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Utiliser le calcul littéral
Objectifs
Au cycle 3, lélève a fait fonctionner de manière implicite les propriétés des opérations dans le champ
des nombres, mais sans les avoir formalisées en tant que propriétés générales. Il a rencontré des
formules littérales dans le cadre des apprentissages liés aux mesures de grandeurs ; la lettre y avait
essentiellement valeur dabréviation ; ainsi, la formule 𝐴 = 𝐿 × 𝑙, est une abréviation de lexpression
« aire du rectangle = longueur fois largeur » utilisée par lélève pour effectuer directement le produit
des nombres donnés pour la longueur et la largeur, sans identification explicite du processus de
substitution des lettres par des valeurs numériques. Lélève a aussi appris à compléter des égalités à
trou, notamment à loccasion du travail sur les notions de différence et de quotient. Il a résolu des
problèmes du premier degré sans avoir recours à la résolution déquations, mais en agissant par
tâtonnements, en ayant recours à des étapes intermédiaires avec ou sans laide doutils numériques
(tableur, calculatrice).
Au titre de lentrée dans lalgèbre, lenseignement du calcul littéral au cycle 4 vise les objectifs
suivants:
 traduire le résultat de la suite des opérations dun programme de calcul sous la forme
dune expression littérale et établir le lien entre laspect « procédural » et laspect
« structural » de cette expression : ainsi, le résultat du programme de calcul
« multiplier un nombre par 2 et ajouter 3 au résultat » se traduit par lexpression
2𝑥 + 3 dont la structure est celle de la somme de 3 et du double de 𝑥 ;
 décrire une propriété générale de nombres (par exemple « être la somme de deux
entiers consécutifs » ou « être un multiple de 3 ») ;
 démontrer quune propriété est vraie dans un cadre général (par exemple les règles
du calcul fractionnaire) ;
 modéliser et résoudre des problèmes à laide déquations ou dinéquations du premier
degré ;
 introduire les concepts de variable et de fonction.
Liens avec les domaines du socle
Le langage algébrique permet de formuler des propriétés mathématiques et de résoudre des
problèmes. À travers la pratique du calcul littéral, son apprentissage contribue donc de façon
essentielle à lobjectif « comprendre, sexprimer en utilisant les langages mathématiques, scientifiques
et informatiques » du domaine 1 du socle.
Les outils algébriques (lettres, fonctions) sont également utilisés pour représenter des systèmes
naturels et techniques et fournir des preuves aux problèmes quils engagent. Leur utilisation participe
à la mise en œuvre de la démarche scientifique, en complément de lobservation, la manipulation et
lexpérimentation. Le calcul littéral contribue donc fortement à latteinte des objectifs du domaine 4 du
socle.
Progressivité des apprentissages
Ces repères de progressivité sont explicités ci-dessous selon les principaux enjeux dapprentissage
du calcul littéral au cycle 4.
Formules et expressions littérales pour généraliser, modéliser ou
démontrer
e
Le travail initié au cycle 3 sur la production et lutilisation de formules devient, en classe de 5 , un
objectif de formation. Une formule (expression dune relation entre des variables) ou une expression
littérale (résultat dun programme de calcul) permettent de décrire une situation générale, le recours à
la lettre étant un moyen de sabstraire de valeurs numériques particulières.
La résolution de problèmes issus de contextes variés permet de motiver la production de formules. On
pourra se référer avec profit aux exemples figurant dans le document « Du numérique au
littéral » publié sur Éduscol : carrés bordés, somme de multiples de 7, etc. Parallèlement à la
production et à lutilisation de formules, la familiarisation précoce avec la notion de fonction (sans faire
appel à son formalisme) permet de modéliser la dépendance dune grandeur en fonction dune autre.
e
La notation symbolique dune fonction nest introduite quen 3 . Elle est accompagnée de la
présentation des différents registres de représentation (symbolique, numérique, graphique) et des
passages de lun à lautre.
