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Informer et accompagner
les professionnels de léducation Cycles 2 3 4
mathématiques
Compétences travaillées en mathématiques
Raisonner
Le programme de mathématiques du cycle 4 offre une place de choix à la compétence
« raisonner » dans laquelle il regroupe les démarches suivantes :
résoudre des problèmes impliquant des grandeurs variées (géométriques, physiques, écono-
miques) : mobiliser les connaissances nécessaires, analyser et exploiter ses erreurs, mettre
à lessai plusieurs solutions ;
mener collectivement une investigation en sachant prendre en compte le point de vue dautrui ;
démontrer : utiliser un raisonnement logique et des règles établies (propriétés, théorèmes,
formules) pour parvenir à une conclusion ;
fonder et défendre ses jugements en sappuyant sur des résultats établis et sur sa maîtrise
de largumentation.
Chacune des étapes de résolution dun problème (compréhension de lénoncé et de la
consigne, recherche, production et rédaction dune solution) fait appel au raisonnement,
processus mental permettant deffectuer des inférences. Rappelons quune inférence est une
opération mentale par laquelle on accepte quune proposition soit vraie en vertu de sa liaison
avec dautres propositions. Les phases de recherche, de production et de rédaction de preuve
font appel à des raisonnements de différentes natures.
Les raisonnements inductifs et abductifs, essentiellement mis en œuvre dans la phase de
recherche, permettent daboutir à lémission de conjectures quil sagira ensuite de valider ou
dinvalider. Si la production dun contre-exemple suffit à invalider une conjecture, sa validation
repose sur une démonstration, moyen mathématique daccès à la vérité. On rappelle que
« démontrer », cest « donner à voir » les différentes étapes dune preuve par la présentation,
rédigée sous forme déductive, des liens logiques qui la sous-tendent.
Le raisonnement inductif consiste à généraliser une propriété observée sur des cas
particuliers. Il fonctionne selon le schéma suivant : constatant sur des exemples que, lorsque
A est vraie, alors B est vraie, on émet la conjecture que (A implique B) est vraie.
Le raisonnement abductif consiste à présumer une cause plausible dun résultat observé. Il
fonctionne selon le schéma suivant : pour démontrer que B est vraie, sachant que (A implique
B) est vraie, on va démontrer que A est vraie. Le raisonnement abductif est notamment utilisé
sous forme dune analyse remontante, encore appelé chaînage arrière, qui consiste, à partir du
résultat que lon veut démontrer, à repérer une ou plusieurs propriétés (conditions suffisantes)
qui, si elle(s) étaient établie(s), permettrai(en)t datteindre le résultat par application dun
théorème identifié. On substitue alors momentanément au problème de départ un (ou
plusieurs) nouveau(x) problème(s) consistant à établir ces conditions intermédiaires.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Exemple : ABC est un triangle rectangle en C. On veut démontrer que C appartient au cercle de
diamètre [AB].
On note O le milieu de [AB] et on remplace la proposition à démontrer par légalité OA=OB=OC ;
pour atteindre ce résultat, on construit le symétrique C de C par rapport à O. Selon le principe
du chaînage arrière, il suffit alors de montrer que ACBC est un rectangle.
Par la diversité et la multiplicité des situations particulières quelle permet dobserver,
lutilisation doutils logiciels (de géométrie, de calcul, de simulation, de programmation) est
un support aux raisonnements inductifs et abductifs et favorise la formulation de conjectures.
Il est important de faire comprendre aux élèves le caractère incertain de toute conjecture et la
nécessité, soit de linvalider par la production dun contre-exemple, soit de prouver sa vérité
par une démonstration.
