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Histoire - Géographie
Sapproprier les différents thèmes du programme
Géographie / classe de 6ème
Thème 2 - Habiter un espace
de faible densité
• Habiter un espace à forte(s) contrainte(s) naturelle(s) ou/et de grande biodiversité
• Habiter un espace de faible densité à vocation agricole
Extrait du programme du cycle de consolidation, BOEN n°11 du 26 novembre 2015
Pourquoi enseigner « Habiter un espace de faible
densité » en classe de Sixième ?
Ce thème permet daborder des espaces de faible densité qui nen sont pas moins habités et
marqués par les activités humaines. Il sagit de comprendre la diversité des modes dhabiter
de ces espaces et les dynamiques qui sy développent puisquils correspondent soit à des
espaces aux marges de lécoumène marqués par la faiblesse de lemprise humaine sur
les paysages et les territoires (déserts froids ou chauds ou des hautes montagnes…), soit
au contraire à des espaces très largement et intensément mis en valeur (grands greniers
agricoles dAmérique du Nord, Champagne…). Quelques articulations des espaces de faible
densité avec dautres espaces sont indispensables pour comprendre leurs dynamiques. Le
traitement du thème privilégie la grande échelle, de façon à être au plus près des pratiques
des habitants, mais ces espaces sont à mettre en perspective à une échelle mondiale.
Problématiques
• En quoi les modes dhabiter dans les espaces à faible densité témoignent-ils dune
adaptation à des contraintes diverses et révèlent-ils la variabilité de ces contraintes, dans le
temps et dans lespace ?
• Quels sont les modes dhabiter dans les espaces de faible densité à vocation agricole ?
On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à lélève :
• que lintensité voire la réalité des contraintes dépend de la société qui est y confrontée et
de son niveau de développement ;
• que ces espaces de faible densité sont très hétérogènes et reflètent des modes dhabiter et
de relations au territoire différents ;
• que ces espaces de faible densité ne sont pas figés mais au contraire marqués par des
dynamiques diverses et en relation avec le monde.
Ce thème est loccasion de travailler plusieurs compétences du programme et dinvestir
particulièrement celles qui concernent la pratique de différents langages, textes tels
que le récit ou le témoignage, images avec la photographie de paysages et cartes et la
compréhension dun document. Ce thème permet en outre la construction de repères
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géographiques.
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CYCLE 3 I Histoire - Géographie I Sapproprier les différents thèmes du programme
Géographie / classe de 6ème
Quelle est la place du thème dans la scolarité ?
• Lors des deux premières années du cycle 3, les élèves ont pu découvrir ce que la notion
dhabiter recouvrait, à travers chacun des thèmes des programmes de CM1 et de CM2. Les
pratiques des habitants et majoritairement létude des territoires du quotidien ou un peu
plus éloignés, mais en relation avec le monde, ont été privilégiées.
• En classe de 6e, la notion dhabiter senrichit par lexploration despaces plus lointains,
ainsi les espaces de faible densité, dont les modes dhabiter sont parfois très différents de
ceux dune grande majorité délèves, ce qui les ouvre à laltérité autant quà la diversité des
manières dhabiter lécoumène.
• Au cycle 4, les questions démographiques, laccès aux ressources, les conséquences des
activités humaines sur les milieux sont des thèmes qui seront à nouveau abordés, en
géographie mais aussi en Sciences de la vie et de la Terre. Les espaces de faible densité en
France seront étudiés en 3e.
• Au lycée, les contraintes liées aux ressources et au climat sont abordées en classe de
seconde.
Quels sont les points forts du thème pour
lenseignant ?
Ce thème permet daborder des questions majeures parmi les suivantes, dans des termes
qui ne sont évidemment pas ceux dans lesquels on les posera en classe.
Si lécoumène, lespace habité par lhumanité, sétend aujourdhui à presque toute la planète,
la densité des populations fait bien apparaître des espaces de faible peuplement. Lexplication
du faible peuplement réside soit dans de fortes contraintes physiques et biologiques, dont
lintensité est lun des freins aux fortes densités, soit dans une intensification telle que la mise
en valeur exige une population peu nombreuse. Dans tous les cas, on peut considérer que
presque toute la planète est habitée, cest-à-dire occupée, aménagée, parcourue, mise en
valeur, représentée, imaginée par les sociétés humaines.