Transformation dexpressions littérales
Dès le début du cycle 4, la distributivité de la multiplication par rapport à laddition est implicitement
mobilisée lors de calculs sur des nombres, en particulier en calcul mental, par exemple pour calculer
29 × 21.
Lintérêt, apparu à travers la résolution de problèmes, de transformer une expression numérique pour
la simplifier ou lécrire sous une forme adaptée motive dinstitutionnaliser la distributivité simple sous
forme littérale. Celle-ci peut sappuyer sur limage mentale de laire dun rectangle de longueur 𝑎 + 𝑏
et de largeur 𝑘 décomposé en deux rectangles de largeur 𝑘 et de longueurs respectives 𝑎 et 𝑏.
Le recours à la distributivité permet ensuite de valider la réduction dune expression littérale.
Avant dêtre automatisées, les stratégies de transformation sont explicitées (par exemple 𝑥 = 1 × 𝑥 ;
𝑥 = (1) × 𝑥), pour aboutir progressivement à des calculs du type :
𝑥 2,7 𝑥 = 1 × 𝑥 + (2,7) × 𝑥 = (1 + (2,7)) × 𝑥 = (1,7) × 𝑥 = 1,7𝑥.
La transformation dexpressions littérales (dune somme en produit ou vice versa) seffectue dans le
même esprit, à partir de la distributivité simple de la multiplication par rapport à laddition.
Le travail technique de développement ou de factorisation est accompagné dune réflexion sur le
choix de la forme de lexpression (somme ou produit) la mieux appropriée au problème à résoudre.
De manière générale, les tâches dexécution (développement, factorisation, réduction) sont articulées
avec des activités qui développent lintelligence des stratégies de calcul comme lanticipation,
lorganisation, le contrôle. Les stratégies de contrôle peuvent sappuyer sur des arguments de signe,
dhomogénéité, des tests sur des valeurs numériques adéquates, etc.
Résolution dun problème du premier degré
Pour anticiper la notion déquation, lélève apprend, dès le début du cycle 4, à tester une égalité à la
main ou à laide dun outil numérique (tableur, calculatrice), en attribuant des valeurs numériques au
nombre désigné par une lettre qui figure dans légalité. Il apprend à compléter des opérations à trou. Il
est initié aux programmes de calcul à partir de programmes dont les opérations sont réversibles et
permettent de « remonter » le programme en commençant par la dernière opération. Cest le cas dans
lexemple suivant, extrait du document Du numérique au littéral publié sur Éduscol :
Je pense à un nombre, je le multiplie par 3. Si je retranche 12 au résultat obtenu, jobtiens 7,5.
A quel nombre ai-je pensé ?
Progressivement, la recherche defficacité face à des problèmes plus résistants (correspondant par
exemple à des programmes de calcul non réversibles), linsuffisance de la démarche numérique face
à des problèmes du type 𝑎𝑥 + 𝑏 = 𝑐𝑥 + 𝑑, avec 𝑎 𝑐 non nul et des valeurs des paramètres 𝑎, 𝑏, 𝑐, 𝑑
conduisant à des solutions non entières, ou encore la nécessité dobtenir les valeurs exactes des
solutions de certaines équations motivent lintroduction de la lettre et la modélisation dune situation
par une équation ou une inéquation.
On pourra se référer à la situation « Alice et Bertrand » empruntée à Gérard Combier, Jean-Claude
Guillaume et André Pressiat, (« Les débuts de lalgèbre au collège » publication de lINRP) et
proposée comme tâche intermédiaire.
La méthode algébrique de résolution des équations et inéquations du premier degré est explicitée en
e
classe de 3 , en sappuyant sur les propriétés de légalité ou de linégalité, par exemple linvariance
des solutions dune équation par lajout dune même expression à chacun de ses membres.
