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Informer et accompagner
les professionnels de léducation CYCLES 2 3 4
SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
Propositions pour un enseignement
spiralaire de SVT sur les trois années
du cycle 4
Introduction
Lécriture des programmes sur un cycle de trois ans implique de programmer les compétences
à faire acquérir aux élèves dans les différentes années du cycle. Le temps long que permet le
découpage par cycle permet de laisser aux élèves un temps dappropriation des compétences
plus important. Lapprentissage est un processus continu qui suppose une reprise régulière
des compétences déjà acquises et une complexification progressive de celles-ci. Aussi, en
proposant une progression spiralaire, lenseignant permet aux élèves de visiter et de revisiter
un même champ disciplinaire non pas pour simplement le reprendre à lidentique mais pour
enrichir les exemples autour dun même concept ou pour lapprofondir en développant un
système explicatif plus performant allant, par exemple, jusquau niveau moléculaire en fin de
cycle 4. Lapprentissage des élèves est facilité et renforcé par cette approche progressive qui
leur permet de sapproprier, à leur rythme, la compétence attendue en fin de cycle.
Dans ce texte, nous proposons une réflexion sur le parcours dapprentissage des élèves dans
la discipline puis nous envisageons comment établir une programmation qui permette une
progression spiralaire. Cette programmation, qui doit être fondée sur les attendus de fin de
cycle et les repères de progressivité, est de la responsabilité de léquipe de professeurs de
létablissement qui enseignent dans ce cycle.
Quel cursus dapprentissage en SVT ?
Aborder la compétence sous plusieurs angles
Lidée fondamentale, déjà évoquée dans lintroduction, est daugmenter le « temps
dexposition » à la notion en abordant plusieurs fois un même champ disciplinaire.
Lapprentissage des élèves est alors facilité car les différentes approches de la même notion
ou du même concept, soit létablissent puis le renforcent soit permettent aux élèves qui ne
lavaient pas encore acquis dy accéder. Pour illustrer cela, nous nous appuyons sur le concept
dalea. Celui-ci peut être abordé au cycle 4 dans différentes parties du thème « La planète
Terre, lenvironnement et laction humaine » lorsque la compétence : « Relier les connaissances
scientifiques sur les risques naturels (ex. séismes, cyclones, inondations) ainsi que ceux liés aux
activités humaines (pollution de lair et des mers, réchauffement climatique…) aux mesures de
prévention (quand cest possible), de protection, dadaptation, ou datténuation. » est traitée.
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
Les domaines où la notion daléa est abordée sont organisés dans le schéma ci-dessous :
La notion de risque est présente dès le cycle 3 avec la compétence : « Relier certains
phénomènes naturels (tempêtes, inondations, tremblements de terre) à des risques pour les
populations. ». Il sagit de construire un premier niveau de système explicatif reliant les
phénomènes naturels à leurs conséquences sur les populations. Au cycle 3, létude envisagée
se fait sur un exemple local choisi par le professeur.
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
Au cycle 4, les notions daléa et de vulnérabilité sont introduites. Le phénomène naturel
(aléa) qui était étudié localement et caractérisé au cycle 3 par rapport aux risques quil fait
courir aux populations est précisé scientifiquement et expliqué au cycle 4. Cette explication
météorologique, climatique ou géologique conduit à ouvrir des « boites noires » laissées
au cycle 3 comme lorigine des phénomènes naturels et leur répartition à léchelle du
globe dépassant ainsi lexemple local. En un second temps, des théories intégratrices sont
envisagées comme la géodynamique globale, la circulation atmosphérique, la circulation
océanique ou les zones climatiques qui permettront de déterminer rationnellement les zones
à risques.
Lintroduction de la notion de vulnérabilité des populations amène à distinguer alea et risques
en enrichissant la compétence par létude des liens existants entre les activités humaines
et laléa. Enfin, lêtre humain ne reste pas inactif devant les aléas, il essaie de les prévoir
(prévision), il essaie de diminuer leur importance (atténuation) et envisage des mesures pour
sen protéger (adaptation, prévention, protection).
Nous passons donc au cycle 4 à un système explicatif plus complexe qui utilise les
compétences et les connaissances acquises précédemment en les enrichissant, mais aussi en
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
les intégrant dans un contexte théorique et en proposant de nouvelles approches.
Pour illustrer plus précisément la notion de programmation spiralaire, nous prendrons
lexemple des éruptions volcaniques.
