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Informer et accompagner
les professionnels de léducation
ÉVALUATION CYCLES 2 3 4
SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
Exercer son esprit critique
Vaccination
COMPOSANTE(S) DU SOCLE COMMUN
D3 | La formation de la personne et du citoyen
ELEMENTS SIGNIFIANTS
Exercer son esprit critique, faire preuve de réflexion et de discernement (D3)
OBJECTIFS
Évaluer des affirmations en ligne sur des sites Internet ou sur les réseaux sociaux (ici,
concernant la vaccination) :
• en sintéressant aux sources
• en recherchant ce sur quoi ces affirmations sappuient (en première approche)
Il sagit à la fois dapporter aux élèves les premiers éléments de pratiques permettant de
mettre en œuvre leur esprit critique et déveiller certaines attitudes associées (curiosité,
chercher à penser par soi-même…). Le rôle du professeur est de susciter lhabitude aux
élèves de prendre du recul, et notamment de prendre du temps, avant dadhérer ou non à
une affirmation, qui plus est sur une question qui peut en concerner certains directement
(vaccination contre les infections à HPV).
Déroulé dune séance
Mise en œuvre
À un moment donné de la réflexion ou en situation de « devoir sur table »
Durée indicative
20-30 minutes
Supports
Textes (extrait [éventuellement adapté] dune étude scientifique réelle ; extrait fictif rédigé par
lauteur sinspirant de ce qui peut être trouvé sur certains sites anti-vaccin).
Remarque : lassociation anti-vaccination et le site-support cités comme source sont fictifs. On
évitera dutiliser des supports réels pour ce type dexemple.
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
Points du programme
Le corps humain et la santé
Argumenter lintérêt des politiques de prévention et de lutte contre la contamination et/ou
linfection.
• Mesures dhygiène, vaccination, action des antiseptiques et des antibiotiques.
En lien avec lEMC
Le jugement : penser par soi-même et avec les autres.
En lien avec lEMI
Exploiter linformation de manière raisonnée.
• Distinguer les sources dinformation, sinterroger sur la validité et sur la fiabilité dune infor-
mation, son degré de pertinence.
• Sentraîner à distinguer une information scientifique vulgarisée dune information pseudo-
scientifique grâce à des indices textuels ou paratextuels et à la validation de la source.
Position de lévaluation dans la progression de lenseignant :
Au niveau des contenus scientifiques
Après avoir découvert progressivement limportance du monde microbien hébergé
par lorganisme en lien avec les mécanismes concernant les mesures dhygiène et les
antibiotiques, on sintéresse à quelques manifestations de limmunité et à la vaccination.
Lintégration de cette situation dans une telle progression permet dacquérir les notions liées
aux relations entre le monde microbien et lorganisme humain de façon spiralaire en associant
les processus biologiques avec les enjeux éducatifs, la diversité des microorganismes que
nous hébergeons, les différents rôles bénéfiques du microbiote, lutilisation raisonnée des
mesures dhygiène et des antibiotiques dune part et les mécanismes de limmunité en lien
avec la vaccination dautre part, étant vues sur au moins deux niveaux distincts du cycle 4.
Au niveau des compétences
Lesprit critique devra avoir été spécifiquement exercé au préalable à plusieurs reprises,
notamment en SVT mais aussi en HG-EMC, soit à partir dun corpus documentaire fourni par
le professeur, soit à partir dune recherche documentaire à effectuer. À plusieurs reprises,
au-delà des contenus, on discute des sources documentaires en sintéressant à leur validité
mais aussi au degré de preuves de certaines données ou encore aux données elles-mêmes.
En SVT, des exercices danalyse critique ont par exemple pu être menés autour des régimes
alimentaires, de lévolution du climat ou encore de limpact des activités humaines sur les
écosystèmes.
Exemples dévaluations
Consignes
Voir documents en annexe1 à destination des enseignants.
VACCINATION ET SANTE : ANALYSE CRITIQUE DE RECHERCHES INTERNET
Si vous vous intéressez aux discussions internet portant sur la vaccination, vous pourriez tomber
à un moment ou un autre sur lune ou lautre de ces affirmations. Proposez une analyse critique
de ces affirmations.
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
Aide majeure : conseils du professeur
• Relevez les sources de chacune de ces 2 affirmations et évaluez le degré de pertinence de
ces sources, en justifiant (lien avec un organisme public reconnu, lien avec un groupe dindivi-
dus regroupés en association…).
