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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes :
les fractions
Objectifs
Au cycle 3, lélève a découvert la notion de fraction en explorant progressivement différentes
conceptions possibles et différents contextes : partage de lunité, partage de grandeurs, repérage sur
une demi-droite graduée, encadrement entre deux entiers consécutifs, expression dune part dune
quantité, mesures (longueurs, aires). Il a été amené à donner du sens aux nombres décimaux à partir
de leur désignation sous forme de fractions décimales ou de somme de fractions décimales. Il a perçu
la fraction comme le quotient de deux nombres entiers. Il a utilisé la fraction pour résoudre des
problèmes.
𝑎
Au cycle 4, on s'intéresse au quotient de deux nombres 𝑎 et 𝑏, 𝑏 ≠ 0, quelconques, défini comme le
𝑏
nombre dont le produit par 𝑏 vaut 𝑎. Le professeur prendra conscience que cette définition nest pas
daccès facile, et pourra proposer aux élèves de chercher comment la reformuler.
La « vision-partage » de la fraction continue à être mobilisée. Le terme « vision-partage » est à
7
comprendre au sens où, par exemple, la fraction évoque ce qui est obtenu en partageant lunité en 4
4
7
parts égales et en reportant 7 de ces parts, ce qui correspond d'ailleurs à la lecture sept quarts ( cest
4
7 fois le quart de lunité).
Larticulation entre nombres décimaux et fractions est renforcée afin dassurer la maîtrise de lécriture
de position et des différentes désignations dun nombre. Progressivement, lélève est amené à
mobiliser la « vision-nombre » de la fraction pour résoudre des problèmes, en lien notamment avec la
proportionnalité, pour effectuer des calculs et des comparaisons sur les fractions et les quotients, pour
exprimer une fréquence ou une probabilité, pour donner un ordre de grandeur dun résultat.
7
Le terme « vision-nombre » est donc à comprendre au sens où, par exemple, le quotient est le
4
7 1
nombre dont le produit par 4 vaut 7 et peut être mobilisé, par exemple, pour prouver que = 7 × .
4 4
Le document « Le calcul numérique au collège » proposait, pages 11 et 12, de démontrer, dans le cas
général, la propriété relative à la somme de deux quotients de même dénominateur, à savoir
a b a+b
+ = , pour tous nombres 𝑎, 𝑏 et 𝑐, 𝑐 ≠ 0. Une telle démonstration ne peut être travaillée dans sa
c c c
forme générale quavec certaines classes ou certains groupes délèves, dans une perspective
dapprofondissement. Mais lélaboration dun raisonnement utilisant des exemples génériques peut
venir en appui dune remédiation.
La mise en place de techniques de calcul sappuie en permanence sur le sens et la résolution de
problèmes, notamment en liaison avec les autres disciplines scientifiques.
La définition dun nombre rationnel comme nombre pouvant sécrire comme quotient d'entiers permet
de travailler simultanément sur des entiers, des décimaux, des relatifs et des fractions, sans ordre
particulier entre eux, en construisant ainsi les attendus de fin de cycle 4 relatifs à la notion de
divisibilité et aux nombres rationnels.
Liens avec les domaines du socle
La production et lutilisation de différentes représentations dune fraction (décompositions additives,
multiplicatives, cas des fractions décimales, repérage sur une droite graduée) permettent de conduire
intelligemment un calcul mental, posé ou instrumenté (domaine 1). Lexplication dun tel calcul, à loral
ou à lécrit, pour valider la démarche qui lui correspond ou montrer son efficacité conduit à argumenter
pour convaincre (domaine 3).
La résolution de problèmes issus des sciences et techniques mettant en jeu des fractions
(reconnaissance dune situation de proportionnalité, évaluation dune proportion, dun pourcentage,
traitement de données statistiques, contrôle de la vraisemblance de résultats) favorisent la
compréhension du monde (domaines 4 et 5).