Trois remarques concernant la figure ci-dessus :
Il est à noter que tous les phénomènes naturels ne sont pas à traiter au cycle 3. Il est donc
possible quil nexiste pas dacquis du cycle 3 sur les volcans si ce sont les séismes qui ont
été étudiés comme phénomènes géologiques traduisant lactivité interne de la Terre ;
Les acquis au sein dun cycle ne sont pas attribués à un niveau de classe, si bien que de
nombreux choix sont possibles ;
Il existe plusieurs aléas à traiter au cycle 4. Il faudra donc interconnecter les différents
réseaux relatifs aux aléas comme le montrait la première figure de la page 2.
En synthèse, visiter ou revisiter un champ notionnel ou de compétence dans un enseignement
spiralaire doit permettre :
1. De construire une compétence sur un premier sujet détude (par exemple le risque
dinondation) ;
2. De renforcer et dapprofondir une compétence sur dautres exemples (par exemple sur
le risque volcanique et le risque sismique) ;
3. De mobiliser cette compétence sur dautres thèmes disciplinaires (exemple envisager
les risques dune pollution de lair ou de leau lors de létude de la respiration, de la
reproduction ou de la défense de lorganisme) ;
4. De transférer ces compétences dans un autre domaine disciplinaire (par exemple le risque
chimique ou technologique) ou citoyen (mise en œuvre dun plan particulier de mise en
sûreté, PPMS).
Construire un système explicatif plus précis
Dans lexemple précédent, nous avons développé un enseignement spiralaire où les
différents sujets abordés illustraient le même concept. Nous allons à présent envisager un
enseignement spiralaire où, si le même concept est toujours abordé, son système explicatif
se perfectionnera. Les deux aspects sont traités successivement mais, dans la réalité, ils
coexistent : en classe, on construit donc les deux en même temps.
Lors de la construction dun système explicatif plus précis, deux obstacles à lapprentissage
des élèves sont à envisager. Tout dabord les élèves doivent pouvoir mobiliser des acquis,
ce qui pose le problème de linterdépendance des notions. Ensuite, construire un système
explicatif plus précis nécessite le plus souvent de changer déchelle despace et de temps.
Linterdépendance des notions
Si un programme spiralaire permet de revisiter un champ de compétences ou de
connaissances, celles-ci sont-elles abordables nimporte quand dans le cycle ou faut-il avoir
traité de certaines avant dautres ? Les deux cas peuvent se rencontrer. Si les compétences
ou les connaissances sont indépendantes, leur traitement na aucune incidence sur la
programmation. En revanche, si les compétences ou les connaissances sont liées il faut, dans
le raisonnement, utiliser préalablement celles qui permettent dexpliquer les autres.
Pour illustrer cette dépendance entre les notions, nous allons prendre lexemple de lévolution.
Pour comprendre ce concept, il faut concevoir que les populations sont formées dindividus
génétiquement différents sur lesquels la sélection naturelle peut sexercer. Le concept de
biodiversité génétique est donc explicatif du concept dévolution. Pour expliquer la biodiversité
génétique, la connaissance de la méiose et de la fécondation sont nécessaires et, sur le plan
moléculaire, la notion de mutation qui permet dintroduire une variabilité génétique portée par
la molécule dADN.
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En synthèse, nous retiendrons que linterdépendance des compétences à faire acquérir aux
élèves a une incidence dans la programmation. Les plus simples sont indispensables et
doivent être utilisées dans un raisonnement, car elles sont explicatives des plus complexes.
Cependant, cela nimpose pas quelles soient étudiées en premier car un jeu de va-et-
vient du complexe au plus simple est possible. Autrement dit, il est possible de débuter par
létude dune compétence complexe puis, pour lexpliquer, de convoquer des compétences
simples. Cette remarque sapplique aussi bien à des concepts disciplinaires quà des concepts
interdisciplinaires ou partagés.
Le changement déchelle despace et de temps
La maîtrise des échelles de temps et despace nécessite une abstraction que les élèves doivent
acquérir. Léchelle de temps la mieux maîtrisée par les élèves est celle des temps courts : le
présent, le futur proche et le passé proche. Lintroduction dun temps long (temps géologique
par exemple) est une difficulté qui est doublée par le fait que lon évoque des mondes très
différents du leur où lêtre humain nexistait pas. Pour léchelle spatiale, la difficulté est
comparable. Si lélève se représente facilement ce quil voit par ses yeux ou à laide dun outil
(la cellule au microscope par exemple), il a beaucoup plus de mal à appréhender linfiniment
petit (niveau moléculaire) ou linfiniment grand.