Celle-ci fait appel au raisonnement déductif qui (entre autres) sappuie sur :
la déduction proprement dite (ou règle de détachement ou modus ponens), qui fonctionne
selon le schéma suivant : sachant que (A implique B) est vraie et que A est vraie, on conclut
que B est vraie. Le premier pas dune déduction consiste à reconnaître une situation de réfé-
rence A (une configuration géométrique, une situation de proportionnalité, une propriété de
nombres, etc.) ; le second consiste à appliquer le théorème qui stipule que (A implique B) ;
la disjonction de cas, qui fonctionne selon le schéma suivant : pour montrer que (A implique
B), on sépare lhypothèse A de départ en différents cas recouvrant toutes les possibilités et
on montre que limplication est vraie dans chacun des cas ;
Le raisonnement par labsurde (reductio ad absurbum) qui fonctionne selon le schéma sui-
vant : pour montrer que A est vraie, on suppose quelle est fausse et par déduction on aboutit
à une absurdité.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Afin de convaincre les élèves du rôle de la démonstration en mathématiques comme moyen
daccès à la vérité, il importe de leur apprendre à distinguer une propriété conjecturée
ou vérifiée sur des exemples dune propriété démontrée. Pour ce faire, le terme de
« démonstration » ne doit pas être galvaudé et la seule illustration dun raisonnement
ne saurait être désignée comme telle. Par exemple, si lillustration présentée ci-dessous
constitue une image mentale pertinente de légalité entre laire du carré construit sur
lhypoténuse et la somme des aires des carrés construits sur les côtés de langle droit, elle ne
saurait être présentée comme une démonstration du théorème de Pythagore.
En revanche, certains théorèmes, énoncés de manière générale peuvent être démontrés
uniquement sur des exemples choisis parce quils donnent une bonne idée du cas général (on
dit alors quils sont « génériques »). Cela peut être par exemple le cas pour la démonstration
des propriétés des opérations sur les fractions.
De même, il convient de systématiquement qualifier les énoncés mathématiques selon leur
statut, en distinguant définitions, théorèmes admis et théorèmes démontrés. Les théorèmes
traduisant une propriété caractéristique pourront être formulés en distinguant dans leur
énoncé le sens direct et le sens réciproque.
Les notions mathématiques qui figurent au programme du cycle 4 offrent toutes des
possibilités de raisonnement, soit dans laccès à la preuve dun énoncé, soit dans son
utilisation. Il nest pas question de démontrer tous les théorèmes ou propriétés figurant
au programme, mais de déterminer en équipe pédagogique les démonstrations qui
seront retenues sur toute la durée du cycle en raison de leur caractère formateur, de leur
accessibilité aux élèves et de lintérêt quelles présentent pour faciliter laccès au sens des
notions mises en jeu.
Lapprentissage du raisonnement et de la démonstration est un processus long et délicat
qui doit se faire de manière progressive, dans la durée, et tenir compte des deux contraintes
suivantes :
tout dabord, la nécessité de séparer les tâches de résolution du problème (recherche et
obtention de la preuve) de celle de la rédaction dun texte qui traduit lorganisation de la
démonstration ;
ensuite, lapprentissage de la rédaction se fait notamment lorsque lélève est confronté à
lexpérience de la communication de sa solution. Lenvie de se faire comprendre associée à
la critique de ses pairs est, pour un élève, un levier de progrès certainement plus puissant
que la fourniture, par le professeur, dun modèle de rédaction. Si, pour être communicable et
compréhensible, une démonstration mathématique doit respecter des règles syntaxiques, il
Retrouvez Éduscol sur faut reconnaître que celles-ci ne sont pas naturelles pour les élèves. Des exigences exces-
sives et prématurées dun modèle de rédaction standardisée peuvent induire de leur part
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
des comportements relevant de limitation plus que de la compréhension. En accordant une
place disproportionnée aux activités purement formelles de nature rhétorique (« je sais
que… or… donc »), on risque déloigner les élèves du raisonnement lui-même et du plaisir
de chercher. Afin de ne pas détourner de la résolution de problèmes les élèves ayant des
difficultés à entrer dans les codes de rédaction dune démonstration, il importe de valoriser
les productions spontanées, écrites ou orales, issues des phases de recherche et dexpé-
rimentation (calculs seuls, croquis destinés à comprendre lexercice, idées de preuve, plan
de preuve, etc.). Souvent imparfaites et inabouties, elles constituent de véritables objets
détude pour la classe au cours dun débat permettant de faire émerger progressivement
les critères dune rédaction performante, sans pour autant modéliser le travail. Progres-
sivement, la phase de rédaction, entamée ou non en classe, sera dévolue aux élèves, en
classe ou en dehors de la classe, en veillant à différencier les exigences de formalisme selon
lobjectif dapprentissage (le raisonnement ou la communication) et la capacité des élèves à
entrer dans les codes de la démonstration. En particulier, il est tout à fait possible dexpri-
mer dans le langage naturel un raisonnement mathématique tout en respectant parfaite-
ment les règles logiques dinférence. De même, si lon peut faire apparaître, dans certains
cas, lintérêt dune mise en forme de la démonstration sous forme déductive (en mettant la
conclusion à la fin de la démonstration), il est cependant admis de la placer au début, suivie
de « car…, parce que… et que… ».
