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Utiliser les nombres pour comparer,
calculer et résoudre des problèmes:
les nombres décimaux
Objectifs
Au cycle 3, les nombres décimaux sont introduits à partir des fractions décimales. Lécriture à virgule
est ensuite présentée comme une convention décriture dune fraction décimale ou dune somme de
fractions décimales. Cette notation permet la mise en place des règles de comparaison et de calcul.
Les quatre opérations sur les décimaux sont étudiées, mais la division est limitée au cas où le diviseur
est un entier.
Même si les décimaux ont été introduits à partir des fractions décimales, beaucoup délèves, à lentrée
du cycle 4, associent encore la nature dun nombre à son écriture. Pour eux, un nombre sexprime
toujours par une suite de chiffres et les nombres décimaux se différencient des nombres entiers par la
5
présence de la virgule. Ils ne perçoivent pas, par exemple, 17 ou comme des nombres décimaux.
2
La poursuite, au cycle 4, du travail sur les nombres décimaux vise plusieurs objectifs :
 Amener tous les élèves à différencier la nature dun nombre (notamment décimal)
de son écriture et à passer de lune de ses désignations à une autre. Concevoir, par
35 7 1
exemple, 3,5 ; 3,50 ; ; ; 3 + comme des désignations différentes dun même
10 2 2
nombre ;
 Poursuivre le travail sur la comparaison des nombres décimaux. Il permet notamment
de faire prendre conscience aux élèves de la possibilité dintercaler un nombre
décimal entre deux nombres qui pourraient être perçus à tort comme des nombres
consécutifs (par exemple 7,24 et 7,25) ;
 Consolider les techniques opératoires étudiées au cycle 3 sur les nombres décimaux,
notamment la priorité de la multiplication sur laddition et la soustraction ;
 Introduire la division par un nombre décimal ;
 Utiliser les nombres décimaux pour exprimer des mesures de grandeurs et repérer
des points autres quentiers sur la droite graduée.
Le travail mené tout au long du cycle sur les nombres relatifs concerne non seulement les entiers,
mais aussi les décimaux et plus généralement les rationnels ; il viendra à ce titre compléter létude
des décimaux dont lintroduction au cycle 3 porte uniquement sur les décimaux positifs.
Liens avec les domaines du socle
La compréhension et lutilisation de différentes écritures dun nombre décimal, sa représentation sur la
droite graduée, les passages entre ses différents modes de représentation contribuent à lacquisition
du langage mathématique pour penser et communiquer (domaine 1).
La pratique du calcul (mental et écrit, exact et approché) engageant des nombres décimaux,
lutilisation de valeurs approchées décimales pour modéliser et résoudre des problèmes scientifiques
et dordres de grandeurs pour contrôler des résultats contribuent à létude des systèmes naturels et
des systèmes techniques (domaine 4).
Progressivité des apprentissages
e
La division par un nombre décimal est introduite dès la classe de 5 , parallèlement à la consolidation
des techniques opératoires déjà étudiées au cycle 3. La maîtrise de ces techniques, en lien avec la
compréhension des nombres et des opérations, est entretenue tout au long du cycle 4.
Le travail sur lécriture décimale, initié au cycle 3 et poursuivi tout au long du cycle 4, est un point
e
dappui pour létude des puissances de 10 qui est formalisée dès la classe de 4 .
Parallèlement à la maîtrise des techniques calculatoires sur les nombres décimaux, les élèves sont
amenés, tout au long du cycle, à résoudre des problèmes faisant intervenir des nombres décimaux.
Stratégies denseignement
e
Pour beaucoup délèves, à lentrée en 5 , la conception dun nombre décimal comme un objet
mathématique et non comme une écriture est encore en cours de construction, le sens des opérations
et les techniques opératoires sur les nombres décimaux sont encore en cours dacquisition. De plus,
certains élèves se sont forgé des représentations fausses qui, si elles peuvent savérer performantes
dans des situations particulières, constituent des obstacles pour la suite des apprentissages. Il est
donc indispensable que le professeur identifie les conceptions erronées afin de développer les
stratégies denseignement qui permettront de les déstabiliser.
Quelques conceptions erronées
 Assimilation de la virgule à un trait de fraction ; cest ainsi que, pour certains
14
élèves = 14,10.
10
 Difficulté à concevoir quun même nombre puisse avoir plusieurs désignations ;
4
ainsi, 1+ ; 1,4 ; 1,40 ne sont pas perçus comme différentes écritures dun même
10
nombre .
 Le « nombre à virgule » vu comme un « entier déguisé », comme si la virgule
nexistait pas. Ce rôle « fantôme» de la virgule conduit certains élèves à écrire
4,3 < 4,06 < 4,249 en le justifiant par le fait que 43 < 406 < 4249, ou à percevoir 2,47
comme « le » successeur de 2,46, au même titre que 247 est celui de 246 .