• Indiquez comment ce qui est affirmé se justifie en distinguant les croyances ou les opinions
dune part, et ce qui constitue un savoir ou un fait scientifique dautre part.
DOCUMENTS : VACCINATION ET CANCER DU COL DE LUTERUS
Le cancer du col de lutérus est le 11e cancer en termes dincidence chez la femme en France.
Près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de lutérus sont diagnostiqués chaque année en
France et le nombre de décès liés à ce cancer est de 1 000 par an.
Les scientifiques ont montré le lien entre le papillomavirus humain (HPV) et le cancer du col de
lutérus. Depuis 2006, un vaccin est disponible sur le marché et est recommandé pour les filles
âgées de 11 à 14 ans.
Document 1
Vaccination contre les infections à HPV et risque de maladies auto-immunes, extrait dun
article du site de lAgence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ,
consulté le 05/09/2016. Établissement public placé sous la tutelle du ministère chargé de la
santé, lANSM est financée par une subvention reçue de lÉtat.
*Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
**Maladies liées à un dérèglement du système immunitaire, comme par exemple le syndrome
de Guillain-barré pour lequel des nerfs peuvent être atteints, ce qui peut entrainer une
faiblesse musculaire et la perte de sensation dans les jambes et/ou les bras. La plupart des
personnes atteintes de ce syndrome se rétablissent pleinement, notamment les plus jeunes,
Retrouvez Éduscol sur même dans les cas les plus graves.
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
***Lévolution des cas de syndrome de Guillain-Barré identifiés dans notre étude a été
favorable après le séjour hospitalier du diagnostic. Aucun décès na été enregistré parmi les
cas détectés jusquà la fin du suivi dans létude.
Document 2
Extrait dun témoignage de Claire T., dans larticle « La vaccination nest pas sûre pour notre
enfant », site Internet de lassociation « Santé citoyenne », consulté le 05/09/2016.*
*[Témoignage, nom de lassociation et site Internet fictifs]
Descripteurs en lien avec les différents niveaux de maîtrise
• Utiliser les médias et linformation de manière responsable et raisonnée : capacité à vérifier
lorigine et la pertinence des sources dinformations, à repérer des points de vue, à hiérarchiser les
informations (en fonction des sources…)
• Distinguer ce qui relève dune croyance ou dune opinion et ce qui constitue un savoir (ou un fait)
scientifique : voir en annexe
MAITRISE MAITRISE TRÈS BONNE
MAITRISE FRAGILE
INSUFFISANTE SATISFAISANTE MAÎTRISE
Aucune proposition ou Repérage des sources Identification correcte de Identification correcte de
proposition sans aucun mais sans lien explicite la pertinence des sources la pertinence des sources.
lien avec la validité des avec la validité des affir- en lien avec la validité des Distinction explicite des
affirmations mations affirmations faits/savoirs et des élé-
Ou évocation des sources Début de distinction ments en lien avec les opi-
comme moyen de vérifier des faits/savoirs et des nions ou les croyances. Le
la validité mais interpréta- éléments en lien avec les tout en lien avec la validité
tion erronée opinions ou les croyances. des affirmations.
Ou identification correcte (sans aide majeure) (sans aide majeure)
avec aide majeure
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
Mode dévaluation
Évaluation de la production écrite ou évaluation « en direct » à partir dun échange oral avec
lélève.
Lévaluation ne donne pas nécessairement lieu à une note, elle peut servir à indiquer à lélève
son niveau de maîtrise par rapport à ce domaine de compétence.
Exemples de production délèves (de 3e)
Élève 1, niveau 4, très bonne maîtrise : [enregistrement N°1]
Les sources des affirmations sont clairement et correctement identifiées, de même que leur
pertinence. Lélève distingue également les 2 affirmations de par le fait que lune sappuie sur
de nombreux faits, lautre sur une simple opinion.
Les affirmations du document 1 sappuient sur une étude menée auprès dun grand nombre de
personnes (plus de 2 millions). Elles sappuient sur des faits réels et non des opinions. LANSM
qui a dirigé cette étude est un établissement public placé sous la tutelle du ministère chargé de
la santé et est financée par une subvention reçue de lÉtat. On peut donc penser que ses conclu-
sions sont indépendantes et sappuient sur les résultats de lenquête. Ils ne cherchent pas à
cacher quil existe parfois un risque mais très limité.