La prise en compte des échelles de temps et despace revient à prendre en compte la capacité
dabstraction des élèves. Il faut donc que lenseignant, lorsquil affine le système explicatif sur
un sujet en changeant déchelle despace ou de temps, donne aux élèves la possibilité de faire
les liens indispensables. Il veillera, par exemple, à ne pas passer directement de lorganisme
à la molécule en oubliant le niveau de lorgane et le niveau cellulaire. Il pourra aussi envisager
des frises temporelles ou spatiales qui construiront des repères pour les élèves.
Ces constats ont des conséquences sur la programmation. Prenons lexemple de la nutrition
des organismes où les échelles de lorganisme, des organes, des tissus et des cellules sont à
aborder. Il serait logique mais non obligatoire, détudier la nutrition du niveau macroscopique
vers le niveau microscopique car, là encore des va-et-vient, sont inévitables.
Deux parties du programme visent un système explicatif qui atteint le niveau moléculaire :
limmunologie et la génétique. Lexplication au niveau moléculaire est attendue à la fin de la
classe de quatrième ou en classe de troisième mais ces parties peuvent être introduites au
niveau de lorganisme, de lorgane ou de la cellule en début ou en milieu de cycle. Même si
lexplication au niveau moléculaire est attendue à la fin de la classe de quatrième ou en classe
de troisième, la progression ne respecte pas forcément lordre des échelles. Il faut parfois
convoquer des échelles très différentes pour comprendre un mécanisme. Mais il faut être
attentif à replacer à chaque fois les échelles détude pour que les élèves se construisent un
cadre cohérent de référence.
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Un exemple de construction dun système explicatif plus précis
Nous prendrons comme exemple la nutrition humaine. Au cours des cycles 3 et 4, des « boites
noires » matière et nutrition sont successivement ouvertes.
Le système explicatif construit au cycle 3 (voir la représentation schématique ci-dessous)
permet de donner les bases dune alimentation équilibrée. Il faut que les apports alimentaires
soient suffisants (identification de paramètres susceptibles de faire varier les besoins)
et diversifiés (identification de groupes daliments) mais aussi liés au repas. Ce système
explicatif permet de construire un premier niveau déducation à la santé.
Il manque cependant, pour développer ce système explicatif, plusieurs éléments qui seront
introduits au cycle 4 et précisés au lycée :
1. La connaissance de la matière au niveau moléculaire. La notion de matière (ici matière
organique) doit être acquise ainsi que la compétence « expliquer des transformations
chimiques » (programme de physique-chimie). Sans ces deux éléments, la digestion qui
transforme des aliments en nutriments assimilables par lorganisme reste une assertion
pour les élèves, quils ne peuvent expliquer. La digestion par les enzymes digestives mais
aussi la compréhension de la nécessité dune alimentation équilibrée dépendent de la
maitrise du niveau moléculaire ;
2. La connaissance du fonctionnement du système digestif ;
3. Le fonctionnement coordonné des systèmes respiratoire et circulatoire qui permet de
répondre, en différentes conditions, aux besoins des cellules de lorganisme.
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Le schéma ci-dessous reprend ces différents apports :
Plus généralement dans les programmes, il existe un affinement du système explicatif
proposé. Si la fonction ou le phénomène a été présenté en cycle 3, il est abordé, par exemple,
à différentes échelles au cours du cycle 4. Ainsi pour les êtres vivants au cycle 4, la fonction
étudiée sera déclinée au niveau de lorganisme, de lorgane, de la cellule et éventuellement au
niveau moléculaire. Chaque nouveau niveau abordé enrichit le précédent.
Enrichir un enseignement spiralaire par linterdisciplinarité
Les objets détude que nous proposons à nos élèves sont des objets complexes.
Les disciplines les voient chacune par leur corpus de connaissances et leur système explicatif,
les représentent par leurs codes, les décrivent par leur vocabulaire. Linterdisciplinarité
permet de faire du lien pour les élèves, en intégrant les différents angles dapproche.
Cela a deux avantages : renforcer lapprentissage en forgeant un système explicatif partagé
et donner du sens à létude envisagée.
Le réseau ci-dessous permet denvisager un ensemble de notions quil est possible daborder
dans un EPI histoire et géographie (en jaune) et SVT (en bleu). Le vert correspond à des
notions communes aux deux disciplines.