 Le « nombre à virgule » vu comme laccolement de deux entiers, la virgule
jouant le rôle de « frontière » entre les deux. Cela conduit par exemple à écrire :
4,3 < 4,06 < 4,249 (avec comme justification : « 3 est plus petit que 6, lui-même plus
petit que 249 ») ;ou encore : 2,6 × 3,4 = 6,24 ; 15,7 + 12,6 = 27,13 ou encore à
percevoir 5,100comme « le » successeur de 5,99.
 Une connaissance mal installée du système décimal peut conduire un élève, dans
le nombre 234,678, à percevoir le chiffre 7 comme le chiffre des dixièmes en raison de
la position supposée des dixièmes comme symétrique de celle des dizaines,
ou encore à écrire 4,249 < 4,16 < 4,1en justifiant que les millièmes sont « forcément»
plus petits que les centièmes, eux-mêmes plus petits que les dixièmes.
 Des techniques mal automatisées et non contrôlées peuvent aboutir à une
confusion sur la position de la virgule dans le résultat dune addition posée ou dune
multiplication posée comme dans la multiplication ci-dessous :
2,3
× 5,5
115
115
1 2 6,5
 Lapplication de règles au-delà de leur domaine de validité ; cest ainsi que
lextension aux décimaux de la règle du déplacement de la virgule ou de lajout de
zéros pour la multiplication des entiers par des puissances de 10 contribue à des
erreurs du type :
- 1,4×10 = 1,40 ; 1,4 : 0,1 = 0,14
12
- 12×0,5 > 12; < 12 (car « multiplier augmente un nombre et diviser
0,5
le diminue »).
 Lusage social des nombres décimaux à loral peut être à lorigine de
confusions, comme dans les exemples suivants : « un kilo cinq » sécrit en fait 1,5 kg
alors que « un euro cinq » sécrit en fait 1,05 €.
La pratique régulière du calcul réfléchi doit permettre de « déconstruire » ces représentations
erronées et parfois résistantes.
La construction dautomatismes
Sil permet daller plus vite une fois quon a compris, un automatisme ne permet pas de comprendre
plus vite ; avant dêtre institutionnalisée puis automatisée, une « règle » (comme celle, déjà citée, du
déplacement de la virgule vers la droite ou vers la gauche) doit avoir été justifiée par le professeur et
comprise par les élèves pour ne pas être employée en dehors de son cadre de validité.
La pratique régulière du calcul réfléchi permet à la fois de comprendre lorigine des règles et dancrer
dans la durée la construction des mécanismes opératoires. Pratiqué en amont de la formalisation de
ces mécanismes, le calcul réfléchi peut être mis en œuvre sur des exemples génériques. Pratiqué
juste après linstitutionnalisation, sur des exemples assez proches de la situation dintroduction,
il permet lappropriation de la notion en cours détude. En aval, une pratique régulière, sur le long
terme, permet dautomatiser les procédures et les propriétés des nombres engagés dans le calcul et
savère nécessaire pour garantir la pérennité des acquisitions. Lanalyse collective, sous la conduite
du professeur, des différentes stratégies mises en œuvre et des éventuelles erreurs commises
contribue à donner du sens aux objets mathématiques mis en jeu et aux techniques à automatiser.
Dans le cadre de lapprentissage des nombres décimaux, on entretiendra de façon régulière les
automatismes liés à la somme, à la différence, au produit de nombres décimaux, au quotient dun
nombre décimal par un entier, notions abordées au cycle 3, sur des exemples présentant de véritables
enjeux. Lun de ces enjeux est de permettre didentifier une erreur liée à lincompréhension de
lécriture à virgule ; par exemple, un calcul du type 1,4 + 0,15 permet didentifier lerreur liée à la
conception de la virgule frontière par les élèves qui fournissent 1,19 comme réponse, alors que le
même calcul, posé sous la forme 1,40 + 0,15 ne permet pas de débusquer lerreur.
La compréhension de lerreur peut sappuyer sur différents registres dexpression : celui de la langue
naturelle (on ajoute 1 dixième plus 5 centièmes à 1 unité plus 4 dixièmes), mais aussi celui des
fractions décimales.
Lintroduction de la division dun décimal par un décimal pourra se faire dans le cadre de cette
pratique, sur une durée suffisamment longue, à petites doses et de manière progressive.
La consolidation des priorités opératoires
La consolidation des priorités opératoires introduites au cycle 3 est indispensable car ces priorités
sont à la base de la compréhension et de la production dexpressions, quelles soient numériques ou
littérales. Lécriture en ligne d'une succession de calculs simples engageant des nombres décimaux,
notamment prescrits par des programmes de calcul, est une stratégie denseignement possible.