Le premier sous-thème invite à réfléchir aux espaces à forte(s) contrainte(s) et/ou de grande
biodiversité. La contrainte doit être entendue comme un facteur limitant que les groupes
sociaux subissent ou surmontent, voire transforment en atouts, en fonction de leurs moyens,
de leurs intérêts et de leurs représentations sociales et culturelles. Le facteur temporel joue
également et ce qui pouvait être perçu comme une contrainte peut devenir un atout et vice-
versa. Les contraintes dominantes sont dordre climatique (grand froid, sécheresse, chaleur
humide…) et de relief (pente, altitude). Linsularité ou lenclavement sont aussi des contraintes
à prendre en compte. Ladaptation, soit la réponse humaine à la contrainte, présente des
formes aussi variées que les milieux et les sociétés qui les aménagent. Ladaptation prend
la forme daménagements et de pratiques qui rendent ces espaces habitables, mais qui sont
inégalement mis en œuvre et acceptés par les acteurs des espaces concernés.
Ces espaces sont soumis à des évolutions accélérées : croissance démographique, pression
sur les ressources, insertion dans la mondialisation... Désormais les espaces de faible
densité sont connectés au reste du monde. Leur insertion est liée à lexploitation de matières
premières, à louverture de fronts pionniers, ou encore à la mise en tourisme du territoire. Ces
dynamiques, notamment observées à des échelles fines, amènent à relativiser la contrainte ;
ainsi le résident permanent ne porte pas nécessairement sur la contrainte le même regard
que le pratiquant occasionnel, comme le touriste et le travailleur temporaire. Elles sont
sources de conflits dusages et dacteurs.
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CYCLE 3 I Histoire - Géographie I Sapproprier les différents thèmes du programme
Géographie / classe de 6ème
La question de la biodiversité doit être abordée en lien avec le thème de la faible densité.
Elle doit être interrogée au regard de celle de la contrainte et des représentations, selon que
les acteurs envisagent lespace de grande biodiversité comme un réservoir de ressources
à exploiter, dont certaines de manière durable, ou à protéger, dans le cadre de réserves ou
de parcs naturels. Des zones biogéographiques, comme celles définies comme des « points
chauds » de la biodiversité par des organismes internationaux ou des ONG, (caractérisées à
la fois par lendémisme des espèces qui les peuplent et lérosion de leur biodiversité), forêts
denses dAfrique centrale, dAmazonie ou dIndonésie, grands parcs nationaux dAfrique
australe, lagons du Pacifique ou de lOcéan Indien, entre autres exemples, concentrent ces
enjeux. Ce sont les dynamiques à lœuvre qui sont ici signifiantes : les sociétés oscillent entre
préservation et exploitation des ressources de leur territoire.
Le deuxième sous-thème invite à prendre en considération des espaces de faible densité
à vocation agricole et forestière. Ils ont des problématiques communes, mais aussi des
singularités propres et recouvrent des réalités spatiales contrastées : des espaces fragiles,
sous contraintes pour certains, comme des espaces agricoles marqués par la baisse
démographique, des fronts pionniers en voie de consolidation ou des espaces agricoles
dynamiques et intégrés aux espaces urbanisés quils approvisionnent. Les campagnes
ne sont dailleurs jamais seulement agricoles. Enfin certaines campagnes agricoles sont
très fortement insérées dans la mondialisation, le céréalier nord-américain et dautres
agriculteurs, ailleurs dans le monde avec linternet mobile, pouvant suivre les cours mondiaux
des produits agricoles.
Larticulation des deux sous-thèmes permet de poser la question des modes dhabiter
et des sociétés qui les mettent en œuvre selon les moyens dont elles disposent, leurs
représentations socio-culturelles, leur relation à la nature. Dans tous les cas se pose la
question du rapport que ces espaces entretiennent avec le monde et de la manière dont
celui-ci les transforme.
Comment mettre en œuvre le thème en classe ?
Pour traiter ce thème, le programme invite à une démarche inductive, conduite à partir
détudes de cas mises en perspective. Des exemples peuvent utilement ouvrir à la diversité
des situations, dans des ensembles géographiques de développement différents. Il sagit
pour chacun des deux sous-thèmes de choisir des espaces significativement et diversement
habités, cest-à-dire aménagés et parcourus par des populations diverses. On vise à garantir
progressivement aux élèves une découverte du monde et à développer chez eux le goût de
lailleurs.
Pour lespace à fortes contraintes, le choix dune étude de cas est relativement large et
fonction des ressources à disposition du professeur. Il convient toutefois de veiller à ce que la
contrainte soit suffisamment marquée. On doit également pouvoir en constater le caractère
relatif à travers la diversité des usages de lespace. Un territoire du Grand-Nord canadien,
une steppe dAsie centrale, la forêt équatoriale congolaise ou encore lîle de Bornéo, parmi
dautres études de cas possibles, peuvent offrir des situations géographiques intéressantes
pour confronter les points de vue et les pratiques des acteurs sur le territoire étudié. On peut
penser à la confrontation des touristes avec les habitants permanents, celle des nomades avec
les sédentaires, des éleveurs avec des pasteurs et avec des forestiers, ou des locaux avec des
agents de lÉtat et des Parcs nationaux, ou des travailleurs temporaires venus exploiter les
ressources naturelles.