La problématique envisagée est relative aux conséquences dun changement climatique sur
lenvironnement pris au sens le plus large. Ce réseau est facilement adaptable à une étude
dun cas précis choisi par les professeurs.
Il montre linterdépendance des sujets abordés et ce que chaque discipline apporte dans son
traitement, par ses connaissances, par ses démarches ou par ses méthodes pour résoudre
une problématique commune.
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Mais linterdisciplinarité ne se limite pas aux seuls EPI. Il convient de rechercher ces liens
avec les autres disciplines quand nous partageons et construisons les mêmes concepts.
Mettre en place une progressivité des apprentissages
Lécriture du programme de SVT du cycle 4 est, comme au cycle 3, formulée en compétences.
Elles deviennent de plus en plus complexes au cours de la scolarité. Globalement, les
compétences travaillées en SVT sont précisées en introduction du programme. Dans le cadre
dune problématique et dune démarche scientifique explicites, les élèves doivent rechercher
des informations (les verbes en caractères italiques et gras se réfèrent au schéma ci-dessous)
soit par lobservation ou lexpérimentation sur le réel soit en modélisant les phénomènes
soit encore en utilisant des banques de données ou des documents présentant des résultats
scientifiques. Ces informations sont ensuite traitées, cest-à-dire organisées pour être
communiquées (texte, dessin, tableau, graphe, images numérisées ...) mais aussi complétées
par des connaissances qui permettent didentifier, de situer dans le temps et lespace et
de caractériser. Cette analyse faite, les élèves peuvent alors relier ces informations pour
comprendre voire pour expliquer aux autres leurs nouvelles connaissances. La maitrise, même
partielle, des notions et plus généralement des compétences, doit alors leur permettre :
dexercer leur esprit critique pour argumenter, cest-à-dire développer un jugement fondé
sur des bases scientifiques ;
de développer leur créativité. Cela place les élèves en capacité dimaginer ou de concevoir
pour développer leur savoir scientifique.
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La figure ci-dessus montre la place des compétences travaillées dans une démarche
dinvestigation mais aussi leur complexification. « Identifier-Reconnaitre-Repérer », par
exemple, demandent seulement de se reporter à une référence connue alors que « Décrire-
Caractériser » nécessite de définir les qualificatifs ou les caractéristiques. Mettre en relation
est nécessaire pour expliquer mais dun niveau de difficulté inférieur. La fréquence des
occurrences des verbes entre le cycle 3 et le cycle 4 montre bien la complexification des
compétences attendues.
Par conséquent, lécriture du cycle 4 privilégie des compétences plus complexes mais
ces dernières nécessitent de passer par les compétences élémentaires qui sont de fait
implicitement convoquées pour exercer la compétence complexe. Pour « expliquer » par
exemple, il faut avoir recherché, organisé et complété des informations puis les avoir reliées.
La globalisation de lécriture de la compétence dans le programme ne fait apparaitre que
lultime niveau de complexité.
La progressivité des apprentissages est une nécessité, mais elle est masquée par la
formulation des attendus de fin de cycle (expliquer ; relier ; justifier des comportements
responsables par exemple).
Quelles approches possibles pour le programme ?
Approche par thèmes
La première approche du programme, la plus simple pour léquipe de professeurs qui
découvre le programme, est de travailler par thème. Ils doivent répartir sur les trois années
les compétences et attribuer une durée pour chaque compétence. Dans la troisième et
dernière partie (quelle mise en œuvre ?), nous expliciterons cette approche par thèmes en
Nous employons
1 prenant des exemples de travaux de professeurs.
comme antonyme le La difficulté quil est possible de rencontrer avec cette approche vient de la cohérence
terme de « filé » pour
notionnelle. Il est en effet logique daborder puis dapprofondir un sujet jusquà parvenir
montrer une répartition
sur les deux ou trois
à lattendu de fin de cycle. Le risque est de tendre vers un enseignement essentiellement
années du cycle. massé1, cest-à-dire concentré sur une seule année. Cela va à lencontre dune progression
spiralaire car lélève ne peut plus visiter et revisiter un même champ disciplinaire et donc
bénéficier dun temps long dapprentissage et de multiples moments dexposition aux
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Travail issu dun
2
Une réflexion est donc nécessaire pour répartir sur les trois années les compétences
groupe de professeurs constitutives des attendus de fin de cycle. Il faut en effet que ces regroupements soient
dans plusieurs
cohérents et suffisamment importants pour éviter un éventuel éparpillement.
académies
Un exemple de répartition du thème le corps humain et la santé sur les trois années du cycle 42 .