EXEMPLE :
Prendre un nombre ;
lui ajouter 1,8 ;
multiplier le résultat par 3,2.
Écrire lexpression numérique traduisant ce programme en prenant 10 comme nombre de départ.
Il pourra savérer fructueux de comparer les résultats obtenus avec une calculatrice scientifique et
avec une calculette, ces deux outils ne respectant les mêmes règles de priorité entre opérations.
Le choix du nombre dinstructions dun programme de calcul et des nombres auquel il sapplique
permet une différenciation au sein de la classe.
Parallèlement au travail sur les programmes de calcul qui concernent laspect procédural dun calcul,
les élèves seront amenés à travailler sur sa forme structurale (somme, différence, produit, quotient).
Par exemple identifier 12,3 + 2,5 × 7,1 comme une somme: celle de 12,3 et du produit de 2,5 par 7,1.
Lutilisation de la droite graduée
Le recours à la droite graduée permet de travailler la compétence « représenter » décrite dans les
programmes des cycles 3 et 4 par les passages dans les deux sens quelle permet de réaliser entre
le registre symbolique de lécriture du nombre et le registre graphique de sa représentation.
Plusieurs situations denseignement se prêtent à lutilisation de la droite graduée.
 Mesurer des grandeurs et encadrer des mesures, notamment en variant les
unités. Effectuer des mesures « qui ne sexpriment pas en un nombre entier dunité »
permet de revenir à lutilité première des décimaux (résoudre des problèmes pour
lesquels les entiers sont défaillants) et de travailler lintercalation des décimaux.
 Repérer des points sur une droite graduée. Les activités de repérage peuvent être
très variées au niveau des situations et des questionnements proposés, mais aussi
des types de graduation et des outils utilisés (droite graduée, papier millimétré, sous
unités partiellement ou non représentées, présentation « en zoom ») et de la nature
de lécriture des nombres à repérer (désignation orale, écritures fractionnaires,
décimales, décompositions diverses, etc.). On pourra se reporter à lactivité
développée au paragraphe VI.
 Intercaler des décimaux. « Donner dix nombres entre 4,67 et 4,68 » est une situation
classique qui peut être enrichie par la question de savoir sil peut y en avoir 100,
1000, 10 000, etc.
Dans le cadre dune différenciation pédagogique, on pourra remplacer 4,67 et 4,68
par 4 et 4,01.
Lutilisation de valeurs approchées et le contrôle des résultats
La résolution de problèmes permet aux élèves de prendre conscience que les nombres décimaux ne
permettent souvent que dy apporter des réponses approchées.
Conformément à lécriture du domaine 4 du socle (paragraphe « démarches scientifiques »),
les ordres de grandeurs sont utilisés pour estimer et contrôler les résultats.
Points de vigilance
La rigueur et la précision de la dénomination orale des nombres décimaux contribuent à leur bonne
compréhension. Le professeur doit avoir conscience du caractère modélisant de sa propre pratique
et du fait que la dénomination dusage social du type « 3 virgule 08 » peut renforcer les fausses
représentations, notamment celle de la « virgule frontière ». Les échanges en classe offrent loccasion
de manipuler mentalement les changements de registres, ce que facilitent les formulations du type
« 308 centièmes » ou « 3 unités plus 8 centièmes ». Attendre cette rigueur de la part des élèves les
aide à établir les liens entre les différentes désignations et contribue à la compréhension des nombres
décimaux. La maîtrise, par tous les élèves, des techniques opératoires sur les nombres décimaux est
un objectif de fin de cycle. Un travail spiralé, mené sur toute la durée du cycle, sous forme de calcul
mental ou réfléchi doit permettre de latteindre. Mais la technique sacquiert aussi à travers la
résolution de problèmes et nombreux sont ceux qui sollicitent les nombres décimaux; leur résolution
contribue à consolider la compréhension de ces nombres. Ces problèmes peuvent relever de la vie
courante, dautres disciplines ou dautres champs des mathématiques : calculs de coûts, coefficients
de proportionnalité ou de linéarité, déchelles ou de moyennes, mesures de grandeurs, conversions
dunités, etc.
Différenciation
Pour les élèves qui nont pas encore acquis une compréhension automatisée des décimaux, il est
nécessaire de recourir à des outils de manipulation permettant de visualiser les rapports entre unité,
dixième, centième pour asseoir le sens des désignations. Parmi ces outils on peut citer la droite
graduée, mais aussi le carré ou le cube unité partagés en sous-unités, les tangrams, etc. On pourra
se reporter à lactivité développée au paragraphe VI.