Lutilisation du tableur et la programmation dalgorithmes permettent la résolution, au moins
approchée, déquations dautres types.
Calcul littéral pour démontrer
Dès le début du cycle, le travail mené sur les nombres conduit à émettre des conjectures, notamment
sur les propriétés des opérations entre nombres rationnels. Celles-ci peuvent être démontrées dès la
e
classe de 5 à partir dexemples génériques, dans des situations simples. On rappelle quun exemple
est dit « générique » lorsquune propriété quil permet de mettre en évidence peut être étendue au cas
2 5 7
général ; ainsi, on passe de lexemple générique + = traité dès le cycle 3 à sa généralisation
3 3 3
𝑎 𝑐 𝑎+𝑐
littérale + = qui consiste à substituer une lettre à une valeur numérique.
𝑏 𝑏 𝑏
𝑎 𝑐 𝑎+𝑐
Dans le cadre de la différenciation, la démonstration de lidentité + = , qui mobilise la notion de
𝑏 𝑏 𝑏
quotient, pourra être présentée aux élèves les plus à laise (ou en demande de justification).
Pour lapproche et la démonstration dautres propriétés des opérations, on consultera avec profit les
pages 10 à 20 du document Le calcul numérique au collège publié sur Éduscol.
Progressivement, lélève perçoit les limites du calcul numérique et la nécessité de passer au calcul
littéral pour prouver quune propriété est vraie pour toutes les valeurs de la variable (par exemple, que
la somme de trois entiers consécutifs est toujours un multiple de 3).
Stratégies denseignement
Le passage du numérique au littéral constitue pour lélève une rupture importante : dune part les
symboles du calcul littéral (lettres, signe égal et ses différents statuts, signes opératoires, etc.)
diffèrent de ceux du langage des nombres ; dautre part, les types de problèmes que lalgèbre permet
de résoudre sont différents de ceux résolus jusque-là. Pour résoudre un problème de ce type, lélève
avait lhabitude de progresser pas à pas depuis les données connues jusquà la quantité à trouver. En
algèbre, il sagit au contraire détablir des relations entre des données connues et un résultat à trouver
(linconnue), puis de traiter ces relations jusquà obtenir le résultat cherché. Il y a là un véritable
renversement de pensée qui, pour être compris et assimilé par lélève, suppose de la part de
lenseignant une vigilance particulière. Celle-ci peut notamment sexercer à travers la vérification que
la solution trouvée convient bien.
Pour motiver le recours au calcul littéral et aider les élèves à accepter une approche autre que
numérique, il est essentiel quils soient confrontés à des situations révélant les limites des procédures
dont ils disposent déjà, basées sur des tâtonnements, des essais-erreurs ou lutilisation dun tableur.
Ils doivent aussi prendre conscience de lintérêt de désigner des quantités ou des grandeurs par les
lettres qui leur sont traditionnellement attribuées (n pour une quantité discrète, x pour une longueur, V
pour un volume) plutôt que par leur nom complet.
Les programmes de calcul constituent à la fois un moyen pertinent pour introduire la notion
dexpression littérale puis déquation, et un intermédiaire entre le volet procédural et le volet structural
du calcul littéral.
Le tableur, qui permet le passage du nombre à la cellule, peut constituer un intermédiaire pertinent
pour introduire la lettre et pour appréhender les notions de variable et de fonction, tout en précisant
que les usages sont différents. Lalgorithmique et la programmation offrent également des
opportunités didactiques intéressantes.