Il importe également de ne pas cantonner la démarche de raisonnement à sa seule
forme déductive et de ne pas la limiter à un thème particulier des mathématiques
(traditionnellement celui de géométrie), mais bien de la placer au cœur de toute activité
mathématique.
Les situations proposées doivent donc ménager à la fois des temps de recherche et
dexpérimentation permettant de formuler des conjectures, des temps de mise en commun
et dargumentation permettant de produire une preuve et des temps de mise en forme
(démonstrations rédigées). Pour solliciter la curiosité de lélève, susciter chez lui lenvie
de relever un défi intellectuel et motiver sa recherche, il est souhaitable que lénoncé du
problème soit assez bref et facile à comprendre et quil ninduise ni une solution ni même
une méthode de résolution ; un moyen de laisser à chaque élève linitiative de sa démarche
consiste à limiter les questions intermédiaires ou celles dont lénoncé mentionne ce quil sagit
de trouver (« démontrer que… »). Cette attention particulière devrait permettre à chaque élève
de démarrer sa recherche par des tâtonnements, des dessins, des essais numériques, avec ou
sans laide de logiciels. Les problèmes dont la solution est accessible par plusieurs modes de
raisonnement (algébrique, géométrique, etc.) sont particulièrement intéressants.
Exemples de problèmes
Ci-dessous quelques exemples de problèmes sont proposés, rattachés à différents thèmes du
programme, et mettant en œuvre des raisonnements de types varié
Ecriture décimale [5e]
Exemple de problème
Dans les écritures décimales de deux nombres entiers, le chiffre des dizaines est 7 et celui des
unités est 6. Quels sont les deux derniers chiffres de lécriture décimale de leur produit ?
Commentaire
Retrouvez Éduscol sur Raisonnement déductif à travers lutilisation de lécriture décimale.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Multiples et diviseurs
Exemple de problème
La somme des chiffres de 42 est un multiple de 6 et 42 est un multiple de 6 (idem pour 84).
Peut-on affirmer que, si la somme des chiffres dun nombre entier est un multiple de 6, alors
ce nombre est un multiple de 6 ?
Commentaire
Infirmation par production dun contre-exemple.
Proportionnalité
Exemple de problème
On augmente la longueur dun rectangle de 10 % et on diminue sa largeur de 10 %. Comment
varie son aire ?
Commentaire
Lélève peut raisonner de manière inductive en fixant des valeurs numériques pour la longueur
et la largeur et faire varier ces valeurs
Raisonnement déductif par application dun pourcentage.
Nombres décimaux
Exemple de problème
Existe-t-il un nombre décimal dont le carré est égal à 2 ?
Commentaire
Une démarche inductive basée sur des essais (à la main puis à la calculatrice) permet
démettre la conjecture quil nexiste pas de nombre décimal dont le carré est égal à 2.
Cette conjecture est ensuite démontrée à laide dun raisonnement par labsurde et
disjonction de cas.
On montre dabord quil nexiste aucun nombre entier dont le carré est égal à 2.