Approche par un fil directeur
Un professeur ou une équipe disciplinaire peut privilégier, tout en traitant lensemble de
ce programme, certaines approches (évolution, développement durable...) selon le projet
détablissement, un projet de classe, lexistence dEPI, etc.
Le fil directeur choisi peut alors avoir une incidence sur la programmation en générant une
interdépendance des compétences. Contrairement au cas précédent, cette interdépendance
nest plus induite par le programme mais résulte du choix du (ou des) professeur(s).
Prenons lexemple de lactivité interne de la Terre (séismes volcanisme) ou son activité
externe (phénomènes météorologiques et climatiques) : ils sont à traiter pour eux-mêmes
(connaissances géologiques) et pour le risque quils sont susceptibles de faire courir à lêtre
humain, mais ils sont aussi importants comme phénomènes modifiant un milieu et ses
caractéristiques, donc son peuplement et sa biodiversité.
Si le (ou les) professeur (s) fait (font) le choix un des choix possibles de prendre comme fil
directeur lévolution, il pourra organiser son programme (excepté la partie « le corps humain
et la santé ») comme lindique le schéma ci-dessous :
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Cette organisation des notions selon un fil directeur induit une dépendance des notions à
faire acquérir (de gauche à droite-flèche rouge) mais montre aussi des entrées notionnelles
indépendantes (de haut en bas-flèche bleue).
Le choix dun fil directeur a donc une incidence sur la programmation.
Quelle mise en œuvre ?
Un travail avec des professeurs a été entrepris dans une académie. Il permet de construire sa
propre programmation. Ce travail est structuré autour de trois étapes :
1. Déterminer le cadre horaire théorique de la proposition ;
2. Déterminer pour chaque professeur la durée détude consacrée à chaque item du
programme et positionner chaque item à un niveau du cycle 4 ;
3. Identifier pour chaque niveau quelles compétences sont travaillées dans le cadre horaire
retenu.
Déterminer le cadre horaire théorique de la proposition
Une année scolaire comporte théoriquement trente-six semaines mais, dans les faits et en
raison de contingences multiples, cette durée nest quexceptionnellement atteinte. Aussi est-
il envisageable de proposer une programmation sur trente semaines (45 heures).
Nous avons décidé de proposer des programmations pour une durée de 45 heures par année
du cycle. Les trois thèmes du programme sont a priori dégale importance, cest pourquoi
dans un premier temps nous avons essayé de les répartir de manière équitable entre eux, soit
15 heures par thème et par an. Nous étions conscients que la réalité des programmations qui
seraient proposées par les professeurs du groupe varieraient par rapport à cette norme, mais
en la fixant nous souhaitions éviter des programmations trop déséquilibrées donc irréalistes.
Déterminer pour chaque professeur la durée détude consacrée à chaque
item du programme et positionner chaque item à un niveau du cycle 4
Il a été demandé au professeur, pour chaque item du programme, le niveau du cycle où il
voulait le traiter ainsi que la durée quil se donnait pour lenseigner. Par année du cycle et
par thème, les durées proposées ont été traitées au moyen dune feuille de calcul de tableur.
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
3
La feuille « fichier Loutil utilisé et les exemples de répartition horaire de professeurs sont donnés dans le fichier
à remplir programma- annexe3. Chaque professeur représentant léquipe disciplinaire de son collège a travaillé de
tion » complétée par le
façon indépendante. Nous donnons et exploitons quatre résultats obtenus.
professeur ou léquipe
permet de réaliser Résultats pour léquipe 1
la programmation ;
Pour le thème 1 : « la planète Terre, lenvironnement et laction de lHomme » cette équipe a
la feuille « program-
mation équipe 3 » proposé la répartition horaire (en heures) suivante :
correspond à un
exemple de program-
mation (celle de léquipe
3 dont il est question
plus loin dans le texte) ;
la feuille « comparatif
des programmations »
permet de visualiser la
comparaison des pro-
grammations proposées
par les quatre équipes
sollicitées.
Pour le thème 2: « Le vivant et son évolution », la répartition horaire par cette même équipe est :
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Pour le thème 3 : « le corps humain et la santé » la répartition horaire par cette même équipe est :
Il est alors possible de se faire une idée globale de la répartition proposée en la reportant sur un
tableau de cinquante cases (10x5) qui représente 50 heures avec chaque regroupement symbolisé
par les codes couleur.