Progressivité des apprentissages
Tout au long du cycle 4, on entretient la « vision-partage » de la fraction. La « vision-nombre » de la
fraction est progressivement construite et mobilisée :
 dès le début du cycle, lélève calcule et compare des proportions, des fréquences ;
 dès le début du cycle, lélève est entraîné à reconnaître des fractions égales, à raisonner pour
justifier que des quotients sont égaux, quun quotient est un nombre rationnel ou non, quune
fraction est décimale ou non ;
 dès le début du cycle, lélève est conduit à additionner, soustraire et multiplier par un entier
des fractions de signe quelconque ;
 progressivement, lélève est conduit à additionner, soustraire, multiplier et diviser des
quotients ; à identifier, exprimer sous différentes formes et/ou justifier quun nombre est
linverse dun autre ; la progressivité repose principalement sur la nature des nombres mis en
jeu ;
 en classe de troisième, lélève aborde la notion de fraction irréductible.
Stratégies d'enseignement
Les « activités mentales » (calcul mental, autres types de questions flash) contribuent à la
construction du sens (« vision-partage » et « vision-nombre » de la fraction) et des automatismes sur
les opérations et les comparaisons. Ainsi, il convient, tout au long du cycle 4, de :
 développer la capacité à comparer des nombres sans recourir à une technique chaque fois
quune comparaison raisonnée peut être réalisée : positionnement des fractions par rapport à
des entiers, ordre de grandeur, simplification des fractions pour les rendre facilement
comparables ;
 mettre en place la technique de comparaison liée à la réduction au même dénominateur ;
 faire prendre conscience du fait quil est possible dintercaler une infinité de nombres
rationnels entre deux nombres rationnels donnés.
Sur la durée du cycle, les activités mentales permettent aussi de réactiver des savoirs et savoir-faire ;
elles peuvent concourir à une évaluation diagnostique.
Ainsi, par exemple, dès le début du cycle, avant la première séquence sur les fractions, un « Vrai ou
Faux » du type suivant permet de réactiver les attendus de fin de cycle 3 :
3 8
 + =1;
11 11
2 8
 + <1;
9 9
 il existe plus de 100 quotients, compris entre 1 et 2, ayant 6 comme dénominateur ;
1 2 7
 sept segments de longueurs respectives ; ; ... ; alignés bout à bout forment un
7 7 7
segment de longueur 4.
Un tel exercice, à vocation diagnostique, peut utilement être intégré dans une « stratégie »
dévaluation et exploité au service de la formation de tous les élèves, par exemple selon le
« schéma » suivant :
1. passation du « vrai ou faux » ;
2. collecte des réponses des élèves (en classe ou « hors du temps de classe » au collège via
lENT en utilisant un loutil « formulaire », par exemple) ;
3. traitement statistique des réponses et identification des erreurs ;
4. remédiation différenciée ;
5. nouveau temps dévaluation diagnostique (on répète les étapes1. à 3., le 1. pouvant prendre
une forme différente : calcul mental, autre type de question flash) ;
6. test dans le devoir bilan suivant, entre autres, de ce qui a fait lobjet de lévaluation
diagnostique puis dune remédiation ;
7. réactivation, au long de lannée, en fonction des besoins des élèves.
Le travail sur l'erreur s'appuie sur un retour au sens, en lien avec la définition du quotient, les ordres
de grandeur, la production dexemples et de contre-exemples et lapprentissage du raisonnement.
Loral constitue une aide à la compréhension et participe du traitement de l'erreur (verbalisation de
décompositions additives ; mise en œuvre de la définition du quotient ; identification, explication puis
rectification dune erreur).