La seule application de « règles » techniques ne permet pas de comprendre lorigine des propriétés
qui les sous-tendent. La compréhension dune formule littérale sacquiert dautant plus facilement
quelle aura été anticipée sur des exemples numériques ou prendra appui sur des images mentales,
par exemple celle de laire de deux rectangles accolés ayant une dimension en commun pour illustrer
la distributivité de la multiplication par rapport à laddition. Le nombre de « règles » calculatoires
formalisées exigibles des élèves doit rester limité. Parmi elles, la distributivité simple de la
multiplication par rapport à laddition est utilisée dans les deux sens de lecture et invoquée aussi bien
pour le développement que la factorisation dexpressions algébriques. La double distributivité, qui
permet par exemple de développer une expression du type (2𝑥 + 3) × (4𝑥 7), est abordée dans des
situations simples en mobilisant deux fois la distributivité, et les résultats sur les puissances ; cette
initiation ne vise pas le développement dautomatismes.
Si certaines stratégies peuvent se révéler opérantes, il convient dêtre conscient des obstacles
quelles peuvent provoquer. Il en est ainsi de la règle des signes « moins par moins donne plus » qui
confond le sens opérationnel de la soustraction et la notion dopposé. Elle peut aussi engendrer des
conceptions erronées (par exemple que (𝑥) est toujours un nombre positif). A contrario, la
formulation explicite des propriétés utilisées (par exemple « soustraire un nombre revient à ajouter son
opposé ») permet aux élèves de comprendre les manipulations quils effectuent sur des expressions
littérales.
Il ne suffit pas quune stratégie calculatoire ait été comprise pour quelle soit installée et mobilisable.
Pour passer de la compréhension dune propriété à la construction dun automatisme, il est
indispensable que la stratégie ait été régulièrement entretenue, par petites touches, à travers un rite
dactivités rapides (questions flash, activités mentales) menées en classe dans la durée, en respectant
une gradation progressive de la difficulté (qui pourra être arrêtée collectivement au sein dun collège),
et en développant des démarches de contrôle (arguments de signe, dhomogénéité, recherche de
contre-exemples, etc.).
Les exerciseurs et banques dexercices en ligne peuvent être utilisés par les élèves en classe ou hors
de la classe, de manière différenciée. Favorisant le réinvestissement et lautomatisation, ces outils
peuvent aider les élèves à élaborer des stratégies mentales efficaces, à condition quils permettent un
traitement intelligent des erreurs, et que leur utilisation entre dans le cadre dune planification et dun
suivi régulier par le professeur. Si des activités à prise dinitiative sont essentielles pour aider lélève à
comprendre la puissance du langage algébrique et les opportunités quil offre pour résoudre des
problèmes dun type nouveau, elles ne permettent pas à elles seules de construire lhabileté
calculatoire attendue en fin de cycle 4. On veillera donc à maintenir un équilibre entre la construction
dautomatismes (à travers un entraînement fréquent et régulier en classe ou hors de la classe) et la
résolution de problèmes conduisant à mobiliser des stratégies et des techniques de calcul littéral.
Retour sur quelques obstacles
Le passage à lalgèbre correspond à un accès à labstraction dont on ne doit pas minimiser la
difficulté. Lapprentissage du calcul littéral se heurte de façon naturelle à un certain nombre
dobstacles. Les professeurs aideront dautant mieux leurs élèves à les surmonter quils en auront une
connaissance fine.
Les différentes significations du signe « égal »
Les élèves rencontrent le signe « = » très tôt dans leur scolarité, mais à lécole élémentaire le signe
« = » est lannonce dun résultat. Ainsi, dans légalité 8 + 5 = 13, le signe « = » est lu comme « cela
donne » ou « cela fait ». Il est alors orienté de la gauche vers la droite et nest pas perçu comme le
symbole dune relation symétrique et transitive. Cette signification correspond à celle de la touche
« ENTER » des calculatrices. Dès le cycle 2, à travers des activités de calcul mental ou en ligne, les
élèves sont amenés à utiliser le signe « = » dans lautre sens, par exemple 5 × 36 = 5 × 2 × 18 ou
21 = 4 × 5 + 1. Les décompositions additives ou multiplicatives sont choisies en fonction de leur
intérêt pour résoudre une classe spécifique de problèmes. Ainsi, la décomposition additive du nombre
42 sous la forme 42 = 30 + 12 facilite le calcul de 42 12 + 3, alors que sa décomposition
multiplicative 42 = 3 × 2 × 7 permet de factoriser lexpression littérale 3𝑎 + 42. Lincapacité de certains
élèves à factoriser cette dernière expression peut provenir, non pas dune méconnaissance du
processus de la factorisation, mais dun manque dhabitude à écrire des décompositions numériques.