Puis, en distinguant les différentes valeurs quaurait sa dernière décimale, on montre quil
nexiste aucun nombre décimal non entier dont le carré est égal à 2.
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Utilisation des aires
Exemple de problème
Où positionner le point M à lintérieur du triangle ABC pour que les triangles AMB et AMC aient
la même aire ?
Commentaire
Lutilisation dun logiciel de géométrie dynamique permet de conjecturer une condition
suffisante : lappartenance de M à la médiane [AA].
Démonstration par les aires (lemme du chevron).
Démonstration de la condition nécessaire par un raisonnement par labsurde : on suppose que
N nappartient pas à la médiane [AA] (en étant par exemple à lintérieur du triangle ABA), on
note M le point dintersection de (BN) et (AA) et on compare les aires des triangles ANB, AMB,
AMC, ANC.
Fractions, aire du disque
Exemple de problème
A quelle fraction du grand disque correspondent les six petits disques ? A quelle fraction du
grand disque correspond la surface hachurée ?
Commentaire
Analyse de figure.
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Vitesse
Exemple de problème
Un funiculaire monte du pied dune colline à son sommet à la vitesse moyenne de 14 km/h.
Le conducteur peut-il régler la vitesse lors de la descente pour que la vitesse moyenne sur
lensemble du parcours soit de 28 km/h ?
Géométrie dans lespace
Exemple de problème
Sur un cube, on a tracé deux diagonales, comme indiqué sur le dessin ci-dessous. Quelle est
la mesure de langle formé par ces deux diagonales ?
Commentaire
Identification dune figure plane à lintérieur dune configuration de lespace.
Géométrie, Équations
Exemple de problème
Deux tours, hautes de 30 et 40 mètres sont distantes lune de lautre de 50 mètres. Un puits
est situé entre les deux tours. Deux oiseaux senvolent en même temps du sommet de chaque
tour et volent à la même vitesse en ligne droite avant de se rejoindre au sol. En quel point se
rejoignent-ils ?
Commentaire
Modélisation de la situation.
Raisonnement déductif à travers lutilisation du théorème de Pythagore.
Résolution dune équation.
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Géométrie plane
Exemple de problème
A, B, C sont trois points non alignés, I est le milieu de [BC] et D est le point tel que ABID est un
parallélogramme. Pourquoi le milieu M de [ID] est-il également le milieu de [AC] ?
Commentaire
Raisonnement déductif utilisant des propriétés du parallélogramme.
Approche de la notion de fonction
Exemple de problème
Un maître-nageur dispose dune corde de 160 m de long pour délimiter une zone de baignade
surveillée rectangulaire. Où doit-il placer les bouées A et B pour que laire de la zone de
baignade soit maximale ?
Commentaire
Utilisation dun tableur ou dune calculatrice pour une approche numérique.
Modélisation algébrique.
Calcul littéral
Exemple de problème
Peut-on écrire 2016 comme somme de quatre entiers consécutifs ? Et 2018 ? Et ton année de
naissance ?
Quels sont les nombres qui peuvent sécrire comme somme de quatre entiers consécutifs ?
Commentaire
Raisonnement inductif basé sur des essais. Emission de conjectures.
Retrouvez Éduscol sur Utilisation du calcul littéral comme outil de démonstration.
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CYCLE 4 I Mathématiques I Compétences travaillées en mathématiques
Bibliographie
Raisonnement et démonstration
Site de lacadémie de Bordeaux : Initiation au raisonnement
IREM de Rennes : Lenseignement de la démonstration
« Initiation au raisonnement déductif au collège » Gilbert Arsac, Gisèle Chapiron,
Alain Colonna, Gilles Germain, Yves Guichard, Michel Mante - Presses universitaires de Lyon,
IREM de Lyon
« Des mathématiques ensemble et pour chacun, 5ème » Jean-Philippe Rouquès, Hélène
Staïner - CRDP Pays de la Loire
« Des mathématiques ensemble et pour chacun, 4ème » Jean-Philippe Rouquès, Hélène
Staïner - CRDP Pays de la Loire
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