisation par Ahidjo, afin de marquer davantage encore son indépendance à l’égard de la France,
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en faisant peser notamment la menace d’une révision de la convention judiciaire et plus largement des accords de
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coopération de 1960. Elle survient d’ailleurs dès 1972, soulignant un reflux de l’influence française au Cameroun.
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Enfin, cette dernière section propose une réflexion sur les échos de cette affaire, au-delà des bornes chronologiques
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imparties à la Commission, pour bien souligner que ces procès ne mettent pas un terme à l’interdépendance fran-
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co-camerounaise en matière de répression. Celle-ci a des répercussions sur le territoire français, du fait de la volonté
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du régime Ahidjo de contrôler les Camerounais·es présent·es en France, qu’il estime potentiellement enclin·es à
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verser dans l’opposition. Reste qu’en la matière, ses pressions diplomatiques ne jouent pas en sa faveur, et le rapport
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entend souligner ici le positionnement nuancé des autorités françaises : les hésitations à l’égard de l’expulsion d’Abel
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Eyinga, potentiel candidat à l’élection présidentielle, soulignent à la fois la volonté française de ne pas menacer la
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préservation des relations d’indépendance, mais aussi celle de faire primer l’État de droit. La censure de l’ouvrage
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de l’écrivain et enseignant Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun, publié en 1972, illustre une même logique que
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retrace le rapport. Demandée par le gouvernement camerounais, elle illustre les concessions faites par les autorités
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françaises. Celles-ci, divisées sur les modalités de la censure, acceptent de faire interdire la publication considérée
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comme « étrangère » après avoir contesté la nationalité française de l’auteur. Lancé dans une bataille judiciaire de près
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de quatre ans, Mongo Beti fait face à diverses pressions politiques, médiatiques et administratives qui, de manière
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paradoxale, font le succès de son pamphlet. Sa nationalité française reconnue in fine par un tribunal en 1976, Main
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basse sur le Cameroun est de nouveau autorisé, signe d’une répression française moins marquée que ne l’auraient
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souhaitée les autorités camerounaises.
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Nous espérons que ce rapport pour lequel nous avons travaillé à partir d’une historiographie déjà riche, avancé
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de nouvelles analyses, exploré de nouvelles archives, publiques et privées, camerounaises et françaises, soit utile à
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toutes celles et ceux qui ignoraient – et ils et elles sont nombreux·ses, notamment en France – ce triste passé colonial,
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Section 4
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partagé avec le Cameroun. Mais nous souhaitons également qu’il offre une base solide pour celles et ceux qui souhai-
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teraient poursuivre des études sur les relations entre la France et le Cameroun ou sur l’histoire du Cameroun et plus
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généralement sur l’histoire coloniale de la France.
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Nous nous félicitons aussi qu’il ait pu être produit, quelle qu’ait été la violence de ce passé, par une équipe
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franco-camerounaise dans un esprit d’entente et d’amitié.
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849
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La France au Cameroun : Cameroun sous mandat de la SDN, puis sous tutelle de l'Onu Principaux événements politiques internationaux
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une chronologie (1945-1971) État camerounerais sous tutelle, autonome puis indépendant Principaux événements politiques nationaux
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Mise en place d'un régime autoritaire au Cameroun Principaux événements liés à la répression de l'UPC
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Répression policière et judiciaire par l'administration coloniale Sigles utilisés
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AMT Assistance militaire technique
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Principales interventions de l'armée française dans la répression
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CIFFC Commandement interarmées des Forces françaises du Cameroun
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Répression policière et judiciaire par l'administration camerounaise GTN/GTS Groupements techniques Nord et Sud
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LÉGENDE
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MMF Mission Militaire Française
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Intervention de l'armée camerounaise dans la répression, dont :
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ZOPAC Zone de Pacification de la Sanaga-Maritime
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... sous commandement français
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ZOE Zone opérationnelle d'Eskéa
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30 janvier – Oct-nov. 1955 16 avril 1957 1er janvier 1960 Crise entre le Cameroun
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8 février 1944 Mission de visite de l'Onu Le Cameroun, L’État autonome du Cameroun et le Congo-Brazzaville
|
||
Conférence "État sous tutelle" accède à l’indépendance totale
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de Brazzaville de la France 13 novembre 1960
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18 avril 1946 Signature des accords de coopération
|
||
Accords de l'Onu 1er janvier 1959 entre le Cameroun et la France
|
||
concernant la tutelle L'État camerounais 1er octobre 1961
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||
de la France sur le Cameroun obtient l'autonomie interne Indépendance du Southern Cameroons, qui rejoint la République
|
||
du Cameroun pour former la République fédérale du Cameroun
|
||
10 avril 1948 3 août 1952 12 mai 1957
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||
Création de l'Union Création de l'Union André-Marie
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des populations Démocratique des Femmes Mbida nommé 5 mai 1960
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Ramadier
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21/25 sept. 1945 : du Cameroun (UPC) Camerounaises (Udefec) Premier ministre Renforcement du pouvoir personnel d’Ahidjo 1er septembre 1966
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Mbida
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Ahidjo
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Crise
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Événements président Création du parti unique,
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violents 21 août 1954 18 février l'Union camerounaise
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Création de la 18/23 déc. 1956 Ahmadou de la République
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de Douala
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Jeunesse Démocratique Élections Ahidjo nommé
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du Cameroun (JDC) législatives Premier ministre
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13 juillet 1955 13 sept. 1958 3 novembre 1960
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Dissolutions de Assassinat GTN Assassinat de Félix Moumié à Genève
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l'UPC, de l'Udefec de Ruben 1er avril 1965
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15/29 mai 1955 et de la JDC Um Nyobè CIFFC Prise de commandement 15 janvier 1971
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Manifestations ZOE ZOPAC g
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de l'armée camerounaise Exécution de
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Répression des len
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menées par l'UPC Ba e e
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de i d is
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par le lieutenant-colonel Ernest Ouandié
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upécistes : 31 déc. 1956 nt ppu una
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dans le sud-ouest du pays Exils vers le Southern GTS eme n a ero Pierre Semengue
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Cameroons et Massacre d'Ékité p e m
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ou yé ca
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Gr éplo ée
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Avril 1955 entrées au maquis (Sanaga-Maritime) d rm
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l'a
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Ruben Um Nyobè 18 déc. 1956
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entre dans la clandestinité Création, formation, équipement et encadrement Formation, équipement et appui logistique
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Passage de l'UPC à la lutte armée de l'armée camerounaise par les cadres de la MMF de l'armée camerounaise par l'AMT
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1965
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