Une bonne connaissance de faits numériques comme les multiples de 25 et leur relation avec 100, les
divisions par 10, 100, 1000, etc. est indispensable à la bonne compréhension des nombres décimaux.
Un travail routinier sur ces prérequis permet de dépasser certaines difficultés.
Pour certains élèves, un manque dassurance dans le calcul écrit constitue un véritable handicap
et une source de blocage. Or, de même quune orthographe incertaine ne saurait interdire lécriture,
le manque de dextérité calculatoire ne doit pas constituer un blocage à toute activité mathématique.
Il est donc indispensable de ne pas limiter lactivité des élèves les plus fragiles à des tâches purement
techniques et il est déconseillé dattendre systématiquement leur maîtrise avant de leur proposer des
problèmes à résoudre, ce qui peut dailleurs constituer un puissant levier pour motiver lacquisition des
techniques.
Dans le cadre dun approfondissement, létude de quelques cas de non décimalité pourra être traitée.
Exemples de situations dapprentissage
Contrôle de la vraisemblance du résultat dun calcul sur les nombres décimaux
Exemple de la division par un nombre décimal
0,6
On propose aux élèves de calculer . On peut sattendre à ce que certains proposent comme
0,2
résultat 0,3 ou 0,03. Ils effectuent en effet la division de 6 par 2 et mettent soit un chiffre après la
virgule en appliquant lalgorithme de laddition, soit deux chiffres après la virgule en appliquant
lalgorithme de la multiplication.
0,6
La référence au quotient permet didentifier comme étant le nombre par lequel il faut multiplier 0,2
0,2
pour obtenir 0,6. Linvalidation des résultats 0,3 et 0,03 repose alors sur les opérations 0,3 × 0,2 =
0,06 et 0,03 × 0,2 = 0,006.
Pour certains élèves, la compréhension de lerreur passe par la verbalisation de la notion de partage
en « Combien de fois 0,2 entre-t-il dans 0,6 ? » ou en sa formulation équivalente « Combien de fois 2
dixièmes entrent-ils dans 6 dixièmes ? ». Ces formulations permettent damener les élèves à prendre
0,6
conscience «quil y a plus dune fois 0,2 dans 0,6 », et donc que ne peut valoir ni 0,3 ni 0,03.
0,2
Il convient également dinsister sur le fait que le résultat de la division par un nombre décimal inférieur
à 1 est plus grand que ce nombre. Cela doit faire partie des automatismes de contrôle.
Utilisation de la droite graduée
Lactivité ci-dessous utilise des zooms à différentes échelles.
Source : académie de Rennes
1. Quel est le nombre indiqué par la flèche sur la droite graduée ci-dessous ?
2. On a représenté un agrandissement dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur l'agrandissement ?
3. On a représenté des agrandissements successifs dune partie de la droite graduée.
Quel est le nombre indiqué par la flèche sur le dernier agrandissement ?
Cette activité peut être complétée par lexercice inverse, qui consiste par exemple à représenter
2,472 sur la droite graduée.
Mesure de grandeurs
La mesure de la surface des pièces dun Tangram permet de
faire le lien entre écritures décimales, fractions décimales et
fractions non décimales puisquon peut utiliser comme unité
daire soit le plus petit des triangles, dont laire est égale à un
seizième de laire totale, soit le centimètre carré, en utilisant le
quadrillage.
Autres exemples d'activités
 Des exemples de questions flash
 Un exemple de tâche intermédiaire : un problème de coûts
 Un exemple de tâche avec prise dinitiative : Épaisseur dune feuille de papier
Ressources complémentaires
Les ressources proposées ci-après constituent des compléments et des approfondissements utiles
pour aborder la notion de nombre décimal avec les élèves :
 Le nombre au cycle 3 SCEREN - CRDP, septembre 2012
 Les nombres au collège
 Le calcul numérique au collège
 Découvrir de nouveaux nombres au collège - brochure IREM de Strasbourg 2012
 Des maths ensemble et pour chacun - Rouquès, J.-P. & Staïner, H.(2010) - Cinquième.
Nantes : CRDP des Pays de la Loire
 Comment les enseignants tirent-ils parti des recherches faites en didactique des
mathématiques ? Le cas de l'enseignement des décimaux à la charnière école-collège
BLOLON J. 1996, Identifiant BU : 96PA05H050
 Banque des exercices de Mathématiques sans Frontières Junior
 Enseigner et apprendre les nombres décimaux : dispositif dévaluation diagnostique Decival
sur le site du Centre de Recherche sur lEnseignement des Mathématiques de Louvain
(Belgique)
 La sixième entre fractions et décimaux - Brochure de lIREM de Lyon