Le témoignage du document 2 ne se justifie que par les opinions de cette jeune femme qui fait
partie dune association. On ne sait rien de cette association. On ne sait pas sur quoi elle sap-
puie, ni de qui elle dépend. Dans ce cas, elle affirme des choses mais sans les justifier à partir
dune expérience ou dune enquête.
Élève 2, niveau 3, maîtrise satisfaisante : [enregistrement N°2]
Lélève a repéré et a distingué les 2 sources en lien avec la validité des affirmations. Lélève
commence à préciser comment ce qui est affirmé se justifie.
Les deux documents sont très différents lun de lautre. Le document 2 est un extrait dun forum
dun site Internet alors que le document 1 est un extrait dun site du Ministère de la santé. Pour
le document 2, on ne sait pas sil sagit dune association « sérieuse » et on voit que la personne
dit ce quelle pense. Mais le document 1 vient de lANSM qui est financé par lEtat et en plus ils
ont fait une enquête donc ça doit être juste.
Élève 3, niveau 2, maîtrise fragile : [enregistrement N°3]
Lélève cite les sources des affirmations mais pratiquement sans aller plus loin. Il reprend
simplement les informations, en les comparant à peine (on peut simplement relever le
« pourtant » qui montre un début de comparaison) et nexplicite pas les éléments dune
analyse critique.
Claire T. affirme quil nexiste aucun vaccin sûr sur le marché. Elle veut donc que ce soit les
familles qui choisissent les vaccins car elle trouve inacceptable que ça soit le gouvernement qui
décide pour elle et ses enfants.
Pourtant les scientifiques ont montré le lien entre le papillomavirus et le cancer du col de luté-
rus. Les résultats de létude menée par lANSM et lassurance Maladie sur 2,2 millions de jeunes
filles montrent que la vaccination nentraine pas daugmentation du risque global de survenue
dautres maladies mais le risque nest pas nul. Il y a 1 ou 2 cas sur 100 000 individus qui dévelop-
pent une autre maladie.
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
Élève 4, niveau 1, maîtrise insuffisante : [enregistrement N°4]
Deux propositions délèves :
• la première sans lien avec le sujet : lélève ne fait aucune proposition en lien avec la validité
des affirmations, sans même citer les sources (et de plus na pas compris la notion de béné-
fices/risques) ;
• la deuxième est celle dun élève ayant bénéficié dune aide majeure du professeur mais la
validité des sources nest pas questionnée, ni même comparée. De plus, la source la plus
fiable nest pas repérée en tant que telle (non-repérage qui est encore accentué par la conclu-
sion erronée proposée à partir du document 1).
Daprès le site Internet 2, on peut faire lhypothèse que vacciner une fille peut lamener à avoir le
cancer du col de lutérus. Et on peut dire en conclusion quavec de nombreuses recherches, les
chercheurs ont constaté que cest vrai. Se faire vacciner peut entrainer encore plus ces mala-
dies.
Ou
Dans le document 1, cest une étude donc aucun fait scientifique mais des opinions concernant
les vaccins à HPV. Les résultats de cette étude ne remettent pas en cause lopinion pour les vac-
cins concernés. Dans le document 2, cest des parents qui mettent leur opinion pour ce vaccin.
Aucun fait scientifique.
Annexes à destination du professeur
Annexe 1 : faits, opinions et croyances
Conférence de Guillaume Lecointre
Par cette conférence, Guillaume Lecointre, Professeur au Museum National dHistoire
Naturelle, examine notamment ce quest le savoir comparé à dautres types de propos
que des élèves peuvent parfois être amenés à formuler ou du moins à relayer, propos qui
relèvent dopinions ou encore de croyances. Par analogie avec les « règles du jeu » en
sciences, il explicite les « règles du jeu » dans lespace de la classe, dans lequel on mobilise
essentiellement les ressorts du savoir, tout en montrant que le fonctionnement de la classe
fait aussi appel à la croyance du fait que ce fonctionnement nécessite une certaine « crédulité
consentante » (avec une dose desprit critique) de la part des élèves, à travers la confiance aux
propos du professeur (relation dautorité).