Ce tableau est construit en prenant la succession des items du programme. Il nest donc pas
chronologique et ne tient pas compte des regroupements pédagogiques des compétences que
fera le professeur pour donner du sens à son enseignement.
Voici la même proposition de répartition horaire mais cette fois-ci organisée sur lannée :
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Résultats pour les équipes 2, 3 et 4
Seules les propositions de répartition horaire organisées sur lannée sont présentées
ci-dessous pour les autres équipes :
Les détails des répartitions par item sont donnés pour léquipe 3 dans le fichier Excel joint
(feuille « Programmation équipe 3 »).
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4
Il ne sagit ici que des De la comparaison de ces différentes répartitions, il est possible de tirer plusieurs
propositions des deux enseignements. La diversité des propositions des équipes est très importante. Elle porte :
équipes citées. Il y a
bien sûr dautres pos- 1. sur le positionnement sur un niveau des compétences à traiter : ainsi, selon les équipes4 ,
sibilités, par exemple : volcanisme et séismes sont traités en quatrième mais si cela est fait sur les deux années de
traiter en 5ème, risques cinquième et de quatrième cela peut être lun ou lautre qui sera fait en cinquième.
volcaniques et sis-
miques, manifestations
2. sur le nombre dheures attribuées à chaque compétence et plus généralement à chaque
et prévisions puis en thème : ainsi pour le premier thème les propositions horaires allaient de 41 à 51 heures,
4ème sintéresser aux pour le deuxième thème de 40 à 50 heures et enfin pour le troisième de 40 à 48 heures.
mécanismes qui en sont Malgré ces différences, la somme horaire pour le cycle oscillait de 135 à 141 heures.
à lorigine et en 3ème Chaque professeur a donc fait des choix et développé différemment chaque partie. La
revenir sur lensemble
liberté horaire possible par lexistence dun cycle sur trois ans a donc été exploitée.
en traitant dune poli-
tique de prévention. 3. sur lintégration des parties : comme dans la proposition 3, où la reproduction humaine est
couplée à la génétique en quatrième (fécondation, développement embryonnaire, mitose)
et où génétique et évolution se rejoignent en troisième tout en introduisant la reproduction
pour les gamètes et le patrimoine génétique des plantes à fleur et des vertébrés ou les
climats anciens ainsi que les ères géologiques. Cette intégration se retrouve aussi dans la
proposition 4.
4. sur lordre de traitement des sous thèmes du programme.
Cette étude montre aussi quil est impossible de proposer une programmation type avec des
durées imposées en heures ou en pourcentage pour chaque compétence et un placement
de celles-ci à tel ou tel niveau du cycle. Chaque progression proposée doit constituer une
base de travail quil faut mettre en relation avec les objectifs de léquipe de professeurs
et surtout avec la réalité des profils délèves à qui sadresse cet enseignement. Il convient
ensuite didentifier pour chaque niveau quelles compétences sont travaillées dans le cadre
horaire retenu.
Proposition de liens entre les différentes parties du programme
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
Les propositions faites dans ce tableau ne sont pas exhaustives, ce sont des pistes travaillées
avec des enseignants pour construire un enseignement spiralaire.
5
Sylvie Queval, Maître En conclusion, nous reprendrons une phrase extraite dun article5 dédié à la question de
de conférences hono- la progression spiralaire : « Toute notion, et tout problème construit à partir delle, sont
raire en philosophie de alors susceptibles de reprises infinies : cest le même qui revient, mais il ne revient pas au
l'éducation, Université
même ». Pour illustrer ce point, lexemple du volcanisme est intéressant car il permet de
de Lille 3, « Pour une
progression spiralaire montrer quil est possible de travailler un système explicatif de manière spiralaire de lécole
de lapprentissage du primaire (plus précisément du cycle 3) au Post Bac. En effet, chaque niveau apporte sa part
philosopher ». dapprofondissement, tout en reprenant les acquis des classes précédentes.
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CYCLE 4 I SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE I Inscrire son enseignement dans une logique de cycle
Il devient alors évident que le cycle 4 nest quun temps dapprentissage dans la scolarité de
nos élèves. Ils devront tout au long de leurs études et même de leur vie, revisiter les mêmes
concepts mais diversifier les approches, les appliquer sur des sujets détude différents et ainsi
se construire un système explicatif cohérent.
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