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Des territoires comme les Parcs nationaux dAfrique australe, « points chauds » de la
biodiversité, font intervenir presque tous ces acteurs. Les intérêts contradictoires et leurs
différentes pratiques de lhabiter (activités pratiquées, saisonnalité des pratiques, adaptation
au milieu à travers lusage des ressources notamment) peuvent être saisis par lélève à travers
des documents comme des témoignages, des photographies, ou des récits, qui traduisent
les représentations des espaces vécus par chaque groupe dacteurs.
La mise en perspective se conduit au moyen dun ou de deux planisphères, qui permettent
didentifier les espaces à fortes contraintes (chaînes de montagne, régions arctiques, steppes
et déserts, forêts denses), que lon peut croiser avec le planisphère du peuplement et celui
des espaces à protéger (carte des points chauds de la biodiversité par exemple). Le professeur
peut mobiliser à cette occasion dautres exemples par le recours à quelques images et
quelques paysages, permettant à lélève de découvrir la diversité des modes dhabiter la terre.
Pour lespace de faible densité à vocation agricole, la comparaison de deux études de cas,
permet daborder dune part une campagne intégrée, intensément mise en valeur et articulée
à dautres espaces, notamment urbains, et dautre part un espace rural fragile en déclin et/ou
sous contraintes.
Pour la première étude de cas, les zones céréalières dAmérique du Nord (Grandes plaines et
prairies canadiennes), certains espaces agricoles du Brésil (Mato Grosso par exemple) ou les
bassins agricoles australien et néo-zélandais, particulièrement peu peuplés mais compétitifs,
sont des choix intéressants. La faible densité va alors de pair avec lefficacité agricole liée aux
acteurs productifs (voire un productivisme critiqué). Ces territoires sont reliés à leur espace
national et au monde par un ensemble de flux liés à lactivité agricole et quils génèrent, et par
leur insertion dans un marché mondial.
Une deuxième étude de cas peut concerner un espace plus en déclin ou fragilisé, dans un
pays du « Sud ». Les possibilités sont larges pour le choix dun espace dagriculture vivrière,
fragilisé par les changements ou plus simplement par des sécheresses marquées, comme
au Sud du Mali ou dans les forêts de Madagascar. Le nomadisme peut être parfois une
réponse et une adaptation à de très fortes contraintes aux marges de lécoumène. Laltiplano
andin ou les hautes vallées de lHimalaya permettent de montrer une agriculture vivrière
soumise à lenclavement, faisant le lien avec la notion de contrainte abordée précédemment.
Les problématiques communes sont à identifier, telle la faible densité, la question des
infrastructures très lâches, et les particularités à souligner : agriculture peu productive,
principalement vivrière, déclin démographique, connexion à dautres systèmes territoriaux…
La mise en perspective est conduite à laide dun planisphère représentant les densités de
population et les espaces dévolus à lagriculture commerciale, ceux dans lesquels lagriculture
vivrière et/ou lélevage nomade sont dominants. Létude de photographies, montrant des
paysages mais aussi des habitants dans leurs pratiques quotidiennes, permet dancrer létude
dans la réalité concrète du vécu, et de rappeler à lélève que le travail humain est à lorigine
des produits quil trouve dans son assiette…
Principaux repères spatiaux à construire
• Les principales chaînes de montagne et les principales zones bioclimatiques.
• Les grandes forêts équatoriales, les principaux déserts.
• Les espaces de faible densité étudiés dans le thème.
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Quelles sont les contributions du thème aux
parcours ?
La question de lexploitation des ressources, posée à travers létude des espaces de faible
densité, de grande biodiversité ou à vocation rurale, amène à interroger les rapports
dinterdépendance sociétés-environnement sous langle du développement durable, en
réfléchissant par exemple, à partir des cas étudiés, aux conséquences dun aménagement
ou de létablissement dune réserve sur ces espaces. Cette réflexion participe pleinement à
la formation des élèves à la citoyenneté, à partir des enjeux et des choix posés aux sociétés.
Pris dans le territoire proche des élèves, le thème est propice à la conduite de projet ou à des
actions incluant des rencontres avec les acteurs et responsables politiques et économiques
locaux et peut constituer une étape clé du Parcours citoyen.
Quels sont les écueils à éviter ?
• Donner aux élèves lidée que le milieu détermine exclusivement loccupation de lécoumène
par les hommes et ancrer dans leur esprit cette vision déterministe.
• Renforcer lidée, à linstar des néomalthusiens, que le moins équivaut au mieux, notamment
en termes dexploitation des ressources et de préservation de lécosystème. Au contraire,
une population peu nombreuse ne signifie pas toujours une biodiversité préservée.
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