Deux critères sont utilisés ici pour examiner une affirmation :
• le premier est de savoir si celle-ci est assumée à titre collectif ou à titre personnel ;
• le deuxième est de sintéresser à ce qui fonde la légitimité de ce qui est dit : est-ce parce que
quelquun la dit ou parce ce que cest inscrit dans un texte (relation dautorité ou du moins de
confiance), ou alors est-ce justifié rationnellement ?
AFFIRMATION… ASSUMÉE… LÉGITIMÉE
Savoirs collectivement justification rationnelle
Croyances individuellement autorité/confiance
Croyances religieuses collectivement confiance/autorité
Opinions individuellement divers
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ÉVALUATION CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Exercer son esprit critique - Vaccination
Si la raison est au cœur de lentreprise scientifique, il faut aussi souligner que cette raison est
mobilisée dans un débat, dans des tentatives de déstabilisation par des pairs, notamment à
travers les discussions autour des publications scientifiques, avant validation du savoir par la
communauté scientifique du moment, mais tout en restant questionnable par la suite.
Annexe 2 : freins à la vaccination chez les médecins et le grand public
Enquête de la Société Française de Médecine Générale, rendue publique le 29 septembre 2016,
Article « Vaccins : un médecin généraliste sur dix a des réticences »
LE MONDE | 29.09.2016 à 06h39 • Mis à jour le 29.09.2016 à 10h40 |Par François Béguin
Thèse de Mme Valentine CURTIS , présentée et soutenue publiquement le 5 mai 2015, freins
et déterminants à la vaccination par les médecins généralistes : Revue systématique de la
littérature
Annexe 3 : précisions issues du rapport final de lANSM
A notre connaissance, la présente étude est la première étude pharmaco-épidémiologique à sug-
gérer une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré (SGB) associé à la vaccination
anti-HPV. Bien que, comme discuté ci-dessus, il existe de nombreux arguments en faveur de la
validité de nos résultats, on ne peut exclure léventualité que cette association entre la survenue
de cas de syndrome de Guillain-Barré et la vaccination anti-HPV soit due au hasard. Cependant,
la force de lassociation mise en évidence et sa robustesse au travers des différentes analyses de
sensibilité réalisées rendent peu probable cette éventualité. Par ailleurs, comme le suggère un
ouvrage récent, la vaccination pourrait constituer un facteur déclencheur, provoquant chez une
personne prédisposée la manifestation dune maladie sous-jacente qui se serait sinon révélée
plus tard, plutôt que comme sa cause. Pour ces raisons, ces résultats doivent être interprétés
avec prudence et investigués dans dautres études.
Quoi quil en soit, ce résultat ne signifie pas que tous les cas survenant après la vaccination sont
attribuables au vaccin. Sous lhypothèse dune relation causale et considérant le résultat de
lanalyse principale (HRa = 4,00) le nombre de cas attribuables aux vaccins anti-HPV est de 2 cas
supplémentaires pour 100 000 filles vaccinées (comparées aux non vaccinées de mêmes âges).
Néanmoins, si on fait lhypothèse, en accord avec la littérature et la plausibilité physiopatholo-
gique connue à ce jour, que les cas survenant dans les trois mois après vaccination sont plus
directement liés aux vaccins, le nombre de cas attribuables aux vaccins anti-HPV, sous lhypo-
thèse dune relation causale et dun HRa de 11,79, est dun cas supplémentaire pour 100 000
filles vaccinées (comparées aux non vaccinées de mêmes âges). Ce nombre est néanmoins très
faible et correspond, sous lhypothèse dune couverture vaccinale à 50 %, à 2 cas de syndrome de
Guillain-Barré par génération de jeunes filles arrivant à lâge de vaccination.
De manière générale, lévolution dun SGB chez lenfant est plus favorable que chez ladulte. En
effet, les durées dhospitalisation pour la prise en charge dun SGB sont significativement plus
courtes chez lenfant et les taux de récupération complète sans séquelles sont estimés entre
90 et 100 %. Lévolution des cas de syndrome de Guillain-Barré identifiés dans notre étude a été
favorable après le séjour hospitalier du diagnostic. Aucun décès na été enregistré parmi les cas
dans les données du SNIIRAM jusquà la fin du suivi dans létude.
Vaccins anti-HPV et risque de maladies auto-immunes : étude pharmaco-épidémiologique -
Rapport final - Septembre 2015, ANSM et Assurance Maladie
Annexe 4 : Aide-mémoire de lOrganisation mondiale de la santé
Concernant le syndrome de Guillain-Barré
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