À travers la pratique du calcul littéral, le signe « = » acquiert trois autres significations :
 il est utilisé pour rendre compte de luniversalité dune égalité, traduisant que, quelles
que soient les valeurs attribuées aux lettres, les valeurs retournées par les
expressions figurant de part et dautre du signe « = » sont égales. On parle alors
didentité ;
 il est utilisé comme symbole daffectation, comme en informatique, lorsquon se
propose de calculer lexpression (𝑎 + 2𝑏)2 pour 𝑎 = 1 et 𝑏 = 0,5 ;
 en rupture avec chacune de ces significations qui sous-entendent quune certaine
propriété est vraie (même si cest dans des conditions différentes), le signe « = »
acquiert un statut tout autre dans lécriture dune équation. Au lieu dêtre utilisé pour
écrire des égalités vraies, le signe « = » apparaît alors dans des énoncés dans
lesquels, en remplaçant la lettre par un nombre, on obtient une égalité qui, selon la
valeur de ce nombre, est soit vraie, soit fausse. Le but de la résolution est de trouver
toutes les valeurs (et rien quelles) qui, substituées à linconnue, rendent légalité
vraie.
Les différents statuts de la lettre
Au cycle 3, la lettre est utilisée pour différentes finalités :
 symboliser une unité (m, g, h, s, etc.) ;
 désigner un objet mathématique (le point A, le nombre 𝜋) ;
 désigner dans une formule la mesure dune grandeur (𝐴 = 𝐿 × 𝑙 ; 𝑃 = 2𝜋 𝑅).
Au cycle 4, la lettre acquiert de nouveaux statuts quil convient de bien différencier :
 le statut de variable, qui apparaît à la fois dans les formules (ainsi, dans légalité
𝑃 = 2𝜋 𝑅, la valeur du périmètre 𝑃 dépend des valeurs attribuées à la variable 𝑅) et
dans lexpression symbolique 𝑥𝑓(𝑥) dune fonction. Lutilisation du tableur peut
faciliter la compréhension de la notion de variable dans la mesure où, dans lédition
dune formule, ce sont les adresses des cellules (et non leur contenu) qui sont prises
en compte. La modification du contenu dune cellule désignée dans une formule
modifie le contenu de la cellule où est implantée la formule, ce qui permet
dappréhender les notions de variable et de fonction ;
 le statut dindéterminée, qui apparaît dans des identités où la lettre représente des
nombres quelconques. Il importe que la valeur duniversalité de ces identités
apparaisse dans lenvironnement de légalité, sous une forme accessible aux élèves,
par exemple, en écrivant : « Pour toutes valeurs des nombres 𝑘, 𝑎, 𝑏 légalité
𝑘(𝑎 + 𝑏) = 𝑘𝑎 + 𝑘𝑏 est vraie » ;
 le statut dinconnue, qui heurte lhabitude de penser quune égalité est « toujours »
vraie. La compréhension de ce quest une solution dune équation nécessite de
recourir à des tests de la valeur de vérité de légalité en affectant à linconnue
différente valeur numériques. Dès le début du cycle, le recours à une démarche par
essais et ajustements et lutilisation dun tableur pour tester des valeurs permettent
dintroduire progressivement la notion de solution dune équation. Les limites des
méthodes par tâtonnement ou par « remontée » des programmes de calcul
permettent de justifier létude des techniques de résolution des équations du premier
degré ;
 le statut de paramètre, qui conserve une valeur fixe, mais de portée générale. Cest
par exemple le rôle de la lettre a lorsquelle représente le coefficient de la fonction
linéaire x ↦ ax. De même en physique, pour exprimer à partir de la formule P = UI la
puissance P en fonction de lintensité I pour une tension U donnée, la lettre U a le
statut de paramètre alors que la lettre I a celui de variable.