Ainsi, par exemple, à loccasion de la résolution dun problème de partage, quelques élèves ont écrit :
1 2 3
« + = ». Un travail sur lerreur doit alors être conduit et porter sur le sens. Il peut consister en :
2 5 7
 un contrôle du résultat
modalité pédagogique : question/relance (doute, usage de la calculatrice) du professeur lors
de la production écrite ;
1 3
 un questionnement sur la vraisemblance du résultat (comparaison de et puis question :
2 7
1 3
« en ajoutant un nombre positif à , est-il raisonnable de trouver ? »)
2 7
modalité pédagogique : débat en classe ;
1 2 3
 lélaboration de la preuve du fait que + ≠ (mise en œuvre de la définition du quotient de
2 5 7
deux nombres, par exemple en faisant calculer le produit de lun et lautre des deux membres
de légalité par 70 lien avec larithmétique)
modalité pédagogique : production écrite individuelle hors du temps de classe ;
a 1 a 1+a
 un approfondissement : « peut-on trouver une fraction telle que + = ? » (production
b 2 b 2+b
dexemples)
modalité pédagogique : en classe, réflexion individuelle, travail en groupes, à loral :
présentation des résultats du groupe par un rapporteur.
Différenciation
Dans ce thème, la différenciation peut notamment consister en :
 un accompagnement spécifique que ce soit pour des travaux en classe ou hors la classe ;
 une action sur les variables didactiques dans le cadre de la résolution de problèmes
(exemple : sil sagit de calculer le complément à 1 de la somme de deux fractions, selon que
1 1 1 1 1 2
lon choisisse + ou + ou encore + , le degré de technicité varie ce qui peut conduire à
3 3 3 6 3 7
proposer tel ou tel cas à différents élèves en fonction de leurs besoins) ;
 lélaboration de la preuve dun résultat général, propriété (somme, produit ou quotient de deux
fractions, par exemple) ou solution dun problème (voir la tâche intermédiaire « Vitesse
moyenne lors dun aller-retour », par exemple), à laide dun exemple générique ; la
démonstration dans le cas général pouvant faire lobjet dun prolongement proposé à certains
élèves.
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problèmes
 Activités mentales
 Programmes de calcul
 Problèmes de partage, de repérage
 Calcul sur les mesures de grandeurs (longueurs, aires, volumes, angles, durée, vitesse,
masse)
 Problèmes de construction
 Reconnaissance de situations de proportionnalité
Exemples dactivités
 Exemples de questions flash :
 Exemple 1 : « Vision-partage » de la fraction
 Exemple 2 : Calcul avec les fractions
 Exemple 3 : sens du quotient
 Exemple 4 : travail sur lerreur
 Exemple de tâche intermédiaire : Vitesse moyenne lors dun aller-retour
 Exemple dactivité avec prise dinitiative : Âge moyen
Interdisciplinarité
Linterdisciplinarité donne du sens et constitue un levier pour lapprentissage.
Lemploi des fractions dans les modèles de proportionnalité, le traitement statistiques de données, le
calcul de probabilités et le champ des grandeurs et mesures doit conduire à placer les élèves devant
des problèmes relevant de ces champs et issus des disciplines scientifiques ainsi que du monde
économique et de la vie quotidienne.
Des EPI portant sur les thématiques « Monde économique et professionnel », « Transition écologique
et développement durable », « Sciences, technologie et société » et « Corps, santé, bien-être et
sécurité » seront loccasion de construire lattendu de fin de cycle « Utiliser les nombres pour
comparer, calculer et résoudre des problèmes ».
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de fraction avec les élèves. Certains de ces documents ont été produits dans le
cadre de l'accompagnement de programmes de mathématiques antérieurs. À ce titre, ces ressources
s'inscrivent dans un contexte pédagogique désormais ancien. Néanmoins, elles proposent des
éléments toujours pertinents pour aborder le thème des fractions.
 Le calcul numérique au collège
 Les nombres au collège
 Raisonnement et démonstration
 Le calcul sous toutes ses formes au collège et au lycée
 Quotients, proportionnalité, grandeurs , André Pressiat, (décembre 2002).