Il convient donc dattirer régulièrement lattention des élèves sur le statut du signe « = » ou des lettres
utilisées, selon la situation considérée.
Les parenthèses
Les parenthèses sont des séparateurs de blocs de calcul qui jouent un rôle essentiel dans la
construction dexpressions numériques ou littérales. Des parenthèses redondantes, par exemple dans
une expression du type (2x + 1) + (3 × (x)), peuvent aider lélève à comprendre la structure de
lexpression et lordre dans lequel les opérations sont à effectuer. La maîtrise des règles de priorité
e
des opérations lui permettra progressivement de sen affranchir. En 3 sajoute un nouveau rôle des
parenthèses, dans lécriture symbolique dune fonction.
Rôle des logiciels
Lutilisation de logiciels, dans le cadre de la résolution de problèmes, favorise la construction
progressive des notions de variable et de paramètre. Ainsi, la référence absolue ou non à une cellule
dans lécriture dune formule sur le tableur permet de distinguer ce qui varie de ce qui est fixé ; les
variables utilisées dans les algorithmes, en particulier dans les boucles, participent du même objectif,
de même que lutilisation dun curseur en géométrie dynamique.
Lutilisation raisonnée dun logiciel de calcul formel peut aider à mettre en évidence le rôle des
parenthèses dans lexpression dune fonction.
Enfin, lutilisation de logiciels, en classe ou en dehors de la classe, est un levier majeur pour la
recherche et lémission de conjectures que le calcul littéral permettra ensuite de démontrer.
La résolution algébrique dun problème est souvent articulée selon trois phases : une phase de
recherche et de modélisation de la situation, une phase de traitement formel (transformation,
résolution) sans lien avec le contexte initial, une phase de communication pour restituer la solution et
la vérifier. Assumer successivement les deux premières phases constitue une charge de travail
importante pour un débutant. Lutilisation dun logiciel de calcul formel par les élèves nayant pas une
habileté technique suffisante, peut leur permettre de différer le travail technique, si lobjectif est de
mettre laccent sur lusage de lalgèbre comme outil de mathématisation de lénoncé.
Rôle de loral
Lécriture mathématique est très condensée et contient souvent des procédures implicites que seule la
formulation orale, véritable « dépliement de la pensée », permet de mettre en évidence.
Illustrons cette affirmation sur lexercice suivant, qui consiste à développer et réduire lexpression
3𝑥(2𝑥 1) (𝑥 2 7).
Le traitement, qui pourrait être écrit dans un cahier délève, tient en quelques lignes :
3𝑥(2𝑥 1) (𝑥 2 7) = 6𝑥 2 3𝑥 (𝑥 2 7) = 6𝑥 2 3𝑥 𝑥 2 + 7 = 5𝑥 2 3𝑥 + 7.
Or, pour aboutir au résultat, il est nécessaire :
- de comprendre la structure de lexpression initiale ;
- de savoir que 3𝑥(2𝑥 1) = 3𝑥 × (2𝑥 1) ;
- de reconnaître les blocs de calcul intermédiaires ;
- dappliquer la distributivité de la multiplication par rapport à la soustraction ;
- de savoir que 3𝑥 × 2𝑥 = 3 × 𝑥 × 2 × 𝑥 = 3 × 2 × 𝑥 × 𝑥 ;
- que 𝑥 × 𝑥 = 𝑥 2 ;
- de connaître la distributivité de la multiplication par rapport à la soustraction ;
- la priorité des opérations
- de comprendre pourquoi on ne peut pas réduire davantage 5x 2 3𝑥 + 7 , etc.
On mesure sur cet exemple tout le profit quil pourrait y avoir à compléter la trace écrite par une trace
orale, par exemple sous forme denregistrements audio mis à la disposition des élèves.
De même, la résolution dune équation du type 2𝑥 = 6 sera plus accessible pour un élève fragile si
elle est formulée en langage naturel (« trouver une quantité dont le double vaut 6 »).
Différenciation
Permettre à tous les élèves daccéder à la fin du cycle 4 aux connaissances et aux compétences
fixées par le programme est une exigence du socle commun. Les apprentissages liés au calcul littéral
requièrent de ce point de vue une attention particulière. En effet, laccès au formalisme et à
labstraction constitue une marche particulièrement élevée pour les élèves fragiles. Cependant, leur
activité algébrique ne saurait se résumer à lacquisition de techniques calculatoires. Il importe quils
soient confrontés à la résolution de problèmes, même sils ne maîtrisent pas toutes les techniques
intervenant dans leur résolution. La différenciation pourra alors reposer sur des choix particuliers de
variables didactiques (solutions entières, décimales ou fractionnaires, programmes de calcul
réversibles ou pas, attribution de valeurs numériques à certains paramètres, etc.). Lacquisition des
techniques calculatoires et leur automatisation seront dautant plus efficaces quelles seront adossées
à des représentations porteuses de sens, souvent issues de la résolution de problèmes.
Il convient aussi de laisser vivre, de façon différenciée et aussi longtemps que nécessaire pour
certains élèves, des procédures de tâtonnement ou faisant appel à la manipulation, lexpérimentation,
la schématisation ainsi que les formulations intermédiaires, même maladroites ou peu rigoureuses,
tout en indiquant les limites de ces formulations.
Pour permettre laccès de tous les élèves à labstraction de la démarche algébrique, il est essentiel de
les amener à exprimer ce quils ont compris et de repérer ce qui les met en difficulté. La déstabilisation
des conceptions erronées se fait en cherchant des contre-exemples. La reconstruction des
connaissances visées passe ensuite par lexplicitation orale des procédures mises en œuvre, leur
comparaison, lanalyse des erreurs, etc.).
Symétriquement, et toujours dans le cadre dune différenciation pédagogique, les élèves les plus
habiles peuvent être confrontés à des problèmes qui ne sont pas du premier degré, mais qui sy
ramènent, par exemple en factorisant des équations produits à laide didentités remarquables.
Exemples de situations dapprentissage
Classes de problèmes
 modélisation de situations dorigine arithmétique ou géométrique ;
 modélisation de situations faisant intervenir des grandeurs physiques ;
 résolution de problèmes se ramenant à des équations ou des inéquations du premier
degré ;
 généralisation de propriétés des nombres rationnels ;
 démonstration de propriétés générales portant sur les nombres rationnels ;
 programmes de calcul.
Exemples dactivités
 Exemples de questions flash : Activités mentales
 Exemples de tâches intermédiaires :
— Le nombre d'Alice et Bertrand
— Le magicien
 Exemples dactivités avec prise dinitiative
— Les carrés bordés
— Le calendrier
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder le calcul littéral avec les élèves. Certains de ces documents ont été produits dans le
cadre de l'accompagnement de programmes de mathématiques antérieurs. À ce titre, ces ressources
s'inscrivent dans un contexte pédagogique désormais ancien. Néanmoins, elles proposent des
éléments toujours pertinents sur le calcul littéral.
 Rapport détape sur le calcul - commission de réflexion sur lenseignement des
mathématiques
 Du numérique au littéral
 Le calcul numérique au collège
 Le calcul sous toutes ses formes au collège et au lycée
 Les débuts de lalgèbre au collège, par Gérard Combier, Jean-Claude Guillaume et
André Pressiat, publication de lINRP
 Sur la place de loral en mathématiques